‹ Henry EsmondChapitre 3 sur 43 · 1 · 02

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On sait que le nom d’Esmond et le domaine de Castlewood, comté de Hants, tomba aux mains de la présente famille par Dorothée, fille et héritière d’Édouard, comte et marquis d’Esmond et lord de Castlewood, laquelle dame épousa, la vingt-troisième année du règne d’Élisabeth, Henry Poins, gentleman, ledit Henry étant alors page dans la maison de son père à elle. Francis, fils et héritier des susdits Henry et Dorothée, qui prit le nom maternel, que la famille a porté depuis, fut fait chevalier et baronnet par le roi Jacques I, et, ayant des goûts militaires, resta longtemps en Allemagne avec l’électeur palatin, au service duquel sir Francis compromit son argent et sa vie, prêtant de grosses sommes à cet infortuné prince, et recevant de nombreuses blessures dans les batailles contre les impériaux, dans lesquels sir Francis s’étoit engagé.

Àson retour chez lui, sir Francis fut récompensé de ses services et de tous ses sacrifices par feu Sa Majesté Jacques I, qui conféra gracieusement à ce serviteur éprouvé la charge de lord du garde-manger royal et de groom du gobelet, important office de confiance qu’il remplit sous le règne de ce monarque et sous celui de son malheureux successeur.

Son âge et ses nombreuses blessures et infirmités obligèrent sir Francis à se faire suppléer dans une bonne partie de son service ; et son fils, sir George Esmond, chevalier et banneret, d’abord comme lieutenant de son père, et ensuite comme héritier du titre et de la dignité de son père, remplit cet office durant presque tout le règne de Charles I et de ses deux fils, qui lui succédèrent.

Sir George Esmond épousa (mariage un peu au-dessous du rang auquel une personne de son nom pouvoit aspirer) la fille de Thomas Topham, de la cité de Londres, alderman et orfèvre, lequel, prenant parti pour le parlement dans les troubles qui commençoient alors, frustra sir George du bien qu’il attendoit à la mort de son beau-père, qui laissa par testament son argent à sa seconde fille, Barbara, non mariée.

Sir George Esmond, quant à lui, se signala par son attachement et sa loyauté envers la cause et la personne royales ; et, le roi étant à Oxford, en 1642, sir George, du consentement de son père, alors fort âgé et infirme et résidant dans sa maison de Castlewood, fit fondre toute la vaisselle de la famille, pour le service de Sa Majesté.

Pour tous ces sacrifices et mérites, Sa Majesté, par lettres patentes du sceau privé, datées d’Oxford, janvier 1643, daigna élever sir Francis Esmond à la dignité de vicomte Castlewood, de Shandon, en Irlande ; et la fortune du vicomte étant fort amoindrie par les prêts qu’il avoit faits au roi, et que dans ces temps de troubles Sa Majesté ne pouvoit lui rembourser, une concession de terres dans les plantations de la Virginie fut faite au lord vicomte, et partie de ces terres, encore aujourd’hui, est en la possession des descendants de sa famille.

Le premier vicomte Castlewood mourut plein de jours, quelques mois après sa promotion. Il eut pour successeur son fils aîné, George, déjà nommé, et laissa deux autres enfants : Thomas, colonel dans l’armée du roi, qui, dans la suite, se rattacha au gouvernement de l’usurpateur ; et Francis, qui étoit dans les ordres et fut tué en défendant le château de Castlewood contre le parlement, anno 1647.

George, lord Castlewood (le deuxième vicomte) du temps de Charles I, n’eut pas d’autre enfant mâle qu’Eustache Esmond, qui fut tué, avec la moitié des hommes de Castlewood, à la bataille de Worcester. Les terres de Castlewood furent vendues et distribuées aux gens de la république, Castlewood étant mêlé à presque tous les complots contre le protecteur, après la mort du roi et jusqu’à la restauration du roi Charles II. Milord suivit la cour de ce roi dans son exil, s’étant ruiné à son service. Il n’avoit qu’une fille, qui ne fut pas une grande consolation pour son père, car l’infortune n’avoit pas appris à ces exilés à vivre sagement ; et on dit que le duc d’York et le roi, son frère, se querellèrent au sujet d’Isabelle Esmond. Elle étoit fille d’honneur de la reine Henriette-Marie ; elle embrassa de bonne heure la religion catholique romaine. Son père, homme foible, suivit son exemple, peu de temps après, à Bréda.

Àla mort d’Eustache Esmond à Worcester, Thomas Esmond, neveu de milord Castlewood, et alors adolescent, hérita du titre. Son père avoit pris parti pour le parlement dans ces querelles, et par là s’étoit aliéné le chef de sa maison ; et milord Castlewood étoit d’abord si furieux de penser que son titre (quoique alors ce ne fût plus guère qu’un titre) passeroit à un gredin de Tête-Ronde, qu’il se seroit remarié (et même il eut en vue la fille d’un vigneron de Bruges, auquel Sa Seigneurie devoit un compte pour son logement quand le roi étoit là), n’avoit été la crainte de faire rire la cour et de fâcher sa fille, dont il avoit grand’peur, car elle étoit de caractère aussi impérieuse et violente que milord, épuisé par les blessures et la boisson, étoit foible.

Lord Castlewood auroit voulu que cette fille Isabelle épousât son cousin, le fils de ce Francis Esmond qui fut tué au siège de Castlewood ; et la dame, est-il dit, se prit de goût pour le jeune homme, qui avoit plusieurs années de moins qu’elle (circonstance qu’elle ne considéra point comme un défaut) ; mais, ayant fait sa cour et ayant été admis dans l’intimité de la maison, il renonça subitement à ses prétentions, qui sembloient en fort bonne voie, sans donner aucun prétexte de sa conduite. Ses amis le raillèrent de ce qu’ils appeloient, en riant, son infidélité. Jack Churchill, lieutenant de Frank Esmond au régiment des gardes à pied du roi, eut la compagnie qu’Esmond laissa vacante, lorsqu’il quitta la cour et alla à Tanger, furieux d’avoir découvert que son avancement dépendoit du bon vouloir de sa mûre fiancée. Churchill et lui, qui avoient été condiscipuli à l’école de Saint-Paul, eurent des paroles à ce sujet, et Frank Esmond lui dit avec un jurement : « Jack, votre sœur peut être ceci et cela ; mais, par Jupiter, ma femme, non ! » et les épées furent tirées, et du sang aussi, et il fallut que leurs amis les séparassent. Peu d’hommes étoient aussi chatouilleux sur le point d’honneur, à cette époque où des gentilshommes de bonne naissance considéroient une tache royale comme un ornement à leur écusson de famille. Frank Esmond s’en alla bouder d’abord à Tanger, d’où il revint, après deux années de service, s’établir sur un petit bien qu’il tenoit de sa mère, près de Winchester, et devint un gentilhomme campagnard, et eut une meute de bigles, et ne reparut jamais à la cour du temps du roi Charles ; mais son oncle Castlewood ne se réconcilia jamais avec lui, ni, de quelque temps non plus, sa cousine, qu’il avoit refusée.

Malgré ses places, ses pensions, les largesses de la France et les présents du roi, tandis que sa fille étoit en faveur, lord Castlewood, qui avoit dépensé au service royal sa jeunesse et sa fortune, ne recouvra pas complètement cette dernière, et ne se soucia jamais de visiter Castlewood ou de le réparer, depuis la mort de son fils ; mais il trouva moyen d’avoir une bonne maison et de figurer à la cour, et de mettre de côté une somme considérable d’argent comptant.

Et alors son héritier et neveu, Thomas Esmond, commença à rechercher la faveur de son oncle. Thomas avoit servi avec l’empereur et avec les Hollandois, quand le roi Charles fut forcé de prêter des troupes aux États ; et contre eux, quand Sa Majesté fit alliance avec le roi de France. Dans ces campagnes, Thomas Esmond s’étoit plus fait remarquer par ses duels, son tapage, ses vices et son jeu, que par aucun exploit sur le champ de bataille ; et il revint en Angleterre, comme plus d’un autre voyageur anglois, avec une réputation qui n’avoit rien gagné à cette exploration de la terre étrangère. Il avoit dissipé son petit patrimoine de cadet, et, pour dire la vérité, n’étoit qu’un pilier de tables d’hôte, et qu’un braillard au sujet de l’Alsace et des moines, lorsqu’il s’avisa d’un moyen de refaire sa fortune.

Sa cousine avoit dépassé l’âge moyen, et n’avoit que sa propre parole pour garant de la beauté qu’elle disoit avoir eue jadis. Elle étoit maigre et jaune, et avoit les dents longues ; tout le rouge et le blanc des bimbeloteries de Londres ne pouvoit faire d’elle une beauté. M. Killigrew l’appelait la Sibylle, laiête de mort placée au banquet du roi comme un memento mori, etc. Enfin c’étoit une femme dont la conquête seroit aisée, mais qu’un homme très-hardi pouvoit seul songer à conquérir. Cet homme hardi fut Thomas Esmond. Il s’étoit pris de goût pour les économies de milord Castlewood, dont le bruit public avait fort exagéré le chiffre. Mme Isabelle passoit pour avoir de royales pierreries d’une grande valeur, tandis que le pauvre Tom Esmond n’avoit plus qu’un habit qui ne fût pas en gage.

Milord, à cette époque, avoit une belle maison dans Lincoln’s-Inn-Fields, près du théâtre du duc et de la chapelle de l’ambassadeur de Portugal. Tom Esmond, qui avoit fréquenté le théâtre aussi longtemps qu’il avoit eu de l’argent à dépenser avec les actrices, devint alors aussi assidu à l’église. Il avoit l’air si maigre et si râpé, qu’il passa sans peine pour un pécheur repentant ; et, lorsqu’il se fut converti, vous pensez bien qu’il prit pour directeur le prêtre de son oncle.

Ce charitable père le réconcilia avec le vieux lord son oncle, qui, peu de temps auparavant, n’avoit pas voulu lui parler, comme Tom passoit près de la portière du carrosse de milord, Sa Seigneurie se rendant en grande pompe à la cour, tandis que son neveu se glissoit, avec son chapeau à plumes tout déformé et la pointe de sa rapière sortant du fourreau, vers sa table d’hôte à quatre sous, dans Bell-Yard.

Thomas Esmond, après sa réconciliation avec son oncle, commença bien vite à se remplumer et à donner des preuves de l’avantage qu’il y a à avoir une bonne table et du linge blanc. Il jeûnoit rigoureusement deux fois par semaine, il est vrai ; mais il prenoit sa revanche les autres jours, et, pour montrer combien grand étoit son appétit, M. Wicherley disoit qu’il finit par avaler ce vieux morceau rance et piqué des mouches, sa cousine. Ce fut, à la cour, des railleries et des quolibets sans fin sur ce mariage ; mais Tom s’y rendoit dans le carrosse de son oncle, l’appeloit : Mon père, et, ayant gagné, pouvoit se prêter à la plaisanterie. Ce mariage eut lieu très-peu de temps après la mort du roi Charles, que le vicomte de Castlewood suivit promptement au tombeau.

Le fruit de ce mariage fut un fils unique, sur lequel ses parents veillèrent avec la plus vive sollicitude, mais qui, en dépit des nourrices et des médecins, n’eut qu’une courte existence. Son sang corrompu ne coula pas longtemps dans son foible petit corps ; des symptômes d’écrouelles s’y manifestèrent de bonne heure ; et, moitié flatterie, moitié superstition, milord et milady, surtout cette dernière, n’eurent de cesse qu’ils n’eussent fait toucher le pauvre petit estropié par Sa Majesté, à son église. Ils furent d’abord disposés à crier au miracle (les docteurs et les marchands d’orviétan étant sans cesse auprès de l’enfant à expérimenter sur son pauvre petit corps toutes les panacées imaginables) ; mais, quoiqu’il parût y avoir, pour une raison ou une autre, une amélioration notable dans la santé de l’enfant après que Sa Majesté l’eut touché, au bout de quelques semaines la pauvre créature mourut ; ce qui fit dire aux mauvaises langues de la cour que le roi, en chassant le mal hors de l’enfant de Tom Esmond et d’Isabelle, en avoit aussi chassé la vie, qui n’étoit que corruption.

La douleur naturelle de la mère, à la perte de ce pauvre petit enfant, dut s’accroître en songeant à sa rivale, la femme de Frank Esmond, qui étoit la favorite de toute la cour, où la pauvre lady Castlewood étoit négligée, et qui avoit un enfant, une fille florissante de beauté, et qui alloit une seconde fois devenir mère.

La cour, à ce que j’ai ouï dire, ne fit que rire davantage quand la pauvre dame, qui avoit bien passé l’âge où les femmes ont coutume d’avoir des enfants, ne s’en détermina pas moins à ne pas renoncer à toute espérance, à tel point que, même lorsqu’elle vint vivre à Castlewood, elle étoit toujours à envoyer chercher à Hexton le docteur et à annoncer à ses amis l’arrivée d’un héritier. C’étoit là une des mille extravagances dont elle amusoit les mauvais plaisants. Le fait est que, jusqu’à son dernier jour, milady vicomtesse eut la consolation de se croire belle, et persista à fleurir jusqu’en plein hiver, peignant des roses sur ses joues longtemps après que la saison en étoit passée, et gardant le costume de l’été, quoique sa tête fût couverte de neige.

Des gentilshommes qui avoient vu la cour du roi Charles et celle du roi Jacques ont raconté à l’auteur de ces Mémoires une foule d’anecdotes au sujet de cette singulière vieille dame, dont il n’est pas nécessaire d’amuser la postérité. On dit qu’elle avoit une grande puissance d’invective, et, si elle se mesura avec toutes ses rivales dans la faveur du roi Jacques, il est certain qu’elle dut avoir bien des querelles sur les bras. C’étoit une femme intrépide, et il paroît qu’elle poursuivit et fatigua quelque peu Sa Majesté de ses plaintes et récriminations. Les uns disent qu’elle quitta la cour par jalousie de la femme de Frank Esmond ; les autres, qu’elle fut forcée à la retraite après un grand combat qui eut lieu à Whitehall entre Sa Seigneurie et lady Dorchester, la fille de Tom Killigrew, que le roi se plaisoit à honorer, et dans lequel cette disgracieuse Esther eut le dessus sur notre respectable Vashti. Mais Sa Seigneurie, quant à elle, soutint toujours que c’étoit la querelle de son mari, et non la sienne, qui les avoit fait exiler tous deux à la campagne, et la cruelle ingratitude du monarque qui enleva à la famille cette charge de surintendant du garde-manger royal et de groom du posset, que les deux derniers lords Castlewood avoient si honorablement occupée, et qui fut accordée à un parvenu, à un parasite de cette odieuse Dorchester, milord Bergamot. « Jamais, dit milady, je n’aurois pu prendre sur moi de voir le posset de Sa Majesté porté par une autre main que celle d’un Esmond. J’aurois fait sauter l’assiette de la main de lord Bergamot si je l’eusse rencontré. » Et ceux qui ont connu la dame savent qu’elle étoit bien capable de le faire si on n’avoit eu la prudence de la tenir éloignée.

Ayant en main les cordons de la bourse, et aimant d’ailleurs à dominer tout le monde autour d’elle, lady Castlewood étoit sûre de l’obéissance de son époux : elle cessa donc de tenir maison à Londres. Elle avoit déménagé de Lincoln’s-Inn-Fields à Chelsea, dans une jolie maison neuve qu’elle avait achetée là, et elle transporta tout son train, ses femmes, ses bichons et ses demoiselles, son prêtre et le lord son époux, à Castlewood-Hall, qu’elle n’avoit pas vu depuis qu’elle en étoit partie enfant avec son père, lors des troubles du règne de Charles I. Les murailles de la vieille maison étoient encore dans l’état de dégradation où les avoit mises l’artillerie des républicains. Une partie de l’habitation fut restaurée et garnie de la vaisselle, des tentures et des meubles qui provenoient de la maison de Londres. Milady s’étoit promis une entrée triomphale dans le village de Castlewood, et elle s’attendoit à être acclamée, lorsqu’elle passeroit sur la pelouse, dans son grand carrosse, ayant à côté d’elle milord, et en face, ses demoiselles, ses bichons et ses kakatoès, six chevaux à son carrosse, et, devant et derrière, des domestiques à cheval et armés. Mais on étoit au fort des cris : « Pas de papisme ! » Les gens du village et de la ville voisine s’effrayèrent à la vue des joues et des cils peints de Sa Seigneurie, qui balançoit sa tête au dehors de la portière, dans l’intention, sans aucun doute, d’être très-gracieuse ; et une vieille femme dit : « Lady Isabelle ! Miséricorde ! C’est plutôt lady Jézabel ! » nom sous lequel les ennemis de la très-honorable vicomtesse prirent depuis l’habitude de la désigner. Le pays étoit alors dans une grande ferveur antipapiste ; et la conversion connue de Sa Seigneurie, celle de son époux, le prêtre qu’elle amenoit à sa suite, et le service célébré à la chapelle de Castlewood (quoique la chapelle eût été élevée pour ce culte, avant qu’aucun autre fût connu dans le pays, et quoique le service fût célébré le plus tranquillement du monde), tout cela ne la mit pas, dès l’abord, en faveur dans le comté ni dans le village. La plus grande partie des terres de Castlewood avoient été confisquées et distribuées aux républicains. Un ou deux de ces vieux soldats de Cromwell vivoient encore dans le village, et regardèrent d’abord de travers milady vicomtesse, lorsqu’elle y vint demeurer.

Elle parut à l’assemblée de Hexton, amenant son lord après elle, et éblouissant ces campagnards de l’éclat de ses diamants, qu’elle portoit toujours en public. On dit qu’elle les portoit aussi chez elle, et qu’elle les avoit autour du cou en dormant ; mais l’auteur de ces Mémoires peut donner sa parole que c’étoit une calomnie. « Si elle les ôtoit, disoit milady Sark, Tom Esmond, son mari, se sauveroit avec et les mettroit en gage. » C’étoit une autre calomnie. Milady étoit également exilée de la cour, et il y avoit eu guerre entre ces deux dames précédemment.

Les gens du village commencèrent bientôt a se réconcilier avec leur châtelaine, qui étoit bonne et généreuse à sa manière, quoique fantasque et hautaine, et dont le docteur Tusher, le vicaire, faisoit hautement retentir les louanges parmi ses ouailles. Quant à milord, il ne donnoit pas grand embarras, n’étant guère considéré que comme un appendice de milady, qui, étant fille des anciens lords de Castlewood, et possédant une fortune considérable, à ce que disoient les gens du pays (quoique les neuf dixièmes de cette fortune n’existassent que dans leur cerveau), étoit regardée comme la véritable reine du château et comme la maîtresse de tout ce qu’il contenoit.

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