‹ Hercule FurieuxChapitre 3 sur 11 · Scène II.

Scène II.

AMPHITRYON, MÉGARE.

AMPHITRYON.

Épouse de mon fils, chaste gardienne de la couche et des enfans du magnanime Hercule, ouvrez votre âme à de meilleures espérances, et ranimez votre courage abattu. Il reviendra, soyez-en sûre, et vous le verrez, comme au retour de toutes ses entreprises, plus grand que vous ne l’avez quitté.

MÉGARE.

Les malheureux croient facilement ce qu’ils désirent.

AMPHITRYON.

Ils sont encore plus portés, quand ils craignent, à ne point espérer de remède ni de fin à leurs maux. Toujours la peur met les choses au pire.

MÉGARE.

Descendu dans les entrailles de la terre, enseveli sous elle, écrasé sous le poids du monde, quelle voie trouvera-t-il pour remonter à la vie ?

AMPHITRYON.

Celle qu’il a trouvée dans les plaines brûlantes de l’Afrique, à travers ces sables mouvans comme les flots de la mer orageuse qui deux fois les couvre de ses vagues, et deux fois les laisse à découvert ; et lorsque, ayant quitté son navire échoué dans les sables, au milieu des écueils étroits des deux Syrtes, il franchit à pied cette mer furieuse.

MÉGARE.

Rarement l’injustice du sort épargne les plus nobles courages : nul mortel ne peut impunément braver tant de fois de si grands périls ; le malheur finit toujours par atteindre celui qui long-temps avait échappé à ses coups.

Mais voici venir Lycus, portant en ses mains un sceptre usurpé ; son visage cruel respire la menace, et son déportement annonce tout ce qui se passe dans son âme.

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