‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 52 sur 56 · V · La Génération de 1914

V · La Génération de 1914

La génération mutilée.

Même si la guerre de 1914 n’avait pas eu lieu, cette année aurait marqué la date d’une génération neuve, et Vingt ans en 1914 aurait dans l’histoire littéraire un sens, comme Vingt ans en 1820. D’ailleurs, plutôt que : « Même si » il nous faudrait dire : « Encore mieux si ». La guerre a pu donner aux Vingt ans en 1914 des traits positifs importants. Mais surtout hélas, elle leur a retiré de l’être, leur a substitué une place vide. La génération de 1914 est, dans une large proportion, la génération absente, mutilée, bien plus encore que celle des Vingt ans en 1870. Son grand homme, son tombeau sous l’Arc, est le grand écrivain inconnu.

Si elle avait pu jouer, à cadres pleins, son rôle normal, il y avait des chances pour qu’elle formât une très belle équipe, comparable à celle de 1820. Vingt ans en 1914, cela répondait à un tournant.

Synchronismes historiques.

On notera d’abord que les toutes premières années du XX siècle correspondent à une triple évolution politique : l’affaire Dreyfus, qui n’a pas laissé la France comme elle l’a trouvée — l’affermissement de la République, après un troisième assaut qui a échoué — la formation définitive, après l’accord de 1904, des blocs d’alliances d’où la guerre européenne est sortie. De 1898 à 1905 on a doublé le cap d’un monde politique nouveau.

Mais nous ne le noterons que pour mémoire et à titre de synchronismes. En matière littéraire, ces faits d’ordre politique fonctionnent et influent impondérablement. D’autres événements intéressent plus directement notre lecteur.

Le nouveau régime scolaire.

D’abord la révolution scolaire de 1902. Avoir vingt ans en 1914, c’est avoir fait ses études, avoir passé son temps de formation, dans les premières années du XX siècle. Les neuf dixièmes des écrivains appartiennent à la bourgeoisie, et, boursiers ou non, reçoivent l’enseignement secondaire. Or, en 1902, l’enseignement secondaire, tel qu’il s’était transmis des Jésuites à l’Université du XVIII siècle et de celle-ci à l’Université du XIX siècle, change de caractère. Le latin et surtout le grec sont plus ou moins déclassés, et les langues anciennes, la formation humaniste ne constituent plus la marque nécessaire et éminente de la culture. La démocratie coule à pleins bords dans les cadres pédagogiques. L’expression d’humanités modernes entre en faveur. Le terme de modernisme, introduit par les Goncourt pour exprimer une forme d’art littéraire, employé par les théologiens pour désigner une façon plus souple de comprendre l’évolution des dogmes, servirait ici à exprimer ce qui s’insinue d’anti-ancien, d’anti-classique, d’anti-traditionnel dans l’éducation des générations nouvelles. Les langues modernes prennent une partie de la place occupée jusqu’alors par les langues anciennes. La jeunesse voyage, le normalien moyen part en tournée autour du monde, les enfants s’échangent entre les pays et les langues. Les influences étrangères de toutes sortes trouvent un accès plus facile, des terrains plus perméables.

Cette jeune génération aventureuse qui parle les langues, qui est devenue sportive, qui est partie pour le goût et pour la conquête de la planète dans les dernières années de l’avant-guerre, brusquement est bloquée par la guerre. Quand on ramène les poissons des grands fonds, ils arrivent à la surface avec des organes que la décompression a fait éclater. C’est en cet état de révolution intérieure que cette génération est entrée dans ses vingt ans. La première génération dont l’adolescence ait échappé à l’humanisme traditionnel a échappé en outre par sa jeunesse à l’humanité traditionnelle.

Décompression.

Elle a porté et portera jusqu’au bout les marques de cette décompression. Ces révolutions du moi, qui paraissent autour de 1920, sont l’état d’un moi éclaté comme la vessie de ces poissons. Gide, ou le moi subtil qui s’oppose aux mois crustacés, avec ce Lafcadio qui se trouvait prêt dès 1914 pour que la jeunesse de 1921 s’y reconnût, c’est encore une transaction demi-humaniste. Mais voici Proust, et le moi changeant et mobile ; et voici surtout l’entrée torrentielle de Freud, jusque-là complètement ignoré du public français, avec le moi subconscient, et même celle de Pirandello avec le moi acrobatique. Voici surtout ce que cette génération tire d’elle-même : une inquiétude qui lui est propre, une recherche, une mobilité dont on attend tout, et qui n’aboutissent pas. Le roman de la vessie natatoire, organe d’équilibre, éclatée, c’est la Valise vide de Drieu la Rochelle. La conscience de l’éclatement s’exprime naturellement, en littérature, par des mots en isme. Ce fut le dadaïsme, ce fut le surréalisme, soit une conscience de fin absolue, de commencement absolu, de désordre absolu et de libération absolue. L’important, ici, c’est qu’il s’agit bien, surtout pour le surréalisme, de mouvements littéraires, qui s’expriment par une littérature, où il y a comme dans toute littérature du bon et de l’exécrable, de la trouvaille et de l’attitude, où l’avortement et la quasi-réussite ne se trouvent ni plus ni moins que dans l’académisme ou la littérature pour Français moyen ; l’important, parce que, dans cet ordre (ou ce désordre) des effondrements et des commencements absolus qui suit la guerre européenne, l’essai totalitaire, qui en d’autres pays trouve sa voie dans des révolutions politiques, s’exprime en France sous des formes littéraires. La France est le pays où non seulement un état littéraire, mais l’État littéraire, la République des Lettres, existe, où la littérature joue volontiers en matière de révolution (ce fut le cas sous Louis-Philippe) un rôle d’abcès de fixation. Cette génération française n’a pas eu en Europe la grande influence littéraire et intellectuelle qu’avaient exercée les deux dernières, celle de 1850 et celle de 1885. Elle a subi sans contrepartie française suffisante l’action des nouvelles mystiques créées par les générations ses contemporaines d’Italie et de Russie. Les Territoriaux en ligne.

Heureusement, en littérature comme en agriculture, la France peut vivre à l’état d’économie quasi-fermée, réparer partiellement avec ses stocks la déficience d’une récolte. Dès les années de guerre, il semble que la nature (dans la mesure où une littérature est une nature) l’ait orientée vers une réparation de ce genre. Un des phénomènes littéraires les plus remarquables de la guerre fut en effet la brusque arrivée en lumière et en action d’une équipe de quadragénaires stockés dans ce qu’on appelait alors les Chapelles, et qui parurent en première ligne, partagèrent l’heure et le destin de l’active littéraire, comme faisaient d’autre part sur le front les territoriaux de leur âge. Gide, Proust, Claudel et Valéry fournirent inopinément des maîtres, dont l’influence allait durer quinze ans. Joignons-y Péguy, tellement plus suivi après sa mort que pendant sa vie, et aujourd’hui encore si actuel — Barrès qui est à l’origine des nationalismes nouveaux — Maurras et Georges Sorel qui furent des manières de pères spirituels des mouvements totalitaires — Benda qui avait passé la cinquantaine quand sa position originale du problème des clercs le sortit de l’obscurité. C’est en grand, en très grand, ce qui s’était produit sur un point bien plus minime quand Obermann trouva un public et une influence trente ans après son apparition, et qu’il en sortit Volupté.

Techniques.

La révélation, et la révolution, propres à cette génération sont surtout d’ordre technique : elles n’ont pas eu encore toutes les conséquences littéraires qu’elles comportaient, ce qui est d’ailleurs conforme aux précédents.

Quand nous songeons aux grandes inventions qui ont marqué le XIX siècle, créé le genre de vie du capitalisme et de la grande industrie, nous remarquons que, si largement qu’elles aient étendu le domaine de l’homme, elles n’ont pas ajouté sensiblement à la portée et à l’exercice communs de ses sens. Nous disons communs, car l’usage des instruments de laboratoire et d’observatoire, qui modifient et allongent infiniment la portée des sens, est spécialisé dans des professions. Au milieu du torrent d’inventions qui transformaient l’humanité, les écrivains avaient continué à étudier et à expliquer l’homme, traditionnellement. Il est remarquable qu’aucune des grandes inventions du XIX siècle n’ait marqué sur une œuvre littéraire à la manière dont ont marqué, par exemple, sur la Comédie Humaine la révolution économique de la vente des biens nationaux, sur George Sand les théories socialistes, sur Lamartine et Hugo les révolutions de la rue, sur Flaubert l’évolution de la bourgeoisie, sur Zola la physiologie de manuel, sur les Parnassiens et France les bibliothèques, sur le symbolisme la musique. Mais quand Balzac se préoccupe des chemins de fer, c’est pour écrire avant qu’il soit trop tard le roman des diligences (voir le commencement d’Un Début dans la Vie). Flaubert avait vingt-cinq ans lorsque le chemin de fer de Rouen à Paris changea la vie des Rouennais, à commencer par la sienne, or le chemin de fer est absent de ses romans, où l’on ne voyage qu’en diligence et en bateau. Et, après tout, pour l’usager, le chemin de fer n’est qu’une file de grandes et rapides diligences. Quoi qu’il en soit, la littérature est passée à travers les révolutions techniques, sans guère se soucier d’autres techniques que des siennes propres.

Les inventions du XX siècle sont différentes de celles du XIX siècle. Les premières donnaient à l’homme des moyens mécaniques nouveaux, les secondes lui donnent des moyens sensoriels nouveaux. Les premières ont transformé la planète, la société, la production, la consommation. Les secondes ont transformé les pouvoirs du corps humain.

Il y a entre les techniques du XIX siècle et celles du XX siècle les mêmes différences qu’entre le chemin de fer et l’automobile, ou plutôt entre les deux systèmes de force motrice qui sont à la source de l’un et de l’autre : la machine à vapeur et le moteur à explosion. Si le chemin de fer a donné à l’esprit de l’homme de nouvelles habitudes, l’automobile, entrée dans les mœurs les plus communes avec la génération de 1914, a donné au corps humain des réflexes nouveaux. Le chemin de fer appartient à l’ordre de la machine, mais l’automobile succède à la bicyclette dans l’ordre des outils. Le chemin de fer est un moyen de transport, l’automobile est ou devient un instrument de sport. Et l’automobile ne fonctionne ici que comme un point de départ et presque un symbole élémentaire bien dépassé. L’aviation donne mieux encore un nouveau pouvoir au corps humain, le cinéma à l’œil, la radiophonie à l’oreille.

Et il va de soi que ces modifications physiques concernent surtout les individus jeunes, c’est-à-dire ceux qui n’ont rien à désapprendre, se trouvent de plain-pied avec les moyens nouveaux, naissent à même les outils que leurs pères ont dû inventer.

Cette révolution de l’outillage, impliquant une modification et une extension des pouvoirs du corps, a posé deux questions : celle de la littérature sportive, et celle des rapports entre la littérature et le cinéma.

Littérature et Sport.

Comme la génération de 1850 était la génération de l’appel à la science, celle de 1914 a été par certains côtés la génération de l’appel au corps. Il y a eu, vers 1924, toute une jeunesse (Montherlant, Prévost, Braga) pour tenter d’incorporer le sport à la littérature, et de créer une manière de lyrisme des jeux et des mouvements du corps. Assez vite cela a tourné court. Mais il faut regarder plus loin, considérer l’atmosphère littéraire plutôt que la réalisation littéraire. Or, c’est un fait que le corps a tenu une plus grande place dans la littérature de la génération de 1914 que dans la littérature des générations du XIX siècle, qu’il a, dans une certaine mesure, évincé les complications sentimentales. Si le comble de l’art consiste, comme le disait Cellini, à faire un homme et une femme nus, cette génération a couru agilement sur ce comble. D’autre part la familiarité de l’homme et des mécanismes, la rapidité de la vie moderne, ou plutôt ses rapidités de tout genre, se sont introduites dans le style. Ce n’est pas à dire qu’ils aient déclassé leurs contraires, puisque les méticuleuses introspections de Proust ont trouvé le public de 1924 aussi attentif que le tenaient les mécanismes elliptiques usinés par Morand, et puisque le cheminement du roman-fleuve ressemble plus à celui d’une péniche qu’à celui d’un hydravion. La littérature est faite de ces coexistences entre un hier, un aujourd’hui, un demain : n’oublions pas d’ailleurs que le roman de Proust fait partie des réserves de la génération antérieure, que son bonheur est d’avoir été écrit par un homme confiné dans une chambre, et que l’expérience du roman-fleuve donne des mécomptes.

Littérature et Cinéma.

Quant à la question des rapports de la littérature avec le cinéma, il va de soi que cette génération est la première qui se la soit posée ; mais elle ne l’a pas résolue. L’influence du cinéma, de son mouvement d’images, sur les romanciers et sur les journalistes est évidente. Pareillement l’influence sur le théâtre. Mallarmé en allant au concert voulait reprendre à la musique le bien du poète. C’est ainsi que l’on voit le théâtre chercher lui aussi à reprendre son bien chez son dangereux et puissant rival, en incorporer les rythmes, compter sur la promptitude de réaction que son public a acquise au cinéma. Mais à cette utilisation indirecte ne correspond en aucune façon une utilisation directe, soit une incorporation du cinéma à la littérature. Le cinéma parlant lui reste aussi étranger, plus étranger même, que ne l’était le cinéma muet. Et la radiophonie pareillement.

La crise de la Durée.

Inégaux en importance, le déclin de l’humanisme, le massacre des jeunes élites, la nécessité de vivre sur des stocks, les révolutions de l’outillage et des sens humains, ont collaboré avec un sentiment général et profond d’instabilité pour ôter à cette génération les moyens normaux de durer. Ils ont pour elle déséquilibré le temps. Comme le traité de Versailles a posé le problème des peuples sans espace, voici posé le problème des générations sans durée, ou, moins brutalement, des générations qui connaissent une crise de la durée.

La durée sociale est une mémoire et une habitude. Toutes les mémoires et les habitudes ont été bousculées. D’une part la rupture avec l’avant-guerre, d’autre part l’incertitude absolue des lendemains, semblent donner la vie, comme on disait dans le droit ancien, en précaire, et singulièrement la vie littéraire.

Les trois Moments d’après 1914.

Nous avons remarqué qu’après quinze ans en moyenne toutes les générations littéraires depuis 1789 ont passé par un tournant, une crise, qui les diviserait plus ou moins en deux demi-générations. Mais ces coupures n’ont jamais été plus profondes que depuis 1914; la date médiane de 1930 garde bien, comme 1902-1870-1843-1802 pour les générations précédentes, une importance capitale. Pour le moment, en tenant compte de la carrière qui reste à courir aux vingt ans en 1914, et obligés que nous sommes d’arrêter leur compte en 1935, nous pouvons dire que ces vingt premières années se sont divisées en trois parties : la guerre et l’après-guerre immédiate, jusqu’en 1923 environ — l’inflation littéraire jusqu’en 1930, — la déflation littéraire depuis 1930 ; soit la défense, l’expansion, la crise de la République des Lettres.

Dans la première période, la République des Lettres, comme l’autre, et dans tous les sens du mot se défend. Elle se défend en ce sens qu’elle surmonte la crise, et même qu’elle prospère, mais comme nous l’avons dit, en vivant sur ses réserves. On lit ce qui est déjà produit plus encore que ce qui se produit. Des écrivains de la génération précédente bénéficient de ce changement d’optique. La littérature de guerre, improvisée par les combattants, et surtout par les autres, donne des mécomptes. On cherche bientôt à s’évader de la guerre, et, comme disent les philosophes, à la transcender. Mais un travail intense se fait dans les esprits, le soc de Bellone ouvre profondément les sillons pour des semences dont on espère tant. À tort peut-être : en effet, la sélection littéraire ne sera pas une sélection de qualité, une sélection entre les esprits, due à ce que les meilleurs écrivains rejettent dans l’ombre les écrivains médiocres, mais une sélection mécanique dans la quantité, une sélection entre les corps, due au hasard des combats, des réformes, des embuscades.

Bientôt s’ouvre la période de l’inflation. Comme le reste du monde, comme les autres Républiques, la République des Lettres vit sur les réserves des générations précédentes, les valeurs-papier, la publicité, la convention, la facilité et la croyance que la facilité durera. Quand il sera temps de les écrire, les mémoires sur cette époque pourront s’appeler Scènes de la Vie facile. Les années vingt du XX siècle auront été un été de la Saint-Martin de la société capitaliste d’Occident. À l’exemple de la crise du franc arrêtée par Poincaré, les crises dénoncées çà et là n’éclatent que pour être surmontées. Dans toute cette littérature fragile, qui a pullulé, puis a été résorbée et oubliée en si peu de temps, on fera plus tard, peut-être, des fouilles fructueuses. Les années vingt auront peut-être leurs amoureux, et pas seulement parmi ceux qui regretteront en elles leurs trente ans. On les a comparées au Directoire. Mais le Directoire avec une littérature.

Leur fortune dans l’histoire littéraire dépendra de ce qui les aura suivies. Or ce Directoire n’a malheureusement pas été suivi d’un Consulat. Dès 1930 la déflation littéraire suit les autres déflations, et comme les autres elle signifie restriction. Les pessimistes parlent de grande pénitence littéraire. Durera-t-elle ?

La littérature peut fort bien être prise dans le cycle d’années creuses où nous sommes entrés, ou plutôt rentrés. L’appel aux réserves, si fructueux hier, rencontrera de moins en moins d’écho. Ici encore une nécessité démographique intervient. La génération qui remplacera celle-ci est celle des adolescents que les vingt ans en 1914, leurs pères, envoient aujourd’hui à l’école et au collège, celle dont une partie a été supprimée il y a vingt ans, avant sa naissance, avec ses pères éventuels. Les bureaux de recrutement littéraire peuvent se préoccuper de cette situation au même titre que les bureaux de recrutement militaire.

De quelque côté que nous abordions la situation littéraire de la génération qui n’a pas fini son bail, nous retrouvons devant nous, sous une forme ou sous une autre, la crise de la durée. De la durée qui était liée à un minimum d’humanisme, soit de langage commun et d’étoffe traditionnelle. De la durée qui conserve à la manière d’une conscience, et qui sert d’amortisseur aux commencements absolus. De la durée vivante qui est solidarité avec le passé et confiance dans l’avenir. De la durée avec laquelle plus radicalement encore que nous, les jeunesses d’autres grandes nations ont rompu le pacte. Le journal et le cinéma, qui tendent à évincer la littérature proprement dite, c’est-à-dire le livre, impliquent des puissances d’oubli précisément autant que la littérature classique impliquait des puissances de mémoire. Mais par un point au moins, par un point toujours, par un point qui ménage l’espérance et l’avenir, la littérature conserve une attache avec la durée vivante, ordinaire, consciente, humaine, éternelle : celui-ci, qu’elle est imprévisible.

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