‹ Histoire de la SuisseChapitre 11 sur 26 · 8 LECTURE

8 LECTURE

Charlemagne, empereur d’Occident. — Lorsque Charlemagne monta sur le trône, la Suisse et les pays voisins étaient divisés entre un grand nombre de guerriers, de propriétaires, de nobles, qui n’obéissaient pas toujours au roi. Chaque propriétaire se regardait comme le seul maître sur ses terres. Charlemagne força tous ces petits seigneurs à reconnaître son autorité et les empêcha de se faire la guerre. Ce fut surtout un grand chef militaire. Grâce à ses armées, il fit régner l’ordre dans son royaume. Les comtes commandaient en son nom. Pour les surveiller, il chargeait des hommes de confiance de faire de grandes tournées à travers ses États.

On a compté que Charlemagne n’a pas fait moins de 53 expéditions de guerre. Il arriva ainsi à régner sur une grande partie de l’Europe. Il fit tous ses efforts pour répandre le christianisme et protégea l’Église ; en retour, le pape et les évêques l’appuyèrent. En l’an 800, le pape Léon III le couronna à Rome comme empereur d’Occident et comme le successeur des empereurs romains. Mais Charlemagne n’aimait, pas revêtir le costume impérial. Il préférait garder le costume des Francs, c’est-à-dire le pantalon de toile serré par des bandelettes, la tunique de laine et le large manteau.

Pour aider le commerce, Charlemagne ordonna aux comtes de construire de bonnes routes et de défendre les marchands contre les brigands, qui étaient alors très nombreux. Il protégea aussi l’agriculture. C’est sous son règne que les paysans de nos contrées se mirent à cultiver bien des terres qui étaient restées incultes depuis les invasions des Alamans.
Fig. 32. — Statue de Charlemagne à Zurich.
(Elle orne une des tours de la cathédrale.)

Charlemagne chercha à répandre l’instruction. Il voulait qu’il y eût une école à côté de chaque cathédrale et de chaque couvent. Il visitait les écoles et s’adressait aux élèves pour les encourager au travail. On raconte qu’un jour il se rendit à l’école de son palais et se fit présenter les devoirs des élèves. Les ayant lus, il vit que les travaux des enfants pauvres étaient très soignés, tandis que ceux des fils de nobles étaient mal faits. Il fit alors placer à sa droite les élèves appliqués et leur dit : « Merci, mes amis. Vous avez suivi mes conseils et vous en serez récompensés. Vous deviendrez évêques et vous serez comblés d’honneurs. » Puis se tournant vers les paresseux, il les regarda d’un air irrité et leur dit d’une voix menaçante : « Quant à vous, jeunes orgueilleux, vous avez délaissé l’étude pour le jeu. Je fais peu de cas de votre noblesse et de vos beaux habits. Si vous ne rachetez pas votre paresse par un travail persévérant, vous n’obtiendrez jamais rien du roi Charles. »

On peut reprocher à Charlemagne ses longues guerres ; ce fut une charge écrasante pour le peuple, qui était astreint à servir dans les armées. Ces luttes étaient sanglantes. Les vaincus étaient cruellement traités. Dans une guerre contre les Saxons, 4 500 prisonniers furent massacrés.

Malgré le christianisme, les mœurs étaient grossières. La vie d’un homme comptait pour peu de chose. Il y avait peu de moralité chez les nobles et dans le peuple. Charlemagne, lui-même, ne donna pas toujours le bon exemple.

Le grand empereur mourut en 814 à Aix-la-Chapelle. C’est de cette ville qu’il avait fait sa capitale. On y conserve son trône de marbre et son tombeau.

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