‹ Histoire de la SuisseChapitre 6 sur 26 · 4 LECTURE

4 LECTURE

L’empire romain. — Pendant que notre pays était encore à l’âge du fer et longtemps avant que les Helvètes fussent venus s’y établir, une ville s’était fondée en Italie. C’était Rome. Elle était habitée par un peuple de soldats qui se rendit peu à peu redoutable. Lentement, il soumit les peuples voisins les uns après les autres. Il arriva ainsi à être le maître du centre de l’Italie. Ensuite il conquit l’Italie du sud.

Les Romains étaient devenus puissants. Ils ne craignirent pas de franchir la mer. Ils s’attaquèrent à Carthage, grande ville dans le nord de l’Afrique. Après de longues guerres, ils la prirent d’assaut, la détruisirent et s’emparèrent des territoires qu’elle possédait. Puis ce fut le tour de la Grèce et des autres pays d’Orient, de l’Espagne et de la Gaule. Au temps de Jésus-Christ, les Romains dominaient sur tous les pays qui entourent la mer Méditerranée. Rome était la maîtresse du monde.

C’est à leur bonne organisation militaire que les Romains durent leurs succès. Leurs armées étaient divisées en grands corps appelés légions. Au complet, une légion comprenait environ 6 000 soldats à pied et, en outre, de la cavalerie et des troupes auxiliaires. Les soldats romains portaient un casque en fer, une cuirasse, un bouclier, et étaient armés

Gallo-Romaine en costume de ville.                               Gallo-Romain.
(D’après des bas-reliefs figurant sur des tombeaux gallo-romains.)
Fig. 21. — Gaule romaine. — Costumes.

d’une épée courte et d’une sorte de pique qu’ils pouvaient lancer comme un javelot. Ils étaient réputés pour leur bravoure, leur discipline et aussi pour leur patience à supporter les longues marches et les privations. Ils n’étaient jamais inactifs. En temps de paix, on les employait à construire des retranchements, des routes et des ponts.

Pendant la période de leurs grandes conquêtes, les Romains avaient vécu en république. Longtemps cette république avait été sagement administrée. Mais, en s’emparant des trésors des peuples vaincus, elle devint trop riche. La population perdit sa simplicité et sa vigueur. Les nobles et les grands propriétaires vivaient dans le luxe et dans le vice, au milieu de leurs nombreux esclaves, qu’ils traitaient cruellement. En dehors des nobles, la population libre était paresseuse et pauvre et n’aimait que les jeux du cirque. Les Romains ne pouvaient plus résister aux ambitieux qui cherchaient à s’emparer du gouvernement. En l’an 31 avant Jésus-Christ, Octave, surnommé Auguste, prit le pouvoir suprême. L’immense territoire romain n’obéit plus qu’à un seul homme ; l’empire remplaça la république.

L’empereur romain est un maître tout puissant. Il commande les armées et il est chef de la religion. Il peut faire mettre à mort ceux qui lui déplaisent et s’emparer de leurs biens. On cite beaucoup de mauvais empereurs, connus pour leur cruauté. Mais d’autres ont laissé un meilleur souvenir. L’un d’eux, Vespasien, fit beaucoup de bien à Avenches, où il avait passé une partie de sa jeunesse. Titus fut doux et bon, mais ne gouverna que peu de temps. Trajan, Adrien, Antonin et Marc-Aurèle sont regardés comme les meilleurs empereurs. Ils vivaient pendant le deuxième siècle après Jésus-Christ. Sous leur règne, l’empire jouit d’une paix profonde. Ce fut une période relativement heureuse et celle de la plus grande puissance de Rome.

Plus tard, l’empire s’affaiblit par les guerres civiles. Les empereurs étaient nommés par les soldats et massacrés bientôt après. Quelques souverains cherchèrent à relever l’empire et à mettre de l’ordre dans le gouvernement. L’un d’eux, Constantin, se prononça en faveur des chrétiens, qui avaient été jusque-là atrocement persécutés. En 313, il leur permit de pratiquer leur culte. Dès lors, les idées chrétiennes purent se répandre librement et exercer leur bienfaisante influence.

Après Constantin, la puissance de l’empire diminua de plus en plus. Il était attaqué sur toutes ses frontières par des peuples étrangers et ne pouvait résister à tant d’ennemis. Théodose le Grand est le dernier souverain qui ait réuni tout l’empire sous son autorité. À sa mort, en 395, l’empire fut partagé en deux États : l’empire d’Occident et l’empire d’Orient. Le premier eut pour capitale Rome ; le second, Constantinople. L’empire d’Occident se divisa bientôt en plusieurs parties.

Page 1