XXVIII
IMAGIERS ET PEINTRES D’ENSEIGNES
On peut dire avec assurance qu’il n’y a pas eu d’imagiers et de peintres d’enseignes proprement dits avant le XVIIIᵉ siècle. Jusque-là les artistes sculpteurs et peintres formaient des corporations dans lesquelles tous les membres avaient les mêmes droits de confrérie, vis-à-vis les uns les autres, sans jamais prétendre à l’égalité de talents. Le meilleur peintre était compagnon avec le plus exécrable barbouilleur, et chacun se rendait justice et prenait son rang, selon le mérite et la qualité de ses œuvres, dans l’exercice de sa profession et de son métier. L’Académie de Saint-Luc comprenait donc, sans distinction de personnes, les peintres en bâtiments et les peintres d’histoire, des statuaires de premier ordre et des fabricants de figures décoratives en plâtre. La différence des travaux n’était constatée que par la différence des prix demandés et payés. La création de l’Académie royale de peinture en 1648 n’eut pas d’autre but que de faire un choix entre les artistes, à la suite d’un concours où chaque candidat donnait la mesure de son savoir-faire. Il y eut encore, sans doute, quelques académiciens qui ne dédaignèrent pas d’exécuter des enseignes, lorsque l’œuvre était payée à sa valeur; mais, généralement, les enseignes n’étaient plus peintes ou sculptées que par les derniers élèves de l’Académie de Saint-Luc et par les plus pauvres membres de la corporation des peintres et des imagiers.
La sculpture et la peinture des enseignes de Paris avaient de quoi occuper alors une grande quantité d’artistes, et malgré la modicité du prix de ces ouvrages, on peut estimer que la multitude des labeurs de cette espèce représentait tous les ans une dépense considérable, car, chaque année, on exécutait à Paris quinze cents à deux mille enseignes, et le nombre des membres de la corporation des peintres et des imagiers ne s’élevait pas à plus de 250. Il faut rappeler aussi qu’avant le XVIIIᵉ siècle, un artiste, quel que fût son talent, acceptait communément tous les travaux qui lui étaient offerts et en réglait l’exécution d’après la destination de ces travaux. Ainsi, au XVIᵉ siècle, les plus grands sculpteurs, les plus grands peintres, attachés à la Maison du roi, ne se croyaient pas déshonorés pour avoir décoré des appartements et des galères, sculpté des corniches et des chambranles, peint à la détrempe des lambris et des battants de portes, des coffres et des tentures. Il y avait donc, en ce temps-là, parmi les enseignes, d’excellents tableaux peints sur bois, d’admirables bas-reliefs, modelés en plâtre ou en terre cuite, de superbes statues taillées en pierre. Nicolas de Blegny dit expressément, dans son Livre commode des Adresses de Paris: «Il est difficile de mettre les prix justes aux ouvrages de la sculpture et peinture, particulièrement aux tableaux et statues; c’est suivant les maîtres qui y sont employés que le prix doit être réglé, parce que c’est la beauté qui en règle la valeur; aussi, les curieux qui voudront avoir du beau de l’un des deux arts, doivent s’informer des bons maîtres, qui ne laissent rien sortir de leurs mains que de bien fini.» Le sieur de Blegny, à la suite de ces sages observations, n’indique aucun prix d’estimation pour les peintures, mais il nous apprend que si une figure de pierre de saint Luc, grande comme nature, vaut 75 livres, une pareille figure, faite par un habile homme et bien finie, vaut au moins 300 livres.
On préférait autrefois les enseignes sculptées aux enseignes peintes, parce qu’elles duraient longtemps et qu’elles n’étaient pas sujettes, comme les secondes, à des détériorations résultant des intempéries de l’air et des saisons. On peut dire même que, dans l’origine et jusqu’au milieu du XVᵉ siècle, il n’y avait que des enseignes de pierre sculptées en ronde bosse. La plus ancienne qui s’était conservée, et qui datait probablement de cette époque, était la fameuse Truie qui file, petit bas-relief plaisant et naïf, qui se trouvait au nº 24 du marché aux Poirées, au coin de la rue de la Cossonnerie. On comptait encore plus de cinq à six cents enseignes sculptées, dans Paris, au commencement du siècle; aujourd’hui, le nombre en a beaucoup diminué. La plupart d’entre elles étaient grossièrement travaillées et d’après un mauvais modèle; mais plusieurs pouvaient être considérées comme de bons ouvrages d’art. Ainsi, la Fontaine de Jouvence, rue du Four-Saint-Germain, que nous avons décrite ailleurs (chap. V), était une fort jolie sculpture du XVIᵉ siècle, qui a subi de regrettables mutilations. On citait naguère, avec éloge, parmi ces enseignes sculptées, le bas-relief de la Chaste Suzanne, rue aux Fèves, dans la Cité. «Ce bas-relief, que la perfection de son style, dit E. de La Quérière, avait fait attribuer à Jean Goujon, fut acheté, à un prix très élevé, par un amateur, et aujourd’hui un moulage en plâtre occupe sa place.» Dans la même rue, auprès de la maison où était l’enseigne de la Chaste Suzanne, on voyait un autre bas-relief, en ronde bosse, sculpté dans le mur de façade d’une maison voisine, au-dessus de la porte: c’était l’enseigne de la Gerbe d’Or, ayant de chaque côté une brebis dressée sur ses pattes de derrière, dans un cadre de feuillage; au-dessous de cette sculpture du XVIᵉ siècle, une console en pierre, formant piédestal, était ornée d’une sculpture bizarre: une tête d’homme à moustaches, laquelle se terminait en gaine avec des ornements. Le travail de cette sculpture était commun et grossier. L’enseigne de la Petite Hotte, dans la rue des Prêcheurs, nº 30, offrait un meilleur travail de la même époque: «Dans une niche en pierre, dit E. de La Quérière, on voit une petite hotte, supportée par un cul-de-lampe orné de feuilles d’eau et surmontée d’un dais également sculpté. La hotte est remplie de fruits à pépins et nous paraît avoir servi d’enseigne à un marchand fruitier.» Près de la place Maubert, rue de Bièvre, nº 12, est encore un saint Michel, en pierre, haut de 75 centimètres; c’est une sculpture assez bizarre de la fin du XVᵉ siècle[288]. L’enseigne du Puits d’Amour, que nous avons déjà citée en racontant la vieille légende qui s’y rattache, était certainement bien postérieure à cette légende; elle se trouvait au nº 15 de la grande Truanderie, mais le boulanger, ayant transporté son four à l’angle de la rue de la petite Truanderie, avait fait enlever l’enseigne pour la replacer sur sa nouvelle demeure[289]. Citons encore celle du Cheval blanc, avec la date de 1618, qui était au nº 19 de la rue de l’Arbre-Sec; le Chien rouge, de la rue de la Ferronnerie, sculpture peinte; l’Étoile dans les nuages, au nº 19 de la rue Greneta, enseignes aujourd’hui disparues.
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Il reste encore quelques bonnes enseignes en pierre du XVIIᵉ siècle; entre autres, celle des Quatre Vents, rue du Faubourg-Saint-Denis; celle du Cherche-Midi, au nº 19 de la rue qui porte ce nom, en beau style académique de la fin du siècle; celle du Centaure, au coin de la rue Saint-Denis et de la rue des Lombards, grand bas-relief d’exécution magistrale; celle de l’Annonciation, de la rue Saint-Martin,
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etc. Voici des enseignes qui paraissent appartenir à la première moitié du XVIIIᵉ siècle: le Gagne-Petit, de la
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rue des Moineaux, tout récemment transporté Avenue de l’Opéra; un autre Gagne-Petit, tout à fait différent et fort curieux pour les détails du costume et de l’attirail, rue des Nonnains-d’Yères; la Barbe d’Or, au nº 21 de la rue des Bourdonnais, très élégante sculpture d’ornement; le Petit Maure, au nº 26 de la rue de Seine, médaillon un peu lourd; une Renommée, au nº 31 de la rue de la Ferronnerie, jolie statuette dorée; le Panier fleuri, quai Saint-Michel, sculpture d’artisan; le Chat noir, au nº 32 de la rue Saint-Denis, figurine en haut-relief, reproduite à chacune des encoignures de la maison et peinte en noir (voir figure page 346); enfin, le Repos d’Hercule, sculpture en demi-bosse, qu’on voyait, il y a vingt ans, au nº 100 de la même rue, entre les fenêtres du second étage de la maison. Nous
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ne rappellerons pas ici quelques autres enseignes sculptées, d’un assez bon travail, que nous avons déjà décrites ailleurs (notamment chapitre V), mais nous ne devons point oublier un beau mascaron du XVIIIᵉ siècle, représentant une tête de satyre chargée d’un panier de fruits et formant le claveau d’une voussure de porte, à l’angle d’une maison de la rue Montfaucon. Le marchand qui a fait de cette porte architecturale l’entrée de sa boutique, s’est approprié comme enseigne la sculpture décorative, en la baptisant: Au Vieux Satyre. Mentionnons aussi la Flotte d’Angleterre, tableau en relief, représentant trois vaisseaux, assez bien sculptés, au-dessus d’un magasin de quincaillerie déjà établi en 1750 rue de la Barillerie, nº 15, et qui s’est transporté au nº 24 du boulevard de Sébastopol, lors des démolitions effectuées dans la Cité en 1857. Tout près de ce magasin étaient les Forges de Vulcain, dont nous avons déjà parlé et qu’on retrouvera plus loin. Ce n’est pas un bon sculpteur, mais un simple praticien imagier, qui a fait l’enseigne assez connue des Trois Canettes, puisqu’elle a donné son nom à la rue des Canettes: elle représente, au nº 18 de cette rue, trois canettes barbotant dans l’eau, sous les yeux de la mère cane. Cette naïve sculpture, assez gracieuse (voir figure page 214), avait remplacé sans doute au XVIIIᵉ siècle l’enseigne primitive, qui datait du XVᵉ; ce petit bas-relief entouré d’un cartouche rococo, avec une tête de Minerve en pendentif, était peint, comme l’enseigne des Trois Poissons, fort habilement sculptés au milieu des roseaux, dans un médaillon de forme ovale, au nº 14 de la rue Saint-Germain-l’Auxerrois[290].
On est en droit de supposer que ceux de ces bas-reliefs, de ces médaillons, de ces statues en pierre qui ont survécu jusqu’à nos jours, durent leur conservation au mérite de l’œuvre ou à la singularité de la composition. Mais combien d’autres enseignes, sculptées par des imagiers de médiocre talent, ont été détruites, à la restauration ou à la reconstruction des anciennes maisons, dans les vieilles rues de Paris! Ces imagiers n’étaient pas plus habiles que la plupart des peintres d’enseigne, qui leur succédèrent à partir du XVIᵉ siècle et dont la profession finit par tomber, après le XVIIIᵉ, dans un mépris devenu proverbial. Les peintres qui s’adonnaient à ce genre de travail n’étaient plus guère alors, en effet, que des apprentis, de pauvres élèves d’ateliers, ou des artistes déclassés par la débauche et la misère. La plus cruelle injure qu’on pouvait adresser à un artiste, c’était de l’appeler peintre d’enseigne.
La chanson, la satire, le théâtre ont ridiculisé les peintres d’enseignes, surtout au XVIIIᵉ siècle. Il y en eut un, nommé Jérôme, qui devint, dès 1760, le type de ces peintres de bas étage. Favart, dans l’Écosseuse, parodie de l’Écossaise, de Voltaire, avait fait rire le public de l’Opéra-Comique aux dépens de ce Jérôme. C’est le contrebandier La Rose, qui demande à Marianne quel était son âge quand elle fut séparée de ses parents: Marianne répond qu’elle avait cinq ans, «au départ de son père, et dix à la mort de sa mère.» La Rose s’écrie: «Comme tout ça s’arrange!» Puis, il chante en aparté:
Montrons-lui ce portrait Que feu Monsieur Jérôme, Grand peintre en jeux de paume, Nous fit au cabaret.
Il déploie alors un portrait à la silhouette (dessin fait sur l’ombre du visage, placé de profil); ce qui fait beaucoup rire le gros public[291]. Jérôme, peintre d’enseignes de jeu de paume, fut dès lors le représentant caractéristique de son métier. Charles-Nicolas Cochin, dans une de ses brochures satiriques sur le Salon de 1769, le fit reparaître, avec les qualités de râpeur de tabac et riboteur. Cette spirituelle critique est intitulée: Lettre sur les peintures, gravures et sculptures qui ont été exposées en cette année au Louvre par M. Raphaël, peintre de l’Académie de Saint-Luc, entrepreneur général des enseignes de la ville, faubourgs et banlieue de Paris, à M. Jérosme, son ami, râpeur de tabac et riboteur (Paris, Delalain, 1769, in-8º de 49 pages). Il publia ensuite la Réponse de M. Jérosme, râpeur de tabac et riboteur, à M. Raphaël, etc. (Paris, Joubert, 1769, in-8º de 33 pages). L’Académie de Saint-Luc, que l’Académie royale de peinture poursuivait de ses dédains et de sa jalousie, était ainsi représentée comme la pépinière des peintres d’enseignes. Aucune injure n’était épargnée à ces malheureux peintres, et lorsque le suisse Denker exécuta une suite d’estampes pour le Tableau de Paris, de Sébastien Mercier, il grava un atelier de peintre d’enseigne dans lequel figurent diverses enseignes burlesques avec leur orthographe traditionnelle. J.-B. Pujoulx, qui avait été peintre avant de se faire écrivain d’art et de théâtre, prend vivement la défense des peintres d’enseignes, ce qui fait supposer qu’il avait plus d’un de ces ouvrages sur la conscience: «Si vous conseillez, dit-il, à un peintre qui meurt de faim, de faire quelque tableau de fantaisie, en attendant un amateur qui l’achète, il vous répondra qu’on ne vit pas d’espérance; si vous lui commandez une enseigne, fût-ce une Rose rouge ou un Lion d’Or, il la fera sans difficulté, car il faut vivre, et dans le fond, même en consultant son amour-propre, quel déshonneur y a-t-il de faire une enseigne[292]?»
Nous montrerons bien, dans le chapitre suivant, que les plus grands peintres se sont rendus coupables d’une ou de plusieurs enseignes.
Il est à regretter qu’on n’ait pas recueilli des documents sur les meilleurs peintres d’enseignes, qui ne seraient pas indignes de figurer dans l’histoire de la peinture, non seulement à cause de leur talent, si dévoyé qu’il fût, mais en raison de leur originalité. Un de ces artistes, nommé Davignon, mourut, en 1842, des suites d’un accident qui devait être assez fréquent dans les travaux des peintres d’enseignes. Nous lisons dans le Bulletin de l’Alliance des arts[293]: «Le peintre en lettres Davignon, qui s’était fait une réputation par son talent, son insouciance et sa prodigalité tout artistique, est mort à l’Hôtel-Dieu. Depuis deux jours Davignon travaillait à l’enseigne d’un marchand de vin, place du Châtelet; le troisième jour, au matin, l’artiste ayant fait, à ce qu’il paraît, des libations plus abondantes que de coutume, monta à l’échelle, mais arrivé à la hauteur du premier étage la tête lui tourna, il perdit l’équilibre et tomba sur le pavé! Relevé à l’instant même, tous les secours lui furent prodigués; puis, sur sa demande, on le transporta à l’Hôtel-Dieu, où, après plusieurs jours de souffrance, il expira. Davignon était un autre Lantara; il travaillait pour boire, il buvait pour travailler, et il s’est tué à la porte d’un marchand de vin.»
Les peintres en lettres étaient aussi peintres d’enseignes et surtout peintres des tableaux de foire, qui sont de véritables enseignes, faisant ainsi concurrence à certains saltimbanques qui se chargent d’exécuter eux-mêmes les étonnantes et mirobolantes bagatelles de la porte, qu’ils exposent devant la baraque de leur théâtre en plein vent. «O matrones de Rubens! s’écrie Jean de Paris, un de nos plus brillants feuilletonistes; ô soldats gigantesques! Crocodiles épouvantables! femmes à barbe, qui montrez avec tant de grâce votre jambe dodue! vous faites mon bonheur. Cependant vous m’intéressez moins que ceux qui ont peinturluré vos épaules puissantes, vos râteliers redoutables et vos charmes rebondis. Les signatures les plus fréquentes au bas de ces compositions criardes sont celles d’Auclair, dont l’atelier est situé sur la montagne Sainte-Geneviève; de Cocural, qui opère sur les hauteurs de Belleville; d’Abel Trinocq, et de Desmaret, qui de sa fenêtre voit les Buttes-Chaumont.» Nous sommes surpris de ne pas retrouver parmi les noms de ces maîtres de l’enseigne peinte celui de David, qu’on ne confondra pas avec le grand peintre Jacques-Louis David, mais qui cependant, à un degré très inférieur sans doute, avait acquis une espèce de célébrité par ses ouvrages de peinture, destinés exclusivement à l’exposition permanente du Salon de la rue.
Combien de peintres habiles, sinon éminents, qui s’étaient distingués dans deux ou trois expositions de peinture, sont tombés par degrés dans la triste catégorie des peintres d’enseignes! Il faut se rappeler un temps peu éloigné, où les peintres, ne pouvant pas vendre leurs tableaux, mouraient de faim. C’est dans ce temps-là qu’un artiste, qui n’était pas sans mérite, avait fait un tableau à la fois comique et navrant, tableau qui représentait sans doute son propre intérieur peint d’après nature, et qui n’était pas destiné à devenir l’enseigne d’un éditeur d’estampes de la rue Saint-Jacques, avec cette légende douloureuse: Au Peintre dans son ménage.
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Ne pourrait-on pas dire que le Français, né malin, comme dit Boileau, dans l’Art poétique, naquit aussi peintre d’enseignes? Voici ce qu’on écrivait de Gallipoli, en juin 1854, au Morning Chronicle, journal anglais de Londres: «Un marchand au détail, qui était venu s’établir ici, a fait une grande fortune qu’il doit au talent artistique d’un capitaine d’état-major français. Il avait besoin d’une enseigne: le capitaine auquel il s’adressa lui peignit un zouave et un highlander, tous deux en grand uniforme, se donnant la main et trinquant cordialement. Ce tableau, quoique fait à la hâte et négligé dans plusieurs détails, a eu le succès le plus complet dans les deux armées, et y a fait plus de sensation que tous les chefs-d’œuvre du Louvre ou de la Galerie nationale. Des pachas turcs, des officiers anglais, des négociants arméniens, ont offert de l’acheter à un prix très élevé, mais le marchand a obstinément refusé de le vendre, et il a déclaré qu’il l’emporterait partout avec lui, comme un trophée et l’origine de sa fortune.» Ainsi le dernier épisode de la guerre de Crimée aura été le triomphe de l’enseigne d’un marchand de vin et liqueurs!