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Chapitre 7 Le soir

La forêt se faisait noire ; un coin de ciel bleu pâle apparaissait entre les grands troncs des pins ; une raie d’or éteint marquait l’horizon, et l’orée du bois claire encore, avec ses troncs épars et son herbe semée de fleurettes, semblait le vestibule de quelque palais magique tiède et velouté, où l’on ne devait entrer qu’avec respect.

Les prés étaient déjà rafraîchis par la rosée du soir, mais la chaleur du soleil disparu devait encore reposer quelques heures sur le tapis roux des aiguilles de pins, où flottait une odeur résineuse. Les oiseaux et les insectes cependant s’étaient endormis, et aucun bruit, pas même un frémissement d’ailes, ne troublait le silence de la forêt majestueuse.

Un jeune garçon sortit de l’ombre épaisse et respira plus librement en voyant s’éclaircir le ciel devant lui ; il marchait d’un pas rapide, son carnier de chasse au flanc, son fusil sur l’épaule, et paraissait se hâter vers le logis.

— D’où viens-tu si tard ? fit une voix musicale qui semblait sortir du sol.

L’adolescent s’arrêta en tressaillant et regarda à ses pieds.

Devant lui, couchée dans l’herbe, le menton appuyé sur la paume de sa main, une fillette levait sa tête rieuse. La forme grêle et svelte de son corps, revêtu d’un sombre vêtement de laine, se dessinait à peine sur le sol presque noir ; il recula d’un pas. Elle rit de sa surprise et de sa frayeur, et répéta :

— D’où viens-tu ?

— Je viens… je viens de la chasse, répondit le jeune garçon d’une voix mal assurée. Et toi, qui es-tu ?

La fillette se dressa à demi, de façon à se trouver assise, et la main toujours appuyée sur le sol, elle répondit :

— Sylvie.

— Sylvie ! Es-tu la forêt elle-même ? demanda en souriant l’adolescent lettré ; une nymphe est-elle ta mère, et tes pieds sont-ils fixés au sol en forme de racines ?

La jeune fille se mit debout ; sa stature élégante atteignait celle du jeune garçon.

— Je suis la fille du forestier, répondit-elle, je m’appelle Sylvie, et je demeure là.

Elle étendit le bras vers la profondeur la plus noire et la plus veloutée de la forêt endormie.

— Et toi, comment t’appelles-tu ? Tu as failli marcher sur moi.

— Je m’appelle Réal ; mon père demeure au château.

— Ah ! je sais, fit Sylvie ; tu es le fils du seigneur.

Le maître du château était toujours le seigneur dans ce coin de terre perdu.

— Que fais-tu là ? continua le jeune homme en regardant la fillette aux clartés presque éteintes du soir mourant.

Elle n’évita pas son regard ; ses grands yeux foncés, d’une couleur indécise, ignoraient la timidité qui fait baisser les paupières ; elle sourit, montrant ses dents blanches, écarta de la main les cheveux noirs qui retombaient sur son front bas et pur, et répondit sans honte :

— Je t’attendais. Je sais que tu passes souvent ici le soir, et je voulais te faire peur.

Réal se mit à rire.

— Un garçon n’a jamais peur, répondit-il en secouant orgueilleusement ses boucles blondes. Mon père dit qu’un homme n’a pas peur et ne pleure pas.

— J’ai vu pleurer mon père, répliqua la fillette d’un ton grave.

— Quand cela ?

— Quand on a emporté ma mère qui était morte.

Réal ne répondit pas ; cette impression-là lui était inconnue. Cependant sa mère aussi était morte, mais il n’avait jamais vu pleurer son père. Il passa à une autre idée.

— Quel âge as-tu ?

— Quatorze ans ; et toi ?

— Quinze.

— Alors, reprit Sylvie, c’est toi qui es le plus vieux. Tu dois être le plus raisonnable. Sais-tu lire ?

— Je crois bien ! répondit Réal avec dédain. Je suis très instruit.

— Je ne sais rien du tout, soupira Sylvie. Mon père est dans le bois tout le jour… Je suis seule.

— Tu t’ennuies ?

— Oh ! non ! Il y a tant de choses amusantes dans la forêt ! Il y a les fleurs, il y a les bêtes !… Mais toi, tu n’aimes les bêtes que pour les tuer.

Réal posa la main sur son carnier vide.

— Pas toujours, répondit-il. J’ai manqué un chevreuil tantôt.

— Tant mieux ! fit Sylvie battant des mains. C’est bien fait !

Réal la regarda avec une sorte de dépit ; elle riait.

— Pourquoi es-tu venue m’attendre ? demanda-t-il pour la seconde fois.

Sylvie ne répondit pas tout de suite ; elle cherchait une idée et ne parvenait pas à la trouver.

— Je ne parle à personne, dit-elle enfin, et personne ne me parle ; mon père rentre tard et sort tôt ; parfois il passe la nuit en embuscade : on vous vole votre gibier, il faut surveiller les braconniers… Je voulais parler à quelqu’un.

— Pourquoi moi et pas un autre ? demanda Réal avec un certain trouble.

— Je ne sais pas… tu es presque de mon âge, tu es beau, tu dois être bon, j’ai pensé que tu ne te moquerais pas de moi…, et puis j’avais envie de te parler.

Elle s’était mise en marche, Réal la suivait, ils prirent le chemin du château. La nuit était venue, le rayon d’or pâle avait disparu du ciel, et les étoiles commençaient à pointer dans le bleu. La clairière finissait au bord du pré ; Sylvie s’arrêta.

— Adieu, dit-elle.

Réal hésitait : cette rencontre avait pour lui le charme inexprimable du rêve ; la poésie entrevue dans Virgile pendant les heures d’étude venait d’apparaître brusquement dans sa vie ; mais les lumières du château brillaient à quelque distance dans l’obscurité ; on l’attendait pour souper.

— Adieu, dit-il, non sans regret.

— Tu reviendras ? demanda Sylvie avec une douceur de flûte dans sa voix d’enfant.

— Oui, répondit Réal.

Sylvie agita sa main fluette dans l’air du soir, et fit quelques pas… elle sembla s’évanouir dans l’ombre comme une forme impalpable ; l’adolescent, ne la voyant plus, se demanda s’il n’avait pas été victime de quelque imagination. Il ne put résister au désir d’en faire l’épreuve.

— Sylvie, dit-il très haut.

— Que veux-tu ? répondit la voix de l’enfant.

À la pâle lueur des étoiles, il entrevit vaguement la blancheur d’un visage tourné vers lui.

— Bonsoir ! dit-il, rassuré.

— Bonsoir !

Tout disparut. Réal, resté immobile, écoutait encore la vibration de cette voix harmonieuse dans l’air sonore.

— Bonsoir ! cria-t-il.

Un son tremblant, presque insaisissable, vint à lui, mais il ne put distinguer que la dernière syllabe, …soir ! doucement prolongée et traînée presque à l’infini.

L’heure d’apaisement et de silence retombait sur la forêt tous les jours un peu plus tôt, car l’été décroissait vers l’automne ; et, tous les jours un peu avant l’heure accoutumée, Réal trouvait Sylvie à l’orée du bois.

Ils étaient devenus grands amis ; une sorte de gaminerie sauvage de la part de la fillette, un peu de supériorité pédante du côté du garçon mettaient entre eux juste ce qu’il fallait de querelles et de brouilles pour les rendre parfaitement heureux de se retrouver.

Réal était libre de ses actions pendant les vacances. Pourvu qu’il fût présent à l’heure des repas, son père, homme sec et taciturne, ne s’inquiétait pas de l’emploi de son temps.

Le jour, Réal courait la plaine et la forêt ; mais, le soir venu, un sentier frayé dans les herbes par son pas fidèle le ramenait au lieu de la première rencontre.

Lorsqu’il voyait les troncs d’arbres s’éclaircir, une singulière émotion s’emparait de lui ; il était à la fois joyeux et inquiet.

S’il n’allait pas trouver Sylvie ?

Elle était là pourtant, couchée à plat dans l’herbe, presque recouverte par les hautes tiges du regain montant en graine ; le visage tourné vers lui, elle l’attendait, silencieuse et souriante. Il arrivait honteux du trouble qui lui serrait la gorge, s’asseyait auprès d’elle, et lui contait les menus faits du jour.

Elle l’écoutait, parlant peu elle-même. Dans l’âme de cette fille sauvage, les pensées ne savaient point revêtir la forme des mots ; elle sentait son cœur déborder d’une joie muette, et ses yeux seuls pouvaient parler. Aussi Réal était-il sûr de trouver toujours tournés vers lui ces yeux lumineux et veloutés, où toute la tiédeur de la forêt chaude et rousse semblait s’être concentrée.

— J’aime tes yeux ! dit-il à Sylvie un soir que le soleil se couchait plus tard, pensait-il, sans souci des vraisemblances, – en réalité parce qu’il était venu plus tôt.

La fillette sourit d’un air heureux, mais ne répondit pas. Que pouvait-elle répondre ?

— J’aime tes yeux et tout le reste, continua Réal en parcourant du regard le visage ovale, le cou menu, la taille souple et enfantine de sa jeune amie ; tout cela est joli.

Sylvie continua de sourire et de le regarder. Un désir ardent, irrésistible, monta peu à peu du plus profond de lui-même aux lèvres de Réal. Ce cou brun, doré, caressé par les derniers rayons du soleil, duveté comme une pêche, attirait le regard et le baiser. Il voulut s’approcher de la jeune fille… celle-ci avait peut-être lu dans les yeux de son ami la pensée insolite qui venait de le surprendre. D’un bond elle fut debout, invitant du geste Réal à la suivre.

— Déjà ? fit celui-ci, paresseusement étendu sur l’herbe chaude et jaunie.

— Allons, répondit Sylvie, je vais te montrer quelque chose.

Il ramassa son fusil et la suivit docilement. Il l’eût suivie partout.

Ils marchèrent un moment, puis la jeune fille s’arrêta auprès d’un rocher qui surplombait une source.

— C’est beau, ici, dit-elle, regarde cela.

Réal n’était jamais venu là. La fraîcheur de l’eau courante et de la verdure argentée des saules calma son agitation. Sylvie s’était assise au haut du rocher, les pieds pendants sur l’onde. Il la rejoignit et s’assit près d’elle.

Un filet d’eau s’échappait de la pierre et tombait dans un petit bassin creusé par la nature entre les troncs des arbres. Au fond de cette coupe sourdaient deux ou trois sources plus abondantes, qui alimentaient un joyeux ruisseau. Le bassin n’était guère profond ; un homme n’eût pas eu de l’eau à mi-jambes ; mais les scolopendres et le lierre qui tapissaient les cailloux, la hauteur du rocher lui-même donnaient à ce lieu quelque chose d’agreste et d’intime à la fois.

— On est bien ici, n’est-ce pas ? dit Sylvie, lorsque son ami se fut assis auprès d’elle. Avec quelques brins de lierre arrachés au plus près elle fit deux couronnes de feuillage qu’elle posa sur leurs têtes.

— Regarde-moi dans l’eau, dit-elle en se penchant un peu, et se retenant d’une main au rocher.

Réal, sur l’autre versant de la pierre, se retint également et contempla dans le clair bassin le reflet de la jeune fille qui lui souriait.

— Comme tu es jolie ! s’écria-t-il en levant la tête pour comparer l’image avec la réalité.

— Non, non, s’écria Sylvie boudeuse. C’est dans l’eau qu’il faut me regarder.

Réal, obéissant, s’inclina sur la coupe de cristal, où Sylvie continuait de lui sourire ; quand il relevait la tête, elle reprenait son air sévère, et pour retrouver sa grâce émue, le jeune homme devait la chercher dans le miroir de la source.

Fascinée par le regard de son ami toujours plus tendre et plus ardent, la jeune fille sentit aussi un vague souhait germer au fond de son âme innocente et troublée. Cédant aux yeux qui l’imploraient, elle porta lentement sa main à ses lèvres et envoya un baiser à l’image de Réal réfléchie dans l’onde.

Le visage qu’elle contemplait disparut soudain, et Réal saisit dans ses bras Sylvie tremblante, presque épouvantée.

— Je t’aime, lui dit-il tout bas, je t’aime. Et ses lèvres brûlantes se posèrent sur le cou velouté de la jeune fille.

Sylvie se défendit faiblement, et leurs couronnes de lierre tombèrent dans la source.

— Regarde, dit-elle, nos couronnes qui s’en vont !

Les deux guirlandes flottant au fil de l’eau avaient déjà quitté le bassin, et, tantôt réunies, tantôt séparées, se dirigeaient vers la prairie. Une vague tristesse saisit le cœur de la jeune fille lorsqu’un détour du ruisseau les cacha à ses regards.

— Déjà ! fit-elle.

Réal ne regardait plus le ruisseau. Il avait passé un bras autour de la taille de Sylvie.

— Viens dans la forêt, lui dit-il à demi-voix.

— Non, répondit-elle : lâche-moi.

Au lieu de répondre, il posa un second baiser sur sa joue en fleur. – Elle se débattit, s’arracha de ses bras et glissa dans la source à quelques pieds au-dessous.

— Je n’ai pas de mal, cria-t-elle aussitôt à Réal, qui, saisi d’effroi, la regardait d’en haut.

Elle riait et tremblait, de peur, d’émotion et aussi de la fraîcheur de l’eau. Elle sortit du petit bassin, jeta un regard autour d’elle vers un saule voisin.

— J’ai retrouvé nos couronnes, dit-elle en les montrant à Réal, qui l’avait rejointe.

Son vêtement de laine, ruisselant d’eau, collait à son corps svelte ; elle allait sans s’en inquiéter et releva même sa jupe sur son bras pour marcher plus aisément.

Mais Réal ne voyait plus la grâce de cet être jeune et charmant ; la fin brusque et presque terrible de son rêve d’amour, lui avait mis au cœur une sorte d’inquiétude.

— Ou vas-tu ? dit-il en la voyant prendre un chemin qu’il ne connaissait pas.

— À la maison, pour me sécher, répondit-elle.

— Je vais avec toi.

— Non, non, fit-elle avec inquiétude, il ne faut pas que mon père te voie… Va-t’en.

— Tu le veux ? répéta-t-il avec chagrin.

— Oui.

Ils étaient devenus sérieux, presque tristes.

— À demain, dit-il, debout devant elle. Il n’osait rien demander.

— À demain, répondit Sylvie, les yeux brillants, les joues couvertes de carmin.

Il attendait… Elle lui présenta les couronnes de lierre, qu’elle tenait toujours à la main.

— Prends-les, dit-elle.

Il les prit machinalement.

— Permets-tu que je t’embrasse ? dit-il à demi-voix, rougissant lui-même, et tout honteux.

Elle lui tendit les deux joues, et le baiser qu’il lui donna fut celui d’un frère.

— Je suis bien fâché, balbutia-t-il, c’est ma faute si tu es tombée…

Sylvie baissa les yeux, et ils restèrent muets l’un devant l’autre.

— Tu n’es pas fâchée ? continua Réal.

— Non, répondit-elle.

— Bien sûr ?

Pour réponse, elle lui rendit son baiser aussi chaste, aussi fraternel qu’elle l’avait reçu.

— À demain, dit-il.

— Bonsoir, murmura Sylvie avec l’accent traînant et musical dont elle accentuait ce mot en le quittant.

Réal reprit lentement le chemin du château ; le soleil était couché quand il rentra.

Le lendemain, il attendit Sylvie pendant longtemps. Venu alors que le soleil était encore haut sur l’horizon, il partit bien après que la bande d’or se fut éteinte au couchant… mais il ne vit point son amie. Le surlendemain, dès l’aube, il courut à la source, puis revint au lieu de leur rencontre… rien ! Il s’aventura alors dans le sentier qui menait chez Sylvie.

Au bout d’un peu de temps il entrevit une maisonnette ; un homme à l’air soucieux, à l’aspect peu encourageant, était assis sur un banc devant la porte. C’était le père de Sylvie, sans doute. Réunissant toute son audace, Réal s’adressa à lui.

— Le chemin du château, s’il vous plaît ? dit-il.

— Vous lui tournez le dos, répondit l’homme en indiquant la direction ; puis il laissa tomber son bras en poussant un soupir.

Réal le regardait, les yeux de l’homme rencontrèrent les siens.

— Qu’est-ce qu’il vous faut encore ? dit-il avec brusquerie.

— Rien, répondit le jeune garçon en reprenant lentement le chemin de sa demeure.

Le jour suivant fut un jour de pluie. Vers le soir, cependant, un rayon jaune et mouillé traversa les nuages, Réal prit son fusil et se hâta de sortir. Il gagna vite la clairière et le chemin qu’il n’avait vu que deux fois, et qui pourtant hantait son souvenir.

Comme il passait près de la source, il vit sortir du bois une bière, portée par deux hommes ; le forestier solitaire marchait derrière le convoi. Réal, saisi d’effroi, regarda cet homme. C’était bien lui qu’il avait vu la veille. Deux grosses larmes tombant sans cesse et sans cesse renouvelées débordaient de ses yeux mornes… Le fossoyeur, sa bêche sur l’épaule, suivait ce groupe funéraire, Réal l’arrêta.

— Qu’est cela ? demanda-t-il d’une voix étranglée.

— C’est Sylvie Forestier qu’on enterre, répondit le fossoyeur. Elle a attrapé une pleurésie à courir dans le bois, ça n’a pas été long ! Une bonne fille, mais si sauvage ! Ces gens-là ne parlent à personne, conclut-il avec un haussement d’épaule, en indiquant le père muet qui suivait le cercueil de sa fille.

Et il continua son chemin en pressant le pas pour le rejoindre.

Réal n’osa les suivre. Il alla s’asseoir sur le rocher, et là, une douleur affreuse lui saisit le cœur ; il n’y put rester.

Regagnant alors le village, il passa près du cimetière.

L’office des morts est vite dépêché pour un pauvre, encore plus vite pour ceux qu’on ne voit point se mêler aux vivants. Quand le jeune homme atteignit la clôture, la tombe était déjà comblée. La dernière bande jaune disparut du ciel au moment où le fossoyeur nivelait la dernière pelletée de terre. Le forestier, toujours muet, reprit à pas lents le chemin de sa demeure déserte, et Réal rentra chez lui.

Ne le voyant point au repas, son père, si calme d’ordinaire, s’inquiéta, et entra dans sa chambre.

— Qu’as-tu ? dit-il en trouvant son fils sur son lit, le visage défait et marbré par les pleurs.

— Je souffre, répondit Réal en détournant son visage.

— Des larmes ? Un homme ne pleure pas ! répondit le père.

Cependant, ce jour-là, Réal avait versé ses premières larmes d’homme.

Paris, juillet 1877.

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