« Prêts à commencer la guerre »
L’UNION GENERALE MILITAIRE, dont l’état-major commandé par le général Miller est à Paris, groupe une quinzaine de vastes organisations militaires, plus 140 sections de cosaques. Cette force militaire imposante recrute chaque jour des soldats et des élèves officiers dans la jeunesse émigrée. Le général Miller, dans une interview qu’il a donnée dernièrement au journal anglais The Referee, après avoir reconnu que l’organisation d’un tel réseau et son équipement n’ont été possible que « grâce à l’attitude bienveillante des gouvernements français » ouvre un aperçu sur l’importance et l’état de préparation de ces effectifs. Ce ne sont nullement là des renseignements secrets : on n’a qu’à lire la préface du Guide de l’Union Générale Militaire pour être au courant de ce mouverment actif et formidable. Son objectif : la guerre contre la Russie. En attendant, s’il le faut, prêter main-forte aux polices nationales contre le prolétariat.
Il y a quelques mois, le général Miller a fait une inspection des forces dont il dispose en Europe. Il a été reçu comme un prince en Pologne — où il s’est mis en raports avec le chef de l’état-major polonais Piskor, et dans les Balkans. A Bucarest et dans tous les Etats vassaux de la France, il a été accueilli par les autorités officielles et les généraux. Il a remercié publiquement le gouvernement yougoslave du concours qu’il lui apportait, et dans de brillantes réunions, tous ces grands personnages galonnés et chamarrés ont ouvertement préconisé le front unique contre l’U.R.S.S. sous l’égide de la France.
Déclarations publiques du général Miller : « Nous sommes prêts à commencer la guerre. Nous attendons seulement une situation favorable et une aide financière qui sans aucun doute nous viendra d’une des puissances désirant le renversement des bolcheviks ».
Lors des derniers événements d’Extrême-Orient, sous la présidence du général Dragomirov, a eu lieu à Paris une réunion de la Société des Officiers d’Etat-major, sur la nécessité d’appuyer l’agression du Japon à la suite d’un rapport S. Vostroguine, ancien député à la Douma. L’ataman des Cosaques du Don, Begayevski, y a préconisé la création d’un Etat-tampon antisoviétique formé par la Mandchourie, la Mongolie, et la Mongolie soviétique, cet Etat devenant possesseur du Chemin de Fer de l’Est-chinois arraché à l’U.R.S.S. L’Union Générale Militaire, selon Bogayevski POURRAIT METTRE SUR PIED 300.000 HOMMES.
Sous le ministère Tardieu, le contact des états-majors et des émigrés tsaristes s’est renforcé par l’activité du général Sekretev, lié avec le général Weygand. Ce Sekretev a joué un rôle direct dans les commandes d’armes faites pour le Japon chez Panhard-Levassor, Hotchkiss et Schneider — et dans les usines de guerre Sekretev a formé avec les Blancs des cadres de briseurs de grève.
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