XI
Les coups de revolver de Verlaine ne furent pas, on le conçoit, pour ramener Rimbaud à la poésie écrite, dont on sait qu’il se détachait peu à peu ; descendant ainsi les degrés de la haute tour qu’il s’était édifiée dans le ciel et du sommet de laquelle, en considérant à ses pieds le combat des hommes, il avait rèvé, il avait vu la communion des bons et des méchants dans la joie et l’épanouissement spirituel de l’amour réinventé. À ce moment-là, s’il trouvait la terre laide, il espérait encore la venue d’un temps où tous les cœurs s’éprendraient. Maintenant, c’était fini. L’homme qu’il avait aimé le plus au monde, l’esprit qui lui avait semblé le mieux apparenté au sien et que, un instant, il avait cru pouvoir emporter avec lui au faite de la tour, près du soleil, se révélait inaffranchissable des passions communes et incapable à jamais de gravir les lumineuses puretés. Ce fut, pour le mage, pour l’ange que Rimbaud se sentait être, la chute mate dans les ténèbres et les affres de la réalité.
Sur le lit d’hôpital, parmi la froideur de la salle aux blancheurs de linceul et aux relents pharmaceutiques, son âme se débat dans une détresse d’agonie ; et les visites inquisitoriales du juge d’instruction sont pour elle des coups de couteau plus douloureux que ne le sont pour sa chair les coups de bistouri du médecin cherchant dans son poignet le plomb qui lui engourdit le bras. Les questions tendent visiblement à interpréter en trivialités honteuses ce que les candeurs de son génie avaient apporté d’héroïque pureté dans sa liaison avec Verlaine ; il n’est jusqu’à ses élans cordiaux qui ne soient appréciés à rebours. La rancœur, ressentie naguère à Londres, de n’être compris par personne, même par son compagnon, se transforme de crainte en certitude. Nul être humain, même parmi ceux à qui il sera donné de fouiller dans son intimité morale, ne doit donc jamais parvenir à le connaître !
Dès lors, il lui apparaît que certainement il n’est pas du monde réel et que tous ses efforts pour divulguer les splendeurs et promouvoir les êtres de son monde, à lui, ne servent de rien. Et « l’odeur de l’encens » lui revient toute « puissante ». Il retourne en arrière, dans sa vie : il se voit communiant mystique, ravi dans les graves beautés de l’Évangile et dans les magnificences de la liturgie catholique. Après avoir vécu la vie littéraire, cet enfer, cette vie factice de « saltimbanque, mendiant, artiste, bandit » ; après avoir connu toute la poésie, toute I’idéologie, après les avoir recréées après avoir rêvé de posséder toutes les impressions possibles et impossibles, il songe à se faire prêtre, « gardiendes aromates sacrés, confesseur, martyr » … Prêtre. Être prêtre ! Ne serait-ce pas la voie dans laquelle les trois rois de sa vie, son cœur, son âme et son esprit, pourraient sans vanité opérer les miracles que le torrent de son impulsion créatrice, filtré par le malheur, lui commande encore ? Mais son « mauvais sang » bouillonne et ricane de révolte à cette idée :
Je ne me crois pas embarqué pour une noce avec Jésus-Christ pour beau-père, — dit-il. — Je ne suis pas prisonnier de ma raison. J’ai dit : Dieu. Je veux la liberté dans le salut.).
C’est que les forces séraphiques de sa patience ne doivent pas triompher encore dans la bataille engagée contre les forces sataniques de son impétuosité. Il le sent de reste quand, le juge d’instruction lui posant des questions insidieuses, il se laisse aller aux violences de son irrépressible emportement.
Car les interrogatoires de Rimbaud n’offrirent pas, en leur aspect réel, le calme présenté par les procès-verbaux. Le jeune homme opposa aux investigations judiciaires traquant Verlaine dans le secret de sa vie privée la protestation véhémente d’un frère défendant son frère contre la salissure, sinon souhaitée, sinon voulue par leurs ennemis communs, du moins imbécilement crue, du moins malignementsupposée pareux.En même temps que la répulsion et la colère éprouvées devant cette curiosité trop zélée de magistrats voûtant absolument découvrir de l’immoralité dans ce qui était seulement un paradoxe d’amitié chez deux grands poètes, illui montait du cœur à la gorge un intense dégoût, un mépris définitif à l’endroit des initiateurs, des propagateurs de la calomnie, ceux qu’il appelle désormais « les mendiants, les brigands, les amis de la mort, les arriérés de toutes sortes » de l’enfer parisien. Hermine, il s’était autrefois, parmi ces gens, « roulé dans la boue », sûr que rien ne pourrait jamais essentiellement altérer sa blancheur impavide et voici que la poussière impure dont il lui faut se secouer aujourd’hui aveugle les puissances sociales disposant de l’honneur des individus, et qui ont peine à discerner que ces pulvérulences sont étrangères à sa nature
Il y a, dans l’œuvre de Paul Verlaine, des témoignages certains et précis de la chasteté d’Arthur Rimbaud.
Outre le poème Crimen amoris, dont nous avons cité plus haut des strophes fidèlement évocatrices, et qui n’est si beau que parce qu’il est dicté tout entier par le souvenir de l’auteur des Illuminations, on peut lire, dans Jadis et Naguère, la si touchante protestation de ce sonnet de mètre impair :
VERS POUR ÊTRE CALOMNIÉ
Ce soir je m’étais penché sur ton sommeil.
Tout ton corps dormait chaste sur l’humble lit,
Et j’ai vu, comme un qui s’applique et qui lit,
Ah ! j’ai vu que tout est vain sous le soleil
Qu’on vive, ô quelle délicate merveille,
Tant notre appareil est une fleur qui plie !
Ôpensée aboutissant à la folie !
Va, pauvre, dors, moi, l’effroi pour toi m’éveiile.
Ah ! misère de t’aimer, mon frêle amour
Qui vas respirant comme on expire un jour !
Ô regard fermé que la mort fera tel !
Ô bouche qui ris en songe sur ma bouche,
En attendant l’autre rire plus farouche !
Vite, éveille-toi. Dis, l’âme est immortelle ?
Écrits à Londres en 1873, dans la compagnie de Rimbaud et incontestablement inspirés par sa présence, ces quatorze vers ne forment-ils pas comme la paraphrase anticipée, contemporaine plutôt, de ce passage d’Une Saison en Enfer où Rimbaud met dans la bouche de la "vierge folle", Verlaine, ces paroles :
Àcôté de son cher corps endormi, que d’heures des nuits j’ai veillé, cherchant pourquoi il voulait tant s’évader de laréalité. Jamais homme n’eut pareil vœu…
et de cet autre passage, où toujours parle la « vierge folle » :
Ainsi, mon chagrin se renouvelant sans cesse, et me trouvant plus égarée à mes yeux, — comme à tous les yeux qui auraient voulu me fixer, si je n’eusse été condamnée pour jamais à l’oubli de tous ! — j’avais de plus en plus faim de sa bonté. Avec ses baisers et ses étreintes amies, c’était bien un ciel, un sombre ciel, où j’entrais, et où j’aurais voulu être laissée, pauvre, sourde, muette, aveugle. Déjà j’en prenais l’habitude. Je nous voyais comme deux bons enfants, libres de se promener dans le Paradis de tristesse. Nous nous accordions. Bien émus, nous travaillions ensemble. Mais, après une pénétrante caresse, il disait « Comme ça te paraîtra drôle, quand je n’y serai plus, ce par quoi tu as passé. Quand tu n’auras plus mes bras sous ton cou, ni mon cœur pour t’y reposer, ni cette bouche sur tes yeux. Parce qu’il faudra que je m’en aille, très loin, un jour. Puis il faut que j’en aide d’autres : c’est mon devoir. Quoique ce ne soit guère ragoûtant… chère âme... » Tout de suite, je me pressentais, lui parti, en proie au vertige, précipitée dans l’ombre la plus affreuse : la mort.
(Comme cette dernière phrase restitue bien la psychologie de Verlaine à Bruxelles, au moment des coups de revolver !)
Dans Jadis et Naguère, on trouve encore un sonnet de protestation, cette fois plus véhémente, le Poète et la Muse, sonnet composé après 1875 et dans lequel, ayant de réaliste façon, décrit, aux deux quatrains, sa cohabitation
avec Rimbaud, Verlaine place ces tercets :
Qu’on l’entende comme on voudra, ce n’est pas ça
Vous ne comprenez rien aux choses, bonnes gens.
Je vous dis que ce n’est pas ce que l’on pensa.
Seule, ô chambre qui fuis en cônes affligeants,
Seule, tu sais ! Mais sans doute combien de nuits
De noce auront dévirginé leurs nuits depuis !
tercets desquels l’Explication, écrite dans la prison de Vouziers en mai 1885, se lit dans Parallèlement :
Le bonheur de saigner sur le cœur d’un ami,
Le besoin de pleurer bien longtemps sur son sein,
Le désir de parler à lui, bas à demi,
Le rêve de rester ensemble sans dessein !
Le malheur d’avoir tant de belles ennemies,
La satiété d’être une machine obscène,
L’horreur des cris impurs de toutes ces lamies,
Le cauchemar d’une incessante mise en scène !
Mourir pour sa Patrie ou pour son Dieu, gaiement,
Ou pour l’autre, en ses bras, et baisant chastement
La main qui ne trahit, la bouche qui ne ment !
Le seul morceau de Verlaine, concernant Rimbaud et sa liaison avec lui, qui pourrait offrir flanc à l’équivoque par la place qu’il occupe dans Parallèlement, ce livre « où je feins — dit le Pauvre Lélian dans Mes Prisons — de communier plutôt avec le diable », est Læti et errabundi. Ces vers ont été faits à l’hôpital Tenon en 1887, c’est-à-dire à une époque où la gloire naissante de Verlaine s’agrémentait, en l'esprit de certains, d’un piment de sodomie, et ils ont paru pour la première fois dans un journal littéraire dirigé par M. Georges Lecomte et intitulé la Cravache. Nous croyons bien avoir été le premier à les lire au chevet du malade ; et nous nous rappelons que, devant l’observation par nous faite sur l’équivoque y contenue, le poète protesta, non sans remords visible d’avoir écrit quelque chose qui pût encore prêter à de malignes et ordurières interprétations quant à ses relations avec Rimbaud. Puis il nous expliqua le sens, très simple, du poème et nous en fit toucher la réelle signification en nous soulignant ce vers :
qui, évidemment, ramène toute la pièce au point.
Néanmoins la méprise tapie dans Læti et errabundi avait, faut-il croire, dépassé les intentions de l’auteur. On glosa dans les milieux littéraires. Verlaine en fut très impressionné, dominé qu’il demeurait par la crainte instinctive du « dieu parmi les demi-dieux », alors en Orient, et de son courroux au cas où, revenant en France, il aurait connaissance de la chose ; et c’est pourquoi, sans doute, dans les Dédicaces, les deux sonnets à Arthur Rimbaud, composés à deux ans de distance l’un de l’autre, réprouvent, en l’expliquant du reste, l’équivoque de Læti et errabundi.
Le premier de ces sonnets, écrit en 1889 ou 1890, avant la mort du dédicataire, se termine par ces vers :
L’histoire t’a sculpté triomphant de la mort
Et jusqu’aux purs excès jouissant de la vie,
Tes pieds blancs posés sur la tête de l’Envie !
Dans le second, écrit en 1891, Verlaine vient d’apprendre la mort de son ami et, devant un dessin d’Isabelle Rimbaud représentant son frère en costume oriental, il s’écrie :
Toi mort, mort, mort…
Ah, mort ! Vivant plutôt en moi de mille feux
D’admiration sainte et de souvenirs feus
Mieux que tous les aspects vivants, même comment
Grandioses ! de mille feux brûlant vraiment
De bonne foi dans l’amour chaste aux fiers aveux
De son côté, au chapitre d’Une Saison en Enfer intitulé Délires I, commençant par ces mots : « Écoutons la confession d’un compagnon d’Enfer » et se terminant dans cette exclamation : « Drôle de ménage », chapitre dont nous venons de citer un peu plus haut deux passages, Arthur Rimbaud nous offre, derrière la métaphore, derrière la méprise volontaire des mots désignant les personnages, une représentation terriblement exacte de la liaison. Pour qui sait pénétrer un texte et n’en a point peur, la « vierge folle » c’est le Pauvre Lélian tout entier, dans son âme comme dans son tempérament, caractère de femme et d’enfant, passion et faiblesse, expliquant, par les raccourcis de langage que lui attribue l’auteur, sa vie à Londres avec Rimbaud, « l’époux infernal », noirci à sublime dessein, et prédisant même la conversion verlainienne de demain.
C’est d’abord une invocation pénitente au Christ :
Ô divin Époux, mon Seigneur, ne refusez pas la confession de la plus triste de vos servantes. Je suis perdue. Je suis soute. Je suis impure. Quelle vie !
Pardon, divin Seigneur, pardon ! Ah ! pardon que de larmes Et que de larmes encore plus tard, j’espère !
Plus tard, je connaîtrai le divin Époux ! Je suis
née soumise à Lui. — L’autre peut me battre maintenant !
Et se poursuit la confidence, en laquelle, toujours par la bouche de la « vierge folle », « l’époux infernal », Rimbaud, fait de lui même, sans ménagements aucuns, un portrait dont la couleur hurle de chasteté et de spiritualité et où l’on voit que, sur le bord du gouffre de la chair, il n’a pas le vertige. Écoutons :
Je suis esclave de l’Époux infernal, celui qui a perdu les vierges folles. C’est bien ce démon-là. Ce n’est pas un spectre, ce n’est pas un fantôme. Mais moi qui ai perdu la sagesse, qui suis damnée et morte au monde, — on ne me tuera pas ! Comment vous le décrire ? Je ne sais même plus parler. Je suis en deuil, je pleure, j’ai peur. Un peu de fraîcheur, Seigneur, si vous voulez, si vous voulez bien !
Je suis veuve… — J’étais veuve. — Mais oui, j’ai été bien sérieuse jadis, et je ne suis pas née pour devenir squelette !… — Lui était presque un enfant… Ses délicatesses mystérieuses m’avaient séduite. J’ai oublié tout mon devoir humain pour le suivre. Quelle vie ! La vraie vie est absente. Nous ne sommes pas au monde. Je vais où il va, il le faut. Et souvent il s’emporte contre moi, moi, la pauvre âme. Le Démon ! — C’est un démon, vous savez,ce n’est pas un homme…
Je voyais tout le décor dont, en esprit, il s’entourait vêtements, draps, meubles : je lui prêtais des armes, une autre figure. Je voyais tout ce qui le touchait, comme il aurait voulu le créer pour lui. Quand il me semblait avoir l’esprit inerte, je le suivais, moi, dans des actions étranges et compliquées, loin, bonnes ou mauvaises : j’étais sûre de ne jamais entrer dans son monde… Enfin sa charité est ensorcelée, et j’en suis la prisonnière. Aucune autre âme n’aurait assez de force, — force de désespoir ! — pour la supporter, pour être protégée et aimée par lui. D’ailleurs, je ne me le ngurais pas avec une autre âme : on voit son Ange, jamais l’Ange d’un autre, — je crois. J’étais dans son dme comme dans un palais qu’on a vidé pour ne pas voir une personne si peu noble que vous : voilà tout…
Tristement dépitée, je lui dis quelquefois : « Je te comprends ». — Il haussait les épaules.
Il veut vivre somnambule. Seules, sa bonté et sa charité lui donneraient-elles droit dans le monde réel ? Par instants, j’oublie la pitié où je suis tombée : lui me rendra forte, nous voyagerons, nous chasserons dans les déserts, nous dormirons sur les pavés des villes inconnues, sans soins, sans peine. Ou je me réveillerai, et les lois et les moeurs auront changé, — grâce à son pouvoir magique ; ou le monde, en restant le même, me laissera à mes désirs, joies, nonchalances. Oh ! la vie d’aventures qui existe dans les livres des enfants, pour me récompenser, j’ai tant souffert, me la donneras-tu ? Il ne peut pas. J’ignore son idéal. Il m’a dit avoir des regrets, des espoirs cela ne doit, pas me regarder. Parle-t-il à Dieu ? Peut-être devrais-je m’adresser à Dieu…
S’il m’expliquait ses tristesses, les comprendrais-je plus que ses railleries ? Il m’attaque, il passe des heures à me faire honte de tout ce qui m’a pu toucher au monde, et s’indigne si je pleure.
… Hélas ! il y avait des jours où tous les hommes agissant lui paraissaient les jouets de délires grotesques ; il riait affreusement, longtemps. — Puis, il reprenait ses manières de jeune mère, de sœur aînée. S’il était moins sauvage, nous serions sauvés ! Mais sa douceur aussi est mortelle…
Il va sans dire que l’expression d’époux infernal, non plus d’ailleurs que celle de vierge folle, ne doit éveiller ici aucune idée de matérialité, quelle que soit la nudité de style employée. Il en est de même pour les propositions d’apparence réaliste, telles que « nous voyagerons, nous chasserons dans les déserts, etc. », qui ne sauraient avoir un sens autre que spirituel ou mystique. Nous sommes en Enfer, c’est-à-dire dans un lieu d’où les corps sont absents et l’auteur, à son grand regret — il l’a dit — ne peut s’expliquer « sans paroles païennes ». L’apostrophe de l’époux infernal coupant, vers la fin du chapitre, la confidence de la vierge folle :
— Tu vois cet élégant jeune homme, entrant dans la belle et calme maison il s’appelle Duval, Dufour, Armand, Maurice, que sais-je ? Une femme s’est dévouée à aimer ce méchant idiot : elle est morte, c’est certes une sainte au ciel, à présent. Tu me feras mourir comme il a fait mourir cette femme. C’est notre sort, à nous cœurs charitables…
viendrait encore souligner, par l’interversion du genre des personnages, cette évidence que, dans ce « drôle de ménage », il n’y avait ni chair, ni sexe, ni rien de matériellement passionnel, et que les partenaires y sont uniquement des âmes. A-t-on remarqué aussi, en cette apostrophe, l’angoisse de Rimbaud, prévoyant son avenir perdu par la faute de son ami.
Il est clair que si le jeune poète avait ainsi exposé, au regard du juge d’instruction de Bruxelles, la psychologie de cette liaison, de ce ménage, le magistrat n’y eût rien compris ou aurait, comme l’avaient fait les Parnassiens et la belle-famille de Verlaine, compris à rebours de la vérité. Il se borna donc, ainsi que nous l’avons dit, à protester, selon la violence de certain côté de son tempérament, contre les suppositions le concernant : sa charité ne perdant point de vue, au demeurant, qu’elle se devait de faire tous les efforts possibles pour détourner du Pauvre Lélian de trop cruelles suites à ses inconscients gestes de meurtre. Et, lorsqu’il eut porté au Palais de Justice la confirmation écrite de son désistement de toute plainte (on a lu plus haut ce document), il alla prendre le train pour les Ardennes.