‹ Jean-Arthur RimbaudChapitre 5 sur 37 · V

V

Dans le courant de l’année scolaire 1869-70, un nouveau professeur, originaire de Douai, vint occuper la chaire de rhétorique. C’était un jeune homme de vingt ans, assez fat, d’une culture toute fraîche, qui lisait les journaux d’opposition à l’Empire et qui, féru de romantisme, se complaisait dans des idées politiquement subversives. Il s’appelait Georges Izambard et avait, comme Arthur Rimbaud, perdu la tutelle d’un père.

Les eaux buandes du jacobinisme égalitaire, remontées à la surface du sol napoléonien et canalisées par toute la France au moyen du Rappel des Hugo, de la Lanterne de Rochefort et de la Marseillaise du même Rochefort et de Millière, s’essoraient dans l’atmosphère nationale. Les élections de 1869, amenant Gambetta sur la scène du Corps législatif, le meurtre de Victor Noir, l’arrestation de Rochefort et d’autres événements de moindre retentissement offraient prétexte à sonner et à battre, de plus en plus fort, l’assaut au gouvernement de Napoléon III. La jeunesse universitaire s’émouvait. On rêvait la chute du « tyran », le retour des « géants de 93 » et des « héros de 48 », le coup de force populaire qui rétablirait la République. Et si, en province, les « nouvelles couches » ne conspiraient pas vraiment, elles prenaient à tout le moins des attitudes de conspirateurs.

M. Izambard, bien que façonné par l’Université impériale, n’avait pas laissé de s’éprendre fortement des nouvelles propagations idéales. Sa jeunesse, à Charleville, épousa avec ardeur les doctrines républicaines. Cautionnait-il ainsi l’avenir ? Nous ne nous permettrons point de l’affirmer, ni même de le croire. En tout cas, si, dans le présent, à cause de la surveillance dont il se sentait l’objet de la part des séminaristes suivant son cours, il ne fit point, en classe, étalage de ses sentiments politiques, du moins au particulier, et dès qu’une sympathie littéraire l’eut rendu en quelque sorte l’ami d’Arthur Rimbaud, les versa-t-il sans mesure dans la généreuse conscience de l’enfant, qui s’en enivrait. « La République — dira l’ami Forain — était si belle sous l’Empire ! »

Durant la plus grande partie de cette année scolaire, M. Izambard et Rimbaud, pour ainsi dire, ne se quittèrent pas. Leurs rapports, a confié le professeur de rhétorique, étaient surtout de camarade à camarade ; et il faut bien en inférer, devant les faits, que si le jeune pédagogue n’abolit pas de ses propres mains l’Empire, il attisa par des prêts de livres et de journaux, par des entretiens, la révolution dans l’âme illucescente de son élève. S’émerveillant à juste titre de la précocité d’esprit et de la fièvre de nouveautés d’Arthur, il le stimula, n’y voyant certes aucun mal, dans une voie contradictoire de celle où Madame Rimbaud et les programmes scolaires avaient engagé son éducation et il en résulta que notre rhétoricien, tout en traduisant pour son plaisir Juvénal, Tibulle, Martial, Properce et Pétrone, voulut connaître Villon, Rabelais, la Pléiade et les Romantiques et les Parnassiens, et qu’il connut bientôt aussi les philosophes du dix-huitième siècle, les historiens républicains de la Révolution française et les socialistes, de Saint-Simon à Proudhon.

Depuis la Saint-Jean de l’année précédente, la famille Rimbaud avait quitté le logement incommode de la rue Forest. Elle habitait à présent, quai de la Madeleine, non loin du collège, un appartement dont les fenêtres s’ouvraient sur la Meuse, face au joli rocher du Mont-Olympe, au pied duquel se voyait, sur l’autre rive du fleuve, un chantier de construction de bateaux.

On avait devant soi de la lumière, de l’eau, de la montagne et de la forêt.

Nous regrettons pour M. Izambard (il n’avait, devenu journaliste, qu’à ne point faire aussi légèrement des gorges-chaudes sur le dos de son ancien élève) d’être obligé de constater que sa présence dans les Ardennes coïncide avec le changement d’allures de « l’enfant modèle ». Les faits sont là, rapportés en partie par l’ex-professeur lui-même, qui montrent Arthur Rimbaud devenant, dès le commencement de 1870, un écolier bizarre et révolté. Il se livre à des écoles buissonnières ; et, les jours de congé, quand son « ami » est absent de Charleville, tandis que Madame Rimbaud le croit à la bibliothèque municipale, il commence à arpenter dans tous les sens et par tous les temps les sites sauvages et pittoresques de la vallée de la Meuse. Déjà transparaît dans ses propos que les notions convenues du bien et du mal sont repoussées par son esprit romantisé déjà sa raison se refuse aux impositions, n’acceptant que ce qu’elle croit venir d’elle-même. Il se prend à délester la soutane il délaisse le cours d’histoire professé par l’abbé Wilhem, auquel, malignement, il se contente de poser des questions touchant les guerres de Religion, la Saint-Barthélemy et les Dragonnades.

Il n’en obtiendra pas moins, comme par le passé, des triomphes scolaires. Cette année encore, il remporte au concours académique un premier prix de vers latins et un second de discours. Ajouterons nous que, dans le temps donné pour ces compositions, il trouva moyen de traiter, par surcroît, chaque sujet en prose et en vers français.

De toute sa force, il aspire à devenir un poète. Le devoir suivant, en vieux français, fait au cours de l’année, atteste que s’il choisissait cette carrière, il n’en ignorait aucunement les périls matériels

CHARLES D’ORLÉANS À LOUIS XI

Sire, le temps a laissé son manteau de pluie ; les fourriers d’été sont venus donnons l’huis au visage à Mérencolie ! Vivent les lais et ballades, moralités et joyeusetés Que les clercs de la Basoche nous montrent les folles soties ; allons ouïr la moralité du Bien-Avisé et du Mal-Avisé, et la conversion du clerc Théophilus, et comme allèrent à Rome Saint-Pierre et Saint-Paul et comment y furent martyrés ! Vivent les dames à rebrassés collets, portant atours et broderies N’est-ce pas, Sire, qu’il fait bon dire sous les arbres, quand les cieux sont vêtus de bleu, quand le soleil clair luit, les doux rondeaux, les ballades haut et clair chantées ? J’ai un arbre de la plante d’amour, où une fois me dites oui, ma dame ou riche amoureux a toujours l’avantage… Mais me voilà bien esbaudi, Sire, et vous allez l’être comme moi maître François Villon, le bon folâtre, le gentil raillard qui rima tout cela, engrillonné, nourri d’une miche et d’eau, pleure et se lamente maintenant au fond du Châtelet. Pendu serez lui a-t-on dit devant notaire, et le pauvre follet tout transi a fait son épitaphe pour lui et ses compagnons, et les gracieux gallants dont vous aimez tant les rimes s’attendent danser à Montfaucon, plus becquetés d’oiseaux que dés à coudre, dans la bruine et le soleil !

Oh ! Sire, ce n’est par folle plaisance qu’est là Villon. Pauvres housseurs ont assez de peine. Clergeons attendant leur nomination de l’université, musards, montreurs de singes, joueurs de rebec qui payent leur écot en chansons, chevaucheurs d’écuries, sires de deux écus, reîtres cachant leur nez en pots d’étain mieux qu’en casques de guerre, tous ces pauvres enfants secs et noirs comme écouvillons, qui ne voient de pain qu’aux fenêtres, que l’hiver emmitoufle d’onglée, ont choisi maître François pour mère nourricière. Or, nécessité fait gens méprendre et faim saillir le loup du bois peut-être l’écolier, un jour de famine, a-t-il pris des tripes au baquet des bouchers pour les fricasser à l’abreuvoir Popin ou à la taverne du Pestel ? Peut-être a-t-il pippé une douzaine de pains au boulanger, ou changé à la Pomme-de-Pin un broc d’eau claire pour un broc de vin de Bagneux ? Peut-être, un soir de grand galle, au Plat-d’Étain, a-t-il rossé le guet à son arrivée ou les a-t-on surpris, autour de Montfaucon, dans un souper, conquis par noise, avec une dizaine de ribaudes ? — Ce sont méfaits de maître François. Puis, parce qu’il nous montre un gras chanoine mignonnant avec sa dame en chambre bien nattée, parce qu’il dit que le chapelain n’a cure de confesser, sinon chambrières et dames, et qu’il conseille aux dévotes, par bonne mocque, parler de contemplation sous les courtines, l’écolier fol, si bien riant, si bien chantant, gent comme émerillon, tremble sous les griffes des grands juges, ces terribles oiseaux noirs que suivent corbeaux et pies ! Lui et ses compagnons, pauvres piteux, accrocheront un nouveau chapelet de pendus aux bras de la forêt ; le vent leur fera chandeaux dans le doux feuillage sonore. Et vous, Sire, comme tous ceux qui aiment le poète, ne pourrez rire qu’en pleurs en lisant ses joyeuses ballades et songerez qu’on a laissé mourir le gentil clerc qui chantait si follement, et ne pourrez chasser Mérencolie !

Pippeur, larron, maître François est pourtant le meilleur fils du monde. Il rit des grasses soupes jacobines, mais il honore ce qu’a honoré l’église de Dieu et Madame la Vierge et la Très Sainte Trinité ! Il honore la Cour du Parlement, mère des bons et sœur des benoîts anges ! Aux médisants du royaume de France, il veut presque autant de mal qu’aux taverniers qui brouillent le vin ! Et dea ! Il sait bien qu’il a trop gallé au temps de sa jeunesse folle. L’hiver, les soirs de famine, auprès de la fontaine Maubuayou dans quelque piscine ruinée, assis à croppetons devant un petit feu de chenevottes, qui flambe par instants pour rougir sa face maigre, il songe qu’il aurait maison et couche molle, s’il eût étudié… Souvent, noir et flou comme chevaucheur d’escovettes, il regarde dans les logis par des mortaises : « Ô ces morceaux savoureux et friands, ces tartes, ces flans, ces grasses gelines dorées ! Je suis plus affamé que Tantalus ! Du rôt ! du rôt ! Oh ! cela sent plus doux qu’ambre et civette !… Du vin de Beaune dans de grandes aiguières d’argent ! Haro, la gorge m’ard !… Ô, si en jeunesse eusse estudié !… Et mes chausses qui tirent la langue, et ma hucque qui ouvre toutes ses fenêtres, et mon feutre en dents de scie !… Si je rencontrais un pitoyable Alexander pour que je puisse, bien recueilli, bien débouté, chanter à mon aise comme Orpheus, le doux ménétrier ! Si je pouvais vivre en honneur une fois avant que de mourir !… » Mais voilà, souper de rondels, d’effets de lune sur les vieux toits, d’effets de lanternes sur le sol, c’est très maigre, très maigre ; puis passent, en justes cottes, les mignottes villotières qui font chosettes mignardes pour attirer les passants ; puis le regret des tavernes flamboyantes, pleines du cri des buveurs heurtant les pots d’étain et souvent les flamberges, du ricanement des ribaudes et du chant âpre des rebecs mendiants ; le regret des vieilles ruelles noires où saillent follement, pour s’embrasser, des étages de maisons et des poutres énormes, où, dans la nuit épaisse, passent, avec des sons de rapières traînées, des rires et des braieries abominables… Et l’oiseau rentre au vieux nid : tout aux tavernes et aux filles !…

Oh ! Sire, ne pouvoir mettre plumail au vent par ce temps de joie ! La corde est bien triste en mai, quand tout chante, quand tout rit, quand le soleil rayonne sur les murs les plus lépreux !

Pendus seront, pour une franche repue ! Villon est aux mains de la Cour du Parlement : le corbel n’écoutera pas le petit oiseau ! Sire, ce serait vraiment méfait de pendre ces gentils clercs. Ces poètes-là, voyez-vous, ne sont pas d’ici-bas ; laissez-les vivre leur vie étrange, laissez-les avoir froid et faim, laissez-les courir, aimer et chanter. Ils sont aussi riches que Jacques Cœur, tous ces fols enfants, car ils ont des rimes plein l’âme, des rimes qui rient et qui pleurent, qui nous font rire et pleurer. Laissez-les vivre ! Dieu bénit tous les miséricordieux, et le monde bénit les poètes

« Le monde bénit les poètes ! » Ô naïve grande âme ! Douce et héroïque illusion d’enfant ! Futur poète maudit !… Aussi bien, dans le même temps qu’il composait cette érudite chose, Arthur Rimbaud, sur les bancs du collège, rimait, rimait ; et c’est, parmi les poésies conservées : le Forgeron, Ophélie, Bal des pendus, Ce qui retient Nina, Vénus Anadyomène, où l’influence romantique et la parnassienne, tour à tour, se dénoncent ; le Châtiment de Tartufe, Rages de Césars, où se décèlent les tendances républicaines ; le Mal, qui prouve la lecture de Proudhon. ; et c’est, avant tout, ces deux quatrains prometteurs des Chercheuses de Poux, qui attestent chez le poète un goût, déjà, des promenades infinies à travers la campagne :

SENSATION

Par les soirs bleus d’été j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue

Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas ; je ne penserai rien.
Mais l’amour infini me montera dans l’âme.
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, — heureux comme avec une femme.

Cependant Madame Rimbaud, dans le souci qu’elle avait de maintenir l’éducation de ses fils dans les principes rigoureux de morale bourgeoise et de religion catholique où elle vivait, ne s’apercevait pas sans chagrin et sans colère qu’Arthur se plongeait dans des lectures telles que la Confession d’un Enfant du Siècle. Elle fit, un jour, sévir le principal du collège contre le camarade prêteur du volume d’Alfred de Musset. Mais, à l’endroit de M. Izambard, elle était sans défiance. Elle n’aurait osé supposer qu’en sa qualité de professeur, d’éducateur diplômé, il pût détourner un jeune homme de ce qu’elle appelait les bons principes. Son opinion était, du reste, si fermement établie sur ce point, qu’elle laissait l’élève fréquenter à volonté avec le maître. Le professeur de rhétorique venait quelquefois à la maison ; et cette mère, dont le foyer était si jalousement tenu fermé aux importuns, le recevait volontiers, s’imaginant sans doute que les attentions du pédagogue ramèneraient son enfant dans le chemin de vertu bourgeoise dont elle le voyait s’éloigner chaque jour davantage. Elle devait être, sous peu, convaincue de son erreur. Alors, elle reprochera amèrement au licencié républicain les incartades d’Arthur.

Si les allures intellectuelles du jeune rhétoricien s’indisciplinent, sa tenue extérieure devient aussi moins correcte. Par les rues de Charleville, il n’est plus autant qu’autrefois « convenable ». Il commence à prendre, vis-à-vis des notables carolopolitains, des airs narquois. À la maison, les « tics noirs » se sont multipliés. Des plaintes sur ses façons d’être arrivent du collège à sa mère, qui l’admoneste sévèrement, sans trop de rigueur toutefois, car ses études, visiblement, n’ont pas souffert ; et puis, réfléchit-elle, il faut attribuer ces inégalités d’humeur, ces bizarreries, à l’âge ingrat.

Avec sa franchise habituelle, excessive comme toute sa nature, Rimbaud nous a tracé son portrait de ville dans une pièce datant précisément de 1870, pièce dont il existe plusieurs variantes, mais qui n’est pas de ses meilleures, sans doute parce que son professeur de rhétorique crut devoir la lui faire modifier :

À LA MUSIQUE

Sur la place taillée en mesquines pelouses,
Square où tout est correct, les arbres et les fleurs,
Tous les bourgeois poussifs qu’étranglent les chaleurs
Portent, les jeudis soirs, leurs bêtises jalouses.
L’orchestre militaire, au milieu du jardin,
Balance ses shakos dans la valse des fifres :
Autour, aux premiers rangs, parade le gandin,
Le notaire pense à ses breloques à chiffres.
Des rentiers à lorgnons soulignent tous les couacs,
Les gros bureaux bouffis traînent leurs grosses dames,
Auprès desquelles vont, officieux cornacs,
Celles dont les volants ont des airs de réclames.
Sur les bancs verts, des clubs d’épiciers retraités,
Qui tisonnent le sable avec leur canne à pomme,
Fort sérieusement discutent les traités,
Puis prisent en argent et reprennent : « En somme… »
Étalant sur son banc les rondeurs de ses reins,
Un bourgeois à boutons clairs, bedaine flamande,
Savoure son onnaing d’où le tabac par brins
Déborde, — vous savez, c’est de la contrebande !

Le long des gazons verts ricanent les voyous,
Et, rendus amoureux par le chant des trombones,
Très naïfs et fumant des roses, les pioupious
Caressent les bébés pour enjôler les bonnes.
— Moi, je suis, débraillé comme un étudiant,
Sous les marronniers verts, les alertes fillettes.
Elles le savent bien et tournent en riant
Vers moi leurs yeux tout pleins de choses indiscrètes.
Je ne dis pas un mot ; je regarde toujours
La chair de leur cou blanc brodé de mèches folles ;
Je suis, sous leur corsage et les frêles atours,
Le dos divin après la courbe des épaules.
Je cherche la bottine et je vais jusqu’aux bas.
Je reconstruis le corps, brûlé de belles fièvres.
Elles me trouvent drôle et se parlent tout bas.
Et je sens des baisers qui me viennent aux lèvres.

Singulier retour des choses d’ici-bas : le monument élevé, en 1901, à la mémoire de Rimbaud se dresse, bronze et granit, sur cette place de la Gare où, plus que jamais, les habitants de Charleville vont, le jeudi, écouter la musique militaire ; et c’est la musique militaire qui, à l’inauguration du monument, exécuta l’adaptation de la symphonie d’Émile Ratez inspirée par le Bateau ivre.

Ensemble que la pensée du jouvenceau s’éprenait de révoltes, ses facultés d’aimer, comprimées par l’apparente misanthropie maternelle, couvaient donc des ardeurs. C’était de son âge. De vagues amours platoniques connurent la déception. Le « cœur merveilleux » s’en élargit davantage.

Àl’approche des vacances, on vit Rimbaud marquer de plus en plus une grande générosité envers ses condisciples et une délicate et spéciale condescendance envers les cancres. Bien que, mieux que Madame Rimbaud, mieux que les professeurs, il eût conscience de sa supériorité intellectuelle, jamais on ne le voyait tirer orgueil de sa facilité ni de ses triomphes. Le vantait-on ? Il paraissait en souffrir. Peut-être dans cette attitude y avait-il encore une révolte contre sa mère, toute glorieuse, elle, de ses succès. Toujours est-il qu’il n’admettait plus qu’on le traitât en petit garçon. Ses impulsions généreuses se secondaient d’une volonté décidée et pressée d’agir.

Or, tout cela, et la dissipation, et les promenades, et le républicanisme, et le dédain des programmes d’enseignement, tout cela ne l’empêcha pas de remporter encore, cette année 1870, les premiers prix de sa classe Selon un témoin, il les reçut en bougonnant, comme honteux de ses lauriers.

Page 1