Chapitre 23
— Eh bien, vous voilà mariée ! fit Muriet, après un dîner plantureux que l’entrepreneur offrait quinze jours après, dans son hôtel, aux amis particuliers des deux familles.
— Il paraît ! répondit Norine.
On prenait le café, et les dîneurs, disséminés dans les deux salons, le fumoir et le cabinet de travail, laissaient entre leurs groupes de larges intervalles qui favorisaient les conversations particulières.
— Il paraît ? répéta l’architecte ; vous n’en n’êtes pas bien sûr ? Est-ce la richesse ou le mariage qui cause votre incertitude ?
Norine haussa les épaules. Elle avait attrapé ce geste à de Muriet, et, le trouvant joli probablement, elle l’avait gardé.
— La richesse, dit-elle, la belle affaire ! Si vous croyez qu’il n’y en a pas à Paris de plus riches que moi…
— Eh ! fit l’architecte, ce n’est déjà pas si mal ici ? Quoique ce ne soit pas moi qui aie bâti la maison, elle est d’un certain goût.
— Nous avons dîné hier chez une dame, la femme d’un brasseur d’affaires, un ami de mon mari… C’est celle-là qui est riche ! Si vous aviez vu cela ! Et des toilettes ! Elle n’a pas d’amies au-dessous de quatre cent mille francs de rente ! Cela vaut la peine, au moins !
— Vous les aurez, chère madame ! dit Muriet avec douceur. Vous êtes trop jolie pour ne pas avoir tout ce dont vous aurez envie.
Les myosotis se tournèrent vers lui avec leur ancienne douceur.
— Que voulez-vous dire ? fit Norine avec toute sa candeur d’ingénue, encore augmentée, s’il est possible.
— Vous me comprenez bien, répondit assez brutalement l’architecte, qui ne se piquait pas de délicatesse. Votre mari est amoureux de vous ; vous lui ferez faire tout ce que vous voudrez.
Norine soupira et tourna vers son ancien ami son regard mélancolique, mais elle resta muette.
— Quoi ? fit Muriet d’une voix émue, déjà malheureuse ?
Il avançait la main pour prendre la main chargée de bagues qui reposait sur le dos d’un canapé, mais celle-ci se retira tout doucement, et il n’obtint aucune réponse.
Norine emporta sa robe de velours noir montante au-devant de son mari qui s’approchait, et tous deux se dirigèrent vers un groupe d’invités.
Madame Guerbois trônait sur un fauteuil, une tasse de café à la main. Elle n’aimait pas le café, qui la rendait malade après le dîner, mais elle croyait indispensable d’en prendre, pour affirmer ses habitudes mondaines.
Au bout de quelques instants, sa fille vint s’asseoir près d’elle.
— Eh bien ! fit l’heureuse mère, tu es contente ! Voilà ce qu’on appelle pendre la crémaillère dans le grand !
Norine ne répondit pas sur-le-champ. Après un silence :
— Nous partons après-demain pour l’Indre, dit-elle. Si tu crois que cela m’amuse !…
— Un petit voyage n’est pas désagréable, fit madame Guerbois non sans hésiter, car la neige fondue n’avait cesser de tomber pendant toute la journée, ne promettant pas beaucoup d’agrément pour le petit voyage en question.
— C’est très ennuyeux, affirma Norine. On ne va pas en province en plein hiver, et pour bâtir une fabrique, encore ! Je te demande un peu ce que je vais faire là, pendant qu’il surveillera ses travaux…
— Tu auras bientôt fait de le ramener à Paris, fit en souriant madame Guerbois.
— Pas si facile ! Il est extrêmement entêté. Il l’avait bien dit, mais je n’avais pas pris la chose au sérieux. Je n’ai jamais vu un entêtement pareil.
— Est-ce qu’il te refuse quelque chose ?
— Il ne fait pas seulement attention à ce que je lui dis ! Si j’insiste, il rit ; si je boude, il m’embrasse. Il est toujours de bonne humeur : c’est exaspérant.
Madame Guerbois ne trouva rien à répondre. Sans avoir une grande expérience de la vie, elle savait que ces hommes, dont rien ne dément la bonne humeur feinte ou réelle, sont les plus redoutables jouteurs pour quiconque veut lutter avec eux.
— Enfin, dit-elle par manière de consolation, te voilà riche, mariée, libre d’aller et de venir…
— Pas libre, rétorqua Norine, puisqu’il m’emmène dans l’Indre !
Quelqu’un s’avançait, elle reprit son doux regard et son charmant visage étonné ; cependant les invités de M. Duval, en se retirant, ne manquèrent pas, entre autres réflexions, de remarquer combien la jeune madame Duval avait de temps en temps l’air grognon.
— Duval l’en corrigera, fit l’un d’eux ; c’est le plus joyeux compagnon que je connaisse.
— Et avec cela, ferme comme un roc, ajouta un autre ami.
— Il la mettra au pas ! conclurent les autres en chœur.
Madame Duval partit pour l’Indre avec son mari. Elle eut beau bouder, se dire malade, pleurnicher même, rien n’y fit.
— Je ne me suis pas marié, dit assez judicieusement l’entrepreneur, pour que ma femme vive à Paris lorsque je vis en province. On se marie pour vivre ensemble, ma chère ; tes parents ont dû t’apprendre cela avec ton catéchisme.
— C’est précisément parce que cela m’attriste de quitter mes parents, objecta la jeune femme.
— Le curé qui nous a mariés, répliqua Duval en riant, t’a dit que la femme quittera son père et sa mère pour suivre son mari. Il n’y a rien à dire ni à faire, ma petite chatte ; nous allons aller bâtir la plus belle fabrique du département, et je t’apprendrai à quoi l’on reconnaît la bonne pierre de la mauvaise. Tu verras comme c’est amusant de pincer ces filous de carriers quand ils veulent vous faire passer de la mauvaise marchandise pour de la bonne.
Cette perspective n’avait rien d’attrayant pour Norine, mais il fallait partir, et elle partit.
Ce fut en coupé-lit, avec toutes les améliorations que peut procurer la richesse. Mais décembre n’en jetait pas moins son grésil sur les vitres, et lorsque le train les déposa tous deux, avant le lever du jour, dans une gare glacée, lorsque la voiture retenue pour leur voyage les eut transportés dans un village où le meilleur hôtel était une auberge, Norine ne cacha plus son déplaisir.
— C’est une tyrannie, dit-elle, avec un véritable élan de colère.
— Ma petite fille, répondit son mari avec fermeté, quand je t’ai épousée, tu n’étais pas mieux logée que tu ne l’es ici ; tu raccommodais tes hardes ou bien tu faisais du crochet ; tu mangeais une triste cuisine, car j’ai dîné chez tes parents, et je m’en souviens. Pour les plaisirs, nous n’en parlerons pas, car il me semble avoir entendu de ta bouche que tu n’allais pas au théâtre quatre fois l’an. Ici tu n’auras rien à raccommoder, car tout ce que tu as est neuf, la cuisine est excellente, et je m’y connais ! Tu auras tous les livres que tu voudras, nous nous promènerons en voiture partout, et dans six semaines nous retournerons au bercail.
— Six semaines ? Nous ne serons pas à Paris pour le jour de l’an ?
— Tu auras tes étrennes tout de même, sois tranquille !
Duval, imperturbable, reprit sur-le-champ son harnais d’entrepreneur, qu’il avait quitté pour faire sa cour et se marier. C’était son élément, et il y trouvait un plaisir extrême.
Pincer les filous, comme il l’avait dit, gourmander les chefs d’équipe, se faire bienvenir des ouvriers, il s’acquittait de tout cela avec une joie évidente. Sa bonne humeur était sa principale force, et il le savait bien. Aussi l’opposa-t-il avec une incroyable ténacité aux bouderies de sa femme comme aux roueries de ses subordonnés.
De temps en temps, il avait maille à partir avec son architecte ; dans les cas douteux, il l’amenait chez lui, où le visage candide de Norine l’aidait à trancher le litige. Il savait bien, d’ailleurs, que jamais cet homme bien élevé ne lui parlerait en présence de la jeune femme comme il l’eût fait autrement, et Norine se trouvait ainsi être son auxiliaire sans le savoir.
Elle essaya de se faire apprécier par l’architecte ; mais celui-ci était tout l’opposé de Muriet. Déjà grisonnant, d’aspect sévère, c’était un père de famille qui ne regardait pas les femmes.
Un instant l’extrême jeunesse de cette pauvre petite madame Duval lui inspira la pensée de lui dire quelques bonnes paroles, comme à un enfant ou à un chien familier ; puis, quand il s’aperçut du parti pratique que savait en tirer l’entrepreneur, il se garda de lui témoigner autre chose que l’indispensable politesse, afin de pouvoir dans une certaine mesure garder son franc parler.
C’est ainsi que Norine passa non six semaines, mais deux mois pleins.
Il serait absolument superflu d’expliquer qu’elle n’avait jamais eu pour son mari que la plus complète indifférence ; mais, au bout de ces deux mois de tête-à-tête, ce n’était plus de l’indifférence, c’était de l’aversion.
Lorsqu’ils retournèrent à Paris, elle était munie de tant de griefs, qu’il lui fallut plusieurs jours pour les raconter à sa mère. À sa grande stupéfaction, elle ne trouva en celle-ci qu’une oreille distraite.
— Eh ! mais, ma chère enfant, c’est comme cela, le mariage ! Les hommes ne font jamais ce qu’on veut ! c’est à la longue, avec beaucoup de prudence et de dissimulation, qu’on arrive à les gouverner, – et encore pas tous, et cela ne réussit pas toujours !
— Justin Lignon faisait tout ce que je voulais ! rétorqua d’un ton querelleur la jeune madame Duval.
— Mais il n’avait pas le sou, et ton mari est riche ! fit observer la mère en personne pratique.
— Enfin, conclut Norine, nous voici à Paris, et c’est la saison des bals ; je vais pouvoir m’amuser.
Pendant trois semaines, elle s’amusa en effet.
Duval, qui était au fond le meilleur homme du monde, la promena le jour, et l’escorta le soir dans tous les théâtres qu’elle eut la fantaisie de connaître.
Ceux qu’elle préférait n’étaient pas les plus littéraires ; mais aux endroits les plus risqués de la pièce elle opposait son inénarrable candeur, si bien qu’un jour Duval entendit derrière lui une dame qui disait à son mari :
— Vraiment, je ne comprends pas ce père encore jeune, qui amène sa fille à de semblables spectacles ! C’est tout au plus bon pour des vieux comme nous.
C’est l’entrepreneur qui ne fut pas content ! Aussi, depuis ce jour, se montra-t-il extrêmement sévère sur le choix des théâtres. Pendant deux mois, il eut la constance de lire le feuilleton de critique dramatique du Temps, qui, lui avait-on dit, était le mieux fait et le plus sagement pensé de tous.
Comme il n’y comprenait rien, il trouva plus pratique de supprimer en partie le théâtre, qui d’ailleurs ne l’amusait que de loin en loin, et de ne plus conduire sa femme qu’aux pièces qui avaient fait leurs preuves, et que tout le monde s’accordait pour proclamer honnêtes, ce qui assomma la jeune madame Duval.
Restait le monde. Cinq ou six dîners acceptés, puis rendus, épuisèrent la série des invitations.
On dansait partout, cependant ; Norine, qui lisait assidûment les journaux du high-life, apprenait qu’on avait cotillonné chez madame de P… et tiré une loterie chez la comtesse de C…, donné un bal blanc chez la marquise de D… et un bal rose chez la duchesse de K…
On dansait partout, tout le monde dansait, et Norine ne dansait pas ! Il convient de dire qu’elle ne savait pas danser, mais cela s’apprend si vite, elle le croyait du moins, – et elle avait tant de bonne volonté !
Elle en avait tellement envie, qu’elle proposa à son mari de donner un bal.
À cette proposition, il pouffa de rire.
— Un bal ? nous ? dit-il. Tu veux faire danser les femmes de mes commis aux écritures ? Eh ! mon enfant ! qui donc viendrait au bal chez nous ? Nous ne sommes pas du grand monde, nous ! Nous donnons des dîners, c’est très bien ; on y vient, on nous les rend ; mais sais-tu qu’il faut connaître joliment du monde pour organiser un vrai bal ? N’y songe pas, ma petite ; et puis, sans reproche, tu fais une assez drôle de maîtresse de maison. Sans moi, ta cuisinière nous mettrait sur la paille ! Heureusement, je débrouille ses comptes ! Mais elle y fait encore sa pelote. Va, laisse les bals aux gens qui connaissent cela. Tu as de quoi t’amuser ici, amuse-toi, et restons tranquilles.
S’amuser à quoi ? Norine avait la tête aussi vide qu’un piège à rats qui n’a encore rien attrapé, ce qui, comme chacun le sait, est une demeure aussi peu meublée que possible. L’ennui, l’ennui mortel et sans remède, s’empara de cette petite cervelle, et se livra dans cette solitude à des excès de désespoir sans bornes.
Norine commença par pleurer silencieusement, ce qui consiste, suivant la formule, à fondre en larmes trois minutes avant le retour du mari, de façon à avoir les yeux rouges à point quand il rentre, si bien qu’il ne puisse faire autrement que de s’informer.
C’eût été parfait si Duval avait été homme à s’informer, mais il ne s’informait pas ! Il rentrait, prenait sa femme par le cou, l’embrassait un peu partout, la lâchait en riant et se mettait à lui raconter les affaires de la journée.
Oh ! ces affaires de la journée !
Norine en vint bientôt à redouter ce moment, qui lui semblait résumer toutes les taquineries du destin à son égard. Elle prit le parti de ne plus écouter.
Mais Duval était de ceux qui aiment qu’on les entende et qui vous ramènent au fait par des interpellations directes, lorsqu’ils voient fléchir votre attention.
Norine non seulement dut écouter, mais répondre ; et la vie lui devint odieuse à partir de sept heures du soir.
L’après-midi avait du bon ; lorsque, après le déjeuner, Duval s’en allait à des travaux peu éloignés, Norine s’attifait soigneusement, faisait atteler, et allait se promener dans sa victoria.
Sa voiture ! Quelle joie d’avoir une voiture à soi !
Elle promenait autour du lac ses toilettes trop voyantes et un certain air qu’elle croyait digne et qui était à la fois insolent et boudeur. Elle avait espéré dans les commencements attirer tous les regards et faire la conquête d’un beau jeune homme qui mourrait d’amour pour elle et le lui ferait savoir avant de rendre le dernier soupir.
À sa stupéfaction profonde, on ne la regarda presque pas, et jamais deux fois. Son genre de beauté, qui appelait le regard quand elle allait à pied, vêtue d’une robe modeste et d’un chapeau de dix francs, avec son air chaste et son maintien d’ingénue, n’avait plus aucun relief sous le velours et les fourrures ; dans ce cadre riche, elle paraissait commune. Son équipage n’avait ni élégance ni tenue ; elle persista cependant à se montrer au Bois à l’heure du lac, et fut bientôt désignée par les habitués sous le nom de « la jeune épicière ».
Si le ciel clément lui avait épargné la douleur de connaître ce surnom peu flatteur ! Mais non ! On eût dit qu’en tirant à la loterie du mariage le gros lot d’un entrepreneur en train de faire fortune, elle avait amené en même temps une série de petits guignons.
Un jour qu’un de ces arrêts favorables aux belles retenait sa voiture près d’un groupe de jeunes gens, elle entendit distinctement ces paroles cruelles :
— Tiens, la petite épicière ! La vois-tu dans sa victoria marron, avec des roues bleues ?
— Victoria d’occasion, femme toute neuve, proféra l’interpellé. Les joues ont encore la fleur du pêcher, sans calembour, mais elle devrait se faire pâlir ; on n’est pas coquelicot comme cela ! Elle a l’air d’un flacon de sauce tomate échappé de chez madame sa maman !
Norine rougit encore plus. Sa victoria était marron avec des roues bleues, incontestablement, et incontestablement d’occasion. Elle était trop rouge aussi, elle le savait bien ! On n’avait pas besoin de tant le répéter. Faire quelque chose pour pâlir ? Ah ! certes, elle ne demandait pas mieux ! Mais quoi ?
Elle consulta sa femme de chambre, qui lui dit qu’on buvait du vinaigre.
Norine se mit à boire du vinaigre et, incontinent, eut des crampes d’estomac, au point qu’on fut obligé de faire venir le médecin.
Pour toute autre, le médecin et les médicaments eussent suffi ; la pâleur distinguée eût bientôt apparu sur les joues récalcitrantes au vinaigre.
Madame Duval n’eut pas cette chance. En huit jours, elle fut remise, plus fraîche que jamais, disait son mari, et elle ne le savait que trop.
Comme elle avait horriblement peur de mourir, elle n’osa pas recommencer, et reprit son teint incandescent.
L’été vint cependant, et il fallut aller quelque part. Duval ne s’y résigna qu’à la dernière extrémité, car il avait horreur de la villégiature. Norine avait choisi Dieppe, – il accepta Dieppe, comme on accepte un rhume de cerveau ; mais une fois résigné à cette inévitable corvée, sa bonne humeur reprit le dessus.
Lorsque Norine annonça à madame Guerbois ses projets pour l’été, celle-ci lui dit d’un ton sévère :
— J’espère bien que tu vas nous emmener, tes frères et moi ?
Jamais les intentions de madame Duval n’avaient été mieux arrêtées que sur ce point. Non, elle n’emmènerait pas à Dieppe cette famille encombrante et peu distinguée, dont la présence l’empêcherait certainement de prendre le sceptre de la mode, qu’elle espérait bien conquérir. Elle s’était commandé des toilettes tapageuses, qui certainement feraient sensation ; si sa mère venait l’empêcher de les mettre, tout son plaisir serait gâté.
— Je ne crois pas, répondit la jeune femme, que la maison louée par mon mari soit assez grande.
— Nous en reparlerons, fit madame Guerbois d’un air détaché.
Elle en reparla le jour même, non point avec sa fille, mais avec son gendre, qu’elle alla trouver au milieu de ses maçons. Elle lui représenta qu’il ne pourrait pas être toujours présent, que Norine était beaucoup trop jeune pour être ainsi livrée à elle-même, etc. Si bien que Duval, après un instant de réflexion, se rendit à la justesse de ces considérations ; il fut convenu que madame Guerbois rejoindrait sa fille aussitôt après la fin des classes, éloignée de quelques jours seulement.
Duval annonça cette bonne nouvelle le soir même à sa femme, qui n’en fut point réjouie ; mais elle avait reconnu l’inutilité de contredire son époux.
La ruse ne valait guère mieux, car il la devinait toujours, et riait à gorge déployée d’avoir éventé les petites combinaisons de sa femme. Il n’avait pas l’éducation nécessaire pour dissimuler ces petites satisfactions sous un voile de politesse, et Norine s’en trouvait cruellement froissée.
Elle se résigna donc et attendit sa famille.
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