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Chapitre 25

Autant Norine avait eu peu d’envie de voir arriver sa mère, autant il lui tardait maintenant d’avoir près d’elle cette confidente naturelle de ses chagrins domestiques. Aussi madame Guerbois et même les petits frères furent-ils accueillis avec une expansion de joie qui ne laissa pas de les surprendre.

Dès que les deux femmes se trouvèrent seules, Norine s’empressa de défiler le chapelet de ses misères ; d’après le souvenir de certaines scènes entre son père et sa mère, elle espérait trouver toute la commisération imaginable dans une femme qui avait de tout temps résisté à son mari.

Mais madame Guerbois sut prouver à sa fille que chacun a sa petite mesure pour lui et sa grande mesure pour les autres. Qu’elle eût eu cent fois raison en faisant un ilote du pauvre Guerbois, c’était cent fois prouvé ! Que Norine dût agir de même avec Louis Duval, entrepreneur, c’était tout différent, et elle le lui démontra par des arguments indiscutables.

— Dans un ménage pauvre, dit-elle, où chacun des époux n’a rien apporté, la femme doit organiser l’existence de telle sorte que le mari fasse le plus de besogne et gagne le plus d’argent possible ; s’il regimbe, on s’arrange pour le faire obéir, moitié par la persuasion, moitié par les scènes, que les hommes détestent, et dont ils finissent par avoir peur. Mais, avec toi, le cas est tout autre. Tu n’as rien apporté du tout, c’est ton mari qui possède tout. Il a fait un contrat de mariage par lequel il t’a reconnu cent mille francs de dot. Ça a l’air très gentil, et en réalité, le jour où tu l’ennuierais, il pourrait très bien te mettre à la porte avec tes cent mille francs ; cela te ferait quatre mille francs de rente. Tu en dépenses cinquante mille environ. Vois un peu si la différence mérite que tu fasses quelques concessions.

C’était parler d’or. Mais Norine avait le caractère fait de façon à vouloir tous les avantages sans faire aucune concession, ce qui était plus difficile à arranger qu’elle ne l’aurait cru. Elle se contenta de bouder sa mère, de bouder ses frères, de bouder M. et madame Breteuil, qui avaient la politesse de n’y point prendre garde dans leurs rares entrevues, si bien que le séjour de Dieppe, tant souhaité, finit par devenir une pénitence, même pour la jeune femme, qui ne trouvait plus personne à qui parler.

Après l’arrivée de madame Guerbois, Duval était retourné à Paris, d’où il revenait le samedi par le train des maris ; Norine commençait par l’accueillir assez mal ; puis, la bonne humeur de l’entrepreneur gagnant toute la maison, elle se laissait dérider et devenait d’ordinaire assez aimable pour l’heure de son départ.

Ce n’était pas de très bonne politique, mais quelqu’un survint qui changea tout cela.

Ce deus ex machina ne fut autre que Muriet. Il vint pour cultiver ses chalets, et resta pour faire la cour à Norine. Il s’était toujours dit qu’il mangerait de ce morceau-là, et le moment lui paraissait assez favorable pour se mettre à table. L’année qui venait de s’écouler n’avait pas été perdue pour lui : il avait trouvé moyen de se faire adjuger, par l’entremise de l’entrepreneur, la construction d’un hôtel particulier et d’une maison de rapport. Les bénéfices seraient considérables, car ils s’entendaient à merveille, et personne autre que les héritiers des propriétaires n’aurait à en souffrir. Ceux-ci seraient peut-être étonnés, dans vingt-cinq ou trente ans, d’être obligés de faire des réparations énormes, – mais en vingt-cinq ans il passe tant d’eau sous les ponts !

Donc, les deux hommes s’étaient liés intimement ; on les voyait sans cesse ensemble, pour leurs affaires d’abord, et parfois pour leurs plaisirs.

Muriet avait fait recevoir Duval à son cercle. Quoi de plus naturel pendant l’absence de Norine ? Ne fallait-il pas bien passer ses soirées quelque part ?

Duval allait donc au cercle ; et Muriet, à Dieppe, après avoir pourvu à l’occupation des soirées du mari, s’ingéniait à employer celles de la jeune femme.

Il avait tenté de la conduire au Casino ; mais ceci ne put se faire qu’avec la participation de madame Guerbois, ce qui enlevait à ces petites parties de plaisir la moitié de leur attrait. Cependant cela valait mieux encore que rien, évidemment.

Et puis, au Casino, il présentait, présentait, présentait… Tout le monde y passait ! Pas un monde très relevé, mais à coup sûr un monde qui paraissait élégant.

Madame Breteuil avait, par moments, envie de s’apitoyer sur le sort du mari ; M. Breteuil, lui, qui avait la philosophie tant soit peu rancunière, la relevait vertement dans ces occasions, soutenu par madame Anglois, qui donnait alors avec une énergie toute particulière.

Les jours où celle-ci se livrait à des aperçus sur l’avenir du ménage Duval étaient des jours de fête pour ses voisins. Elle composait savamment ses horoscopes, comme le plan d’un livre, et les déroulait le soir aux oreilles charmées de ses auditeurs. Rosette se pâmait de rire ; madame Breteuil, hésitante d’abord, finissait par sourire, et Reyer lui-même ne pouvait conserver sa gravité devant l’irrésistible comique des situations inventées par la tante.

— C’est heureux que nous n’ayons pas ici de demoiselles, dit-il un soir, au moment où madame Anglois faisait retomber le rideau sur un cinquième acte où l’entrepreneur glorieux, arrivé à la cinquantaine, touchait aux plus hautes destinées, guidé par la main sûre et expérimentée de sa femme, qui avait juré de le faire décorer par tous les souverains étrangers.

— Oui, c’est heureux ! répliqua promptement M. Breteuil ; c’est trop d’en avoir eu une. Mais, chère madame, croyez-vous vraiment que cette péronnelle soit si habile ?

— Eh ! mon voisin, il n’est pas nécessaire qu’elle soit habile, pourvu qu’elle s’adresse à des hommes qui le seront, répondit judicieusement madame Anglois. C’est une affaire d’aplomb.

— Je ne sais pas, ma tante, fit Rosette, si elle aurait l’aplomb de l’initiative ; elle m’a paru très passive…

— Tu crois ça ? Attends que l’ambition lui vienne ! Et puis, passive… Pour exécuter sur ton mari l’attaque que tu sais, il me semble qu’un peu d’initiative était nécessaire, car à moins que l’initiative ne soit venue de lui…

Le petit cercle éclata de rire en regardant Edmond.

— Enfin, dit celui-ci, nous en voilà débarrassés.

— Pas sûr ! fit madame Anglois avec le geste monitoire de son index.

— Comment ! pas sûr ?

— Pas sûr du tout. Je connais cette espèce de femmes. Elles n’ont aucune fidélité, mais un entêtement qui, pour les gens superficiels, en tient parfois lieu. Si, par un concours de circonstances invraisemblable, c’est vous, mon neveu, qui aviez eu le bonheur d’être son époux, je ne crois pas qu’elle vous eût gardé la foi conjugale de préférence à tout autre ; mais je sais bien que, ne l’étant point, vous êtes exposé à des attaques nouvelles…

Il y eut un haro général.

— Oh ! ma tante ! s’écria Rosette, vous voyez les choses trop en noir ; ce n’est pas possible ! Après ce qui s’est passé…

— Tu ne veux pas me croire ? reprit madame Anglois en fronçant son nez d’une façon particulière, ce qui décelait une grande hilarité intérieure ; veux-tu parier ?

— Je tiens le pari ! fit Edmond avec vivacité. Aussi bien, ma tante, vous me donnez là un rôle d’homme persécuté contre lequel je proteste…

— Vous y passerez, mon neveu ! répliqua madame Anglois sans cesser de s’amuser en dedans. Que parions-nous ?

— Un voyage en Italie ! dit Rosette.

— Convenu ! Si je perds, je vous emmène tous deux. Si vous perdez, c’est vous qui m’emmènerez. De la sorte, nous sommes sûrs d’y aller, quoi qu’il arrive.

— Mais il faut fixer une limite, fit observer M. Breteuil.

— Cinq ans, dit Reyer.

— Deux ans ! répliqua madame Anglois, et encore, deux ans, c’est long.

— Ma tante ! Elle n’aurait pas vingt ans, et vous supposez qu’à cet âge…

— Nous irons en Italie, interrompit joyeusement la bonne âme. Tu comprends que je n’ai pas envie d’attendre l’impotence finale pour faire ce voyage-là. Quel plaisir je me fais de cette petite fête ! Et à vos frais, mon neveu, cela en doublera le charme.

On ne put l’en faire démordre, et pendant plus d’une soirée ce pari servit de thème aux variations les plus imprévues.

Muriet avançait son siège, cependant ; Norine ne pouvait plus se passer de lui ; elle l’appelait Muriet tout court et lui prenait le bras d’elle-même ; elle ne s’appuyait pas sur ce bras, c’eût été manquer à tous ses principes d’ingénue, mais elle le laissait presser fort tendrement sur un cœur qui avait maintes fois battu pour d’autres que pour elle.

C’étaient des espérances ; sans la présence de madame Guerbois, l’architecte était convaincu qu’elles fussent devenues des réalités ; mais le moyen de réaliser, avec ces deux grands garçons dégingandés qui, tout le jour, sortaient de partout, comme des diables d’une tabatière ! Quand ce n’était pas eux, c’était leur mère qui se montrait aux moments et aux endroits les plus imprévus. Muriet commença à la donner au diable, mais le diable n’en voulait pas, – probablement par suite d’encombrement, la marchandise de ce genre étant abondante sur la place.

— Je ne pourrai donc jamais la trouver seule un moment ? se demandait l’architecte, qui à ce jeu-là s’était enflammé plus que de raison. En un quart d’heure de conversation, je la déciderais à n’importe quoi !

Muriet croyait connaître les femmes et celle-ci spécialement : c’était une grave erreur ; d’ailleurs, un axiome dit que quiconque croit connaître les femmes donne par là la preuve qu’il n’y entend rien.

Un jour cependant il se crut arrivé à l’entretien si longtemps désiré : il y arriva même.

Duval venait de prendre le train du matin ; Muriet, qui devait d’abord partir avec lui, vint lui annoncer, à huit heures, qu’il prendrait le train du soir, et l’entrepreneur, toujours jovial et sans méfiance, s’en alla seul.

Son ami et obligé resta dans la salle à manger avec Norine, qui prenait son chocolat, revêtue du plus galant négligé. Batiste écrue, broderies, dentelles, toutes les herbes de la Saint-Jean y étaient au complet, ce qui la rendait jaune, son teint s’accommodant mal des nuances effacées.

La salle à manger, tranquille, était propre à l’entretien souhaité. Madame Guerbois n’avait point paru, les garçons prenaient sur la plage leur bain matinal…

— Norine, dit Muriet qui n’aimait pas le chocolat, voilà bientôt un an que nous n’avons pu causer librement ensemble…

La jeune femme, qui buvait à même sa tasse, leva sur lui ses yeux myosotis sans cesser de boire.

— Un an, et depuis ce temps il est arrivé des événements bien cruels pour moi.

Les myosotis se baissèrent jusqu’au fond de la tasse, et Norine happa lestement la dernière goutte du breuvage.

— Vous ne pouvez ignorer ce qui se passe dans mon âme, reprit l’architecte.

Non, elle ne l’ignorait pas, car les yeux candides se voilèrent d’une pudique confusion.

— N’aurai-je jamais un moment de causerie avec vous ? Nous avons tant de choses à nous dire !

— Nous pourrons causer à Paris, dit madame Duval de son air ingénu. Cette maison est comme un moulin, c’est vrai ; mais chez moi je serai plus tranquille cet hiver. Et puis j’aurai un jour, et l’on sera sûr de me trouver.

Un jour ! avec du madère et des petits gâteaux ! C’est cela qui avancerait les entretiens confidentiels de Muriet !

Mais il ne se laissa point déconcerter. Entre ces bons compères, les paroles explicites étaient superflues, chacun comprenant à demi-mot.

— Ah ! reprit l’architecte, j’avais oublié de vous dire : J’ai déménagé le 15 juillet.

— Vraiment ? fit Norine ; où demeuriez-vous ?

Ici Muriet admira ! Il n’aurait jamais trouvé cet imparfait-là !

— Aux Ternes, répondit-il négligemment. Je viens de me meubler un très joli petit entresol, rue du Rocher, 166…

— Ce n’est pas loin de chez nous, dit la jeune femme.

— Pas très loin, et puis on dit que tout chemin mène à Rome. J’ai déjà calculé que je pourrais aller vous voir tous les jours sans passer une seule fois par les mêmes rues pendant toute une semaine.

— Tiens ! c’est drôle ! fit l’ingénue.

Madame Guerbois entra avec les sentiments d’une mère qui a dormi une heure de trop. Cependant l’air placide de sa fille eût dû la rassurer ; ce qui l’inquiéta fut la mine renfrognée que Muriet ne put s’empêcher de lui faire. Aussi, pourquoi venait-elle lui couper la parole au beau moment ?

Madame Guerbois prit du chocolat, mais sans appétit ; quelque chose lui disait, qu’il y avait anguille sous roche ; et elle se sentait inquiète. Ses garçons affamés rentrèrent presque au même instant, et Muriet s’en alla, ce qui était une faute.

Dans l’après-midi du même jour, pendant que Norine, assise sur la plage dans une guérite d’osier, faisait semblant d’exécuter des variations compliquées sur une petite dentelle au crochet, madame Guerbois monta soigneusement la garde autour de la guérite.

— Maman, lui dit une fois sa fille, tu ne pourrais pas te tenir tranquille ?

— Je marche pour dissiper mon mal de tête, répondit cette mère prudente ; cela va déjà mieux.

Elle ne mentait pas, car l’objet de sa vigilance apparaissait sur les marches du Casino, où Norine ne pouvait l’apercevoir.

Madame Guerbois fondit sur l’architecte et l’entraîna vers les parages ultra-mondains où jadis il avait remis les souliers de son idole.

— J’ai à vous parler, monsieur Muriet, dit cette mère pleine de dignité.

— À vos ordres, madame ! fit l’architecte avec la galanterie qui chez lui était le dernier mot de la politesse.

— J’irai droit au but, monsieur ! Vous faites la cour à madame Duval.

— Oh ! madame ! protesta l’inculpé en levant les mains au ciel avec surprise.

— Vous comprenez bien que si je n’en étais pas sûre, je ne m’amuserais pas à vous le dire, reprit madame Guerbois. Eh bien, voyez-vous, il faut y renoncer. Je ne permettrai pas qu’on détourne mon enfant de ses devoirs.

— Chère madame, interrompit gravement Muriet, je dois être sous le coup de quelque dénonciation calomnieuse. Madame Breteuil, qui ne peut me souffrir, vous aura dit…

— Je ne vois pas madame Breteuil, répliqua la mère de Norine. Ma fille, pour faire plaisir à son mari, a cru devoir renouer des relations avec cette famille ; mais pour ma part, j’ai été trop sérieusement blessée… La question n’est pas là. Vous faites ostensiblement la cour à madame Duval, et je ne dois pas le supporter. Cette enfant est trop inexpérimentée pour que vos attentions ne soient pas un danger pour elle, moins à cause de ses sentiments, dont je suis sûre, que pour l’opinion qu’en pourraient concevoir les autres… Vous me comprenez ?

— Je vous comprends, répondit Muriet. Si j’ai eu le tort d’exprimer mon admiration d’une façon trop évidente, je saurai m’en abstenir désormais. Duval est mon ami, et à ce titre je dois le ménager.

— S’il est votre ami, tant mieux ! fit madame Guerbois impatientée ; je vous dis court et clair que vous regardez ma fille d’une façon qui ne me convient pas, et que, si cela continue, j’avertirai mon gendre.

— Vous ne ferez pas cela, chère madame, répliqua Muriet, qui la regarda en dessous ; vous causeriez à votre fille un irréparable dommage, sans me nuire d’une façon sérieuse. Duval et moi, nous avons des intérêts communs ; or on ne se brouille pas ainsi avec un ami dont on peut avoir besoin ; madame Duval serait surveillée de plus près, peut-être d’une façon blessante ; mais j’ai ma conscience pour moi, et ce qui blesserait les justes susceptibilités d’une épouse serait facilement pardonné, par l’ami, au mari troublé par d’injustes soupçons.

— Très bien ! fit madame Guerbois irritée, vexée surtout d’avoir si mal emmanché son affaire ; il en sera ce que vous voudrez. Je ne prêterai pas les mains à des sentiments de nature à compromettre ma fille, vous ai-je dit. Au moindre soupçon, j’avertirai mon gendre, et vous vous débrouillerez tous deux comme vous l’entendrez.

Elle tourna le dos à l’architecte, qui resta nez à nez avec la falaise. Il connaissait les pierres, et celles-ci n’avaient rien à lui apprendre ; il les toisa avec dédain et retourna vers le monde civilisé.

Ceci lui donnait à réfléchir, car madame Guerbois était évidemment aussi honnête que convaincue, et, en admettant qu’elle ne mit pas ses menaces à exécution, elle serait néanmoins un véritable trouble-fête. Mieux valait attendre le retour à Paris, ce charmant Paris, si commode, qui contenait jusqu’à sept chemins différents, tous conduisant de son entresol à l’hôtel de l’entrepreneur.

Il prit le train de nuit, retrouva Duval, lui rendit deux autres petits services dans la journée, ce qui le fit inviter à dîner dans un endroit où l’on mange très bien, et profita de cette circonstance pour resserrer les liens de cette amitié nouvelle, mais déjà robuste. De plus, il ne retourna pas à Dieppe.

Norine, au bout de peu de temps, s’ennuya tellement qu’elle préféra revenir à Paris. La présence de sa mère lui était devenue insupportable, depuis que celle-ci ne manquait pas une occasion de dire du mal de Muriet.

Plus innocente que sa fille, la digne mère s’était imaginé qu’on détourne l’attention d’une femme en noircissant celui qui la recherche. Ceci ferait croire que madame Guerbois n’avait pas étudié ses auteurs très à fond. Le refrain qui déchirait Muriet quinze fois par jour n’avait fait qu’avertir Norine des sentiments de sa mère, et par conséquent lui inculquer plus fortement le principe de garder pour elle tout ce qu’elle pensait.

Madame Guerbois, qui se trouvait bien à Dieppe, fut laissée en villégiature avec ses garçons. Mais Norine emmena ses domestiques. Au bout de quarante-huit heures de table d’hôte, la mère de famille revint, tout effarée de ce que cela coûte quand on ne vit pas chez soi. Sa fille ne fit qu’en rire sous cape ; elle s’était promis d’avance ce plaisir simple et innocent, et à partir de ce moment elle recommença la vie qu’elle avait ébauchée l’hiver précédent.

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