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Chapitre 17 Le martyr

Le comte Coulon de Villiers avait assisté, impassible, au repas de ses ravisseurs, refusant d’y prendre la moindre part et repoussant tous les vivres qu’on lui offrait.
Quels qu’ils fussent, blancs ou rouges, les bandits ne l’avaient pas obligé à se soumettre à leurs volontés.

Ils avaient plutôt respecté les siennes.

En outre, ils avaient pris soin de s’éloigner de lui, lui laissant ainsi la faculté de se livrer tout à son aise aux sombres pensées que devait lui inspirer sa position actuelle.

La halte avait duré près de deux heures. Au coucher du soleil, contrairement aux habitudes des Indiens, qui, hors les cas fort rares d’absolue nécessité, ne font jamais de marches de nuit, le signal du départ fut donné.

Le même homme qui déjà avait parlé au comte s’approcha de nouveau de lui, et après l’avoir salué :

— Monsieur, lui dit-il, nous sommes contraints de changer notre mode de voyager ; il nous faut prendre des chevaux pour continuer notre route. Consentez à me donner votre parole d’honneur, ainsi que je vous en ai prié : un cheval vous sera immédiatement amené ; vous serez libre au milieu de nous, et traité avec la plus grande considération.

Le jeune officier tourna la tête, sans paraître avoir même écouté ce que cet homme lui disait.

— C’est dans votre intérêt que j’insiste, monsieur, reprit le pseudo-indien ; vous vous condamnez, par votre obstination, à des souffrances affreuses, auxquelles, par un seul mot, il vous est facile de vous soustraire. Consentez à ce que je vous demande, je vous en supplie.

Le comte sourit avec mépris, haussa dédaigneusement les épaules, mais il demeura muet.

Après quelques secondes d’une attente inutile, l’Indien fit un geste et s’éloigna à pas lents, en murmurant tristement à part lui :

— Cet homme est de fer, on n’en obtiendra rien. Faites votre devoir, ajouta-t-il à voix haute, en s’adressant aux gens qui l’entouraient.

Le comte fut de nouveau garrotté et aveuglé au moyen d’un mouchoir ; puis, on le souleva, on l’enleva du brancard, et bientôt il reconnut qu’il était assis sur le cou d’un cheval, devant un homme auquel on l’avait attaché et qui le maintenait, afin qu’il ne tombât ni d’un côté ni de l’autre.

La position devenait très fatigante. Le jeune homme, à demi-couché et cambré en arrière, n’avait aucun point d’appui pour se retenir ; ses pieds battaient l’air, et sa tête ballottait dans tous les sens.

— Faites un geste de consentement, dit une voix à son oreille, et vous serez aussitôt délié et maître de vos mouvements.

Par un effort suprême, le comte se roidit de façon à demeurer complètement immobile pendant quelques instants : le refus était péremptoirement exprimé. On n’insista pas.

Un coup de sifflet se fit entendre, et la troupe s’ébranla lentement d’abord, mais peu à peu l’allure des chevaux, – tous ces hommes étaient montés maintenant, – l’allure des chevaux, disons-nous, devint plus rapide, et bientôt ils prirent un galop qui ne tarda pas à se changer en une course d’une vélocité extraordinaire.

Malgré les soins que prenait le cavalier auquel il était attaché pour le maintenir en équilibre sur le devant de sa selle, le comte souffrait des tortures réellement horribles : il fallait toute son indomptable énergie et toute la puissance de volonté qu’il possédait sur lui-même pour l’empêcher non pas seulement de se plaindre, mais encore de demander grâce à ses impitoyables bourreaux.

Le sang lui montait à la tête, il avait des bourdonnements sinistres dans les oreilles, ses artères battaient à se rompre, des crampes horribles tordaient tous ses membres : il sentait le vertige s’emparer de lui, sa raison l’abandonnait ; des fantômes sanglants peuplaient la nuit qui l’enveloppait, grimaçant autour de lui avec des ricanements lugubres.

La course infernale continuait toujours plus rapide. Peu à peu, la folie brûla son cerveau, il n’eut plus conscience de ce qui se passait et fut en proie à d’affreuses hallucinations ; puis il sentit un froid de glace, un affaissement général s’empara de lui et le terrassa. Il n’entendait plus, son corps se fit insensible, il crut qu’il allait mourir ; un soupir de soulagement souleva sa poitrine et il se laissa aller eu arrière.

Il était évanoui.

Enfin ses yeux se rouvrirent faiblement ; il jeta un regard sans but autour de lui, fit un geste machinal et referma les yeux en murmurant d’une voix faible :

— Pourquoi ne suis-je pas mort ?

Quelques minutes s’écoulèrent. Le jeune homme fit un nouvel effort, ses yeux lancèrent un regard plus intelligent ; la vie revenait et avec elle la mémoire, c’est-à-dire la souffrance. Il essaya de se lever ; son état de prostration et de faiblesse était si grand que c’est à peine s’il parvint à tourner un peu la tête de côté.

Peu à peu cependant le jour se faisait dans son cerveau ; les idées revenaient plus nettes et plus limpides.

— Où suis-je donc ? murmura-t-il, que signifie cela ? Comment me trouvé-je ici ?

En effet, ce qu’il voyait devait le surprendre.

Il était couché sur un châlit, dans une hutte fort solidement construite en apparence. Les murs étaient partout garnis d’épaisses fourrures tenant lieu de tapisseries, des fourrures recouvraient le sol ; une vaste cheminée à haut manteau, et dans laquelle brûlait un bon feu, tenait une partie de la pièce ; un dressoir en chêne chargé de vaisselle ; un bahut sculpté ; une grande horloge à gaine, style Louis XIII, quelques sièges, une table, un miroir, et près du châlit un guéridon avec une veilleuse allumée, formaient un ameublement confortable, ainsi qu’on le dit aujourd’hui, qui augmentait encore l’étonnement du comte.

Bien que la pièce dans laquelle il se trouvait fût de dimensions assez grandes, cependant elle ne devait pas composer à elle seule tout le logement de la hutte ; deux portes, à demi dissimulées sous des fourrures, paraissaient donner dans des appartements intérieurs.

Et d’abord, était-ce une hutte ou une maison qu’il habitait ? Quelles étaient les personnes qui lui offraient cette fastueuse hospitalité dans le désert ?

Autre difficulté encore ; se trouvait-il dans le désert ? ou ses ravisseurs, attaqués à l’improviste, avaient-ils été forcés de lâcher leur proie, et l’avait-on ramené sur les plantations ?

Dans cette dernière hypothèse, sur quelles plantations était-il ? françaises ou anglaises ?

Libre ou prisonnier ?

Depuis combien de temps, terrassé par la douleur, était-il étendu sur ce lit ?

L’horloge s’éveilla et sonna douze coups.

Était-ce midi ou minuit ?

Une veilleuse l’éclairait à la vérité ; mais les fenêtres, hermétiquement bouchées, disparaissaient derrière les fourrures. Peut-être ne voulait-on pas lui laisser voir le jour.

Pourquoi ? pourquoi ? pourquoi ?

Ce mot revenait sans cesse sur les lèvres du jeune homme, sans qu’il lui fût possible d’y répondre ; son esprit, bourrelé et trop faible encore, lui rendait impossible tout travail de la pensée.

Sa tête retomba sur l’oreiller ; il poussa un soupir, referma les yeux et s’endormit, mais cette fois d’un sommeil calme et réparateur.

Un joyeux carillon le réveilla : l’horloge sonnait. Il se dressa sur son séant, et regarda avec une indicible expression de bien-être tout autour de lui.

Par une fenêtre ouverte un éblouissant rayon du soleil entrait dans la chambre, qu’il illuminait. Cette pièce, si triste et si sombre quelques heures auparavant, était gaie maintenant ; les oiseaux gazouillaient au dehors, un air frais et embaumé par les senteurs des grands bois caressait doucement le front pâle du jeune homme et se jouait dans les longues boucles de sa chevelure.

Il se sentait renaître à la vie et à la santé : il était fort ! Avec le soleil tout son courage était revenu ; le passé n’était plus qu’un songe, l’espoir rentrait dans son cœur, et, avec l’espoir, la joie et l’insouciance, ces charmants compagnons de la jeunesse.

Une porte s’ouvrit, un homme entra.

Cet homme était jeune, il avait une physionomie douce et avenante ; son costume, entièrement noir, était celui d’un serviteur de bonne maison.

Il tenait entre les mains un plateau chargé de plusieurs plats en argent, soupière, assiettes, etc. Après avoir refermé la porte, il s’avança doucement vers la table, sur laquelle il déposa le plateau ; puis il se retourna, vit les yeux du jeune homme fixés sur lui, s’inclina respectueusement et attendit.

M. de Villiers avait suivi avec une curiosité extrême les mouvements de ce nouveau personnage.

— Enfin ! avait-il murmuré à part lui, je vais donc savoir où je suis.

Lorsqu’il vit que le serviteur semblait attendre ses ordres, il lui fit un geste amical de la main et l’invita à s’approcher de son lit.

— Aux ordres de monsieur le comte, répondit le serviteur en se plaçant en face du jeune homme.

— Vous me connaissez ? fit le capitaine avec surprise.

— J’ai l’honneur de savoir que monsieur est le comte Louis Coulon de Villiers, capitaine au régiment de royal-marine.

— Très bien ! Puisqu’il en est ainsi, que mes noms et qualités sont connus, c’est que probablement les personnes dont je reçois une si fastueuse hospitalité sont de mes amis ?

— Des meilleurs amis de monsieur le comte.

— De mieux en mieux ! Et comment se nomment ces amis ?

— Mon maître se réserve de se faire connaître lui-même à monsieur le comte.

— Ah ! fit-il avec contrariété… Où suis-je ici ?

— Je ne puis le dire à monsieur le comte.

— Vous est-il donc défendu de me répondre ?

— Depuis un mois à peine dans ce pays, je ne le connais pas.

Le capitaine comprit que c’était une consigne donnée : il n’insista pas.

— Pouvez-vous me dire, reprit-il au bout d’un instant, depuis combien de temps je suis dans cette maison ?

— Il y a douze jours aujourd’hui que monsieur le comte est arrivé ; il a été fort malade, on a craint assez longtemps pour sa vie. Heureusement monsieur le comte est guéri à présent.

— Oui, complètement. Veuillez, je vous prie, me faire donner des vêtements, je désire me lever.

— Les habits de monsieur le comte sont là, sur cette chaise.

— Merci, je les vois.

— Monsieur le comte désire-t-il que je l’aide à s’habiller, à se coiffer ?

— C’est inutile, je ne mettrai pas de poudre ; je suppose qu’en ce pays, quel qu’il soit, ajouta-t-il en souriant, l’étiquette n’est pas aussi sévère qu’à la cour de France.

— Le déjeuner de monsieur le comte est sur cette table. Si monsieur le comte a besoin de quelque chose, il a là un sifflet ; j’accourrai au premier signal.

Le serviteur s’inclina et sortit.

À peine fut-il seul, que le jeune homme, jetant loin de lui draps et couvertures, s’élança d’un bond hors du lit. Mais il avait oublié, dans ce retour d’ardeur juvénile, qu’il était à peine convalescent, sortant d’une maladie terrible. Ses forces, non encore revenues, trompèrent sa volonté, et il roula tout d’une pièce sur le sol, où il demeura immobile, inerte, impuissant à se relever, malgré tous ses efforts.

Cependant il était résolu à vaincre cette faiblesse qui prétendait le dompter ; son énergie se décupla pour ainsi dire ; rampant et se traînant sur les genoux en s’arrêtant haletant à chaque pas pour respirer et essuyer la sueur qui découlait de son front, il atteignit la table sur laquelle avait été placé son déjeuner. S’accrochant avec les ongles après le rebord de cette table, il parvint à se mettre debout ; puis il saisit un flacon, le déboucha, remplit aux deux tiers environ le gobelet d’un vin généreux dont l’arôme parfuma toute la chambre, porta ce gobelet à ses lèvres et le vida d’un trait, sans reprendre haleine.

L’effet produit par la chaude liqueur fut subit. Le jeune homme sentit son sang circuler plus rapide dans ses veines ; ses joues pâles se rosèrent d’une légère teinte incarnadine ; son œil s’ouvrit plus large, et l’éclair brilla dans son regard. La force lui était revenue, force factice peut-être, mais qui, en ce moment, lui rendait sa lucidité d’esprit et la faculté d’agir.

D’un pas ferme, il alla prendre ses habits ; en un tour de main il fut vêtu. Un regard sournoisement jeté sur le miroir lui prouva qu’il n’avait rien perdu de ses avantages physiques, et que la maladie, en éminçant les contours de son visage, les avait pour ainsi dire poétisés, en lui enlevant ce relief brutal qu’imprime la santé sur les figures les plus régulières.

Dès qu’il fut vêtu, son premier soin fut de déjeuner. Ce détail semble peut-être un peu trop prosaïque, cependant il était le résultat d’une combinaison profonde : d’après les réponses qui lui avaient été faites par le serviteur avec lequel il venait de causer quelques minutes, le comte avait compris que les réticences du valet étaient dictées par les maîtres, quels que fussent ceux-ci. Un mystère l’enveloppait ; or, ce mystère, il était important de l’approfondir. C’était donc une bataille à livrer, l’essai qu’il avait fait de ses forces, en sautant en bas de son lit, lui avait prouvé sa faiblesse physique. Il savait combien, en toutes espèce de luttes, le physique influe sur le moral : donc, ces forces qui lui manquaient, il lui fallait à tout prix les conquérir, afin d’être en mesure de soutenir, sans trop de désavantage, une lutte qu’il prévoyait prochaine. Les deux doigts de vin qu’il avait bus lui avaient trop bien réussi pour qu’il n’eût pas de nouveau recours au même remède et ne redoublât pas la dose.

Voilà pourquoi son premier soin avait été de se mettre à table et de manger avec un véritable appétit de convalescent, c’est-à-dire comme un ogre.

Lorsqu’il eut vidé tous les plats et égoutté toutes les bouteilles, il se leva enfin avec un soupir de satisfaction.

Maintenant il se sentait réellement prêt au combat.

Pour s’assurer qu’il ne se trompait pas et qu’il était bien réellement rentré en possession de toutes ses facultés, il fit, à pas lents, deux ou trois fois le tour de sa chambre, regardant et furetant dans tous les coins afin de se renseigner sur le lieu où il se trouvait ; mais ces perquisitions furent inutiles.

Les gens auxquels il avait affaire n’avaient pas commis le plus léger lapsus ; rien n’avait été oublié. Sa chambre, bien que très confortablement meublée, ainsi que nous l’avons dit plus haut, avait cet arrangement banal qui se rencontre partout ; elle ne révélait aucun des secrets qu’on semblait avoir si grand intérêt à garder.

Cette découverte donna beaucoup à réfléchir au jeune homme. Il avait affaire à forte partie, il s’agissait de jouer serré, s’il ne voulait pas être honteusement battu.

La chambre visitée, restait la fenêtre ; il y courut et se pencha en dehors, il regarda… Il ne put retenir un mouvement d’impatience et de dépit.

Devant lui, une épaisse forêt, composée d’arbres immenses et séculaires, formait un impénétrable rideau où l’œil se perdait dans un inextricable fouillis de verdure.

Les précautions avaient été bien prises ; c’était une gageure qu’on avait l’air de tenir à gagner.

Cependant, malgré lui, le comte demeura accoudé à la fenêtre, perdu dans une douce rêverie, et respirant à pleins poumons la brise embaumée qui se jouait dans les hautes futaies.

Son regard vague errait sans but autour de lui ; il admirait les paraboles excentriques formées par des lianes enroulées autour des arbres gigantesques, il suivait avec intérêt les sauts gracieux des écureuils gris bondissant de branche en branche ; il écoutait avec ravissement les chants des milliers d’oiseaux babillards groupés sous la feuillée. Le temps s’écoulait ; il demeurait là, retenu par un charme invincible, songeant à quoi ? lui-même n’aurait su le dire.

À un moment, la forêt devint subitement silencieuse ; tous les bruits se turent à la fois ; un calme profond succéda comme par enchantement au brouhaha qui, quelques instants auparavant assourdissait le comte. Tout à coup il recula, effaré. Peut-être se trompait-il et rêvait-il tout éveillé ? Il lui sembla que, juste en face de lui, les branches touffues d’un arbre s’écartaient doucement, laissant dans leur entrebâillement, plutôt deviner qu’apercevoir la tête d’un homme.

Cet homme, que le comte ne put reconnaître à cause de la distance, bien que tout son buste fût parfaitement en vue, lui fit, de la main, un signe qu’il ne comprit pas d’abord ; mais l’individu le répéta deux fois d’une façon tellement claire que le comte instinctivement fit deux pas en arrière. Au même instant, une pierre tomba à ses pieds ; puis son mystérieux correspondant posa un doigt sur sa bouche pour lui recommander le silence, les branches se rejoignirent et la vision disparut.

Le capitaine regarda machinalement à ses pieds ; il vit la pierre, que son étonnement lui avait fait oublier ; il la ramassa.

Autour de cette pierre, une feuille était enroulée et maintenue au moyen d’un fil de chanvre.

Le comte, le cœur palpitant, jeta un regard soupçonneux autour de lui, afin de ne pas être surpris ; il alla appuyer l’épaule contre la porte par laquelle était sorti le domestique ; puis la main frémissante, il brisa le fil et déroula la feuille. Cette feuille était une lettre ; sur sa pulpe, avec un éclat de bois taillé en stylet, on avait gravé profondément des lettres faciles à déchiffrer.

Le comte lut rapidement ce qui suit :

« Depuis sept jours, je suis embusqué dans les arbres en face de votre fenêtre, guettant sans cesse votre présence. Vous voilà enfin ; Dieu soit loué ! Des amis sûrs veillent pour vous sauver. Prenez garde aux gens au pouvoir desquels vous êtes ; n’adressez aucune question, refusez toute entrevue demandez à vous promener au dehors, cette permission vous sera accordée. Quoi que vous voyiez, quoi que vous entendiez, quels que soient les gens que vous rencontriez pendant votre promenade, ne vous étonnez de rien, ne reconnaissez personne. Quand vous entendrez le cri du mawkawis, tenez-vous prêt, ouvrez votre fenêtre ; la délivrance approchera !

» UN AMI.

« Détruisez cette feuille. Espoir, courage ! »

— Ah ! s’écria le comte avec joie, je ne suis donc pas abandonné de tous !

Après avoir écrasé la feuille sous le talon de sa chaussure, il saisit le sifflet et le porta à ses lèvres.

Presque aussitôt la porte s’ouvrit, et le même serviteur qui, le matin, était venu, entra dans la chambre ; il salua respectueusement le comte, et attendit qu’il lui plût de lui adresser la parole.

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