Chapitre 4 Où Iskander apprend le nom de celle qui savait le sien.
Et cependant Iskander-Beg se souvenait des paroles de son père. Son père avait coutume de dire : « La plus belle rose dure un jour, la plus petite épine dure toute la vie… Caresse les femmes, mais ne les aime pas, si tu ne veux point devenir leur esclave… L’amour est doux seulement dans les chansons ; mais, en réalité, son commencement est la crainte, son milieu, le péché, et sa fin, le repentir. »
Et, à ces trois sentences, il ajoutait cette quatrième sentence, leur complément obligé : « Ne regarde pas les femmes des autres, et n’écoute pas la tienne. »
Hâtons-nous de dire, à l’honneur d’Iskander, qu’il oublia tous ces conseils en moins de cinq minutes.
Le jeune Tatar aimait et craignait. La première partie de la prédiction de son père : « Le commencement de l’amour est la crainte », s’accomplissait donc en lui.
Huit jours auparavant, le pauvre Iskander dormait si tranquillement ! la nuit lui paraissait si courte et si rafraîchissante !
Mais qui était-elle ?
À cette question, qu’il se faisait à lui-même pour la dixième fois, Iskander sauta de son matelas sur ses pieds.
Elle ! quel vilain mot !
L’amour ne peut pas souffrir les pronoms, et surtout l’amour du Daghestan.
Jusqu’à ce qu’il sache son vrai nom, Iskander lui donnera un nom supposé.
— Je saurai le nom de ma… Léila, dit-il en attachant son kandjar à sa ceinture : je mourrai peut-être, mais je saurai son nom.
Un moment après, il était dans la rue.
Probablement, le diable a laissé un de ses serpents à Derbend : pour les uns, c’est le serpent de l’ambition ; – combien d’hommes célèbres se sont disputé la possession de Derbend ! – pour les autres, c’est le serpent de l’amour ; – combien de jeunes gens ont perdu la tête à Derbend !
Ce dernier serpent avait décidément mordu Iskander-Beg.
Il erra dans toutes les rues, regarda par toutes les portes, essaya de percer des yeux toutes les murailles et tous les voiles.
Tout fut inutile.
À qui demander son nom ? Qui lui montrera sa maison ?
La curiosité de son cœur le poussait en avant. « Va ! » lui disait-elle.
Où ? Il n’en savait rien.
Il se mêla à la foule, la foule le conduisit à la place du Marché.
S’il voulait savoir le prix de la viande, il était en excellent lieu ; mais le nom de sa belle ! Néant.
Il s’approcha d’un Arménien. Les Arméniens connaissent tout le monde, vendant de tout.
Celui-là vendait du poisson.
— Achète-moi un beau chamaia, Iskander-Beg, dit l’Arménien.
Le jeune homme s’éloigna avec dégoût.
Enfin, il s’approcha de la boutique d’un orfèvre tatar, habile émailleur.
— Que Dieu t’aide ! dit-il au Tatar.
— Qu’Allah t’accorde le bonheur ! répondit l’orfèvre sans détacher ses yeux d’une turquoise qu’il montait sur une bague.
Sur l’établi derrière lequel travaillait l’orfèvre, se trouvait une sébile de cuivre, pleine de différents objets plus ou moins précieux.
Iskander-Beg jeta un cri.
Il venait de reconnaître une boucle d’oreille qu’il était sûr d’avoir vue, la veille, se balancer à l’oreille de son inconnue.
Son cœur bondit : il lui sembla qu’il venait de trouver la première lettre de son nom.
C’était comme s’il eût aperçu sa jolie petite main aux ongles roses lui faisant signe de s’approcher.
Il n’osait prononcer un mot. Il hésitait à faire une question ; il ne savait que dire. Sa voix tremblait, toutes ses idées étaient sens dessus dessous.
Tout à coup, un éclair lui traversa l’esprit.
Une vraie ruse militaire, une de ces ruses avec lesquelles on prend les places.
Il vida la tasse dans sa main, comme pour regarder les bijoux. L’orfèvre, qui l’avait reconnu, le laissa faire.
Il tira adroitement la boucle d’oreille de la masse des bijoux, la mit dans sa poche, et tout à coup :
— Bon ! dit-il, voilà que je laisse tomber la boucle d’oreille !
Et il remit tous les autres bijoux dans la tasse.
— Quelle boucle d’oreille ? demanda le marchand.
— Celle qui avait des clochettes.
— Par Allah ! ramasse-la bien vite, Iskander ; je ne voudrais pas pour cinquante roubles qu’elle fût perdue.
— Oh ! elle n’est pas perdue, dit Iskander.
Puis, après un instant :
— C’est cependant bien étrange que je ne la voie nulle part, dit-il.
— La vue va en descendant, dit le marchand, posant la bague qu’il ciselait, se levant, et regardant par-dessus son établi, en soulevant ses lunettes.
Iskander fit quelques pas et feignit de chercher.
— Je ne la trouve pas, dit-il.
Puis, au bout d’un instant :
— Décidément, elle est perdue, ajouta-t-il.
Cette fois, l’orfèvre ôta ses lunettes de son front, et, les posant sur la table :
— Allah ! dit-il, qu’as-tu fait, Iskander-Beg ?
— J’ai fait que j’ai perdu la boucle d’oreille, voilà tout.
— Mais tu ne sais pas ce qui va m’arriver. Ce vieux coquin de Hadji Festahli est capable de me faire un procès. Une boucle d’oreille en émail de Bakou !
— Sur mon âme, tu te moques de moi, Djaffar ! Que chantes-tu là ? Un homme aussi sérieux que l’est Hadji Festahli, un descendant de Mahomet, un saint porterait des boucles d’oreilles ?
— Et qui te dit qu’il porte des boucles d’oreilles ?
— Il n’a ni femme ni fille, que je sache du moins.
— Il est trop ladre pour cela, le vieil avare ! mais voici tantôt dix ans que son frère Chafy s’est enfui en Perse, en lui laissant sa femme et sa fille. La petite avait seulement six ans à cette époque : elle en a seize maintenant.
— C’est bien cela ! c’est bien cela ! murmura tout bas Iskander.
Puis, tout haut :
— Et on la nomme, cette nièce ? demanda-t-il.
— Kassime, répondit l’orfèvre.
— Kassime, Kassime, répéta tout bas Iskander.
Et le nom lui sembla bien plus joli que celui de Léila, qu’il jeta immédiatement de côté, comme on fait d’un citron dont on a tiré tout le jus.
— Et, depuis le départ de son père, ajouta-t-il tout haut, je présume que la petite a grandi ?
— Tu connais notre pays, Iskander : l’enfant d’un an paraît en avoir deux ; une fille de cinq en paraît dix. Nos jeunes filles, c’est comme les ceps de vigne : à peine est-ce planté, que le raisin est mûr : je ne l’ai jamais vue ; mais l’oncle dit que c’est la plus jolie fille de Derbend.
Iskander-Beg jeta la boucle d’oreille dans la main de l’orfèvre et partit comme une flèche. Il savait tout ce qu’il voulait savoir : le nom et la demeure de sa belle.
Il courut droit à la maison de Hadji Festahli. Il n’espérait pas voir Kassime ; mais peut-être entendrait-il sa voix ; puis, qui sait ? elle sortirait peut-être avec sa mère, et, s’il ne la voyait pas, elle le verrait. Elle se douterait bien qu’il ne serait pas là pour son oncle.
Mais, comme toujours, la maison du vieux Hadji Festahli était fermée ; Iskander se doutait bien du contretemps ; c’était, de tout Derbend, la maison où il était le plus difficile d’entrer.
Il entendit, non point la voix de Kassime, mais les aboiements d’un chien qui redoublaient toutes les fois qu’il approchait de la porte.
Enfin la porte s’ouvrit.
Mais il n’en sortit qu’une abominable vieille tenant un balai à la main.
Sans doute quelque sorcière allant au sabbat.
Elle n’eut pas même la peine de refermer la porte derrière elle : la porte se referma – toute seule, eût-on cru si l’on n’eût entendu une main qui poussait les verrous.
Iskander était résolu à rester là jusqu’au soir, jusqu’au lendemain matin, jusqu’à ce que Kassime sortît. Mais sa présence ne pouvait manquer d’être remarquée et sa présence dirait clairement à Hadji Festahli : « J’aime ta nièce ; cache-la plus étroitement que jamais. »
Il revint à sa maison et se jeta sur un tapis.
Là, comme il n’avait plus peur d’être vu ni même entendu, il se roula, il rugit, il hurla.
Iskander aimait à la manière des lions.
Les bons musulmans, les vrais croyants n’ont aucune idée de ce que nous appelons le parfait amour ; Iskander était tout simplement enragé. Il voulait Kassime à l’instant même, sans retard, tout de suite.
Il était de ces lecteurs qui suppriment la préface d’un livre et qui passent tout de suite au chapitre premier.
Race terrible pour les auteurs et les oncles !
Mais Iskander se dit bientôt qu’il aurait beau se rouler sur son tapis tout un jour, rugir toute une semaine, hurler tout un mois, que tout cela ne le rapprocherait pas de Kassime de l’épaisseur d’un cheveu.
Il fallait donc chercher quelque moyen.
Enfin, à force de se dire à lui-même : « L’oncle de Kassime », il se souvint que, s’il n’avait pas d’oncle, lui, il avait une tante.
Une tante ! pourquoi seraient faites les tantes, si ce n’était pour protéger les amours de leurs neveux ?
Une tante n’est bonne qu’à cela.
Vous ne connaissez pas une tante qui ait jamais servi à autre chose, ni moi non plus.
Il alla acheter de l’étoffe de soie pour une robe et courut chez sa tante.
La tante prit la robe, écouta toute l’histoire des amours de son neveu, et, comme toute tante, si vieille qu’elle soit, se souvient du temps où elle était jeune, la tante d’Iskander, en poussant un soupir envoyé à sa jeunesse perdue, lui promit de faire tout son possible pour amener une entrevue.
— Viens demain chez moi, à midi, mon enfant, lui dit-elle ; j’enverrai chercher Kassime, sous prétexte de lui peindre les paupières avec du kohol. Je te cacherai derrière ce rideau, coquin ! Sois sage seulement. Ne bouge pas, ne respire pas, et surtout ne t’avise pas de souffler mot à qui que ce soit au monde de ce que je fais pour toi.
Iskander, comme on le comprend bien, était rentré chez lui, ravi.
Il se coucha avec le jour, espérant qu’il allait dormir et que, tandis qu’il dormirait, le temps irait son train.
Dormir, c’était bon pour autrefois.
Il s’endormit à une heure et se réveilla à deux.
À sept heures du matin, il était chez sa tante, lui soutenant que midi allait sonner.
À chaque bruit qui se faisait à la porte, il courait se cacher derrière le rideau.
Puis il reprenait sa place près de sa tante en secouant la tête et en disant :
— Elle ne viendra pas.
Puis, entrant en colère et frappant du pied :
— Ah ! disait-il, si elle ne vient pas, je mettrai le feu à la maison de son oncle ; il faudra bien qu’elle sorte pour ne pas être brûlée ; alors je la prends, je l’emporte sur mon karabach et je me sauve avec elle.
Et, à chaque fois, sa tante le calmait en lui disant :
— Ce ne pouvait pas être elle, il n’est que neuf heures – il n’est que dix heures – il n’est que onze heures.
Mais, à midi :
— Oh ! dit la tante, cette fois-ci, c’est elle.
Iskander, aussi bien que sa tante, avait entendu le bruit des petites babouches à talons battant le pavé de la cour et il avait bondi derrière son rideau.
En effet, c’était elle, avec son amie Kitchina ; Kitchina aux yeux bleus, comme on l’appelait.
Les jeunes filles ôtèrent leurs babouches au seuil de la porte, et vinrent s’asseoir près de la vieille tante.
Les deux voiles tombèrent sur les planches. Le rideau frissonna ; par bonheur, ni l’une ni l’autre des deux jeunes filles ne regardaient de son côté.
Non ; elles regardaient la vieille tante, qui tournait le kohol avec un petit pinceau d’ivoire, au fond d’une petite burette d’argent.
Kassime alla se mettre à deux genoux devant la bonne femme, qui commença par lui peindre les sourcils, puis les paupières ; mais, lorsque Kassime, pour cette dernière opération, leva ses beaux yeux, Iskander se sentit le cœur percé comme par une balle.
La vieille femme elle-même fut frappée de cette miraculeuse beauté, et, dans son admiration pour la jeune fille, elle lui dit en l’embrassant :
— Est-ce bientôt, ma jolie Kassime, que je te peindrai dans le bain, au milieu des chansons de tes amies ? Tu possèdes de si beaux yeux, que je leur souhaite de s’ouvrir chaque matin sans larmes et de se fermer chaque soir sous un baiser.
Kassime poussa un soupir et embrassa tendrement la vieille.
Iskander entendit le soupir et sentit la chaleur du baiser.
— Mon oncle Festahli dit que je suis encore trop jeune, répondit tristement Kassime.
— Et que dit ton cœur ? demanda la vieille.
Kassime prit le tambour de basque pendu à la muraille, et, au lieu de répondre, elle chanta :
Belle aurore, pourquoi des plumes de ton aile
Ai-je senti si matin la fraîcheur ?
Beau jeune homme, pourquoi du feu de ta prunelle
M’as-tu, ce soir, brûlé le cœur ?
Pourquoi, lorsque j’ai vu dans un ciel sans nuage
Briller l’astre, image de Dieu ;
Pourquoi, lorsque j’ai vu du milieu de l’orage
Jaillir l’éclair, serpent de feu ?
Pourquoi, maux que l’on craint ou bien que l’on implore,
Qui font la joie ou la terreur des cieux,
Ayant tout oublié : soleil, éclair, aurore,
N’ai-je pas oublié tes yeux ?
Et, en chantant ce derniers vers de la chanson qu’elle venait d’improviser, Kassime rougit jusqu’aux épaules ; puis, riant comme une enfant, elle laissa échapper son tambour et se jeta dans les bras de son amie ; et alors les deux folles jeunes filles se mirent à rire toutes les deux.
De quoi riaient-elles et qu’y avait-il de si risible dans tout cela ?
Mais la vieille comprit très bien, et, pour le bonheur de son neveu, elle voulut avoir immédiatement le secret de l’énigme.
— Ô mon odeur de rose, dit-elle en jouant avec les bagues de Kassime, si mon neveu eût entendu la chanson que tu viens de chanter, il eût crevé la muraille avec sa poitrine pour voir la chanteuse, et, après l’avoir vue, il l’eût enlevée comme un lion fait d’une chèvre.
Le vase rempli d’eau de jasmin tomba en ce moment du coffre qui se trouvait près du rideau et se brisa en mille pièces.
La vieille femme se retourna, les deux jeunes filles pâlirent.
— D’où vient ce bruit ? s’écria Kassime d’une voix tremblante.
— Diable de chat noir ! dit la vieille, il n’en fait jamais d’autres.
Kassime se rassura.
— Oh ! je déteste les chats noirs, dit-elle. On dit qu’ils prêtent parfois leur peau au diable et que c’est pour cela que leurs yeux restent brillants la nuit.
Puis, se retournant vers son amie :
— Allons, Ditchina, dit-elle, maman ne m’avait donné qu’une heure, et voilà le moullah qui crie.
Kassime embrassa froidement la vieille ; mais, devinant que cette froideur était affectée :
— N’importe ! dit la tante en reconduisant la jeune fille, tu as beau te fâcher, Kassime, je voudrais te voir avec des fleurs sur la tête ; ton bonheur m’est aussi cher qu’un fil d’or, et, de ce fil d’or, je sais un homme qui voudrait lier son âme à la tienne, et sois tranquille, chère enfant, il n’y a qu’Allah, lui et moi qui sachions cela.
Kassime ouvrit ses grands yeux, dont l’étonnement doublait de grandeur ; mais, en ce moment même, elle était sur le seuil de la maison ; son amie, qui était derrière elle, la poussa doucement ; la porte se referma, et, pour toute explication, elle entendit le bruit de la clef qui grinçait dans le cadenas.
Iskander-Beg étouffa presque sa tante entre ses bras lorsqu’elle revint de conduire Kassime. La bonne femme lui fit de grands reproches de ce qu’il n’avait pu se tenir tranquille dans son observatoire.
— Oh ! dit-elle, quand le maudit vase est tombé, j’ai failli mourir de terreur ! Méchant enfant, tu eusses jeté la terre du tombeau sur ma pauvre tête si Kassime eût pu deviner qui l’avait fait tomber.
— Est-ce ma faute, ma tante, s’écria Iskander, et pouvais-je demeurer tranquille quand mon cœur menaçait de se briser en voyant les roses qui se répandirent sur les joues de Kassime après que tu as eu prononcé mon nom ? J’ai fait un mouvement pour les cueillir avec mes lèvres. Que veux-tu ! qui sème doit moissonner.
— Non quand nous semons dans le jardin d’autrui.
— Achète-moi donc ce jardin, ma tante ; ne me laisse pas mourir comme un rossignol sur les épines d’un buisson de roses. Kassime doit être ma femme ; demande-la donc sans retard à son oncle, et sache que je suis aussi reconnaissant qu’amoureux. Réussis dans ton ambassade, ma tante, et je te promets la plus belle paire de buffles du Daghestan.
Le lendemain, Iskander-Beg reçut la réponse de Mir Hadji Festahli.
Hélas ! elle était bien loin d’être ce qu’il espérait.
La voici, au reste : le lecteur pourra juger de l’espoir qu’elle laissait au pauvre Iskander.
— Dis, de ma part, à ton Iskander, avait répondu Festahli à la vieille tante, que je n’ai pas oublié son père. Son père était un brutal. Un jour, devant tout le peuple, il m’appela… je ne veux pas redire comment il m’appela : je n’ai pas pu me venger, parce que c’était justement l’époque où le pouvoir russe se mêlait de nos usages ; mais je n’ai point oublié l’offense. Je n’ai point brûlé son cercueil. C’est au fils à payer la dette du père, et je ne suis pas un chien pour aller caresser celui qui m’a battu. Mais, pour dire la vérité, n’y eût-il pas eu cette offense entre nous, qu’Iskander n’en aurait pas davantage ma nièce. Le beau profit d’être l’oncle de ce beg ! Il y en a soixante et dix à Derbend, des begs comme lui. Je les lui compterai quand il voudra. Que me parles-tu de dot ? Oui, sans doute, en se ruinant, il peut payer ma nièce ; mais, après, comment vivra-t-il avec elle ? A-t-il des parents qui puissent l’aider en cas de besoin ? Combien d’œufs de corbeau reçoit-il de rente de ses masures ? Combien de bottes d’orties récolte-t-il dans ses champs ? Il est nu, tout à fait nu, ton gueux de neveu. Dis-lui donc non, et cent fois non. Je ne veux pas d’un vaurien comme lui dans ma famille. Une tête et une bourse si vides, qu’il n’y a qu’à souffler dessus pour que la tête et la bourse s’envolent… Bonsoir, la vieille !
Avec le caractère que vous connaissez à Iskander-Beg, vous devez comprendre sa fureur lorsque la vieille tante vint lui rendre cette réponse mot à mot.
Enfin, sa vengeance se calma ; il venait de faire serment qu’il se vengerait de Mir Hadji Festahli d’une façon terrible.
Il était tatar.
Cela vous explique pourquoi Hadji Festahli était si préoccupé en montant les rues qui conduisaient à la maison d’Iskander-Beg ; pourquoi, dans sa préoccupation, il crachait sur la barbe noire de Hussein et sur la barbe rose de Ferzaly, et pourquoi enfin, arrivé à la porte d’Iskander-Beg, au lieu de frapper à coups impatients, il frappa à tout petits coups.
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