‹ La captive des MohawksChapitre 5 sur 20 · V

V

SETH TROUVE LA PISTE ET IL LA QUITTE.

«Ce sont ces Mohawks, dites-vous, qui l’ont enlevée? remarqua Graham après une pause.

--Oui.

--Les avez-vous aperçus?

--J’accourus aussi vite que possible, et ils s’en allaient au moment où j’arrivais, j’en ai aperçu un ou deux, et j’ai pensé que c’étaient les Mohawks. Quoi qu’il en soit, je ne fais aucune différence, que ce soit les Mohawks, les Oneidas, ou toute autre tribu des Cinq-Nations, peu importe; tous ces Indiens sont de vraies canailles, et tous sont capables de voler la fille d’un blanc.

--Je suis de votre avis; nous aurons les mêmes difficultés à surmonter d’un côté comme de l’autre. Maintenant, il ne s’agit point de discuter si l’on essayera de sauver Ina, mais de savoir comment on s’y prendra. J’avoue que je suis dans l’embarras. Ces Mohawks sont excessivement rusés.

--Oui.

--Mais aussi, vous le savez, si nous parvenions à les tromper, nous ne serions pas les premiers blancs auxquels reviendrait cet honneur.

--C’est encore vrai. Laissez-moi seulement réfléchir pendant une minute.»

Graham cessa de parler, tandis que Seth semblait plongé dans des pensées profondes et sérieuses. Tout à coup, relevant la tête, il dit:

«Je le tiens!

--Quoi? Le plan que nous devons suivre?

--Je crois que je le tiens.

--Eh bien! dites-le.

--Voici: nous devons aller à la recherche de la fille d’Haverland, il n’y a pas à balancer.»

Malgré la tristesse qui s’était emparée de Graham, le pauvre jeune homme ne put s’empêcher de rire aux éclats en remarquant le ton sérieux avec lequel Seth lui avait dit ces paroles.

«De quoi riez-vous? demanda Seth assez piqué.

--Eh bien! je croyais que depuis longtemps nous étions arrivés à cette conclusion.

--Je ne le savais pas; nous avions donc conclu! Quoi qu’il en soit, j’ai encore réfléchi.... Qu’y a-t-il là-bas?... Une autre maison qui brûle?»

Graham regarda dans la direction indiquée, et il s’aperçut que c’était le jour qui paraissait. Il le fit remarquer à son compagnon.

«Tiens, c’est vrai! voilà le jour; j’en suis bien aise, car nous avons besoin de lumière.»

Le soleil parut bientôt au-dessus de la forêt et répandit un torrent de lumière dorée sur les bois et les cours d’eau. Les oiseaux faisaient éclater leur chant matinal dans chaque partie de la forêt, et toute la nature paraissait aussi gaie, aussi souriante que si aucun acte barbare n’avait été commis pendant la nuit. Aussitôt qu’il fit suffisamment clair, Seth et Graham se dirigèrent vers la rivière.

«Comme nous nous mettrons bientôt en campagne, dit notre jeune homme, je vais donner quelques soins à mon cheval que j’ai amené avec moi. Il est à quelques pas d’ici, et je serai de retour dans un instant.»

Et, tout en disant cela, il disparut dans le bois. Il trouva son cheval harassé et endormi sur le sol; il lui ôta le lien qui le retenait, et comme il pouvait trouver là une nourriture abondante dans de petites pousses jeunes et tendres et dans une herbe luxuriante, il lui ôta sa selle et sa bride, et lui laissa liberté entière jusqu’à son retour; il courait le risque de ne jamais le retrouver, mais il se confia en sa bonne étoile. Cela fait, il retourna vers son compagnon, qu’il trouva appuyé sur sa carabine, l’air pensif et le regard tourné vers la rivière qui coulait rapidement devant lui. Graham le regarda un moment avec curiosité et lui dit:

«Je suis prêt, Seth, et vous?»

Seth se retourna sans dire un mot et s’avança vers la clairière. Lorsqu’ils arrivèrent devant les ruines de la maison, ils s’arrêtèrent tous les deux, et Seth dit à voix basse:

«A l’œuvre, il faut trouver leur piste.»

Ils baissèrent la tête vers le sol et tournèrent autour de la clairière; tout à coup Graham s’avança rapidement, fit quelques pas dans le bois, puis s’arrêta et s’écria:

«Seth, la voici!»

Ce dernier se hâta de se rendre auprès de son ami; il se baissa un moment, inspecta le sol des yeux en avant et en arrière, et répondit:

«C’est bien là leur piste; ils ne l’ont pas beaucoup dissimulée ici, mais je crois qu’il nous faudra ouvrir nos yeux bien grands pour la suivre, quand nous serons plus avancés dans le bois.

--C’est probable, maintenant que nous tenons le point de départ; il faut prendre nos dispositions; vous ouvrirez la marche en suivant ces traces.

--Ne pourriez-vous pas le faire vous-même? demanda Seth en le regardant dans le blanc des yeux.

--Pas si bien que vous; je vous ai vu très-peu de temps, mais je suis sûr que vous connaissez la forêt beaucoup mieux que moi.

--J’ai quelque expérience des combats, mais très-peu pour suivre la piste de l’ennemi à travers une solitude comme celle-ci.

--Ne dites pas cela, c’est là-dessus que nous ne serions pas d’accord. C’est moi qui ai toujours suivi les tories ou les habits rouges pour le vieux colonel Allen, et je me rappelle qu’une fois.... mais je pense que ce n’est pas le moment de raconter des histoires, je n’ai pas assez de temps; toutefois, je puis dire, quoique peut-être je ne devrais pas m’en vanter, que je puis suivre le premier Peau-Rouge venu aussi loin qu’il lui plaira d’aller, sans m’inquiéter des peines qu’il pourrait prendre pour cacher sa piste. Vous le voyez, si j’entreprends de suivre celle-ci, c’est que j’ai l’habitude de tenir mon nez sur le sol, mais comme je ne pourrai probablement pas voir tous les dangers qui nous menaceront, ce sera votre affaire; vous vous tiendrez sur mes talons, et vous ferez voyager vos yeux tout autour de nous.

--Je tâcherai de bien remplir mon rôle; cependant, j’espère que vous m’aiderez un peu.

--Je vous aiderai autant que je pourrai en vous disant où ces démons ont passé; maintenant, en route; j’ai promis à Haverland que je ne me représenterais pas devant lui tant que je ne pourrais pas lui donner des nouvelles de sa fille, et, je le jure, je tiendrai ma parole.

--Allons, en avant!»

Et Seth partit d’un pas rapide. Il se tenait légèrement penché en avant, et son œil gris et perçant interrogeait continuellement le sol. Graham le suivait à quelques pas en arrière; il avait le canon de sa carabine passé sous son bras gauche et la crosse dans sa main droite, de façon à être prêt à faire feu au premier signal.

Les traces que Seth Jones suivait étaient bien faibles; elles eussent été tout à fait invisibles pour un observateur moins exercé. Les Indiens, quoiqu’ils eussent peu de crainte d’être suivis, étaient cependant trop rusés et avaient trop d’expérience pour négliger aucune précaution qui pût mettre en défaut les ennemis disposés à les suivre. Ils étaient partis selon l’habitude indienne, à la file, c’est-à-dire que chacun d’eux marchait sur la piste de celui qui le précédait, de sorte qu’en regardant à terre on était porté à croire qu’un seul sauvage avait passé en cet endroit. Ina avait été forcée de voyager de cette façon, et plus d’une fois, lorsque par inadvertance elle avait fait un faux pas, un coup terrible lui avait rappelé son devoir; les feuilles portaient si peu l’empreinte d’une pression, elles étaient si peu foulées et si peu dérangées, qu’en se baissant et en examinant avec soin le terrain, on voyait à peine les traces que les mocassins y avaient laissées; on reconnaissait difficilement qu’une feuille était dérangée ou qu’une petite branche n’avait pas encore repris la position qu’elle occupait avant d’avoir été pliée par le pied d’un être humain. Ces légers indices, il est vrai, ne pouvaient cependant échapper à l’œil exercé du pionnier; ils étaient aussi visibles pour lui que les empreintes d’un pied sur un chemin poudreux. Tout à coup Seth s’arrêta, releva la tête, et, se tournant vers Graham, dit:

«Nous gagnons du terrain.

--Ah! vraiment!... Que je suis heureux de l’apprendre!... Quand pourrons-nous les atteindre?

--Je ne saurais le dire au juste, mais il faudra encore du temps; ils vont d’un assez bon pas, et ils ne se sont arrêtés que de temps à autre la nuit dernière pour laisser reposer Ina. Dieu les damne, ces chiens! elle aura besoin de se reposer plus d’une fois avant d’en avoir fini avec eux.

--Ne pouvez-vous estimer leur nombre?

--Ils sont à peu près une vingtaine, des meilleurs guerriers mohawks. Je puis affirmer cela d’après leurs traces.

--Comment cela? On n’en voit qu’une, cependant.

--Naturellement, mais j’ai mes petites indications à moi.

--Avez-vous faim?

--Pas du tout; je puis rester sans manger jusqu’à l’après-midi sans le moindre inconvénient.

--Je puis attendre aussi; veillez bien, et en avant!»

Seth s’enfonça de nouveau dans les bois, et les deux amis poursuivirent leur voyage comme auparavant.

Le soleil était déjà haut sur l’horizon; ses rayons brillants perçaient les voûtes de la forêt en plusieurs endroits, et ils pénétraient parfois en flots dorés jusque sur le sentier que suivaient nos voyageurs.

Après avoir traversé quelques petits ruisseaux limpides où ils purent reconnaître que ceux qu’ils poursuivaient avaient étanché leur soif en passant, ils rencontrèrent des daims effrayés qui s’élançaient en avant, s’arrêtaient et regardaient avec étonnement, puis reprenaient de nouveau leur course dans leurs domaines solitaires. Graham eut de la peine à résister à la tentation d’abattre un de ces animaux, surtout lorsqu’il commença à sentir les premiers aiguillons de la faim; mais il connaissait trop le danger qu’il y avait à hasarder un coup de fusil, qui pouvait attirer sur eux en un instant leurs plus mortels ennemis.

Tout à coup Seth s’arrêta et éleva la main.

«Qu’est-ce que cela signifie?... dit-il en regardant sur le côté de la piste.

--Quoi donc? demanda Graham en s’approchant de lui.

--La piste se partage ici. Ils doivent s’être séparés en deux bandes, mais je ne puis deviner pourquoi.

--N’est-ce pas une ruse pour dérouter ceux qui pourraient les poursuivre?

--Oui, c’est cela; mais écoutez! Vous allez suivre la principale piste, tandis que moi je prendrai celle de côté et nous verrons bientôt.»

Graham fit ce qu’il lui ordonnait, quoiqu’il eût beaucoup de peine à suivre les traces des fugitifs, mais c’était une ruse; comme ils s’y étaient attendus, les deux pistes se réunissaient quelques pas plus loin.

«Il faut bien prendre garde à ne pas être déroutés par ces stratagèmes, remarqua Seth. Je dois surveiller le terrain de plus près, ayez l’œil bien ouvert pour que je ne fasse pas la culbute dans un nid de frelons.»

Ils s’avancèrent alors avec prudence et rapidité; vers le milieu de l’après-midi, ils s’arrêtèrent au bord d’une rivière d’une largeur considérable. Seth sortit de ses poches quelques beaux quartiers de venaison séchés qu’il avait apportés avec lui de l’établissement, et nos deux amis firent un bon repas. Cela fait, ils se relevèrent et se mirent en route.

«Voyez cela, dit Seth en montrant le milieu de la rivière; observez cette pierre, et remarquez comme elle est placée; voyez-vous à côté l’empreinte du mocassin? L’un d’eux a fait ici un faux pas, soyons prudents!»

Il entra dans l’eau et traversa la rivière suivi de Graham. Lorsqu’ils furent de nouveau sur la terre ferme, les ombres du soir commençaient à s’amasser sur la forêt; déjà les oiseaux avaient cessé leurs chants; il y avait cependant une lune brillante, si brillante même, qu’ils résolurent de continuer leur poursuite.

Leur marche alors se ralentit beaucoup, car Seth était obligé de faire grande attention pour conserver la piste, et s’il n’y avait pas eu dans le bois quelques clairières où ils pouvaient voir aussi bien qu’au milieu du jour, ils auraient été forcés d’attendre jusqu’au matin. Plusieurs fois Graham fut obligé de s’arrêter tandis que Seth se traînait sur les mains et sur les genoux pour découvrir la trace des Indiens. Ils ne trouvèrent aucun signe qui indiquât que les fugitifs avaient campé, et ils jugèrent d’après cela que leurs ennemis avaient l’intention d’atteindre leur tribu avant de se reposer, ou qu’ils étaient cachés quelque part dans le voisinage. Cette dernière supposition était la plus vraisemblable, et la prudence exigeait qu’ils fussent toujours sur leurs gardes.

Tout à coup Graham s’aperçut que les arbres paraissaient plus petits et plus clairsemés, comme aux approches d’une grande clairière. Il appela l’attention de Seth sur cette particularité et ils furent du même avis. Quelques minutes plus tard, ils entendirent le bruit d’un torrent et ils se trouvèrent bientôt sur les bords d’une grande crique formée par une rivière. Le courant était très-rapide; mais ils n’hésitèrent pas à se jeter au milieu des flots qu’ils traversèrent à la nage. La nuit était douce et agréable, ils ne souffrirent donc guère de ce bain forcé, qui mouilla leurs vêtements et les rendit collants; mais l’exercice de la marche leur rendit bientôt une chaleur suffisante.

En remontant sur la berge, ils se trouvèrent dans une plaine immense et pour ainsi dire sans bornes, où la piste semblait les conduire.

«Allons-nous traverser ce grand espace? demanda Graham.

--Je ne vois pas d’autre chemin; mais nous ne pouvons suivre le bord de l’eau, car nous aurions à faire quelques centaines de lieues, tandis qu’en marchant devant nous, il nous sera facile d’atteindre l’extrémité de la plaine.»

Et cela était vrai, du moins en ce qui concernait la dernière partie de son assertion. La plaine qu’ils avaient devant eux était, selon toute apparence, une prairie d’une très-grande longueur, et d’une largeur comparativement petite. On pouvait distinguer fort bien la ligne sombre des bois qui formait la limite opposée et elle ne paraissait pas être à plus d’une heure de marche.

«Je ne vois pas d’autre chemin, répéta Seth en se parlant à lui-même, et s’il faut traverser cette plaine, ce n’est pas une petite affaire, j’en réponds!

--Ne vaudrait-il pas mieux attendre jusqu’au matin? demanda Graham.

--Pourquoi?

--Nous pouvons courir quelque danger pendant la nuit.

--Et pensez-vous donc que nous traversions facilement la plaine pendant le jour? Nous servirions tout simplement de cible aux Indiens qui auraient l’idée de nous tirer dessus!

--Ne pouvons-nous en faire le tour?

--Ne vous ai-je pas dit que cette prairie s’étendait à des centaines de lieues de chaque côté; il nous faudrait trois ans pour faire la moitié de ce que vous dites!

--Je ne savais pas que vous m’eussiez donné un renseignement aussi intéressant; mais, puisque tel est le cas, il ne nous reste naturellement rien autre à faire que d’avancer sans perdre notre temps à jaser.

--La piste est assez droite, dit Seth en se retournant et en regardant la terre: je ne doute pas qu’elle ne conduise en ligne directe à l’autre extrémité. Je l’espère, parce que ce serait très-commode.

--Vous m’aiderez à faire le guet, dit Graham, car vous n’aurez pas besoin d’examiner le terrain aussi souvent, et nous devons avoir l’œil partout.»

Comme on peut facilement se le figurer, nos deux amis, quoique chasseurs pleins d’expérience, avaient fort mal calculé la distance qui les séparait de l’extrémité de la prairie. Il était minuit lorsqu’ils l’atteignirent.

Tout était silencieux comme la mort, lorsqu’ils entrèrent prudemment et furtivement dans le bois.

Pas un souffle de vent n’agitait les branches et le sommet des arbres, et le doux murmure de la rivière s’était depuis longtemps perdu dans ce profond silence; quelques nuages obscurcissaient de temps à autre la lune et rendaient sa lumière incertaine et trompeuse. Seth continua cependant à avancer. Ils avaient marché pendant quelques centaines de pas, lorsqu’ils entendirent des voix humaines. Ils continuaient toujours leur route avec la plus grande précaution et le plus grand silence, et ils aperçurent bientôt la lumière d’un feu qui se reflétait sur les branches supérieures des plus grands arbres; la lueur cependant était bien faible, mais ils ne pouvaient en être bien éloignés.

Seth dit à Graham de se tenir tranquille, tandis qu’il irait à la découverte, et il s’avança prudemment tout seul; il atteignit bientôt un remblai naturel, qu’il monta en se traînant sur les mains et sur les genoux; et, en regardant par-dessus, il vit, dans une espèce de bas-fond, toute la bande des Indiens. Ils étaient assis plus de vingt réunis en cercles; plusieurs d’entre eux dormaient sur le sol, tandis que d’autres étaient assis négligemment par terre et fumaient en regardant le feu. Seth ne resta en observation qu’un instant, car il savait qu’il y avait tout autour des sentinelles vigilantes, et il était heureux de n’avoir pas été découvert; il se retira avec précaution et retourna vers Graham.

«Quelles nouvelles? demanda le jeune homme.

--Chut!... pas si haut!... Ils sont tous là.

--Elle aussi?

--Je le suppose, mais je ne l’ai pas vue.

--Qu’avez-vous l’intention de faire?

--Je ne sais pas; nous ne pouvons rien cette nuit, nous sommes trop près du matin; si toutefois nous parvenions à la délivrer, nous n’aurions guère de chances de nous échapper: ensuite, nous devons attendre jusqu’à la nuit prochaine; et, comme il y a beaucoup de sentinelles sur pied, nous devons nous tenir cachés jusqu’au jour; après cela nous les suivrons à distance.»

Les deux amis se mirent à l’écart, de manière à ne pas être en vue, dans le cas où les sauvages reviendraient sur la piste dans la matinée. Ils restèrent là jusqu’au jour.

Ils entendirent bientôt les Indiens qui préparaient leur repas du matin; et, comme ils pensaient qu’ils pourraient alors les examiner sans courir de risque, ils résolurent d’aller jeter un coup d’œil sur le remblai pour s’assurer si Ina était ou non parmi eux.

Ils se glissèrent donc sans bruit vers le sommet du monticule. En cet endroit croissait une espèce d’églantiers assez forts, et leur buisson était heureusement assez épais pour cacher nos deux amis. Seth s’avança tout près et regarda par-dessus. Sa tête dépassait très-peu les dernières feuilles, et il pouvait voir tout ce qui se passait.

Graham, emporté par sa vive curiosité, plaça son bras sur l’épaule de Seth et regarda par-dessus sa tête. Chose assez singulière, les Indiens ne l’aperçurent pas; il fit un mouvement en baissant la tête, les églantiers étaient si serrés qu’ils résistaient à la pression à peu près comme un ballot de laine; ils rebondirent bientôt, et Seth roula comme une bûche en bas du remblai, et alla tomber tête baissée au milieu des sauvages.

Page 1