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Chapitre 32 Trente-deuxième lettre

Quatre heures du matin, 6 juillet.
Si la colombe arrive jusqu’à toi, mon bien-aimé, lis ce billet et pars sans perdre une seconde, comme je partirais, moi, si je savais où te trouver.

Je suis libre, je t’aime et je t’attends au monastère de Montolieu, entre Foix et Tarascon, sur les bords de l’Ariège.

Tu sauras pourquoi je ne t’en dis pas davantage, pourquoi ce billet est si court, et pourquoi le papier est si fin.

Tu sauras tout cela et mille choses encore, tous nos malheurs, toutes nos angoisses, toutes nos espérances, si notre messagère chérie arrive jusqu’à toi ; car, si elle arrive jusqu’à toi, tu partiras à l’instant même, n’est-ce pas ?

Je t’attends, mon bien-aimé, comme l’aveugle attend la lumière, comme le mourant attend la vie, comme le mort attend la résurrection.

Va, colombe bien-aimée, va !

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