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II. Période du capitalisme médiéval

A partir du XI° siècle, l’Europe occidentale entre dans une période de développement économique intense. Le premier stade de cette évolution se caractérise par la création d’une industrie corporative et d’une bourgeoisie marchande indigène. La pénétration de l’économie marchande dans le domaine agricole détermine le second stade.

Le développement des villes et d’une classe marchande indigène, entraîne l’éviction complète des Juifs du commerce. Ils deviennent des usuriers dont la clientèle principale est composée de la noblesse et des rois. Mais la transformation marchande de l’économie agricole a pour effet de miner aussi ces positions.

L’abondance relative de l’argent permet à la noblesse de secouer le joug de l’usure. Les Juifs sont chassés d’un pays après l’autre. D’autres s’assimilent, en s’absorbant surtout dans la bourgeoisie indigène.

Dans certaines villes, principalement en Allemagne et en Italie, les Juifs s’occupent surtout du crédit pour les masses populaires, les paysans et les artisans. Devenus de petits usuriers exploitant le peuple, ils sont souvent victimes de soulèvements sanglants.

En général, la période du capitalisme médiéval est celle des plus violentes persécutions juives. Le « capital » juif entre en conflit avec toutes les classes de la société.

Mais l’inégalité du développement économique des pays de l’Europe occidentale influe sur les formes de la lutte antisémite.

Dans un pays, c’est la noblesse qui dirige la lutte contre les Juifs, dans d’autres, c’est la bourgeoisie, et en Allemagne, c’est le peuple qui déclenche le mouvement.

Le capitalisme médiéval est inconnu ou presque en Europe orientale. Il n’y a pas de séparation entre le capital commercial et le capital usuraire. Contrairement à l’Europe occidentale où Juif devient synonyme d’usurier, les Juifs y sont avant tout commerçants et intermédiaires. Tandis que les Juifs sont progressivement éliminés des pays de l’Occident, ils affermissent constamment leur position à l’est de l’Europe. C’est seulement au XIX° siècle que le développement du capitalisme (ce n’est plus cette fois le capitalisme corporatif mais le capitalisme moderne qui entre en scène) commence à ébranler la situation prospère des Juifs russes et polonais. « La misère des Juifs en Russie ne date que de l’abolition du servage et du régime féodal de la propriété rurale. Aussi longtemps que l’un et l’autre avaient existé, les Juifs avaient trouvé de larges possibilités de subsistance comme marchands et intermédiaires[34].

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