Scène V.
LE ROI, LA DUCHESSE DE CHÂTEAUROUX, LA DUCHESSE DE LAURAGUAIS, LE DUC DE RICHELIEU, LE DUC D’AGÉNOIS. GARDES, PAGES.
LE ROI, à la Duchesse. Je vous revois, enfin !… Mais vous pleurez… (À Richelieu.) Que se passe-t-il ?
LA DUCHESSE. Rien, rien… sire ; c’est le récit d’un fait passé à l’armée que nous racontait le duc d’Agénois, et qui m’a fort émue.
LE ROI, à d’Agénois, d’un air surpris et mécontent. Vous, ici ! monsieur le duc ?…
RICHELIEU, avec empressement. Mon neveu ayant été blessé à la dernière affaire, le maréchal de Noailles l’a chargé de porter à votre majesté les détails de cette glorieuse journée.
LE ROI. Monsieur de Maurepas vient de me les donner, et mes félicitations ne se feront pas attendre. (À d’Agénois.) C’est vous, monsieur le duc, qui en serez porteur.
LA DUCHESSE. Cet honneur ne saurait être accordé à des mains plus dignes ; car monsieur d’Agénois est et sera toujours, j’espère, le plus fidèle défenseur de la France et du roi.
D’AGÉNOIS, à part. Ô bonté cruelle !
RICHELIEU, au Roi, en entrainant d’Agénois. Nous nous rendons, sire, chez le ministre de la guerre, où mon neveu attendra les ordres de votre majesté.
LE ROI. Qu’il se dispose à partir ce soir même ; et faites savoir à monsieur l’archevêque que je suis prêt pour le Te Deum.
LA DUCHESSE DE LAURAGUAIS, à sa sœur. Et moi je vais prévenir la princesse de Modène de votre arrivée (bas, à la Duchesse) et surveiller d’Agénois.