‹ La Fable des abeillesChapitre 31 sur 37 · Défense de l’ouvrage · Défense de La Fable des abeilles

Défense de l’ouvrage · Défense de La Fable des abeilles

C ES violentes accuſations, & les côtés contre mon Ouvrage, de la part des Directeurs, des Maîtres, & autres Champions des Ecoles de Charité, jointes à l'avis de mes Amis, m'ont engagé à faire la réponſe ſuivante. Le Lecteur impartial me pardonnera bien la répétition de certains paſſages, qu'il lira peut-être pour la troiſième fois. Il fera ſans-doute attention que pour défendre mon honneur attaqué, je me ſuis vu obligé de répéter les endroits de mon Ouvrage qui avoient été cités dans la Lettre. Ma Défenſe pourroit tomber entre les mains de Perſonnes qui n'aïant lu, ni la FABLE DES ABEILLES, ni la Lettre Diſſamatoire écrite contre la FABLE, ne comprendroient ren à tout ce que je dirois pour ma juſtification. Cette Réponſe a d’abord paru dans le JOURNAL DE LONDRES le 10. d’Août V. S. 1723. & elle étoit conçue en ces termes.

DANS la GAZETTE du Jeudi 11. de Juillet V. S. on trouve une DE’NONCIATION que les GRANDS-JURE’S DE MIDDLESEX ont faite contre l’Auteur du Livre intitulé LA FABLE DES ABEILLES avec le COMMENTAIRE : où l’on prouve que les Vices des Particuliers tendent à l’avantage du Public &c., & dans le JOURAL DE LONDRES du Samedi 27. de Juillet V. S. on lit une Lettre paſſionnée & injurieuſe contre le même Livre, & contre ſon Auteur. Les diverſes & fauſſes accuſations que renferment ces deux Pièces, m’obligent à défendre mon Livre. Je ſai qu’en le compoſant, je n’ai pas eu le moindre mauvais deſſein, ainſi je ſuis peu touché de ces plaintes mais comme elles ont été faites publiquement, & qu’elles ont été inférées dans les Papiers Publics, il n’étoit pas juſte que ma Défenſe fût moins publique.

J’adreſſe ce petit Ecrit à toutes les Perſonnes qui ont de la droiture, de la candeur, & du bon-ſens : tout ce que j’exige de mes Lecteurs, c’eſt de la patience & de l’attention.

Il y a dans la Lettre dont je me plains, pluſieurs choſes qui regardant d’autres Perſonnes, ſont abſolument étrangères au ſujet je les paſſe ſous ſilence. Le prémier Paſſage qui me regarde, eſt celui qui a été tiré de la concluſion de mon Ouvrage, où il ſe trouve en ces termes.

Ces paroles, je l’avoue, ſont dans mon Livre, & je les ſoutiens également innocentes & vraies. Diſons-le cependant librement, afin d’éviter toute ſiniſtre interprétation à l’avenir. Si j’avois eu deſſein d’écrire pour les Eſprits médiocres, je me ſerois bien gardé de choifir le ſujet que j’ai traité. Ou ſi je m’y étois hazardé, j’aurois eu ſoin d’amplifier & d’éclaircir chaque période, j’aurois traité mon ſujet en y emploïant les diſtinctions en uſage parmi nos Docteurs, jamais on ne m’auroit vu ſans la règle & l’équerre. Dans l’endroit critiqué, par exemple, je l’aurois éclairci en emploïant une page ou deux à définir le terme de MAL. J’aurois montré enſuite que tout DE’FAUT & tout BESOIN étoit un MAL : que tous les ſervices que les Individus de la Société ſe rendent les uns aux autres, ſont fondés ſur le grand nombre de BESOINS des Hommes ; & que par conféquent plus leurs BESOINS étoient nombreux, plus auſſi les Individus trouvoient leur intérêt à travailler pour les autres, à s’unir enſemble, & à compoſer un ſeul Corps. Y a-t-il un Commerce, ou un ſeul Métier, qui ne ſoit deſtiné à ſuppléer à quelque beſoin ? Ce BESOIN, avant qu’on y eût fuppléé, étoit afſurément un MAL, ſans lequel on n’auroit jamais penſé ni au Commerce, ni à l’Art qui y a rémédié. Quel Art ou quelle Science n’a pas été inventée pour corriger quelque manquement ? Si l’Homme avoit tout poſſfédé, on n’auroit eu beſoin d’emploïer, ni Art, ni Science pour lui fournir quelque choſe. Auſſi ai-je dit.

Voïez les Recherches ſur la Nature de la Société pag. 212.

. Divers paſſages qui précèdent, parlent dans le même ſtile. Mais cela a-t-il plus de rapport avec la Religion ou l’Incrédulité, qu’avec la Navigation ou la Paix du Nord ? font Les mains qui ſont occupées à ſuppléer à nos beſoins purement naturels, tels que ſont la faim, la foif & la nudité en très-petit nombre, en comparaiſon du grand nombre qui travaillent fidèlement à ſatisfaire à la dépravation de notre nature corrompue. Je veux parler des Ouvriers induſtrieux, qui gagnant leur vie par un travail honnête, fourniſſent à’Homme vain ou voluptueux tous les moïens qui peuvent le faire vivre à ſon aiſe & dans le luxe,

On trouvera ces paroles dans la remar-que que j’ai faite ſur le Paradoxe qu’on trouve dans la FABLE DE LA RUCHE MUR-MURANTE.

C’eſt dans cet Article que l’on peut lire une grande quantité d’exemples des voies impénétrables que la Providence fuit pour confoler & pour ſoulager les Perſonnes laborieuses. On y prouve que l’Oppreſſe eſt délivré des maux dont il eſt aſſiégé par les vices des Hommes vains & voluptueux, & par les crimes des plus grands Scélérats.

Les Perſonnes qui ont de la candeur & du bon-ſens, s’apperçoivent ſans peine que le Paſſage qu’on critique ne dit autre choſe, ſinon que

Si quelqu’un y voit autre choſe, je l’avertis qu’il eſt abſurde de ſe mêler de lire des Livres qui ſont au-deſſus de ſa ſphere.

Dans la FABLE DES ABEILLES je m’étois propoſé d’amuſer pendant quelques heures de loiſir les Perſonnes d’eſprit qui auroient des connoiſſances. Je voulois qu’elles fûſſent cet Ouvrage lorsqu’elles n’auroient rien de meilleur à faire. C’eſt d’ailleurs un Livre dont la Morale eſt également févère & ſublime. J’y donne une épreuve difficile de la Vertu. En indiquant un grand nombre d’actions très-criminelles qui paſſent dans le Monde pour très-bonnes, je diſtingue la Vertu d’avec ce qui n’en a que l’apparence, & je fournis une excellente pierre de touche pour faire une diſtinction ſi utile. On y décrit la nature & les ſymptômes des Paſſions Humaines, & on y expoſe leur force & leurs déguiſemens. L’amour-propre y eſt ſuivi pas à pas jusques dans ſes plus ténébreuſes retraites. J’ofe dire qu’il n’y a aucun Syſtême de Morale qui ſoit auſſi exact que le mien, ſur cet important Article.

Cet Ouvrage, il eſt vrai, n’eſt qu’une Rapſodie qui n’a ni ordre ni méthode ; mais il n’y a abſolument rien qui reſſente le moins du monde l’aigreur ou la pédanterie. Le ſtile eſt fort inégal ; quel-quefois fort haut & fort éloquent ; il tombe d’autres fois dans le bas, le rampant, & même dans le trivial. Cependant je ſuis ſatisfait de mon Livre ; puisque tel qu’il eſt, il a diverti des Perſonnes également vertueuſes & ſpirituelles, & qu’il ne peut manquer de produire cet effet ſur toutes celles qui leur reſſembleront par de ſi beaux côtés. Les accuſations affreuſes qu’on a faites contre la FABLE DES ABEILLES, m’autoriſent à lui donner plus de louanges que je ne ſerois dans toute autre circonſtance.

Les éloges qu’on m’accuſe d’avoir donné aux Lieux de débauche, ne ſont dans aucun endroit de mon Livre. Une Diſſertation Politique ſur la méthode qu’on doit ſuivre pour mettre à couvert les Femmes d’honneur, des attaques des Débauchés, dont les paſſions ſont quelquefois indomptables, aura ſans-doute donné occaſion à ces plaintes. Comme il s’agiſſoit dans cet endroit d’un Dilemme entre deux Maux qu’on ne ſauroit éviter tous deux, j’en ai parlé avec les plus grandes précautions. Je débute même par ces termes, qui marquent ſi bien mes intentions :

J’établis mon Syſtême ſur cette matière, & parlant par occaſion des Muficos d’Amfterdam, j’en donne une courte relation, qui ne ſauroit être ni plus modeſte ni plus innocente. Que dis-je ! il n’eſt point de Juge impartial qui n’avoue que la manière dont j’en parle, est très-propre à inſpirer aux plus grands Débauchés, de l’averſion & du dégoût pour ces infames Lieux.

Je ſuis fàché que les GRANDS-JURE’S aïent ſoupçonné que j’aïe eu deſlein de corrompre la Nation. Mais qu’ils conſidèrent en prémier lieu, que je n’ai laiſſé échapper dans tout cet Article aucune phraſe, aucune expreſſion, aucun terme qui puiſſe choquer les oreilles les plus chaſtes, ou ſalir l’imagination la plus corrompue.

Tout cet Article eſt directement adreſſé aux Magiſtrats & aux Politiques, ou du-moins à la partie du Genre Humain la plus grave & la plus ſenſée. Or ce n’eſt pas des Perſonnes de ce rang & de cette eſpèce, que des lectures obſcènes peuvent jetter dans la débauche. On ne peut craindre ce mauvais effet qu’à l’égard des obſcénités groſſières, & accommodées au goût & au génie de la Multitude inconſidérée, & de la Jeuneſſe de l’un & de l’autre ſexe qui n’a aucune expérience.

Or n’eſt-il pas évident que jamais cet Ouvrage ne fut deſtiné à être entre les mains de ces deux ordres de Gens ? Le commencement de ce qui eſt écrit en proſe eſt purement Philoſophique, & à peine eſt-il intelligible pour des Perſonnes qui ne ſont pas accoutumées aux matières de Spéculation. Le tître qui ſe lit au-deſſus de chaque page, eſt ſi éloigné d’être ſpécieux & éblouiſſant, qu’il faut lire tout le Livre pour ſavoir ce qu’il ſignifie. Ajoutez à cela que l’ouvrage ſe vend cinq ſchellins.

Concluons que s’il contient quelque Doctrine dangereuse, je n’ai point cherché à la répandre parmi le Vulgaire. Bien loin d’avoir tâché de lui plaîre & de le prévenir, je n’ai ceſſé de lui dire Apage vulgus.

On ne ſauroit m’accuſer ſans injustice, d’avoir voulu faire un mauvais uſage de mes lumières. Il eſt clair au contraire que toujours j’ai eu une ſi grande attention pour le Public, que toutes les fois que j’ai avancé quelques ſentimens extraordi-naires, je n’ai jamais manqué de prendre toutes les précautions imaginables pour empêcher qu’ils ne fuſſent nuiſibles aux Eſprits foibles qui pourroient par hazard lire mon Livre. J’ai reconnu, il eſt vrai, que j’étois dans l’idée,

qu’aucune Société s’enrichît & ſe».|mt=0|mb=0|indent=0}}

Mais ce n’a été qu’après avoir aſſuré, que je n’avois ni avancé, ni cru que l’on ne pût tout auſſi bien être vertueux dans un Roïaume riche & puiſſant, que dans la plus pauvre de toutes les Républiques : précaution qu’-un Ecrivain moins ſcrupuleux que moi auroit ſans-doute cru ſuperflue, après ſurtout qu’il ſe ſeroit déjà expliqué à la tête même de l’article, où l’on trouve ces paroles.

On ne ſauroit trouver dans tout mon Livre, de phraſe qui contrediſe cette Doctrine.

. Et je défie mes Ennemis de prouver le contraire. Jamais perſonne ne prit plus de peine que que moi pour être bien compris. Qu’on ſe rappelle ce que je dis Tom. I. Pag. 300.

On trouvera une précaution toute ſemblable dans la Préface, au ſujet d’un Mal réel & ſenſible, qui eſt inſéparable de la proſpérité de Londres. A-t-on de mauvais deſſeins dès-qu’on fait des recherches ſur les cauſes & ſur les principes des choſes ? Peut-on pour cela être accuſé de chercher à faire du mal ? Un Médecin peut écrire ſur les Poiſons, ſans ceſſer d’être un ex-cellent Médecin. Je dis dans un endroit

Je ne vois pas comment un Auteur qui fait des recherches ſur les occupations de la Multitude, n’oſeroit pas dire tout cela, & beaucoup d’autres choſes ſemblables, ſans que pour cela on on doive l’accuſer d’avilir & de diminuer les bienfaits que nous tenons de la Bonté Suprême. Lors ſurtout que cet Ecrivain démontre en même tems que cette Terre ne pourroit entretenir des Créatures telles que nous ſommes, s’il n’y tomboit de la pluie, ou que le Soleil n’y envoïât pas ſes fertiles les rajons. C’eſt un ſujet étranger, je le veux ; & je ne ferai jamais d’aſſaire à qui que ce foit, parce qu’il m’aura dit que j’aurois très-bien pu n’en point parler. Cependant, j’ai toujours été dans l’idée que cet Ecrit pourroit faire plaiſir à certaines Perſonnes, qui aïant quelque goût en tireroient quelque parti.

Je n’ai jamais pu dompter ma vanité comme j’aurois pu le ſouhaiter, & je fuis aſſez orgueilleux pour commettre des cri-mes. Mais pour ce qui eſt de mon Livre, & du but dans lequel je l’ai compoſé, je proteſte dans la ſincérité de mon cœur, que rien n’eſt plus vrai que ce que j’ai dit à ce ſujet dans la Préface.

Lorsque la FABLE DES ABEILLES parut pour la prémière fois, elle ne fut point critiquée. D’où vient un traitement ſi diſſérent de celui qu’on lui fait aujourd’hui ? Cette dernière Edition renferme quantité de précautions, dont les prémières manquoient. Je crois que l’on doit attribuer une reception ſi différente, à L’ESSAI SUR LA CHARITE’ & ſur les ECOLES DE CHARITE’ que j’ai ajouté à cet Ouvrage.

J’avoue que je ſuis dans l’idée que les occupations les plus pénibles & les plus viles étant le lot & la portion du Pauvre, il n’est pas de la bonne politique de détourner les Enfans du travail juſqu’à l’âge de quatorze ou quinze ans. Accoutumés ſi longtems à une vie tranquile, comment veut-on qu’ils prennent goût à une vie laborieuſe ? On trouvera dans cette Pièce, à laquelle je renvoie tout Lecteur impartial & judicieux, pluſieurs raiſons de l’opinion que j’ai avancée. Cette lecture ſervira auſſi à détromper ceux qui ſur la foi de mes Ennemis, croient que j’y ai avancé de monſtrueuſes impiétés.

Peut on m’accuſer d’avoir été le Défenſeur du Libertinage & de la Corruption des Bonnes Mœurs, & l’Antagoniſte des Instructions Chrétiennes qu’on travaille à donner à la Jeuneſſe, lorsqu’on verra que j’ai emploïé plus de dix pages de ſuite pour établir la néceſſité de l’Education ? Et plus bas, parlant des Inſtructions que les Enfans des Pauvres peuvent recevoir dans les Egliſes, je dis qu’il ne devroit y avoir qui que ce ſoit qui s’abſentat le Dimanche du Temple, ou de quelqu’un des Endroits où ſe célèbre le Culte. Je n’excepte de cette obligation, que les Perſonnes qui ne peuvent marcher. On trouve même ces paroles ſi remarquables.

Qu'on examine ſi les argumens dont je me fuis ſervi ne ſont pas convainquans, je ne cherche qu'à m'éclairer. Qu'on me montre ſeulement par de bonnes raiſons que je me fuis trompé, & je fuis prêt à changer d'avis. Mais qu'on m'épargne les titres injurieux. La Calomnie eſt la plus courte voie de réfuter un Adverſaire, lors ſurtout qu'on eſt attaqué par quelque endroit ſenfible; mais ce n'eſt pas la voie la plus lumineuse. On amaſſe de groſſes ſommes pour fonder & entretenir ces Ecoles de Charité, auſſi connoiſſois-je trop bien le cœur humain pour ignorer que ceux qui partagent entr'eux cet argent, ne ſouffriroient point patiemment que je leur expliquaſſe mes idées avec franchiſe. J'ai prévu tout le fruit que je tirerois de ma liberté, comme on peut le voir dans la Pièce même. Là, après avoir rapporté les lieux communs mis en uſage par les Protecteurs des Ecoles de Charité, j'avertis mes Lecteurs qu'il ſuffit qu'on diſe la moindre choſe contre ces Etabliſſemens, pour être d'une commune voix traité d'Homme peu charitable, dur & inhumain. Déjà alors je ſavois qu'on le traiteroit de méchant, de profane & d’impudent athée.

C’eſt pour cela que je n’ai pas été beaucoup ſurpris de me voir prodiguer les épithètes d’Auteur impie & de Libertin, dans la Lettre extraordinaire adreſſée à MILORD C. Je m’étois presque attendu à voir la publication de mon Systéme traitée de crime choquant, énorme, étonnant & aſſreux, qui doit attirer ſur ſon Auteur, & ſur ceux qui ne le persécuteront pas, la ven geance céleste. Déjà j’avois conjecturé que je paſſèrois pour un Homme qui ſe propole ouvertement d’extirper la Vertu, dencourager le Vice, & de renverfer les principaux Articles de la Foi Chrétienne. Je n’en attendois pas moins des Ennemis de la Vérité & de l’Honnêteté. Le fiel dont l’Auteur de la Lettre eſt rempli, ne m’engagera point à lui rendre injure pour in jure, Il a beau faire ſes eſſorts pour m’expoſer à la ſureur publique, je veux le plaindre, & être aſſez charitable pour croire qu’il a été trompé par les rapports. Car jamais Homme de bon-fens ne ſe perſuadera qu’il eût pu écrire comme il a fait, s’il avoit lu ſeulement le quart de mon Livre.

Je fuis faché que ces mots, les Vices des Particuliers tendent à l’Avantage de Public, aïent pu choquer quelque perſonne bien intentionnée. Il ſuffit de bien entendre ces paroles, pour admettre la propoſition qu’elles renferment. Qui pourra ſurtout douter qu’elles n’ont été propoſées dans aucune mauvaiſe intention, ſi l’on ſe donne la peine de lire le dernier Paragraphe, où prenant congé du Lecteur je parle de cette manière.

Ce font-là les dernières paroles de l’Ouvrage que je défens, elles en ſont même une partie inſéparable.

Mais pour ne plus parler de ma juſtification, je déclare ſolemnellement, que ſi dans tout l’Ouvrage intitulé, La FABLE DES ABEILLES, qui a été dénoncé par les GRANDS-JURE’S de MIDDLESEX au BANC DU ROI, on trouve le moindre trait de Blaspheme, de Profanation, ou la moindre choſe qui tende à la Corruption des Mœurs, je ſerai charmé que ces paroles profanes ſoient rendues publiques. Je proteſte de plus que ſi, éloignant toute invective & toute réſſexion perſonnelle, on ne cherche pas à exciter la Populace contre moi, articles ſur lesquels je ne répondrai jamais, non ſeulement je me dédirai, mais encore je demanderai pardon de la manière la plus ſolemnelle au Public que j’aurai ſcandaliſé ; & ſi l’on trouvoit que la réparation ne fût pas aſſez autentique en faiſant bruler mon Livre par le Bourreau, je m’engage à le jetter moi-même au feu. Mes Adverſaires n’auront qu’à indiquer le tems & le lieu.

ABEILLES.

FIN.

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