‹ La FaustinChapitre 8 sur 64 · VIII

VIII

Àdix heures, lorsque la Faustin arriva chez Carsonac, le dîner n’était point encore fini. Pendant que, dans l’antichambre, elle ôtait sa sortie de bal, elle entendit un bruit de voix, et quand elle entra dans la salle à manger, sa sœur, la figure allumée de colère et de chambertin, et levée tout debout, les mains appuyées sur la table, lançait à son amant, au travers des vingt-cinq convives : « Vieux cocu ! »

Puis la femme battit l’air de ses bras, et des crispations nerveuses coururent ondulantes le long de tous ses membres.

Le bataillon des amies, Moumoute en tête, prenant la femme sous les aisselles, l’entraîna dans le cabinet de toilette, où, pendant quelque temps, l’injure « cochon » alterna avec de petits cris étouffés, auxquels succédèrent des larmes, un déluge de larmes.

— « Lillette, qu’est-ce qu’il y a donc ? » dit la Faustin, au moment où la jeune fille passait devant elle pour rejoindre ses amies.

— « Il y a… ce qu’il y a toujours… Au premier service, Bonne-Âme a été d’une gaieté de tous les diables… au second, elle a fait de l’œil hystérique à tous les hommes… à l’entremets, elle s’est disputée avec Carsonac… et au dessert les pleurs et les sanglots… c’est la marche ! »

Carsonac, lui, silencieux, froid, la graisse blême, mangeait sa honte et sa rage, le nez dans son assiette, puis se levait, et passait dans son cabinet de travail, suivi de ses familiers intimes, de l’élite de la société masculine de l’endroit.

Dans le grand salon complètement vide et éclairé à giorno, seule, se voyait une femme entourée de deux fillettes, presque des enfants, amenées là par la bizarrerie des relations de Paris, et que la femme avait enlevées de la salle à manger, pour les sauver des gros mots. Cette femme, une toquée, mais une femme parfaitement honnête, montée debout sur le grand divan circulaire du milieu, amusait ses petites camarades, en se laissant tomber raide à plat, tout de son haut, avec un cri d’agonie de cinquième acte.

Quelques hommes, les comparses du dîner, étaient restés tranquillement à table, et causaient en arrosant la conversation d’alcool.

Le croupier des jeux de Monaco s’entretenait avec le chef d’orchestre, le mari de Moumoute, de la difficulté de l’élevage des sansonnets. Le médecin des eaux de Hombourg, muet comme un diplomate, se versait, toutes les dix minutes, un petit verre, et, par la même occasion, un autre petit verre à son voisin, un acteur, un maniaque de parfums, qui le buvait, le nez dans son collet d’habit, où il avait fait coudre des gousses de vanille. Un grand garçon fade, dont la position dans le monde consistait à avoir de bonnes collaborations, énumérait les vertus domestiques des épouses de ses collaborateurs, à un compositeur musical jouant l’air fou, sous un toupet en escalade. L’adaptateur viennois disait des drôleries au Timbre proportionnel, une femme égarée au milieu des hommes, une mère de danseuse, ainsi surnommée, à cause de la phrase qu’elle avait à la bouche, lorsque quelque abonné de l’Opéra poussait de trop près sa fille, au foyer de la danse : — « Allons, monsieur le marquis, voulez-vous en finir :… j’ai justement sur moi un timbre proportionnel ! » Un Scandinave, qui croyait avoir écrit une pièce en français, et chez lequel tout se démontait : la canne, la lorgnette de spectacle, le porte-cigare, était en train de montrer, dans le double fond de sa montre, des miniatures polissonnes à un directeur de théâtre, mal en point dans le moment, et cherchant à connaître le prix juste dont l’auteur injouable voulait payer sa gloire. Et, de l’autre côté de l’étranger, surveillant la conversation, était le luminariste du théâtre, le principal créancier du directeur, et qui faisait saisir par un huissier la recette de tous les soirs, et ne laissait au pauvre diable la faculté de voir ses auteurs que le dimanche.

Enfin, l’expéditeur des asperges d’Aranjuez, avec la verve et l’humour des coureurs d’univers, racontait à la tablée cette histoire de sa nouvelle patrie d’adoption.

— « Un matin, à Tolède, j’étais allé porter mes douze piastres, le petit loyer que je payais chaque mois… Ma propriétaire, il faut vous dire, se trouvait être une vieille grandesse d’Espagne… Maison tombée… Elle avait deux filles, une fille aînée aux sourcils noirs comme du charbon… une commanderesse de Saint-Jacques… un ordre cloîtré, supprimé par la révolution espagnole, mais dont elle continuait à porter le costume… Vous la voyez d’ici avec son capuchon, sa longue robe blanche et la grande croix rouge, haute comme elle… L’autre fille, plus jeune et mariée, était la mère d’un petit garçon de cinq à six ans… l’héritier du nom… le dernier marquis de la famille… l’enfant le plus gâté de la création, et à l’envi par les trois femmes… Et c’étaient, chez ce petit bonhomme, des caprices, des exigences d’une tyrannie… Il n’y a pas de jeunesses ici, n’est-ce pas ? — fit le narrateur, en parcourant des yeux la salle à manger. — Ce jour-là, ne s’était-il pas mis en tête de voir… ce qu’aucune femme ne montre, et, moins que toute autre femme, une religieuse ! … La mère, dans tous ses états, le menace de le fouetter. Là-dessus mon gamin pris de rage, et secoué d’un tremblement nerveux, se met à crier, comme si on l’écorchait : « ¡ Quiero, quiero ver el culo de mi tia ! » et cela revenant au milieu de pleurs colères, dans un essoufflement anhélant. La mère lui met la main sur la bouche… le crapaud la mord… et le voilà, tout à coup, se roulant à terre, dans des convulsions, avec toujours sa sacrée phrase entre ses dents serrées… Une porte s’ouvre, et l’aïeule, à la figure austère, apparaît… elle regarde un moment l’enfant crachant de l’écume, dit : « Le dernier marquis de la famille se meurt, le laisserez-vous mourir, ma fille ? » La commanderesse de Saint-Jacques était en train de lire un livre de prières, en des lignes de statue, et comme si ce que criait l’enfant n’arrivait pas à ses oreilles. Ah ! le regard de la commanderesse à cette interpellation de la mère, ce qu’il y avait dedans, qui pourra le dire, messieurs !… La commanderesse a pris l’enfant par la main, et est sortie avec lui… Une seconde après, le dernier marquis, passant tout effaré entre nos jambes, s’enfuyait dans l’escalier, comme s’il avait entrevu le diable. »

Dans le cabinet de Carsonac, les hommes sérieux, les auteurs dramatiques, fumaient recroquevillés et pelotonnés sur eux-mêmes, et taciturnes, ainsi que des gens entourés de voleurs d’idées. Seulement, de temps en temps, le plus gai de la bande se levait, allait tour à tour à chacun d’eux, lui frottait un moment la tête à l’instar d’un vieux polichinelle, puis, bien content, venait se rasseoir à sa place. Au fond, tout au fond de la pièce obscurée, deux hommes cependant causaient à voix basse, deux hommes dont l’un complètement perdu dans la fumée de son cigare et qui semblait une voix n’appartenant plus à un corps, répétait à l’autre avec une conviction morne : « C’est pas mal, mais y faudrait des coupures. »

Au moment, où Carsonac, prenant discrètement son chapeau, s’apprêtait à sortir, il était rejoint entre deux portières par le directeur de théâtre.

— « Rien à faire avec le Scandinave, il ne veut lâcher que 20,000 francs ! »

— « Imbécile ! prends son manuscrit et ses 20,000 francs… ce sont les costumes et les décors… Je vais te faire une pièce sur le même temps… et aussitôt après son four, tu me joueras. »

Et Carsonac avait la main sur le bouton de la porte de l’antichambre, quand il se sentit arrêté par l’expéditeur des asperges d’Aranjuez.

— « Carsonac, j’ai un intérêt dans un éléphant débarqué à Carthagène. »

— « Eh bien, qu’est-ce que ça me fait ? »

— « Peut-être pourrais-tu l’utiliser dans ta prochaine pièce… mon proboscidien ? »

— « Je n’en sais rien, mais rien du tout, répondit Carsonac, dont l’œil eut une flammèche qui s’éteignit aussitôt. »

— « Fais pas le malin… tu en grilles de mon éléphant… mais tu sais qu’on ne me refait pas moi… et tu ne l’auras, que si je suis de la pièce. »

— « Eh bien, eh bien, c’est fait… et expédie nous-le, grande vitesse. »

La Faustin, après être restée quelques instants avec sa sœur dans le cabinet de toilette, était revenue dans le grand salon, près de la femme saltimbanque et des deux jeunes filles. L’une au regard velouté sous de lourdes paupières turques, et dans une robe blanche sur laquelle se détachait le rouge d’un collier de corail, avait cette candeur, cette ingénuité, cette expansion aimante à l’égard de tous et de toutes, des fillettes très renfermées, allant une fois par hasard dans le monde. Et elle contait sa première passion de couvent, ses amours avec un lézard. Il avait l’œil doux et ami de l’homme. Il était toujours dans elle, et, quand elle jouait du piano, il passait la tête par l’ouverture de son corsage pour être tout près de la musique. Une camarade jalouse l’avait écrasé, et, ses petits boyaux derrière lui, il s’était traîné à ses pieds pour mourir sur son amie. Elle lui avait creusé une petite tombe sur laquelle elle avait mis une petite croix. Elle ne voulait plus aller à la messe. Elle n’avait plus plaisir à prier. Sa religion, c’était fini. Le bon Dieu était par trop injuste.

Bonne-Âme, remise de sa crise de nerfs, avait aventuré, par la porte entre-bâillée du cabinet de toilette, un visage tout blanc de poudre de riz, se livrant à une reconnaissance des personnages qui étaient encore là. Puis elle s’était risquée dehors, et vaguait par les pièces de l’appartement, avec des yeux étranges et qui semblaient rire, et une bouche qui demeurait sérieuse. Elle allait fantasque, mettant sous le nez des hommes son délicat profil, son petit nez pur, sa bouche si joliment découpée, et les frisons coquins de son front qui donnaient une grâce mutine et affolée à sa pâle physionomie.

Créature de caprice chez laquelle semblait battre le pouls de la folie, nature mouvante, détraquée, indevinable, et arrivée à cette heure maladive et délirante de la vie des femmes d’amour, qui ont fait le matin la découverte de leur première ride, Bonne-Âme, parmi le vague de ce restant d’ivresse, voulue, cherchée, pour noyer la pensée entêtée, continuait à promener de l’un à l’autre son masque d’enchantement et son sourire plein d’une obscure nuit. Et dans l’ironie qu’elle jetait à celui-ci, il y avait comme l’intonation mouillée d’une larme, et dans la tendresse qu’elle laissait tomber sur celui-là, le strident brrr qui venait à sa suite, faisait de cette tendresse une blague, et encore le mot cynique qu’elle décochait à ce dernier, était parfois dit avec le brisement nerveux d’une voix de petite fille fouettée. Et ondulante et serpentante et attouchante, la folle, en son travail d’allumeuse d’hommes, dans un enlacement souple, aussitôt délié, faisait compter les battements de son cœur, un moment écrasé, sur la poitrine d’un invité qu’elle frôlait ; ou bien, renversée et perdue dans l’ombre d’un grand fauteuil, livrait aux baisers le rose de son pied, traversant les jours de soie blanche de son bas.

Tout à coup, au milieu du cercle d’adoration qui s’était formé autour d’elle, Bonne-Âme partit d’un éclat de rire tout spécial, et par lequel s’annonçait l’exécution à grand orchestre d’un amant, exécution à laquelle elle aimait à associer le public.

— « Au fait, savez-vous comment je l’appelle maintenant Gargouillard ? »

Gargouillard, déjà ainsi baptisé par son amante, était le tout dernier tenant officiel de Bonne-Âme, un amant de cœur de trois semaines.

— « Je l’appelle le Commandeur des Croyants… Ce surnom, n’est-ce pas, va bien à son innocence cornichonne ? »

Et elle se renversa dans une hilarité qui lui secoua tout le corps et reprit aussitôt : « Mais quelqu’un l’a-t-il vu depuis qu’il s’est cassé une dent de devant… Ce n’est plus une bouche, on dirait une chatière. »

Et de rire de plus belle.

— « Il écrit très bien, mon amant… C’est un styliste ! »

Bonne-Âme sortit de sa poche deux ou trois lettres de Gargouillard, qu’elle baisa l’une après l’autre, au milieu de singeries tout à fait amusantes.

— « Tant pis, je vais vous livrer ses expansions intimes… Vous savez, Gargouillard est un homme ponctuel… Il vous écrit : « Il faut que vous m’apparteniez à sept heures trois quarts… » non, décidément ses lettres sont bêtes… on dirait qu’il écrit du nez. »

Et Bonne-Âme se mit à terminer chacune de ses phrases par un gnia gnia enfantin.

— « Mon Dieu, a-t-il l’air assez bête quand il me contemple amoureusement, gnia gnia… mais avec tout cela, il ne me procure aucune émotion, gnia gnia… c’est dommage que nous ne soyons pas en été ; pour le rendre ridicule, je lui ferais porter des hannetons dans une boîte, gnia gnia… Décidément je n’ai pas de goût pour les hommes expirés… Et pas moyen de le mettre à la porte… Ne lui ai-je pas dit que Carsonac était jaloux. » — Et Bonne-Âme de rire, de rire, de rire. — « Ça a raté… J’avais oublié de prévenir Carsonac, et il l’a invité à dîner… Que voulez-vous… il aura son mois comme un domestique, gnia gnia gnia. »

Dans le cabinet du maître de la maison, les auteurs dramatiques continuaient à fumer dans le silence des Orientaux.

— « Mais au fait, qu’est devenu Carsonac ? » hasarda cependant l’un d’eux.

— « Carsonac !… Il est allé prendre connaissance de la recette de ce soir… S’il ne faisait pas cette petite promenade de digestion… » « Eh bien, 4,500 ? » — jeta le parleur à Carsonac qui rentrait dans le même instant.

— « Aujourd’hui c’est la veille du terme, la recette baisse toujours ce jour-là, » répondit Carsonac soucieux : « Mais ma belle-sœur n’est pas avec vous ?… Où diable est-elle ? »

— « Elle est dans le grand salon… elle a passé toute la soirée avec les gamines. »

Carsonac alla à la Faustin, et, la ramenant dans le cabinet, lui dit dans le trajet : — « Bonne-Âme ne t’a pas présenté le petit de Blainville ce soir !… la faignante…, elle ne travaille donc plus pour la maison… En deux mots : voici la chose… nous ne voulons pas de la Marescot… elle n’a pas d’action sur le public… mais elle est soutenue par Marville et les autres, enfin par tout le ministère d’État qu’elle a incendié… et qui veut nous forcer à retirer le rôle à Blanche Tonnerieux… Plus souvent ! que je leur ai dit… Mais tu comprends la kyrielle d’embêtements qui va nous tomber sur les reins… J’ai donc invité le petit de Blainville… un de tes amoureux… J’aurais bien lâché sur lui Bonne-Âme, mais il ne peut pas même la voir en peinture… le petit a l’oreille de l’Excellence… on dit même, cela entre nous, que c’est un de ses bâtards… rends-moi le service de le monter… Il faut qu’il soit là bas notre contre-mine… mets-y de la chaleur, hein ?… et ne crains pas d’enflammer un peu l’enfant… ça ne te coûte rien, ça lui fera plaisir et ça nous servira. »

Et, présentant le jeune homme à la Faustin, il leur fit faire place sur un bout du divan de son cabinet, écoutant leur entretien sans avoir l’air d’y prêter l’oreille.

Quelques instants après, dans le cabinet de Carsonac, le dernier cigare mourait aux lèvres du dernier fumeur. Alors les hommes de là-dedans donnèrent quelques signes de vie, remuèrent un rien, et de vagues monosyllabes s’échappèrent de leurs bouches. L’un d’eux même se leva, et, pour se dégourdir les jambes, fit, en chantonnant, le tour de la pièce.

— « Mais tu steppes, ma vieille… parfaitement… tu steppes, » dit l’un des auteurs dramatiques.

Premier acteur dramatique. — « Qu’est-ce que c’est que ça ? »

Deuxième auteur dramatique. — « Ça, c’est la marche des gens qui commencent à être attaqués de la moelle épinière… Oh ! tu n’en es encore qu’à la seconde période, à l’ataxie locomotrice, au manque de coordination de la force musculaire. »

Troisième auteur dramatique. — « Tiens, tiens, mon bottier… qui par parenthèse a l’air d’un croque-mort… la dernière fois que je lui ai payé sa facture, m’a fait remarquer… et cela avec un sourire narquois… que j’usais maintenant mes bottines complètement au bout du pied… Diable, serait-ce un symptôme ? »

Quatrième auteur dramatique. — « Faudra que j’étudie les miennes… de chaussures. »

Cinquième auteur dramatique. — « Est-ce que, vous autres, vous éprouvez quelquefois ce sentiment-là… c’est quand vous marchez sur du pavé, pardieu… de croire marcher sur un tapis mou, mou mou ? »

Sixième auteur dramatique. — « Pas moi… mais il y a des jours, c’est drôle… drôle pas tant que ça… où les nerfs qui vous font pérambuler… ça me paraît comme des ficelles de marionnettes qui seraient détendues par l’humidité…, et cela avec quelque chose se passant derrière la nuque que je ne puis définir… puis dans mon lit, je n’ai pas toujours la conscience de la place où sont mes jambes… Oh, oh ! si c’était le commencement de la fin, hein, Carsonac ? — « Toi crevichonner… être à moi parfaitement indifférent… c’est, moi mourir qui ferait de la peine à moi, » répondit avec sa méchanceté de Jocrisse nègre, Carsonac, en train depuis le commencement de la conversation, de se passer les mains sur les jambes, et semblant y ressentir tous les phénomènes décrits par ses amis.

Et chacun s’interrogeant, se tâtant, s’auscultant, racontait aux autres, avec des forfanteries sous lesquelles on sentait la peur, et comme un homme qui chante la nuit pour étourdir ses craintes, racontait les symptômes, observés sur lui, de cette maladie qui est la terreur, la pensée fixe, la conversation d’après dîner de ce monde à l’existence nerveuse et assaillie de tentations sensuelles. Et peu à peu le dire, sortant de la phraséologie vague, arrivait aux arthropathies, à la sclérose systématique des cordons postérieurs de la moelle, au ramollissement rouge, aux attaques apoplectiformes, à la trémulation épileptoïde des muscles de la face, qui servent à la parole… aux mots épouvantants, aux termes qui sonnent dans l’oreille comme un glas de mort, et qui donnaient à la petite fête, la joyeuseté d’une conférence de clinique, au-dessus d’un sujet étalé sur une dalle.

— « Merci, je m’en vais, — dit la Faustin, qui venait d’accomplir du reste assez froidement sa mission, — vous êtes vraiment par trop lugubres pour moi, messieurs ! »

Dans la salle à manger, la Faustin trouva sa sœur occupée à arranger coquettement sur sa tête une résille espagnole, et qui lui dit : « Rosaline veut absolument te voir… elle a besoin de te consulter pour un changement à son entrée du cinquième acte… Tu ne voudrais pas lui refuser cela… Tiens, prends cette capeline. »

Et les deux femmes sortirent ensemble.