Sous la dictature du prolétariat en URSS
La dictature du prolétariat en U.R.S.S. a, au contraire, apporté une libération complète à la femme vivant en territoire soviétique, plus asservie qu’aucune autre, jusqu’à la révolution, du fait des lois, des traditions, des usages, des prescriptions religieuses.
Alors que le code tsariste ne permettait pas à la femme de « prendre un emploi sans l’autorisation du mari » (art. 102), alors qu’il réclamait d’elle une « obéissance illimitée » envers son mari (art. 107), le code soviétique déclare que, dans la famille, la mère et le père jouissent de droits égaux et ont les mêmes obligations (art. 33).
La dictature prolétarienne en U.R.S.S. a proclamé une complète égalité sociale, économique, politique entre l’homme et la femme.
Hommes et femmes ont les mêmes droits politiques, les mêmes droits en ce qui concerne la jouissance de la terre et en cas de partage ; les mêmes droits dans le mariage ; les mêmes droits à l’égard des enfants ; les mêmes droits en cas de divorce ; ils ont accès dans les mêmes conditions aux divers emplois ; ils ont droit au même salaire pour le même travail ; ils bénéficient de la même protection en ce qui concerne le travail. Ils profitent dans la même mesure de tout ce qui a été réalisé dans le domaine culturel, économique, technique, ce qui permet aux femmes d’acquérir les mêmes capacités que l’homme.
« La cause primordiale de la condition subalterne de la femme a, de tout temps, été due au fait qu’elle ne participait jamais à titre d’égalité au travail social productif ; c’étaient toujours les travaux les moins qualifiés et les plus pénibles qui lui étaient réservés, tandis que ses salaires n’atteignaient jamais ceux de l’homme. »
C’est ainsi que débute un des chapitres d’un très intéressant travail sur la protection de la maternité en U.R.S.S.. Il est facile de vérifier la justesse de cette affirmation.
Aujourd’hui, en U.R.S.S., les femmes ont accès, dans les mêmes conditions que les hommes, aux mêmes emplois : fonctions d’État, postes administratifs, bureaux, ateliers, etc.
La vieille revendication : « À travail égal, salaire égal », y est maintenant satisfaite.
Un nombre considérable de femmes prennent, sur un pied d’égalité absolue avec les hommes, une part active aux affaires de l’État dans les différents secteurs de l’appareil gouvernemental.
On peut donc, sans exagération, assurer qu’en U.R.S.S. la femme est devenue maîtresse de ses destinées.
Des femmes occupent de hauts postes dans l’administration de l’État, dans le parti communiste, dans l’industrie, etc.
En 1930, près de 300 000 femmes travaillaient dans les soviets ruraux et 5 000 y occupaient le poste de président.
On comptait, en 1933, 20 000 femmes jurés dans les villes et 93 000 dans les villages (ce qui représente 31 % du nombre total des jurés) ; 36 000 femmes membres des conseils municipaux (soit 25, 9 % du nombre total) et 309 000 femmes membres des conseils de villages (soit 20 %).
Parmi les membres de l’organe suprême du pouvoir gouvernemental (comité exécutif central pan-russe — V.Z.I.K.) on trouve 185 femmes.
Plusieurs femmes remplissent les fonctions de commissaires du peuple et de commissaires adjoints.
La législation soviétique est basée, avant tout, sur le droit au travail.
C’est le travail qui donne le droit de cité (les personnes oisives sont privées des droits politiques).
C’est le travail qui libère la femme, qui la rend indépendante de l’homme et abolit son infériorité sociale.
L’activité des femmes s’est accrue sans arrêt et s’étend chaque jour à de nouveaux domaines.
Déjà, en 1931, on comptait 250 000 femmes dans l’industrie. En 1932, leur nombre était augmenté de 1 250 000.
Le nombre total des femmes employées à des travaux d’utilité publique est égal à 5.859.100, ce qui constitue presque un tiers de la totalité de la population ouvrière de l’U.R.S.S.
La répartition est la suivante :
2 337 400
1 063 400
623 600
601 600
386 500
220 700
215 500
175 400
74 300
160 700
5 859 100
Et ne sont pas comprises dans ces chiffres les nombreuses femmes travaillant dans les kolkhozes (économies rurales collectivisées) et qui ne sont pas considérées comme des travailleurs salariés.
Par suite du développement d’institutions très diverses, les femmes travailleuses peuvent, si elles le désirent, et ceci sans délaisser leur travail normal, passer maîtresses en telle ou telle spécialité et s’élever jusqu’aux échelons supérieurs de l’instruction technique, car, dès qu’elles sont suffisamment qualifiées, les femmes peuvent occuper des postes élevés et obtenir des emplois responsables.
L’activité des femmes s’est montrée très efficace et très fertile.
On a même constaté que les femmes produisent parfois plus que les hommes.
L’expérience a, également, prouvé que leur activité était souvent supérieure à celle des hommes dans le travail social et l’émulation socialiste.
Dans les brigades de choc, on trouve 59 % d’ouvrières pour 54 % d’ouvriers.
La révolution a complètement changé la situation de la villageoise, celle qui avait le plus à souffrir du régime tsariste.
Actuellement, dans les kolkhozes (économies agricoles collectives), le travail à l’aide de la machine a remplacé l’épuisant labeur des travailleurs des champs.
L’esclavage séculaire de la paysanne a été aboli. Dans les kolkhozes, les femmes ont les mêmes droits que les hommes et leur salaire est toujours en proportion de la contribution qu’elles fournissent à l’œuvre collective.
De plus, on cherche toujours à développer leurs connaissances et à élever ainsi leur qualification.
Le rôle des femmes dans la reconstitution de l’agriculture devient de plus en plus considérable.
La reconstruction de l’économie rurale a entraîné une modification des conditions de vie des paysans.
En décembre 1929, à Moscou, s’est réuni le premier congrès des paysannes des kolkhozes. 328 déléguées appartenant à 26 nationalités différentes y ont assisté.
Elles ont vivement discuté les problèmes d’organisation de la protection de la maternité et de l’enfance dans les kolkhozes.
Àun récent congrès du parti communiste, I.-V. Staline a indiqué l’activité croissante des femmes kolkhoziennes comme un indice du développement de l’éducation culturelle au village. 6 000 femmes sont directrices de kolkhozes ; 60 000 sont membres de la direction de kolkhozes.
Les « brigades des kolkhozes » organisent des cantines communales, afin que les femmes puissent s’épargner la peine de préparer les repas.
Enfin, pour donner une idée des services de santé dans les campagnes, on peut faire remarquer qu’en 1926, dans la R.S.F.S.R. seule, il y avait 2 500 expositions volantes d’hygiène dans les clubs ouvriers et dans les « isbas-salles de lecture » des villages.
300 000 conférences sur l’hygiène y furent faites et 175 000 en Ukraine.
Dans les pays capitalistes, la protection de la femme est conçue comme une sorte de tutelle qui l’infériorise. En U.R.S.S., il en est différemment. On ne cherche pas, sous prétexte de veiller sur la santé de la travailleuse, à lui barrer l’accès de certaines professions nuisibles. Au lieu de se contenter de les interdire aux femmes, on s’efforce, par des mesures diverses, de supprimer les dangers de ces professions pour le plus grand bénéfice des hommes aussi bien que des femmes.
Sous le régime tsariste, l’organisation syndicale était clandestine et ne comprenait que très peu de femmes.
Le droit syndical n’a été établi qu’après la révolution, en 1917.
Aujourd’hui, entre tous les pays, U.R.S.S. fournit le plus haut pourcentage de femmes syndiquées et le nombre de celles-ci dans les organes syndicaux dirigeants s’élève de plus en plus.