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Les institutions qui libèrent la femme

Grâce à diverses institutions (crèches, jardins d’enfants, cuisines collectives, etc.), on s’efforce de libérer la femme et celle-ci peut exercer sa profession, poursuivre des études, avoir des loisirs et prendre un repos nécessaire sans que ses enfants et la collectivité aient à en souffrir.

Alors que la Russie d’avant la révolution ne comptait que 14 crèches, il existe aujourd’hui des millions de lits de crèches.

Un nouveau type de crèche a été institué. Précédemment, le séjour de l’enfant à la crèche était de même durée que la journée de travail normale de l’ouvrière. Il était donc limité à sept heures.

Aujourd’hui, l’enfant peut rester à la crèche 10 et 11 heures. Il existe même des crèches qui fonctionnent sans interruption, restant ouvertes jour et nuit.

Les crèches d’été sont destinées à libérer les mères paysannes pendant la période des gros travaux des champs et à sauver l’existence des enfants qui succombaient souvent à ce moment par suite du manque de soins nécessaires. Elles ont aussi pour but de faire connaître aux femmes les principes des soins à donner aux enfants.

Le réseau des jardins d’enfants se développe également. Pour 160 000 qui existaient dans les villes en 1927-28, on en comptait déjà 400 000 en 1932-33.

Le nombre des terrains de jeux est passé de 64 000 en 1927-28 à 1 000 000 en 1932-33.

Dans les cuisines collectives, les femmes peuvent trouver des aliments tout préparés à consommer sur place ou à emporter.

Le nombre de ces cuisines a augmenté considérablement chaque année, ainsi qu’on peut s’en rendre compte par les chiffres suivants :

Augmentation du nombre des repas
dans les cuisines collectives (par jour)

C’est surtout en ce qui concerne la protection de la maternité que se manifeste la différence de la conception de la protection entre l’U.R.S.S. et les pays bourgeois. Dans ces derniers, cette protection prend, en général, un caractère philanthropique.

En U.R.S.S., dans les villes, la presque totalité des femmes relève, pour tous les soins médicaux, des assurances sociales, soit en qualité d’ouvrières, soit en qualité de femmes ou de membres des familles des assurés.

Avant la révolution, en Russie, 90 % des femmes accouchaient sans aide de sages-femmes ni de médecins. C’était le régime des « matrones » de villages qui avait pour conséquence une mortalité infantile extrêmement élevée dans les campagnes.

De nombreux règlements du Code soviétique sont consacrés à la protection de la maternité ; nous citerons les principaux :

Toutes les femmes occupées à des travaux physiques professionnels — ou ménagers si elles sont femmes de travailleurs — ont droit à un congé de grossesse de 8 semaines avant et de 8 semaines après l’accouchement. Pendant ce congé, elles reçoivent la totalité de leurs salaires. Les femmes occupées à un travail intellectuel ont droit à un congé, également payé, de 6 semaines avant et 6 semaines après l’accouchement.

La femme enceinte et la mère qui allaite son enfant bénéficient, d’après la loi soviétique, d’avantages qui, tout en leur assurant l’indépendance économique durant cette période, les aident à fournir les meilleurs soins à leurs enfants.

C’est ainsi que, grâce à un système d’assurances sociales, elles reçoivent des allocations de grossesse, d’accouchement, de layette dont le taux ne cesse de s’élever :

L’assurance sociale prévoit, en outre, l’assistance médicale gratuite.

L’allocation destinée à assurer tout ce qui est nécessaire aux soins des nouveau-nés est calculée sur la moyenne des salaires mensuels payés dans la région.

L’allocation d’allaitement égale le quart de la moyenne de ces salaires. Elle est payée tous les mois pendant les 9 premiers mois de la vie de l’enfant.

Les mères qui nourrissent leurs enfants ont droit, outre les repos ordinaires, à des arrêts de travail supplémentaires d’une demi-heure de durée, toutes les 3 heures 1/2 au moins, afin qu’elles puissent aller les allaiter. Rien n’est déduit sur leurs salaires pour ces arrêts du travail.

Les consultations pour enfants, et une bonne organisation des soins médicaux aux femmes en couches, sont considérées comme un des meilleurs moyens de lutter contre la mortalité infantile.

Le nombre de ces consultations — qui n’ont commencé à s’organiser qu’en 1923 — augmente d’année en année.

Avant la Révolution, sur 3 nouveau-nés, 2 seulement atteignaient leur 2 année et 50 % des enfants mouraient en bas âge.

Grâce aux mesures prises, la mortalité infantile a considérablement diminué (de 30 % environ, et même de 50 % dans certaines villes).

Alors que, pour 1 000 naissances, on comptait, en 1913, 250 décès à Moscou, on n’en comptait plus, en 1929, que 127, et à Léningrad contre 270 décès sur 1 000 naissances en 1913, on n’en constate que 136 en 1929.

En 1932, on a organisé à Moscou, pour les enfants, sur un grand nombre de boulevards, un « service pédagogique » pour lequel on a formé un personnel de spécialistes.

On a créé des sections spéciales pour les enfants dans les « Parcs de culture et de repos ».

Des mesures d’ordre sanitaire et social ont été établies pour les enfants en voyage. Ils ont d’autant plus d’importance que les voyages sont parfois très longs en U.R.S.S.

Des salles d’attente spéciales ont été installées à Moscou pour les mères qui voyagent avec des enfants. Ces salles occupent près d’un quart de la superficie totale de la gare. On y trouve des « chambres de la mère » où les enfants sont soumis à une visite sanitaire, avant de pénétrer dans les salles communes, de lecture ; des chambres à coucher pour enfants, etc. Des bains et des douches sont installés pour les enfants.

On a également organisé récemment un service d’alimentation spéciale pour les enfants, où ceux-ci peuvent être alimentés sur place et où les mères peuvent s’approvisionner pour le temps du voyage.

Des wagons spécialement destinés aux femmes voyageant avec des enfants circulent sur certaines lignes. Les wagons comprennent des lits spéciaux, un cabinet de toilette, une douche, un lavoir pour des lessives sommaires, un chauffage électrique pour le séchage du linge, une glacière pour le laitage.

En U.R.S.S., le mariage n’enlève à la femme aucun de ses droits. Il est basé non pas sur les liens juridiques, mais sur les liens naturels et sur la situation de fait.

La notion d’« enfant naturel » n’existe pas et tous les enfants ont les mêmes droits.

Le père véritable et non pas le père juridique est obligé de participer matériellement à l’éducation et à l’entretien de l’enfant.

Il est obligé, en cas de divorce, de pourvoir à l’alimentation de la femme lorsque celle-ci a des enfants de lui.

Lors de l’enregistrement du mariage, les futurs époux signent une déclaration indiquant qu’ils sont réciproquement au courant de leur état de santé. L’obligation de signer cette déclaration suffit à les pousser à se renseigner sur cet état.

Les articles 150-55 du Code criminel punissent la contamination vénérienne.

Les formalités du divorce ont été très simplifiées en U.R.S.S.

La législation soviétique visant particulièrement à la défense de l’enfant, le point délicat, en cas de divorce, consiste à déterminer chez lequel des parents il devra rester.

L’enfant est confié à celui de ses parents qui lui offrira les meilleures conditions d’existence, chez lequel il aura le plus de chances de recevoir le plus de soins et l’éducation la meilleure. En pratique, lorsque l’enfant est en bas âge, il est, presque toujours, laissé à sa mère et le père doit payer une pension alimentaire (art. 32 du Code civil).

D’après le décret suivant et pour des cas bien déterminés et attentivement examinés : état de santé, gêne matérielle excessive, trop grand nombre. d’enfants, etc., l’avortement est autorisé en U.R.S.S.

DÉCRET DU 18 NOVEMBRE 1920

Depuis une dizaine d’années, dans les pays d’Occident, aussi bien que dans le nôtre, le nombre des femmes qui se font avorter dans le but d’éviter la grossesse ne fait qu’augmenter.

Les législations de tous les pays luttent contre ce fléau en édictant des peines qui frappent non seulement la femme qui s’est fait avorter, mais encore le médecin qui a pratiqué l’avortement.

Cette méthode de lutte, sans donner de résultats positifs, a conduit à des avortements clandestins en faisant de la femme une victime des charlatans, cupides et ignorants, qui font de cette opération secrète une véritable industrie.

Comme résultats, 50 % environ des femmes qui se font avorter sont la proie de l’infection et 4 % d’entre elles meurent.

Le gouvernement des ouvriers et des paysans se rend compte de tout le mal que cet abus cause à la collectivité. Il lutte contre ce fléau en faisant de la propagande contre les avortements dans la classe ouvrière, en construisant le régime socialiste, en cherchant à réaliser, en totalité, les principes de la protection de la maternité et de l’enfance et il prévoit une disparition progressive de cet état de choses.

Mais, en attendant, la routine du passé et les dures conditions économiques du temps présent poussent encore une partie des femmes à se décider à cette opération.

Le Commissariat du Peuple de la Santé Publique et le Commissariat du Peuple de la Justice, en vue de défendre la santé des femmes et les intérêts de la race contre les charlatans cupides et ignorants, et considérant que le système de répression appliqué dans ce but n’a pas donné de résultats, arrête ce qui suit :

1 Il est permis de faire gratuitement et librement cette opération dans les hôpitaux soviétiques où les risques sont réduits au minimum ;

2 Il est expressément interdit à qui que ce soit, excepté aux médecins, de pratiquer cette opération ;

3 Les sages-femmes qui enfreignent cette règle sont privées du droit d’exercer et traduites devant les tribunaux ;

4 Les médecins pratiquant l’avortement dans leur clientèle privée et dans un but intéressé seront traduits devant la justice.

Contrairement à ce qui a été dit fréquemment, un grand travail de propagande sanitaire contre. l’avortement est fait, principalement par le moyen de consultations pour les femmes. Cette propagande constitue l’une des tâches principales des cabinets d’hygiène sexuelle.

On cherche, par ce moyen, à individualiser l’emploi des moyens préventifs en les adaptant aux particularités de chacun des cas. Ce système, mis sous un contrôle médical, devient un facteur important de la sauvegarde de la santé des femmes et une arme puissante pour combattre l’avortement.

On cherche, d’autre part, à faire disparaître les causes sociales de l’avortement en augmentant le nombre des habitations ouvrières, des crèches, etc.

Une lutte très intense est entreprise contre la prostitution. Elle est conçue non dans le sens de la répression, mais en visant à la rééducation des prostituées considérées plus comme des victimes de l’état social que comme des coupables.

Les prostituées léguées par le régime tzariste sont fraternellement accueillies dans des maisons spéciales, où elles sont traitées comme des êtres humains et non comme des déchets.

Petit à petit, par le travail et l’éducation, la conscience de la dignité humaine s’éveille en elles et, lorsqu’on juge cet éveil suffisant pour empêcher toutes rechutes, on leur procure du travail et on leur donne dans la société la place qui leur est due parmi les travailleurs.

La plupart se marient ; quelques-unes restent dans les « prophylactoria » (nom des maisons de rééducation dont nous venons de parler) pour éduquer leurs sœurs malheureuses.

Il se trouve évidemment quelques incurables qui retombent, après un temps plus ou moins long, dans leur déchéance.

Celles-là sont envoyées à la campagne, dans des endroits où il leur est matériellement impossible de continuer leur trafic.

On assure que, dans les campagnes, la prostitution est pratiquement inexistante.

Le pourcentage des femmes illettrées, qui s’élevait à 87 % avant la révolution, a été réduit à environ 15 % (en comprenant les femmes âgées, ce qui, en fait, réduit à rien le pourcentage des femmes illettrées parmi les jeunes).

Les femmes entrent en nombre dans les Universités et les écoles supérieures.

Pour certaines sciences, 30 % des femmes restent attachées à l’Université après avoir terminé leurs études.

Au 1 janvier 1933, il y avait, dans les écoles supérieures de médecins, 71,4 % de femmes.

Dans les autres écoles supérieures, on trouvait autant de femmes que d’hommes.

Dans les écoles pédagogiques, à la même date, il y avait 49,3 % de femmes.

Dans certaines autres écoles supérieures et surtout dans les écoles industrielles, il y a moins de femmes :

30,6 % dans les écoles d’agriculture ;

34,9 % dans les écoles d’économie sociale ;

19,8 % dans les écoles industrielles.

Les femmes-ingénieurs, économistes, juristes (sans parler des femmes travaillant dans les domaines dans lesquels elles se sont imposées depuis longtemps, par exemple dans la pédagogie et dans la médecine), ne se montrent pas inférieures, en règle générale, aux hommes.

Plus le travail d’édification socialiste se développe, plus le besoin de cadres techniques se fait sentir, plus on développe les institutions culturelles.

Partout, on institue des cours d’éducation, des écoles de fabrique, de nouvelles académies destinées au prolétariat.

Les travailleurs prennent une part active à ce travail éducatif. Les travailleuses des campagnes ne sont pas négligées.

Dans les kolkhozes, il existe une commission chargée du travail éducatif.

Pour éveiller l’activité des femmes, on a créé, dans toutes les entreprises et institutions, des réunions de déléguées ; une déléguée est élue (une pour 10 femmes) pour la durée d’un an.

Son rôle consiste surtout dans le travail d’organisation de l’éducation des femmes ouvrières et paysannes. Ainsi, dans tous les hôpitaux urbains et ruraux, dans toutes les crèches, etc., il y a un « corps de déléguées ».

En 1928-1929, il y avait dans l’U.R.S.S. 830 734 déléguées, dont 72,4 % étaient des paysannes.

Ces déléguées sont, en général, jeunes (de 20 à 45 ans) et actives.

De 1925 à 1928-29, le nombre des étudiantes des écoles d’agriculture a augmenté de 15,8 %.

En Russie et dans les pays qui en dépendaient avant la révolution, la femme était considérée comme un être inférieur bonne à tous les travaux, même les plus durs et que, dans les milieux populaires, son mari pouvait battre comme il le voulait.

C’est dans les contrées musulmanes, bouddhiques ou fétichistes conquises par l’impérialisme russe, que sa situation était la pire.

En Azerbaidjan, en Daghestan, Usbekistan, Tadjikistan, Turkménistan, etc., la femme était considérée comme la chose, la propriété de son mari, de son fils ou de son père, suivant qu’elle était mariée ou non.

Dans les pays musulmans, il lui était défendu de sortir de chez elle autrement que voilée avec un grand voile rigide, fait de crins de cheval, qu’on appelait Parandja ». À l’intérieur de sa maison même, elle ne devait voir personne d’autre que son mari et devait se cacher si celui-ci recevait un hôte, ce qui ne l’empêchait pas, d’ailleurs, de remplir les tâches les plus rudes : labourage, culture du coton, travaux d’artisans (tissage de tapis, foulards, etc.).

Elle était l’objet d’un véritable commerce, car son mari l’achetait à ses parents. Cette coutume d’achat des femmes pour le mariage, nommée « kalim » était une des causes les plus profondes de la déchéance de la femme, car les parents, pour toucher un bon « kalim », avaient hâte de vendre leurs filles dès leur plus jeune âge, même avec un homme mûr ou un vieillard. Il en résultait des maladies graves et un développement de la dégénérescence chez les femmes.

Dans les régions où le prix des femmes était relativement peu élevé, il n’était pas rare de voir des hommes acheter une ou plusieurs femmes — la polygamie étant acceptée par le « chariat » — pour les revendre là où leur prix était supérieur.

Il a fallu un long travail d’éducation pour vaincre les vieilles coutumes et ce travail a été payé très cher par celles qui ont été les pionnières du nouveau régime. Dans différentes régions, certaines d’entre elles ont été massacrées par la population fanatique pour avoir été les premières à quitter leur voile ou à exercer leur droit de vote.

Les clubs féminins — tels que celui d’Ali Baïramov, fondé à Karkov par une jeune musulmane émancipée — ont joué un rôle très important dans ce travail particulièrement difficile.

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