III
Aussitôt, la vocation du digne jeune homme fut changée. Il fallait du pain à sa famille: il résolut de lui en donner, dût cette détermination briser à jamais le magnifique avenir auquel lui donnaient droit de prétendre ses talents et ses brillantes qualités. Dans son enfance, aux heures de récréation, il avait appris en jouant, à manier la cognée et la bésaiguë; il n'hésita point à se consacrer à un métier qui procurerait la subsistance à sa pauvre mère. Un ancien ami de M. Maigret lui enseigna le tour du métier, et, au bout d'un mois d'apprentissage, Alphonse, employé, sur le port de Québec, à la construction des navires, gagnait six schelings par jour. Le premier et le dernier à l'ouvrage, notre charpentier trouvait encore, pendant la nuit, le temps d'approfondir Ferrière, Cujas, Pothier, etc., et de s'initier à l'art de la mécanique.