‹ La Fiole de CagliostroChapitre 7 sur 10 · Scène VII.

Scène VII.

REGINALD, puis UN DOMESTIQUE.

REGINALD.

Il y va !… C’est qu’il a un aplomb inouï, ce Champrigaux… C’est drôle… je ne crois pas un mot de tout ce qu’il m’a dit, et je ne peux pas bouger d’ici… la curiosité me cloue à cette place… Allons donc ! mon prétendu sorcier se moquerait trop de moi s’il me retrouvait encore… partons.

UN DOMESTIQUE.

Monsieur Reginald de Cassigny…

REGINALD.

C’est moi… Que me voulez-vous ?

LE DOMESTIQUE.

Cette lettre a été apportée tout-à-l’heure par un homme que j’ai remarqué hier, suivant à cheval votre chaise de poste.

REGINALD.

Encore du mystère… C’est bien, donne. (Le domestique sort.) Une lettre qui m’est adressée ici… c’est de Gaussin ! J’aurais dû le deviner… elle m’a fait suivre, elle me rappelle.. pauvre femme, comme elle m’aime ! (Lisant.) « Mon ami, c’est aujourd’hui, à dix heures du matin, que finit notre bail d’amour : je vous remercie de me l’avoir rappelé ; adieu Reginald, bonheur et liberté, votre amie Gaussin. Ne vous ravisez pas, il serait trop tard ; dette payée, dette oubliée. » Trahi !… moi qui pensais toujours à elle, moi qui croyais être aimé pour moi-même, je ne l’étais que par la puissance d’un philtre !… c’est humiliant… Oh ! je me vengerai… Au diable Champrigaux et son miracle ! à Paris, morbleu ! à Paris et malheur à mon rival !… (Il va sortir, quelques accords de clavecin se font entendre, il s’arrête.) Hein ! qu’est-ce que c’est que cela ?… Ah ! ma tante qui va jouer un menuet… partons.

(On entend dans la coulise une voix de femme.
Air au choix de l’actrice.)

PREMIER COUPLET.

REGINALD.

Je ne me trompe pas !… c’est une voix de jeune fille !

(La voix dans la coulisse. Même air.)

DEUXIÈME COUPLET.

REGINALD.

Oh ! mon Dieu ! cette voix… Oh ! je suis ensorcelé !… il faut absolument que je sache… (Il court à la porte et frappe.) Champigaux ! monsieur Champrigaux ! ouvrez c’est moi… ma tante, ouvrez c’est Reginald, c’est votre neveu… ouvrez, je vous en prie. (Il a voulu s’élancer vers la porte qui vient de s’ouvrir, mais il recule épouvante.) Ciel !…

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