4.1
MAURICE : Maman ! maman !
BLANCHE : Pourquoi m’appelles-tu maman ? Je te défends de m’appeler maman. Je ne suis pas ta mère. Il me semble que nous commettons un sacrilège, sous une voûte d’église.
MAURICE : Je veux t’appeler maman, ma petite maman à moi. Ce mot passe tout seul entre mes lèvres. Il a des syllabes si frêles !
BLANCHE : Je crains que tu ne m’appelles ainsi parce que j’ai quelques années de plus que toi. Et puis, que dirais-tu, si je t’appelais papa, moi ?
MAURICE : Ton cerveau travaille. Écoute plutôt comme je prononce le mot : Maman ! maman ! Il s’envole de ma bouche aussi aérien qu’une tête de chardon.
BLANCHE : Comme ça, je veux bien, parce que tu sais, si je ne cache pas mon âge, je diffère de ces femmes qui disent en minaudant : Je pourrais être votre mère.
MAURICE : Recouche-toi dans tes cheveux.