‹ La Noël au CanadaChapitre 18 sur 31 · Quatrième partie Tempête d’hiver

Quatrième partie Tempête d’hiver

La première fois que je fus parrain, dit le juge, ce fut dans une circonstance assez extraordinaire.
Cela me reporte à plus de quarante ans en arrière. Nous étions en décembre.

Je ne sais plus trop à quel propos et par quel hasard, il devait y avoir, dans le comté de Charlevoix, une élection pour la législature en janvier, c’est-à-dire dans quelques semaines.

Et, les choses se passant alors à peu près comme aujourd’hui, tous les jeunes avocats ou autres membres des professions libérales, qui avaient quelques aspirations à la vie publique, étaient mis en réquisition, pour appuyer respectivement de leur parole les candidats des deux partis.

Habitant Québec à cette époque, et faisant partie de la belliqueuse phalange, je fus un des premiers appelés sous les drapeaux.

Vous savez si c’est une rude corvée que de courir la campagne – surtout la campagne électorale – à cette saison de l’année ; mais à l’âge où j’étais, vous le savez aussi, on ne recule devant rien, lorsqu’il s’agit de payer de sa personne en faveur d’une cause chère.

Du reste, je n’avais encore jamais visité ces parages, qu’on disait très pittoresques ; et, bien que la saison fût peu favorable à l’étude de la belle nature, je n’hésitai pas à entreprendre l’excursion, me disant que, dans ces pays montagneux, les paysages d’hiver ne pouvaient manquer de gagner en beauté sauvage ce qu’ils perdaient en grâce romantique.

Avec cela qu’on m’avait donné un fort aimable compagnon de voyage dans la personne d’un de mes confrères de classe, au petit séminaire de Québec, un jeune médecin fort distingué qui, hélas ! a été enlevé à la science avant d’avoir pu donner la mesure de son talent.

Nous nous étions rappelé, lui et moi, qu’un autre confrère de classe à nous venait d’être nommé curé de Saint-Tite, et nous nous mîmes en tête qu’il serait agréable d’aller lui faire la surprise d’assister à la messe de minuit dans sa nouvelle paroisse, où l’abondance des distractions ne pouvaient guère être pour lui une occasion bien prochaine de péché.

Une bonne veillée en famille entre une pipe et un tire-bouchon, puis une joyeuse messe nocturne dans quelque chapelle rustique, puis un bon réveillon avec « tourtières », croquignoles, et le petit verre de réconfortant à la santé de notre candidat, tout cela constituait, vous l’admettrez, une perspective assez alléchante.

Aussi nos plans furent-ils vite combinés, et nous voilà partis, avec un bon cocher du nom de Pierre Vadeboncœur, connaissant bien la route, et deux chevaux fringants attelés en flèche, qui secouaient leurs colliers de grelots avec un entrain superbe.

Le ciel était grisâtre, mais rien ne faisait trop présager le mauvais temps ; de sorte que nous pûmes facilement faire nos calculs pour arriver à Saint-Tite un peu avant six heures du soir.

Le coffre de notre traîneau avait été divisé en deux compartiments : dans l’un nous avions entassé nos munitions de campagne, c’est-à-dire les documents publics qui devaient servir d’appui à notre éloquence ; l’autre contenait tout ce que nous avions cru nécessaire à la veillée de Noël que nous nous proposions de passer au presbytère de notre ami, dont le garde-manger et surtout le cellier pouvaient bien – les curés de ces pays-là n’ayant pas l’habitude de nager dans l’opulence – ne pas recéler absolument tout ce qu’il fallait pour rassasier deux gaillards comme nous, après douze lieues de route, par un froid de quelques degrés au-dessous de zéro.

Je ne vous ferai pas une description des campagnes que nous eûmes à parcourir.

Beauport, l’Ange-Gardien, Château-Richer, Sainte-Anne-de-Beaupré et même Saint-Joachim, où l’on voit de nombreux vestiges historiques, sont de belles paroisses.

Mais de là jusqu’à Saint-Tite, c’est une interminable ascension, à travers le pays le plus tourmenté et le plus désolé qu’on puisse imaginer, une route mortelle tantôt plongeant en pleine forêt, tantôt s’allongeant sur des sommets pelés, gravissant d’âpres montées, coupant des gorges fantastiques, et côtoyant de vertigineux précipices.

Nous sommes aux Câpes, Messieurs.

Ce chemin du paradis, c’est la route de la Miche. Et la route de la Miche, c’est là que le vent du nord-est souffle ferme, et que les tourmentes d’hiver fouaillent dur !

Or le temps, qui s’était tenu au beau une partie de l’après-midi, avait commencé à se brouiller sérieusement dès notre passage à Sainte-Anne.

Une neige épaisse et « boulante », soulevée de temps en temps par des bouffées de vent qui n’annonçaient rien de bon, commençait à emplir les routes et à entraver l’allure de nos chevaux.

Cela retarda un peu notre arrivée à Saint-Joachim, où nous fîmes halte un instant chez un nommé Filion – une très proprette auberge de village – pour allumer nos pipes et nous dégourdir.

— Messieurs, nous dit l’hôtelier, vous allez penser que c’est pas beaucoup de mes affaires, mais si j’étais que de vous, j’irais pas plus loin que ça à soir.

— Vous voulez dire ?

— Je veux dire que le cap Tourmente porte pas ce nom-là pour rien ; et regardez voir s’il a pas l’air de se cacher pour faire un mauvais coup. Je vous persuade que dans une demi-heure d’ici, ils seront un peu game, les chevaux qui passeront dans les Câpes.

— C’est pas des chevaux de Saint-Joachim qui nous mènent, vous savez ! fit notre cocher un peu piqué. Je les ai déjà vus, les Câpes ; on sait ce que c’est !

— Pas autant que moi, fit l’aubergiste, et je vous gage ma maison toute meublé que vous passerez pas dans les Câpes à soir.

— Ah ! ah ! ah ! J’allons voir ça ! fit Pierre Vadeboncœur en allumant sa pipe et en nous faisant un clin d’œil que nous comprîmes fort bien.

Filion, un brave homme évidemment, comprit aussi sans doute, car se tournant vers nous :

— Si ces messieurs, dit-il, me soupçonnent de donner des conseils intéressés  j’ai plus qu’à leur souhaiter bonne chance. Mon devoir est fait.

L’homme était sincère, nous le sentions, mais manquer notre veillée de Noël, notre messe de Minuit, la surprise préparée par notre ami, cela nous chiffonnait trop. Et puis Vadeboncœur semblait si sûr de son affaire…

Bref, nous remontâmes en voiture, et pendant que nous nous enveloppions chaudement dans les « robes », le cocher cingla d’un coup de fouet le ventre de ses chevaux qui s’élancèrent, en s’ébrouant, le front dans la « poudrerie ».

L’aubergiste avait dit vrai : moins d’une heure après, nous cheminions à l’aveugle, dans des chemins impraticables, en pleine nuit, et perdus dans un tourbillon de neige et de grêle dont ne peuvent se faire une idée ceux qui ne l’ont pas vu.

Après avoir gravi des escarpements à pic au sommet desquels nos chevaux avaient peine à s’arc-bouter contre le vent, il nous fallait descendre dans d’immenses ravins bordés de sapins géants, où ils disparaissaient presque dans des amoncellements de neige mouvante, à moitié étranglées par la rafale.

Nous n’avancions plus que le pas naturellement, car les pauvres bêtes épuisées et aveuglées par le grésil ne marchaient plus que la tête baissée, se laissant guider au petit bonheur.

— Si nous tournions bride, dis-je au cocher. Il est évident que nous ne pouvons guère aller plus loin.

— Revirer ? fit le pauvre homme, qui avait l’air de se repentir de ses fanfaronnades de tout à l’heure ; il est trop tard, monsieur. Je ne vois plus clair ni mes chevaux non plus. En revirant, nous risquerions de manquer le chemin, et alors je donnerais pas cinq sous de nos trois peaux.

Le docteur ne disait rien, mais j’oserais bien affirmer qu’il n’en pensait pas moins.

La situation était presque désespérée ; car, si nous ne pouvions retourner sur nos pas, il était d’autant plus impossible de nous arrêter là que le froid, jusqu’alors assez supportable, augmentait d’intensité d’une façon terrible, et malgré nos épaisses fourrures commençait à nous envahir de la tête aux pieds.

Nous n’avions pas d’autre alternative, il fallait avancer, avancer quand même et à tout risque.

Messieurs, j’ai été en détresse un jour sur mer, avec bien peu d’espoir d’en réchapper, je vous assure. Eh bien, nulle angoisse de naufragés ne saurait être comparée à ce que, mon compagnon et moi, nous éprouvâmes ce soir-là, quand nous nous vîmes ainsi perdus dans cette nuit, cette solitude et cette tempête, à des milliers d’arpents de toute habitation, peut-être, à moitié paralysés par un froid de loup, et allant à l’aventure, traînés par deux pauvres chevaux épuisés, qui menaçaient de s’abattre à chaque instant dans l’aveuglant tourbillon.

La chose ne tarda pas, du reste.

Tout à coup, notre cheval de brancard s’arrêta net en renâclant, secoué par un accès de tremblement convulsif : son compagnon de traits venait de perdre pied au bord d’une déclivité, et se débattait sur le flanc, enseveli dans une fondrière de neige.

— Le maudit Filion nous a ensorcelés ! s’écria notre malheureux cocher, en se précipitant à la tête du second cheval, qu’un mouvement de l’autre pouvait entraîner avec lui. Si nous avons perdu le chemin, il ne nous reste plus qu’à faire notre prière, Messieurs !

Malgré ces paroles désespérées, le pauvre diable avait pourtant réussi à dégager de l’attelage le cheval abattu, et sauvé ainsi une partie de la situation.

Mais que faire maintenant ?

Laisser le pauvre animal périr dans la neige ?

Il fallait d’abord savoir si l’autre serait de force à poursuivre la route tout seul.

Nous mîmes pied à terre – quand je dis pied à terre, c’est manière de m’exprimer, car sortir de voiture dans ces conditions, c’était plutôt se jeter à la nage – et nous essayâmes de porter secours à l’infortuné Vadeboncœur, à qui, au moins, il restait encore le courage de vouloir sauver son cheval.

Mon Dieu, quelle nuit ! Je ne souhaiterais pas à mon plus mortel ennemi d’en voir une semblable.

Tout à coup notre cocher poussa un cri de joie :

— Une barrière ! nous sommes sauvés !

En effet, du côté opposé à la déclivité dans laquelle s’était enfoncé le cheval, notre homme avait rencontré une clôture ; et en tâtonnant pour s’emparer d’une perche qui pût l’aider dans son œuvre de sauvetage, il avait mis la main sur une barrière.

Une barrière, c’était une maison ; et une maison, c’était le salut.

— Attendez-moi, fit le brave Pierre tout joyeux ; dans dix minutes, y aura du monde pour nous aider.

En effet à notre grande joie, il reparaissait quelques instants après, avec un individu muni d’une lanterne et d’une corde, et… hop ! voilà notre pauvre cheval sur pied.

— Bon voyage ! fit le nouveau venu d’un air extraordinairement affairé. Si le bon Dieu a pas soin de vous autres c’te nuit, je vous plains.

— Comment, bon voyage ! m’écriai-je ; mais pensez-vous que nous allons continuer sur ce train-là ? Votre maison est près d’ici, vous ne pouvez pas laisser des voyageurs en perdition sur la route par une nuit pareille.

— Mes bons messieurs, fit l’homme à la lanterne, vous allez dire que c’est pas beaucoup chrétien, mais sur ma conscience du bon Dieu, y a pas moyen de coucher chez moi à soir. Non, vrai là, y a pas moyen !

— Pas moyen ? mais nous ne sommes pas exigeants, mon brave ; un petit coin sous votre toit, deux chaises, un banc, le plancher, rien du tout ; mais, au nom du ciel, ne nous laissez pas ensevelir dans la neige et geler tout vivants, en pleine nuit, sur cette route de malheur. Ça ne se fait pas ça, voyons !

— Hélas ! mes chers messieurs, ç’a l’air ben dur en effet ; mais y a pas de ma faute, allez ; c’est impossible !

Et prenant notre cocher à l’écart, il l’entretint seul un instant.

Tout à coup, il eut une exclamation :

— Un docteur ! Y a un docteur ici !…

Et il se précipita vers nous en s’écriant :

— Où est-il, le docteur ?

— C’est moi, fit mon ami.

— Ah ! monsieur, fit le pauvre homme avec des airs de vouloir lui sauter au cou, vous êtes médecin ? C’est le bon Dieu qui vous envoie. Par ici, monsieur ! par ici, vite ! ajouta-t-il en entraînant après lui mon compagnon de voyage.

Nous les suivîmes avec les chevaux, à la lueur de la lanterne laissée entre les mains de Pierre.

— L’écurie est à droite ! nous cria l’homme en poussant le docteur à l’intérieur d’une pauvre habitation en troncs d’arbres bruts, et en me fermant presque la porte au nez.

— Ça me fait l’effet que je sommes de trop, fit Pierre, assez mystérieusement ; mais comme j’ai les doigts gelés sauf vot’ respect, je cré ben que vous ferez mieux de les laisser manigancer tout seuls, et, si c’est un effet de vot’ bonté, de m’aider à dételer.

Le malheureux avait, en effet, deux doigts gelés à chaque main.

— Ma foi, répondis-je, à la guerre comme à la guerre ! s’entraider est la première loi de la nature. À l’œuvre !

Et pendant que le pauvre diable, tout transi et tout geignant, se frictionnait les doigts dans la neige mouvante, je rangeai notre véhicule sous une remise et fourrai tant bien que mal nos pauvres bêtes « dedans », comme on dit là-bas ; puis, après avoir entassé une demi-botte de foin dans chacune des mangeoires, je me dirigeai – pas fâché d’aller prendre mes aises à mon tour – vers la maison avec le malheureux Pierre que l’onglée faisait plier en deux.

Il poussa la porte, et j’entrai en secouant le verglas qui me couvrait de la tête aux pieds, et en arrachant les glaçons qui pendaient à mes cheveux et à mes moustaches.

Une surprise m’attendait.

À peine avais-je – dans ma hâte de m’approcher du bon poêle « à deux ponts » qui bourbonnait joyeusement au beau milieu du logis rustique – laissé tomber dans un coin les lourdes fourrures dont j’étais affublé que je vis apparaître mon compagnon de route, le docteur, la figure tout épanouie, et portant sur ses deux mains un tout petit paquet, avec les précautions et le respect qu’il aurait mis à porter le saint-sacrement.

— Mon ami, me dit-il en s’inclinant, arrêt ! à l’appel ! j’ai l’honneur de te présenter un nouveau citoyen, espoir de la Patrie. Car je viens, au nom de la faculté de médecine de l’université Laval, de donner un billet de passage gratis sur la route orageuse de l’existence, sans compter celle des Câpes.

— Comment, c’est-il Dieu possible, un nouveau-né !

— Oui, monsieur, pour vous servir, fit notre sauveteur tout ému et tout souriant, un petit ange du bon Dieu, notre premier !

— Un soir de Noël ! mais on pourrait le prendre pour l’Enfant-Jésus lui-même !

— C’est pourtant vrai que not’ petit est né le jour de Noël ! fit l’heureux père en se penchant vers la porte de la chambre à coucher.

— Vous voyez bien, reprit le docteur que ce n’est pas moi, mais lui, que le bon Dieu vous a envoyé, mon ami.

— Lui et vous, monsieur, tout le monde ! vous êtes tous des envoyés du bon Dieu ! s’écria le brave homme, en s’essuyant les yeux du revers de sa manche.

Que vous dirais-je, messieurs ?

Le bébé était bien faible ; dans l’état où se trouvaient les chemins, il ne fallait pas songer à le porter à l’église avant trois jours ; et, pour calmer les anxiétés de la pauvre mère terriblement énervée par cette nuit de tempête, le médecin fut d’avis de procéder à l’ondoiement.

— Vous ne refuserez pas d’être parrain, n’est-ce pas ? me dit le père.

— Parrain ? Ça me va, mon brave, je serai parrain.

— Et vous l’appellerez ?

— Noël, parbleu ! nous l’appellerons Noël, c’est de circonstance.

— Noël, c’est cela ; ça ira parfaitement avec mon nom de famille, qui est Toussaint.

— Parfait, alors !

Nous fîmes les choses en règle.

Le docteur officia, naturellement ; et je pris au sérieux mon rôle de parrain, assisté par une accorte et avenante marraine – la mère de la malade.

Je vous vois sourire, messieurs ; vous me trouvez un peu grotesque dans ce cas insolite. Eh bien, si vous eussiez été là, vous n’auriez pas souri.

Quand l’eau de la régénération coula sur le front de ce petit être si frêle et si pauvre à qui, par le plus grand des hasards, nous venions peut-être de sauver la vie à son entrée en ce monde, au fond de ce réduit si humble et si primitif, nous songeâmes involontairement à l’étable de Bethléem ; et cette impression fut si vive pour moi, que je crus réellement entendre la voix des bergers antiques, lorsque notre brave cocher, qui était allé finir son « train » à l’écurie, mit le pied sur le seuil de la porte en lançant, parmi les mille voix stridentes du dehors, les premières notes du vieux noël populaire :

Les anges dans nos campagnes...

Nous nous agenouillâmes ; et pour ma part – pourquoi ne l’avouerais-je pas ? – je sentis couler sur ma joue une grosse larme que je n’eus pas la moindre envie d’essuyer furtivement.

Les choses de la religion ont, pour les croyants, de ces émotions bénies qui remuent l’âme trop profondément pour ne pas être le mot de bien des énigmes, la solution de bien des problèmes.

Mais la cérémonie ne devait pas se borner là.

Le voyage de Pierre à l’écurie n’avait pas eu le seul intérêt de ses chevaux pour mobile.

Sa sagacité de Normand avait flairé le contenu du panier qu’il nous avait vus enfouir sous le siège de sa « carriole », et faisant cette réflexion judicieuse que ce qui vaut chez le curé ne saurait démériter chez le paroissien, il en conclut en saine logique que, le réveillon du presbytère de Saint-Tite étant manqué, il eût été absurde de ne pas utiliser ces bonnes choses ailleurs.

Sur ce, comme ses doigts gelés avaient enfin recouvré leur circulation normale, il avait tout simplement apporté le panier à la maison, et quand nous nous en aperçûmes, la table était mise.

On s’imagine l’explosion de gaieté qui s’ensuivit.

Tous les couplets et les refrains de Pierre y passèrent, accompagnés par le tintement des verres et les grondements lointains de l’ouragan.

Messieurs, j’ai fêté la Noël en France, aux États-Unis et ici – chez moi et chez d’autres. Eh bien, rien n’a pu me faire oublier, même dans l’éclat des demeures somptueuses, des tables et des toilettes les plus brillantes, cette joyeuse trinquée de Noël à la santé de ce fils de paysan, assoupi dans son berceau rustique, sous le toit de cette misérable cabane de colons, isolée dans les montagnes, et secouée par les déchaînements d’une tempête boréale.

q

Page 1