‹ La Panhypocrisiade, ou le spectacle infernal du seizième siècleChapitre 5 sur 80 · L'ESPACE.

L'ESPACE.

Eh! l'homme, qui toujours examine et compare, Médite peu le fond, et son esprit s'égare. Par le temps et l'espace il compte les instants, Et ne sait ce que c'est que l'espace et le temps. Un an est un long siècle à son impatience; Un siècle n'est qu'un jour pour sa vaine espérance: Son orgueil ne voit pas que tout son avenir Dans le passé rapide est tout près de finir. Terre, un quart de ton globe, inutile domaine, Aux mortels couronnés paraît suffire à peine; Tandis que leurs sujets, n'arpentant qu'un jardin, S'étonnent des grandeurs de son étroit confin. Ainsi, toujours trompé sur tout ce qu'il embrasse, L'homme se croit durable et sans borne en sa place; La mort vient, le dépouille, et je reprends sur lui Jusqu'au lieu resserré d'où son corps même a fui: Car, tout passe en mon sein, emporté par les âges; Le monde en doit sortir, et même ses images.

LE TEMPS.

Un drame néanmoins va montrer aux démons Ce que font les mortels pour leurs rangs et leurs noms, Et l'âge où Charles-Quint, en fatiguant sa vie, A cru s'éterniser sur ta superficie.

LA TERRE.

Où donc est le théâtre où ses traits sont offerts?