L'ÉPOUX.
Tu ne fléchiras point mon cœur inexorable. Infidèle! quel crime au tien est comparable? La pudeur colorait les roses de ton front; Tu semblais chaste et pure, et m'as couvert d'affront. Si tes yeux ont brillé d'une fausse innocence, Si de tes traits charmants la trompeuse décence, Si ta bouche, et ton sein que glace ma rigueur, Respira l'imposture et mentit à mon cœur, Quel homme goûtera l'aimable confiance, Danger, dont mon amour fit trop d'expérience? L'effet le plus cruel des lâches trahisons Est de remplir les cœurs de doute et de poisons, Et, prêtant aux vertus l'apparence des crimes, De livrer aux soupçons les plus pures victimes. Subis donc sans murmure un juste châtiment. Que notre sang se mêle aux yeux de ton amant, Qu'il teigne ces habits, ton indigne parure.... Ornements fastueux, gages de mon injure, Ah! tombez en lambeaux par mes mains déchirés.... O ciel!... la mort se peint dans ses traits altérés.... La couleur à son front tout-à-coup est ravie.... Sa gorge palpitante.... ah! reviens à la vie!.... Modère tes sanglots! cesse de t'effrayer.... Non, ton mari n'est point un affreux meurtrier. Sur ton corps demi-nu mes lèvres enflammées.... Renais à tant d'ardeurs en mes sens allumées.... Que fais-je?.... de son œil quels éclairs sont sortis!.... O transports que jamais je n'avais ressentis! Du courroux au pardon incroyable passage! Baisers trempés de pleurs, plaisirs mêlés de rage, Achevez, embrasez un mortel éperdu!....
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Il l'embrasse, il succombe, et n'est plus entendu: Un court silence règne; et l'épouse pâmée, Aux baisers d'un époux doucement ranimée, Souriant au superbe en sa couche abattu, Dit à voix basse:
LA FERRONNIÈRE.
Eh bien! m'assassineras-tu?
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Mais lui, se relevant: