CHAPITRE III
DE L’AUTORITÉ.
Il faut dans une société une autorité qui commande, c’est-à-dire, d’une part qui dispose de la partie des forces qu’ont abandonnée les individus pour former une force commune; d’autre part qui, par lois, décrets ou ordonnances, dirige les individus vers le bien commun. Dans la nation que nous supposons constituée, où sera l’autorité?
La plupart des hommes croient que l’autorité est une volonté. Volonté d’un homme commandant à des millions d’hommes selon son jugement, sa réflexion ou son caprice.--Volonté d’un groupe d’hommes commandant après délibération à tout le reste du peuple selon ce qu’ils ont jugé utile.--Volonté du peuple tout entier, c’est-à-dire de la majorité du peuple, signifiée à un pouvoir central, ramassée par lui et renvoyée par lui au peuple tout entier et à chacun des individus qui le composent.