‹ La politique comparée de Montesquieu, Rousseau et VoltaireChapitre 30 sur 34 · CHAPITRE IX - I - II

CHAPITRE IX - I - II

ORGANISATION POLITIQUE: L’ÉTAT ET L’ARMÉE.

Sur les rapports de l’État et de l’armée, il n’y a rien dans Voltaire que quelques déclamations sur la guerre dont se moquait cruellement et avec quelque esprit Frédéric Il écrivant au seigneur de Ferney.

Dans Rousseau, il y a une théorie assez complète de «l’armée nationale». Tout citoyen soldat et tout soldat citoyen, comme dans les cantons suisses. «Ce n’est qu’avec des troupes réglées (armées permanentes où le militarisme est un métier) que la puissance exécutrice peut asservir l’État.»--«Les troupes réglées, peste et dépopulation de l’Europe, ne sont bonnes qu’à deux fins: ou pour attaquer et conquérir les voisins ou pour enchaîner et asservir les citoyens.» Ce qu’il faut donc, c’est la nation armée et exercée. «Tout citoyen doit l’être par devoir, nul ne doit l’être par métier.» C’était le système militaire des Romains; c’est celui des Suisses; il doit être celui de tout peuple libre et qui veut rester tel. Une armée-milice où tous les citoyens serviraient et chacun «un an seulement» et où, dans le choix des officiers, «on aurait égard non au rang, au crédit et à la fortune, mais uniquement à l’expérience et aux talents», serait une armée excellente, sinon pour l’offensive, du moins pour la défensive.

Les détails où entre ensuite Rousseau sont particuliers à la Pologne, à qui il parle, et n’ont pas d’intérêt général.