‹ La région du Haut Tell en Tunisie (le Kef, Téboursouk, Mactar, Thala)Chapitre 19 sur 62 · II - L’ALLURE DE L’ANNÉE

II - L’ALLURE DE L’ANNÉE

1o =La période pluvieuse et froide=

Envisagées comme phases de l’année climatique et agricole, les saisons n’ont pas la même extension dans la Steppe et dans le Tell ni, au sein même du Haut-Tell, en plaine et sur les sraouate (voir fig. 3). Sur ceux-ci, l’hiver s’appesantit pendant environ quatre mois, tandis qu’en plaine, c’est l’été qui est le maître. Le classement ne serait pas identique pour d’autres régions tunisiennes. Pourtant, la ligne relative aux sraouate conviendrait assez au Tell Septentrional, celle concernant les plaines ne messiérait pas au Tell Inférieur.

[Illustration : Figure 3. — RÉPARTITION DES SAISONS DANS LES PLAINES ET SUR LES SRAOUATE]

Dans notre Afrique du Nord, le moment du repos des plantes n’est pas l’hiver, mais l’été, et le renouveau de la végétation se produit dès l’automne. L’année débute donc avec le fléchissement de la chaleur estivale associé à des chutes d’eau faisant pousser l’herbe et préparant le sol à recevoir le grain. Par ses chaleurs, septembre prolonge août. C’est le grand mois du dépiquage et de la consommation des cactus. Mais, d’un autre côté, par ses précipitations, il annonce l’entrée en scène de la période pluvieuse. Il possède ainsi dans le Haut-Tell une physionomie équivoque. Selon les années et les cantons, tantôt il se présente comme été et tantôt comme automne.

1o La température de l’automne. — Insensible sur la côte orientale où il s’effectue par transitions graduelles, le passage de l’été à l’automne est très net dans le Haut-Tell. Après les orages de la mi- septembre ou du début d’octobre qui ont à peu près sans rémission ramené la chaleur au-dessous de 30°, on a la sensation parfaitement claire du changement de saison. Certains matins, le brouillard se montre : le 9 octobre, en 1904, à Mactar, le 2 septembre, en 1905, manifestations qui sont en relation avec une plus grande activité pluviale. Celle-ci va se déployer plusieurs mois durant, de sorte que l’automne et l’hiver se fondent à cet égard en une seule époque qui est aussi une seule phase de la vie agricole, celle où on laboure et où on sème. L’automne est le cousin de l’hiver « El kherif ben am ech chta ». Ce qui les différencie, c’est la température. L’automne pourrait à ce sujet se définir la saison durant laquelle les maxima journaliers se tiennent au- dessous de 30°, tandis que les minima ne descendent pas jusqu’à 0°. Ainsi comprise, cette partie de l’année s’étend approximativement du milieu de septembre au déclin de novembre avec une chute d’environ 5° par mois pour les maxima et les moyennes des maxima :

AUTOMNE DE 1899 (chaud)

Mactar :

Moy. des max. Max. abs. Min. abs.

Septembre 26° 31° 12°

Octobre 21°,7 24° 9°

Novembre 14°,7 22° 1°

AUTOMNE DE 1904 (frais)

Mactar :

Moy. des max. Max. abs. Min. abs.

Septembre 25°,1 29° 8°

Octobre 19°,3 24° 7°

Novembre 13°,3 20° − 1° le 27.

Pour Thala, tableaux semblables, tandis que le Kef et Téboursouk fournissent des données un peu plus fortes. Les automnes frais y équivalent aux automnes chauds de Mactar.

Très souvent, la décroissance régulière de la température est interrompue par des retours de la chaleur accompagnant des coups de sirocco. En 1902, le 9, le 10 ou bien le 11 octobre, on souffrit 30 à 36° dans les quatre grandes stations montagneuses du Haut-Tell. Même phénomène en 1903 pour Téboursouk (34° le 21 octobre) et pour le Kef (32°). En revanche, il n’est pas impossible que novembre expirant voie à Thala ou à Mactar le thermomètre s’incliner au-dessous de 0°.

Dans les plaines la chaleur persiste plus longtemps. Là, ce n’est pas seulement septembre, mais encore une partie d’octobre qui mérite de figurer en été. L’automne y occupe le dernier lambeau d’octobre, tout novembre et un fragment de décembre. Faute d’observations suffisantes dans les zones déprimées du Haut-Tell, constatons du moins en marge de celui-ci, à Bou-Arada ou à Saint-Joseph-de-Thibar (363m d’alt.), des résultats que l’expérience indique comme pouvant leur être appliqués en gros. En 1900, à Bou-Arada, le mois d’octobre a comme moyenne des maxima 31°,6. Les trois premiers jours de novembre montent à plus de 30°, le 4 on note encore 29°, puis la température tombe le lendemain à 24° après une pluie rappelant comme action réfrigérante telle averse de la mi- septembre sur les sraouate du Haut-Tell. L’octobre de Thibar correspond comme température au septembre des sraouate, le novembre à l’octobre et le décembre au novembre.

L’automne laisse venir à point sur les sraouate raisins, coings et figues. Grâce à la tiédeur relative de l’atmosphère combinée avec des condensations aqueuses plus intenses, la végétation se réveille. L’automne fonctionne comme un printemps plus timide. L’herbe pousse. Pâquerettes, soucis, pissenlits, mourons, ravenelles, etc., refleurissent bien qu’en moindre quantité qu’en avril. Pour les plantes ayant des réserves dans des bulbes, tubercules ou rhizomes, il s’agit de clore un cycle que l’été avait suspendu : parmi les éteules ou les jachères, les calices des colchiques, des scilles et des narcisses sont des floraisons estivales retardées[151] auxquelles l’humidité automnale permet d’aboutir. Au sein de la brousse, le romarin et la bruyère se parent l’un de fleurettes bleues, l’autre de fleurettes roses.

2o Les précipitations d’automne et d’hiver. — Nous avons précédemment signalé l’existence d’une phase pluvieuse d’automne-hiver avec un total de respectivement 100 + 150mm d’eau pour Mactar et 130 + 200mm pour Le Kef. Un chiffre de 250mm, et même un peu moins, suffit pour les labours, les semailles et la germination des céréales. Parfois, cependant, il n’est pas atteint. Dans l’automne-hiver des douze années 1898-1910, à Mactar, c’est cinq fois que l’on a des chiffres inférieurs à 200mm et à Thala six fois en dix ans, alors qu’à Téboursouk un abaissement de ce genre ne s’est vérifié qu’une fois. A moins d’une année exceptionnellement sèche comme « l’année blanche » 1887-88, cette période a dans le Nord du Haut-Tell assez d’eau pour remplir sa tâche agricole, alors que dans les sraouate du Sud elle se montre parfois au- dessous de son rôle. Aussi, dans ces territoires méridionaux, et c’est aussi le cas de la Steppe, les précipitations printanières revêtent- elles une valeur compensatrice toute spéciale de laquelle dépend en définitive la récolte.

Quand les pluies sont copieuses, il y a des chances pour que le sol ait au moment voulu l’humidité idoine. Mais la distribution de celle-ci a une importance qui s’accroit d’autant plus que le quantum pluvial est plus petit. La culture des céréales demande, d’octobre à février, une certaine colonne d’eau, mais il faut aussi que cette dose soit répartie d’une manière opportune ; d’abord des pluies pour rendre le sol malléable, puis de beaux jours pour que le paysan procède à ses labours, ensuite encore des pluies pour que sorte et végète l’orge ou le blé. Les pluies trop abondantes ou trop répétées sont mauvaises comme facilitant la montée de l’herbe dans les champs et ne consentant pas à la glèbe de recevoir la charrue. Inversement, avec une trop longue série sans eau, le sol n’a plus la teneur hydrique utile. En 1889, à Mactar, aucune précipitation du 8 octobre au 22 novembre. A Gafour, les trois mois d’octobre-décembre 1907 furent absolument secs. La saison pluvieuse est donc parfois lente à se dessiner. De même, elle peut s’arrêter prématurément et laisser entre elle et les pluies printanières un vide accentué. A Sodga (entre Serdj et Bargou) on n’eut de pluie ni en janvier ni en février 1910. A Thala, février 1905 et 1908 ne marquèrent rien au pluviomètre et février 1903 et 1909 furent à peine plus mouillés. Des phénomènes analogues se constatent dans les plaines, surtout en non Friguia.

3o La neige. — Une partie des précipitations hivernales se matérialise en neige (tselj). Si le Sahel et la Steppe basse en sont indemnes, on enregistre sur les reliefs de la Steppe des chutes occasionnelles et celles-ci sont de style sur le Tell Septentrional et sur le Haut-Tell où leur fréquence et leur intensité sont en raison directe non seulement du fléchissement de la température, mais encore de l’humidité de l’atmosphère.

La grande quantité de neige est un des traits frappants de la physionomie du Haut-Tell. Celui-ci n’est d’ailleurs pas uniformément intéressé. En plaine et dans certaines vallées insolées, comme l’Oued- Ousafa, les flocons fondent presque aussitôt après avoir touché le sol. En montagne, que de gradations selon l’altitude ou l’exposition ! Le Dyr du Kef a bien plus souvent et davantage de neige que la ville du même nom et la même différence se reproduit entre Souk-el-Djema et Mactar, entre le Goraa et Téboursouk ou Thibar. Il faut une hauteur de 7 à 800m au moins pour que la neige ait un volume appréciable et quelque persistance.

A Téboursouk, la neige est plutôt rare ; au Kef même, il ne neige pas tous les ans. Au contraire, la neige est de règle à Mactar quoique avec des variations : 22 jours en 1906-07, 18 en 1890-91 et en 93, un à peine en 1892. Notons que celui-ci s’est placé à une époque plutôt imprévue, au 20 avril. Cette neige est la plus tardive qui ait été vérifiée à Mactar, mais elle n’est pas quelque chose d’extraordinaire. Quelque neige est tombée en 1907 à Mactar le 6 avril. J’ai vu de la neige le 24 avril 1904 auprès de Souk-Ahras et le 27 avril sur le Char de Thala. A Souk-el-Djema et au Kouif, on en a observé en 1902 vers le 24 mai et le froid répandu sur les sraouate voisins fut si vif que nombre de gens à Thala allumèrent du feu. Quant à la neige la plus précoce, elle s’est montrée à Mactar le 26 octobre 1887. En 1891, on eut de la neige au Kef le 1er et à Mactar le 3 novembre. On voit entre quelles limites extrêmes peut se mouvoir la saison d’hiver dans la région montagneuse.

Après les chutes de neige initiales, le vent joue un grand rôle. Plusieurs jours durant, il reprend pour les transporter ailleurs les particules déjà déposées sur le sol. Il débarrasse ainsi de leur placage les bosses du terrain pour accumuler la neige dans les couloirs et contre les obstacles. La contrée offre alors un aspect féérique. Les rainures du relief s’aperçoivent de loin avec une netteté particulière. La présence de masses neigeuses entretient l’abaissement de la température : à leur contact le vent devient glacial et sévit cruellement sur les voyageurs qui vont répétant :

El Djebeli iharreg el guelb. Le Djebeli glace le cœur.

Ou er rharbi Kelb ben el Kelb. Et le vent d’ouest est un chien fils de chien.

On dit encore avec une variante :

Ma iji men er Rharb. Il ne vient de l’Ouest (Algérie).

Ma iefrah el guelb. Rien qui réjouisse le cœur.

Kan riha iharreg el guelb. Si c’est du vent, il glace le cœur.

Kan ben Adem, Kelb ben el Kelb. Si c’est un fils d’Adam, c’est un chien fils de chien.

Jusqu’à une forte distance du Haut-Tell, le vent garde le même caractère et lorsque certaine bise d’Ouest gelée et pénétrante souffle à Tunis ou à Kairouan, on ne se trompe pas en pariant qu’il a neigé vers le Kef et Mactar. Par là, le climat du Haut-Tell se fait sentir jusque sur les bords maritimes du Tell Inférieur, et jusque dans la Steppe.

La neige n’est pas sans quelques avantages. Elle nourrit un peu le débit des sources et elle imbibe d’eau à souhait les sols argileux des sraouate. Mentionnerons-nous à côté de cela la possibilité de la mettre en réserve pour l’été ? Sir Grenville Temple indique que le Bey en avait des dépôts au Kef, au Goraa et à Zaghouan[152], et l’on n’a pas oublié au Kef, près de Bab-Ben-Anine, le Bir-Ets-Tselj où l’on enfermait la neige pour la cour beylicale.

En compensation, l’homme peut reprocher à la neige des méfaits multiples, ici comme dans le Haut-Tell d’Algérie : ils se caractérisent surtout par des pertes d’animaux sur le Djebel ou le Sra. Les indigènes redoutent principalement le 1er février ajmi[153] (14 février) qu’ils appellent Guirret el Anz (le mauvais temps des chèvres). Presque chaque année, le Haut-Tell déplore une guirret el anz infligeant parfois au cheptel des diminutions effrayantes comme en 1892-93, 1897-98, 1899-1900, 1905-06, etc. En outre, la circulation et les transactions sont entravées ou arrêtées. Toute la vie économique et administrative de la contrée est suspendue parfois pendant deux ou trois semaines. Ces inconvénients dont nous avons été témoin à Mactar en janvier 1900[154] sont plus particuliers aux endroits élevés et aux hivers très froids et très humides, comme il y en a deux ou trois en dix ans et dont le type est l’hiver 1905-1906.

Le tableau météorologique ci-joint nous présente l’hiver 1905-06 comme un hiver moyen où la température demeure assez basse du 20 janvier à la fin février, mais sans extrêmes bien excessifs. Seulement, les jours de neige ou de pluie de février forment un ensemble d’une intensité et d’une durée vraiment singulières. C’est ainsi qu’à Mactar, pendant trois jours, et à Thala, pendant cinq jours consécutifs, il est tombé assez de neige pour équivaloir à une colonne d’eau de 36mm dans la première de ces stations et de 49mm dans la seconde. Pendant ce temps (du 6 au 14 février), au Kef et à Téboursouk, il ne cessait presque de neiger ou de pleuvoir. Une chape candide d’une épaisseur qu’on n’avait plus revue depuis 1891 ou 1893 s’appesantit sur les régions de montagne ou de sra. Le 6 février, au Kef et à Téboursouk, elle mesurait 25 à 30 centimètres. Dans quelques creux, la neige amassée par le vent offrait des hauteurs presque fantastiques, puisque des ravins de 25 à 30 mètres de profondeur étaient remplis par elle. Aussi, à la fin de mars, existait-il encore, çà et là (Djebel-Skarna, défilé de Seddine), quelques plaques blanches, épaves de la grande neigée.

HIVER 1905-1906

+--------+--------------------------+---------------------------------+ | | TEMPÉRATURES | PRÉCIPITATIONS | | | | | | | | | | MOIS |Moyenne|Minimum| Nombre | Nombre de |Nombre| Total des | | | des |absolu | de jours | jours de | de |précipitations| | |minima | | à 0° ou | neige |jours | | | | | |au-dessous| | de | | | | | | | |pluie | | +--------+-------+-------+----------+-----------+------+--------------+ | =Station de Téboursouk= | | | |Décembre| 6°5 | 3° | | | 11 | 118mm | |1905 | | | | | | | | | | | | | | | |Janvier | 6,1 | 0,5 | | 2 jours | 10 | 127 | |1906 | | | | | | | | | | | | | | | |Février | 3,7 | 0 |deux jours| 3 » (les | 14 | 162 | |1906 | | | | 6, 7, 10) | | | | | | | +-----------+------+--------------+ | | | | | 5 jours | 35 | 407mm | | | | =Station du Kef= | | | |Décembre| 4°9 | 2° | | | 19 | 177mm | |1905 | | | | | | | | | | | | | | | |Janvier | 4,6 | 0 |sept jours| 2 jours | 14 | 79 | |1906 | | | | | | | | | | | | | | | |Février | 1,2 | − 2 | quatorze | 5 » (les | 12 | 54 | |1906 | | | jours | 6, 8, 10, | | | | | | | | 12, 14) | | | | | | | +-----------+------+--------------+ | | | | | 7 jours | 45 | 310mm | | | | =Station de Mactar= | | | |Décembre| 3°2 | 1° | | | 10 | 119mm | |1905 | | | | | | | | | | | | | | | |Janvier | 2,2 | − 3 | cinq à | 1 jour | 9 | 55 | |1906 | | | neuf* | | | | | | | | jours | | | | | | | | | | | | |Février | − 1,0 | − 4 |dix-huit* | 4 » (les | 7 | 44 | |1906 | | | à | 6, 7, 8, | | | | | | |vingt-deux| 12) | | | | | | | jours | | | | | | | | +-----------+------+--------------+ | | | | | 5 jours | 26 | 220mm | | | | =Station de Thala= | | | |Décembre| 4°3 | 2° | | 1 jour | 10 | 80mm | |1905 | | | | | | | | | | | | | | | |Janvier | 3,1 | − 2 |huit jours| 1 » | 7 | 48 | |1906 | | | | | | | | | | | | | | | |Février | 1,8 | − 6 |dix jours | 5 » (du 6 | 6 | 52 | |1906 | | | | au 10) | | | | | | | +-----------+------+--------------+ | | | | | 7 jours | 23 | 180mm | +--------+-------+-------+----------+-----------+------+--------------+

[Note : * — Observations incomplètes.]

Dans quelques localités, les habitants furent comme emmurés. A Mactar, à Thala, à la Kessera, au Bargou, la neige amoncelée par les tempêtes autour des maisons érigeait de véritables contreforts de 2m 50 de hauteur. Du 6 au 18, les chemins obstrués restèrent dans le massif de Mactar absolument impraticables aux véhicules. Dans les transports par voie ferrée quelle précarité : un train de Kalaat-Senane à Tunis s’immobilisa dans la neige pendant vingt-six heures, entre l’Oued- Sarrath et Aïn-Meskhia. Au Kef, on confia les lettres de et pour Souk- el-Arba pendant toute une semaine à des cavaliers[155] ; à Tajérouine, aucun courrier n’arriva et ne partit pendant trois jours. A Thala et à Mactar, l’échange des correspondances fut complètement interrompu du 6 au 10. Le 25 février seulement le service y était rétabli entièrement. D’autre part, la neige avait cassé les fils télégraphiques entre Mactar et le Kef, entre Thala et le Kef et autour de Téboursouk. Cette dernière localité et Thala se virent huit jours isolées du corps de la Tunisie.

Dans les centres, la population n’eut pas trop à se plaindre de la pénurie d’approvisionnements, bien qu’à Kalaat-Djerda et à Mactar le pain ait fait défaut. Dans les douars, au contraire, de nombreux indigènes vivant au jour le jour faillirent mourir de faim. La tenue des marchés fut d’ailleurs impossible durant une bonne partie du mois : à Souk-el-Djema, pas de souk du 1er au 28 février et à Mactar du 3 au 24. De même à Thala. Dans la circonscription du Kef, aucun marché n’eut lieu du 6 au 22. De nombreuses maisons indigènes s’effondrèrent (36 au Kef). A Téboursouk, plus de 200 oliviers furent abattus. Onze personnes périrent dans la région de Mactar de froid et de privations. Aux Fréchich, un malheureux s’ensevelit dans un ravin comblé de neige.

=HAUT TELL= TABLEAU RÉCAPITULATIF DES PERTES D’ANIMAUX PAR SUITE DU MAUVAIS TEMPS. — FÉVRIER 1906

+---------------+----------------------------------------------------+- | | TABLEAU NUMÉRIQUE ET % DES PERTES D’ANIMAUX | | NOMS DES | PAR CATÉGORIES | | CAIDATS +-------+------+-----+--------+------+-------+-------+- | |Chevaux|Mulets|Anes |Chameaux|Bovins|Moutons|Chèvres| | | | | | | | | | +---------------+-------+------+-----+--------+------+-------+-------+- | | Têtes |Têtes |Têtes| Têtes |Têtes | Têtes | Têtes | | | | | | | | | | |Caïdat de | 110 | 55 | 240 | 43 |1.520 | 2.160 | 2.250 | |Teboursouk | | | | | | | | | | | | | | | | | | | 10* | 6.49 |17.14| 13.43 |15.20 | 18.00 | 16.07 | +---------------+-------+------+-----+--------+------+-------+-------+- |Caïdat du Kef | 342 | 96 | 487 | 136 |2.313 | 7.020 | 4.819 | | | | | | | | | | | | 19.29 |10.31 |19.31| 19.85 |23.44 | 24.80 | 24.01 | +---------------+-------+------+-----+--------+------+-------+-------+- |Caïdat de | 130 | 27 | 343 | 144 | 541 | 6.240 | 1.419 | |Tajerouine | | | | | | | | | | | | | | | | | | | 5.21 | 3.64 |14.44| 14.67 |10.26 | 24.66 | 19.72 | +---------------+-------+------+-----+--------+------+-------+-------+- |Caïdat des | 204 | 23 | 712 | 313 |2.298 | 9.498 | 3.531 | |Ouled-Ayar | | | | | | | | | | | | | | | | | | | 33.17 |12.16 |51.03| 31.11 |59.35 | 75.68 | 62.76 | +---------------+-------+------+-----+--------+------+-------+-------+- |Caïdat des | 230 | 55 | 453 | 34 |1.423 | 4261 | 2.263 | |Ouled-Aoun | | | | | | | | | | | | | | | | | | | 27.61 |22.82 |50.44| 24.28 |67.27 | 44.99 | 47.14 | +---------------+-------+------+-----+--------+------+-------+-------+- |Djebel-Djouggar| 6 | » | 16 | 6 | 36 | 132 | 280 | |et glacis | | | | | | | | |Nord-Est du | | | | | | | | |Haut Tell. | | | | | | | | | | | | | | | | | | | 2.00 | |3.00 | 3.50 | 3.00 | 3.00 | 4.50 | +---------------+-------+------+-----+--------+------+-------+-------+- |Fréchich du | 115 | 65 | 130 | 280 | 330 | 9.000 | 9.000 | |Nord | | | | | | | | | | | | | | | | | | | 10.64 |34.94 |5.61 | 15.82 |24.40 | 16.43 | 26.65 | +---------------+-------+------+-----+--------+------+-------+-------+- |Majeur du Nord | 20 | 8 | 86 | 80 | 130 | 5.500 | 3.600 | | | | | | | | | | | | 2.83 | 4.96 |5.73 | 13.40 |12.87 | 31.25 | 45.00 | +---------------+-------+------+-----+--------+------+-------+-------+- | TOTAUX | 1.157 | 329 |2.467| 1.036 |8.591 |43.811 |27.172 | +---------------+-------+------+-----+--------+------+-------+-------+- |* Les chiffres indiqués à la seconde ligne et en caractères plus | petits donnent le % des pertes d’animaux par rapport à l’effectif | existant au 1er janvier 1906. | | Prix employés dans les estimations : cheval, 150 fr. ; mulet, 175 | fr. ; âne, 17 fr .; chameau, 125 fr. ; bovin, 100 fr. ; mouton, 10 | fr. ; chèvre, 7 fr. | | =Total global des pertes en argent : 1.890.000 fr.= +----------------------------------------------------------------------

[Suite]

+-----+----------------------------------------------------------------+ | |TABLEAU INDIQUANT PAR CATÉGORIES D’ANIMAUX LES PERTES EN ARGENT | | +-------+------+------+--------+-------+-------+-------+---------+ |NOMS |Chevaux|Mulets| Anes |Chameaux|Bovins |Moutons|Chèvres| TOTAL | |CAID.| | | | | | | | DES | | | | | | | | | | PERTES | +-----+-------+------+------+--------+-------+-------+-------+---------+ | | Fr. | Fr. | Fr. | Fr. | Fr. | Fr. | Fr. | Fr. | | | | | | | | | | | |C. |16.500 |9.625 |4.080 |5.375 » |152.000|21.600 |15.750 |224.930 »| |Teb. | » | » | » | | » | » | » | | +-----+-------+------+------+--------+-------+-------+-------+---------+ |C. |51.300 |16.800|8.279 |17.000 »|231.300|70.200 |33.733 |428.612 »| |Kef | » | » | » | | » | » | » | | +-----+-------+------+------+--------+-------+-------+-------+---------+ |C. |19.500 |4.725 |5.831 |18.000 »|54.100 |62.400 |9.933 »|174.489 »| |Taj. | » | » | » | | » | » | | | +-----+-------+------+------+--------+-------+-------+-------+---------+ |C. |30.600 |4.025 |12.104|39.125 »|229.800|94.980 |24.717 |435.351 »| |O. | » | » | » | | » | » | » | | |Ayar | | | | | | | | | +-----+-------+------+------+--------+-------+-------+-------+---------+ |C. |34.500 |9.625 |7.701 |4.250 » |142.300|42.610 |15.841 |256.827 »| |O. | » | » | » | | » | » | » | | |Aoun | | | | | | | | | +-----+-------+------+------+--------+-------+-------+-------+---------+ |Dj. | 900 » | » » |272 » | 750 » |3.600 »|1.320 »|2.030 »| 8.872 » | |Djou.| | | | | | | | | |etc. | | | | | | | | | +-----+-------+------+------+--------+-------+-------+-------+---------+ |Fré. |17.250 |11.375|2.210 |35.000 »|33.000 |90.000 |63.000 |251.835 »| | | » | » | » | | » | » | » | | +-----+-------+------+------+--------+-------+-------+-------+---------+ |Maj. |3.000 »|1.400 |1.462 |10.000 »|13.000 |55.000 |25.200 |109.062 »| | | | » | » | | » | » | » | | +-----+-------+------+------+--------+-------+-------+-------+---------+ |TOT. |173.550|57.575|41.939|129.500 |859.100|438.110|190.204|1.889.978| | | » | » | » | » | » | » | » | » | +-----+-------+------+------+--------+-------+-------+-------+---------+

Quant aux animaux domestiques qui déjà n’étaient pas en très bon état au début de l’hiver, des milliers succombèrent aux intempéries et au manque de nourriture, les pâturages étant cachés. Jusque dans les villages des montagnes où les bêtes logent dans les maisons avec leurs maîtres, la pneumonie fit d’innombrables victimes parce que la violence du vent jetait la neige dans les chambres mal closes. Que dire alors du bétail laissé au dehors ? Particulièrement typique fut l’aventure de ce troupeau surpris par une rafale sur la Hamadat de la Kessera. Les bergers s’enfuirent vers le village où ils parvinrent à moitié glacés. Quant aux animaux, cernés et submergés, ils essayèrent de se protéger les uns les autres, les plus robustes se hissant sur les plus faibles. Mais quand la tempête se fut calmée, on ne retrouva plus qu’une pyramide de cadavres avec au sommet encore quelques moutons en vie. Le tableau ci-joint permettra d’apprécier l’intensité du désastre qui toucha surtout les gens des montagnes et des sraouate et anéantit une valeur de presque 1.900.000 francs. Total vraiment impressionnant, eu égard à la pauvreté intrinsèque de la population et que n’atteignirent pas les dégâts causés au même moment sur la basse Medjerda par des inondations extraordinaires.

4o La température hivernale. — Affermissons dans les esprits l’idée que le Haut-Tell dans son ensemble est un pays froid. Les indigènes professent que la phase la plus intense à cet égard est le mois de iennar ajmi (13 janvier-13 février). En plaine, les rigueurs de l’hiver ne durent guère davantage. Sur les sraouate, cette saison a plus d’extension (du 1er décembre au 15 mars), comme le prouvent les chiffres suivants pour l’hiver le plus froid de Mactar :

1893-94 Moyenne des Nombre de jours à 0° et Moyenne des minima au-dessous maxima

· · ·

Décembre − 1° 24 dont quatre fois − 4° + 7°0

Janvier − 2° 20 dont une fois − 5° et + 4,0 une fois − 6°

Février − 1° 11 dont une fois − 6° + 11,0

Mars + 5° 9 dont une fois − 5° + 11,1

Janvier 1891 fut analogue à janvier 1894. Pendant 22 jours de suite la température tomba la nuit à 0° ou au-dessous et valut à Mactar les quatre minima les plus bas qui y aient été subis, c’est-à-dire deux fois − 10°, une fois − 9°, deux fois − 8°[156]. C’est là quelque chose d’exceptionnel. Toutefois, à Bou-Chebka (1.141m d’alt.), ce même mois amena un minimum de − 10°,3, le plus faible qui ait jamais été constaté en Tunisie. Si cette station n’avait pas eu un fonctionnement aussi éphémère, peut-être nous aurait-elle fourni d’autres chiffres de ce genre. En effet, en 1892, c’est encore Bou-Chebka qui offre le minimum absolu de l’année. Ces extrêmes de − 10°, notés à Mactar et à Bou- Chebka, rappellent les − 9° et les − 11° enregistrés dans le Haut-Tell d’Algérie, à Tiaret, à Teniet-el-Had et à Sétif[157]. Mais les minima soufferts par ces localités sont dépassés dans la Steppe (Géryville − 13°, El-Aricha − 14°). En Tunisie, au contraire, c’est le Haut-Tell, et, pour préciser, la bande méridionale du Haut-Tell, qui constitue en hiver la zone la plus froide. Au moment même où Mactar et Bou-Chebka se signalaient par les minima précités, Thala avait − 6°, Souk-el-Djema − 6°,9, la Kessera − 7°, tandis que le Kef au Nord et Fériana au Sud n’accusaient respectivement que − 5°. En général, pourtant, Mactar n’a pas d’abaissement au-dessous de − 6°. Le mois le plus froid est janvier, mais ce peut être également décembre ou février.

Les nuits où il gèle sont très nombreuses. Vu la différence de plusieurs degrés entre la température de la surface du sol et celle à 1m 50 ou 1m 75 de hauteur, il y a lieu de considérer qu’il y a gelée toutes les fois où le thermomètre officiel marque moins de + 4° ou + 3°. Effectivement, il gèle sur les sraouate chaque nuit pendant la majeure partie de l’hiver, mais moins longtemps au Kef qu’à Mactar. Ce phénomène se traduit par la présence d’une légère feuille de glace sur les eaux dormantes et même sur les ruisseaux. Les quelques cactus égarés sur les sraouate y gèlent s’ils ne sont pas protégés par une exposition appropriée. A Mactar, le même sort échoit de temps en temps aux eucalyptus quand le thermomètre est à − 5° ou − 6°. Le casuarina, le ricin, le faux poivrier, l’acacia eburnea, l’acacia d’Australie sont à peu près dans le même cas.

Cependant, sur les sraouate du Haut-Tell il n’y a pas que des hivers rigoureux. Ceux de 1889-90 ou de 1898-99 furent, par exemple, assez cléments. La douceur relative du second est due à la fréquence des vents du Sud. En février, les effluves méridionales assurèrent, du 8 au 14, pendant toute une semaine, 7° à 8° la nuit, 19° à 21° à deux heures de l’après-midi.

1889-1890 1898-1899 / \ / \ MACTAR Moyenne Nombre de Moyenne Minimum des minima jours à 0° des minima absolu ou au-dessous

· · ·

Décembre + 3°5 2 à zéro + 1°0 − 3°

Janvier + 5,5 pas + 3,7 + 2°

Février + 4,0 pas + 4,7 − 1°

Mars » pas + 4,5 + 1°

En plaine, sous le souffle glacial du djebeli accouru des montagnes couvertes de neige, la température s’incline de temps en temps vers 0° et un peu plus bas, mais sans atteindre jamais les minima des sraouate. Le minimum de − 3° semble être ici un extrême. Et même, à proprement parler, il n’y a là d’hiver, au sens européen du mot, que comme reflet et contrecoup de l’hiver des territoires montagneux encaissants. Les jours de gelée mis à part, on peut dire que de novembre à avril il règne sur les zones déprimées du Haut-Tell à peu près la même température relativement agréable. On y glisse insensiblement de l’automne au printemps.

Pour supporter les frimas des sraouate, les montagnards, et notamment les Chaquetma, revêtent des gourg (chaussons de laine mêlée de poils de chèvre) et ils s’entourent les jambes de guêtres de laine tricotée (djeraïd). Gourg et djeraïd[158] leur servent d’ailleurs lors de la moisson contre les épis barbelés de l’orge ou du blé. En dehors de cela, les indigènes subissent les excès du climat plutôt qu’ils ne s’en défendent. Les Européens, plus habitués cependant au froid, éprouvent le besoin de se garantir de ses atteintes. Si à Tunis les cheminées sont un peu des objets d’ornement, dans le Haut-Tell on ne saurait s’en passer. A Mactar, à Thala, au Kef on fait du feu presque comme à Paris, depuis la Toussaint jusqu’à Pâques. Ces températures de l’hiver sont excellentes pour la santé. Elles retrempent et régénèrent le sang, et le Français retrouve sur les sraouate du Haut-Tell le climat de son pays, comme en Kroumirie.

Si nous avons examiné séparément les pluies et la température, il convient de ne pas oublier que la physionomie de l’hiver résulte du mélange intime de ces deux phénomènes. Les hivers froids et humides sont les plus fréquents. Leurs neigées ont pour le bétail des conséquences fâcheuses. Les hivers froids et secs sont les pires, car céréales et bestiaux souffrent également soit de la neige, soit de l’absence de pluie. Ce fut le cas de l’année de la famine 1866-67, de l’année 1887-88 et de l’année 1904-05 (voir chapitre XI). La sécheresse n’empêche d’ailleurs pas le froid, car la pureté de l’atmosphère et le manque de vapeur d’eau facilitent le rayonnement. Au Kef, durant l’hiver 1892-93, le peu de précipitations tombées (137 millimètres) se manifestèrent, par suite du froid, surtout sous forme de neige laquelle détermina une grosse mortalité dans le bétail. En même temps, à la fin mars, on jugeait la récolte de l’orge compromise. Les hivers doux et secs comme celui de 1895-96 ne sont pas non plus très favorables. Cependant, la tiédeur de l’air fait produire au peu de pluie tout son effet sur la végétation et si le bétail n’a pas une nourriture abondante, du moins il ne périt pas de froid. Les hivers doux et humides, comme celui de 1888-89 sont à juste titre considérés comme les meilleurs.

Dans la combinaison des deux éléments climatiques, pluie et température, c’est le premier des deux qui importe d’abord à l’homme. La clémence relative du second n’arrive qu’en deuxième ligne dans ses désirs et dans ses espérances.

2o =Le Printemps et l’Été=

1o Le climat du printemps. — Pendant tout le printemps, les nuits continuent à être froides :

Mactar : Printemps à nuits froides Id. à nuits clémentes 1906 1904 / \ / \ Moy. des min. Min. abs. Moy. des min. Min. abs.

Mars 2°8 − 2° 4°3 − 1°

Avril 5°2 − 3° le 2 6°6 + 2°

Mai 7°2 + 3° 11°6 + 4°

Ainsi, les minima nocturnes ne sont pas beaucoup plus chauds au printemps qu’en hiver, tant sur les sraouate qu’en plaine. De février à mai, la moyenne des minima n’augmente que de 6 points environ. La moyenne des maxima, en revanche, s’enfle presque du double. Le printemps se caractérise donc en regard de l’hiver par l’accroissement des températures du jour. La moyenne des minima de mai est plus faible que celle d’octobre, celle des maxima est, au contraire, un peu supérieure.

Dans le Haut-Tell algérien, à l’Ouest de Souk-Ahras, on éprouve d’aventure en avril et même en mai des abaissements de température hors de saison. En mai 1902 on déplora à Sétif douze fois − 7°. Les pailles des céréales, grillées par le gel, cassaient comme du verre sur les sraouate[159]. Moins élevé, doté de plaines qui fonctionnent comme magasins de chaleur, et plus influencé par la mer orientale, le Haut- Tell de Tunisie n’a pas à craindre de pareils désastres. Cependant, des gelées s’y observent au printemps. A Mactar, le 15 mai 1904 sévit une gelée très forte. Le 30 avril précédent, étant campé à Bir-Bou-Hofra (plateau de Bou-Chebka), ma tente se couvrit pendant la nuit d’un givre épais. Le 22 avril 1900, constatation analogue dans la plaine de Rohia, etc. Le maigre développement qu’ont certaines années les tiges des céréales est souvent en liaison non avec la sécheresse, mais avec les rigueurs des températures nocturnes et avec des coups de djebeli.

Passons maintenant aux températures diurnes auxquelles est dû l’essor de la végétation :

Mactar : 1894 (printemps froid) 1902 (printemps chaud) / \ / \ Moy. des max. Max. abs. Moy. des max. Max. abs.

Mars 11°1 20° 15°5 27°

Avril 15°1 22° 22° 37°

Mai 21°4 31° 20°9 31°

Avril, remarquons-le, est parfois plus chaud que mai. Il faut voir là d’ordinaire une répercussion du sirocco, lequel exerce son action desséchante sur les céréales en vert. Dans les sraouate, l’orge et le blé ont moins à en souffrir, parce que les vents de Sud-Ouest ou de Sud n’y portent pas la température au même paroxysme que dans les régions basses, et parce que la terre argileuse contient des trésors hydriques qui remplacent immédiatement chez les jeunes plantes les particules aqueuses aspirées par le chehili. Mais il en est autrement dans les plaines au sol hamri ou sableux.

Quant aux pluies, celles d’automne ont permis de labourer et grâce aux précipitations de l’hiver les grains ont germé. Aux chutes d’eau printanières le soin de faire pousser les tiges et former les épis. Quelques 100mm semblent nécessaires à cet office et ce total est presque toujours atteint sur les sraouate du Nord du Haut-Tell. En dix années, de 1900 à 1910, deux fois seulement on enregistra à Téboursouk un chiffre inférieur. (A Mactar et à Thala, quatre fois.)

Certains printemps déversent un vrai déluge d’eau : au Kef 450mm en 1890 et en 1892 et 350 à Mactar. L’humidité de tel ou tel mois de printemps est parfois assez prononcée pour créer des brouillards intenses. Mais, comme pour l’hiver, c’est leur répartition qui donne toute leur valeur aux pluies :

LE KEF 1899 MACTAR 1901 Mauvaise répartition Bonne répartition

mm mm

Mars 97,2 26,3

Avril 12,1 35,5

Mai 9,7 78,8 ----- ----- TOTAUX 119,0 140,4

Quand la saison a été relativement sèche, le déclin d’avril et la moitié initiale de mai revêtent une importance particulière et entraînent le succès ou l’échec de la campagne agricole[160]. Ces pluies sont surtout propices pour les céréales semées tard et pour celles dont l’évolution a été entravée par le froid. Leur utilité est donc hors de pair sur les sraouate et même en plaine pour le blé. Quant à l’orge, il est moissonné en plaine dans la seconde quinzaine de mai et dans la première quinzaine de juin sur les sraouate. C’est la fin du printemps.

2o L’été saison chaude. — Au point de vue agricole, l’été est le couronnement de l’année : il s’ouvre avec la moisson et se clôt avec le dépiquage. Au point de vue de la température, il est la période où le thermomètre touche chaque jour 30° ou plus. Au point de vue des précipitations, c’est la phase des moindres pluies et celle des orages. Ces trois ordres de phénomènes, qui ont entre eux une relation assez étroite, coïncident en gros pendant les quatre mois de juin à septembre, avec cette réserve que l’été est à la fois plus précoce et dure davantage en plaine que sur les sraouate.

Sur ceux-ci, avons-nous dit, l’été va du 15 juin au 15 septembre.

Mactar : 1889 (été chaud) 1890 (été frais) / \ / \ Moy. des max. Max. abs. Moy. des max. Max. abs.

Juin 25°9 39°0 23°3 32°

Juillet 31°9 4 fois 40 26°0 35° à 42°

Août 34°0 3 fois plus 31° 35° de 40°, dont 1 fois 44°

Septembre. 24°4 35°0 22°3 25°

Même pendant les coups de sirocco, les nuits d’été ne sont jamais étouffantes. Sur les sraouate, en temps ordinaire, elles sont plutôt fraîches. Les moyennes des minima vont en effet de 12°,5 à 18°,4 (été de 1903) et de 13°,9 à 21°,8 (été de 1902). Sur les parties élevées et ventilées, dès le coucher du soleil on ressent comme une impression de froid véritable. Les températures de l’été sont donc, sur les sraouate, parfaitement clémentes pour les Européens qui y rencontrent à peu près les conditions de la Kroumirie. Certains endroits comme la Kessera ou le Chambi pourvus d’eau, de boisements et de buts d’excursion, pourront un jour devenir, tout comme Aïn-Draham, des stations estivales pour les habitants des plaines ou de la Steppe voisines.

L’époque la plus chaude est constituée par les mois de juillet et d’août, et en général août est plus fort que juillet. L’aoussou (canicule) débute avec la dernière semaine de juillet et englobe août et les commencements de septembre. La fin de l’aoussou annonce sur les sraouate l’expiration de l’été lui-même. Car si septembre accuse encore dans ses deux premières semaines des températures assez hautes (41° le 1er septembre 1892 à Mactar, 35° le 3 septembre 1901, 34° le 12 septembre 1903, etc.) une baisse notable se manifeste ensuite. En 1902, le thermomètre tombe sous 30° à partir du 14 septembre qui, avec son brouillard, est vraiment la tête d’une autre saison. Parfois, la chaleur cesse plus tôt. Non seulement la moyenne des maxima de septembre n’atteint jamais 30° à Mactar, mais encore à l’occasion le maximum absolu du mois demeure au-dessous de cette ligne (29° en 1904). Cet affaissement de l’été dépend d’orages survenus par vent de Nord-Ouest et qui déterminent un refroidissement stable de l’air.

Notons que le Kef et surtout Téboursouk sont plus chauds que Mactar. Téboursouk posé, en effet, sur la lisière et en contrebas d’un sra est, avec ses 465m d’altitude, au niveau de beaucoup de plaines du Haut-Tell et participe du climat de la vallée du Khalled qui s’allonge à ses pieds. A Téboursouk, il fait en moyenne en été trois ou quatre degrés de plus qu’à Mactar. Le 10 septembre 1900 ou y a enregistré 47°. Pour trouver dans cette région un véritable pendant à Mactar, il faut monter vers le Goraa et aller, par exemple, à Nemcha. Si, au contraire, on descend en plaine dans le Krib ou vers la Dakhlat de Souk-el-Arba, la température s’aggrave. Voici ce qu’on remarque pour un été chaud à Saint-Joseph-de-Thibar :

Moy. des max. Max. abs.

Mai 22°4 33°

Juin 32°8 41°

Juillet 41°8 46°

Août 37°4 45°

Septembre 34°5 40°

Octobre 25°5 38°

Quant aux moyennes des minima, elles oscillent entre 16°,7 et 20°,6 (été de 1901) et 16°,4 et 23°,2 (été de 1902). Ces températures sont infiniment supérieures à celles que Mactar offre pour les mêmes années, et, du rapprochement des chiffres, il ressort que l’été le moins fort de Saint-Joseph-de-Thibar équivaut à l’été le plus accentué de Mactar. La durée de la période chaude est aussi plus grande à Thibar. Comme nous l’avons signalé, l’été compte dans les zones basses quatre mois pleins ayant à peu près constamment plus de 30° et si l’on veut retrouver les équivalents thermiques des mois de juin et de septembre des sraouate, il faut les chercher respectivement dans les mois de mai et d’octobre des plaines. Les orages de septembre par vent de Nord-Ouest s’adressent, en effet, quasi exclusivement aux sraouate et aux montagnes et leur rôle en plaine est bien moindre.

3o L’été saison sèche. — Saison chaude, l’été est aussi en Tunisie la saison sèche, et cette règle est très nette dans les plaines du Haut- Tell qui n’ont durant les mois de juin, juillet et août que des pluies insignifiantes. Sur les sraouate, autre régime. En harmonie avec la fraîcheur relative de la température on a des pluies estivales fréquentes, caractère assez commun à la vérité dans les pays de montagne. Avec la Kroumirie et Bizerte-Mateur, la zone élevée du Haut- Tell est le district de Tunisie qui reçoit en été le plus de précipitations. Le mois le plus sec est juillet, qui est l’axe de la période sèche. Mais août est coupé de pluies ; juin et surtout septembre sont assez mouillés. A Mactar, les trois mois de juin à août ont enregistré sept fois à leur actif le cinquième au moins des précipitations annuelles. En général, sur les sraouate du Haut-Tell, il tombe durant ces trois mois de 40 à 90mm d’eau (4 à 16 jours). En juillet 1911, on a vu s’écraser sur Thala 274mm au cours de huit orages durant lesquels quinze personnes furent tuées par la foudre.

Pourtant, si l’on procède à une décomposition du chiffre des pluies estivales et si l’on fait abstraction des commencements de juin une certaine saison sèche se révèle. C’est ainsi qu’à Mactar, du 18 juin au 31 août 1903, il n’y eut aucune espèce de pluie. Dans la même station, en 1902, du 6 juin au 25 septembre, on ne constata que 20mm en 6 jours. A Thala, les quatre mois juin-septembre n’inscrivirent rien en 1905 et 9mm à peine en 1902, phénomène qui dénonce le voisinage de la Steppe. Septembre, pourtant toujours plus ou moins humide, est sur les sraouate le prodrome de l’automne tant par l’abaissement de la température que par l’augmentation de la pluviosité.

Les précipitations estivales s’abattent sous forme d’orages[161] éclatant presque invariablement dans la deuxième moitié de la journée et se répétant d’ordinaire plusieurs jours de suite. Elles s’étendent à l’occasion assez loin au Nord-Est, le long de la chaîne de Zeugitane et, quand l’été est pluvieux, jusqu’à Tunis même. Exceptionnellement, elles arrivent jusqu’à Kairouan, comme en juillet 1911.

Secourables grâce à leur influence sur la température, les pluies d’été ont encore cette conséquence heureuse d’entretenir ou de renouveler les pâturages. Plus d’une fois, elles rappellent les troupeaux qui ont émigré vers les régions septentrionales plus riches en herbe. Néanmoins, les habitants du Haut-Tell ne voient pas ces averses avec plaisir. Car, sauf au début de juin, elles n’ont pas d’avantages agricoles. Elles gênent la moisson, détériorent les meules, nuisent aux battages et leur ensemble diminue d’autant le quantum des précipitations annuelles réellement utiles. La pénurie hydrique de l’année 1901-02 à Mactar (238mm) fut encore accentuée au point de vue productif par ce fait que 54mm tombèrent en été ne laissant que 183mm assimilables par les céréales. De deux années inégalement pluvieuses, la meilleure n’est donc pas toujours celle qui offre le total brut le plus élevé :

Saint-Joseph-de-Thibar : Total brut Pluies Quantité utile des pluies estivales pour les céréales

1899-1900 465mm 112mm 353mm

1901-1902 414 0 414

Les plaines ayant une saison sèche d’été beaucoup plus franche que les sraouate, il en résulte que la différence pluviale entre les unes et les autres se trouve atténuée dans la pratique. Tout en recevant moins de pluie qu’un sra voisin, une plaine peut disposer d’une même tranche pour les céréales.

Les orages des après-midi d’été criblent en outre plus d’une fois les plaines et surtout les sraouate de grelons destructeurs. Dans le Haut- Tell, on compte de deux à huit chutes de grèle, du printemps à l’automne, et ce parfois dès le mois de mars (2 mars 1903 à Mactar). Juin est le mois le plus dangereux. S’il serait oiseux d’énumérer les grands orages de grèle dont a souffert le Haut-Tell depuis 1881, il n’est pas sans intérêt de nous arrêter sur ceux de 1906 qui reproduisent avec une intensité particulière les constatations faites jusqu’à présent au sujet des routes les plus habituellement suivies dans le Haut-Tell par ce genre de phénomènes (voir carte ci-jointe).

Le 12 mai 1906, la grèle accourue de Tébessa et du Kouif, s’épancha sur le Tell des Fréchich. D’une part, elle causa des dégâts sur le Sri d’Haïdra, le Char et la région du Bel-Hannech ; d’autre part, elle visita la plaine d’El-Afrane, les Hamad et le Zelfane. Elle s’épanouit en guise d’éventail sans beaucoup de mal jusqu’au sraouate des Majeur. Ces orages de grèle, nés vers Tébessa, marchent souvent plus loin vers l’Est et, dépassant le Djebel-Chaquetma, vont mourir sur le Skarna, par dessus le Nord de la plaine de Rohia dont la zone méridionale est ordinairement indemne. Le 12 juin, la grèle se forma encore sur la frontière algérienne, mais plus au Nord vers Kalaat-Senane. Elle prit d’abord par une bande de terrain assez étroite comprenant le Nord des plaines de Zouarine et du Sers, mais sur cet espace, tout ce qu’elle traversa (environ 3.000 hectares de champs cultivés) subit un déchet pécuniaire de 550.000 francs. Puis, par l’Oued-Tessa, l’orage inclina vers le septentrion et se déchargea sur la Rhorfa, le Djebel-Bou-Kahil et le front Sud-Ouest des sraouate de Téboursouk affectant, mais d’une manière incomplète, un millier d’hectares de céréales. En même temps, le massif de Mactar était aspergé de grelons jusque vers la Kessera et Mansoura sans qu’il en découlât grand dommage, sauf sur El-Bèz. Mais d’El-Bèz et d’Ellès, une nuée destructrice filait le long du massif comme aspirée par la vallée du Massouge, et anéantissant sur son passage pour 380.000 francs de céréales sur 2.000 hectares, butait à Sidi-Djaber contre le Roba-Siliana pour accompagner la lisière de ce dernier jusqu’au milieu du Roba-Ould-Yahia. Un troisième orage de grèle constitué le 7 juillet à Sakiet-Sidi-Yousef, s’avança d’Ouest en Est et éclata à Sidi-Amor-Ben-Zeghid, à quelques kilomètres du Kef dont la petite et grande banlieue furent radicalement dévastées sur environ 1.700 hectares (perte en argent : 300.000 francs).

[Illustration : Carte 6. — CARTE DE LA DIRECTION DES ORAGES DE GRÊLE]

Ces trois orages qui ravirent aux cultivateurs une somme globale de 1.300.000 francs indiquent à merveille les itinéraires de la grèle dans les quatre cinquièmes du Haut-Tell. Quant à la région de Téboursouk, la grèle y entre soit par le Sud-Ouest (brèche de la Rhorfa-Krib), soit par l’Ouest (Bordj-Messaoudi, route Kef-Téboursouk), prolongeant ainsi les orages venus de Kalaat-Senane ou de Sakiet. On a constaté enfin des orages de grèle débouchant du Nord-Ouest par Hammam-Biadha et l’Oued- Tessa et gagnant Aïn-Fourna par le Fedj-El-Adhoum, le Gafour et le versant Nord du Roba-Siliana. Cette ligne Hammam-Biadha-Aïn-Fourna paraît à partir du Krib assez indépendante du relief qui est d’ailleurs modeste. Elle concorde avec la direction du vent pluvieux. Mais dans le reste du Haut-Tell, les orages de grèle cheminent Ouest-Est ou Sud- Ouest-Nord-Est et coïncident ainsi avec l’allure des principaux plissements du pays plutôt qu’avec l’orientation familière des nuages fournisseurs d’eau.

La grèle montre quel avantage il y a à hâter la moisson qui, pour le blé, débute en plaine vers le 15 juin, et vers le 5 ou le 10 juillet en montagne. L’orge est généralement coupé à la fin de juin, le blé à la fin de juillet ou à la mi-août et l’on dépique jusqu’en plein septembre. En même temps que mûrissent les céréales, montent en graine aussi et se dessèchent les autres végétaux annuels. A la moitié de juin, dans les jachères ou parmi les blés, on aperçoit encore quelques fleurs, carottes sauvages à ombelles blanches, liserons roses ou coquelicots pourpres, chicorées qui jouent en quelque sorte nos bleuets, thapsias couleur d’or (driès ou bou nefa), fumeterres, etc. Mais avec juillet, la dernière verdure disparaît. Dans l’Afrique du Nord, la végétation est suspendue en été comme en France en hiver. Les céréales une fois enlevées, jusqu’aux pluies d’automne il n’y a plus que du guich, c’est-à-dire des chaumes et des herbes sèches, natte monotone de l’été ayant remplacé le tapis somptueux et bariolé qu’avait déployé le printemps.

Dans l’ensemble, le climat du Haut-Tell se présente comme propice à la vie humaine par suite de ses températures modérées, analogues à celles de bien des cantons d’Italie. L’hiver est froid et pourvu de neige. L’été est tempéré en montagne. Au point de vue économique, ce climat offre de bonnes possibilités agricoles dans les plaines de la Friguia et sur les sraouate grâce à des pluies suffisantes. Celles-ci entretiennent une végétation spontanée non négligeable et permettent aux arbres l’assemblage en forêts. Elles nourrissent également nombre de belles sources et des rivières qui comptent parmi les principales de Tunisie. Assurément, comparé à la métropole, le Haut-Tell est plutôt pauvre en eaux, ainsi qu’il est aisé de le déduire du chiffre des précipitations. Mais si on le met en regard des autres compartiments tunisiens, il se classe comme nous allons le voir à un rang des plus honorables puisqu’il ne le cède à ce sujet qu’au Tell Septentrional.

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[Note 141 : Les observations météorologiques officielles mentionnent le plus souvent le courant aérien qui règne au moment du relevé journalier, alors que la pluie a pu tomber quelques heures plus tôt par un vent totalement différent. Les témoignages indigènes éclairent le rôle hydrique des vents orientaux.]

[Note 142 : C’est à peu près à ces conclusions qu’arrive le Chef du Service météorologique de la Tunisie GINESTOUS. Nous avons seulement accentué l’influence des vents de la direction Est.]

[Note 143 : GINESTOUS : Etude sur le climat, p. 118, a fourni une carte de la répartition annuelle des pluies qui met en lumière ce phénomène. Toutefois, les chiffres paraissent un peu forts et les lignes de 400 et de 500mm semblent devoir être reportées plus au Nord.]

[Note 144 : GINESTOUS, Op. cit., p. 94.]

[Note 145 : Aux chiffres cités par GINESTOUS, Op. cit., p. 31, nous en avons ajouté quelques-uns relatifs au Haut-Tell.]

[Note 146 : BONNET : Géog. botan. de la Tunisie, p. 8, indique qu’à la mi-juin 1883, le thermomètre fronde donnait, vers Sidi-el-Hani, 33°, alors qu’il marquait 59° sur le sol, parmi les plantes en végétation.]

[Note 147 : CH. RIVIÈRE : Refroidissements nocturnes de l’air et du sol, indique fort bien la différence qui court entre la météorologie officielle et la météorologie agricole qui recherche les conditions réelles de la vie des végétaux. Il y a en hiver au moins quatre ou cinq degrés de différence entre la température à 1m 50 du sol et celle auprès de la terre elle-même. Le maximum de froid se vérifie à une dizaine de centimètres de terre. Dans les couches supérieures, le froid va s’atténuant progressivement.]

[Note 148 : Voir notre étude sur le Massif de Mactar.]

[Note 149 : Voir à ce sujet de judicieuses réflexions dans PH. GAUCKLER : La pluie à Alger (Ann. de Géog., 1903), p. 335-338.]

[Note 150 : POLYBE : Histoire générale, livre XIV, chap. I.]

[Note 151 : Voir à ce sujet TRABUT : Les régions botaniques et agricoles de l’Algérie (Rev. Scientif., 1881), p. 461.]

[Note 152 : Op. cit., II, p. 275.]

[Note 153 : Les indigènes emploient encore pour les travaux des champs le calendrier julien qu’ils nomment l’année étrangère (am el ajmi).]

[Note 154 : Autour d’un bonhomme de neige, un combat à coups de boules de neige s’engagea tout comme en France.]

[Note 155 : En 1899, la diligence de Souk-el-Arba au Kef fut en panne au Dyr quatre jours.]

[Note 156 : Archives du Contrôle civil de Mactar, III, 9.]

[Note 157 : RIVIÈRE, Op. cit., p. 35, indique pour Constantine, en janvier 1900, deux minima de − 10° et pour Sétif un minimum de − 13°. Autour de Sétif, Ryf aurait relevé jusqu’à − 15° (RIVIÈRE, ibid., p. 55).]

[Note 158 : Ces djeraïd vont du dessous du genou au cou de pied et ils sont assujettis au moyen d’une cordelette servant de jarretière. Parfois, ils comportent un sous pied également en laine.]

[Note 159 : RIVIÈRE, Op. cit., p. 57-58 et 63.]

[Note 160 : Dans la Steppe où la végétation est en avance, c’est le mois de mars ajmi (13 mars-13 avril) qui est la période décisive.]

[Note 161 : SALLUSTE : De bello Jug., 75, parle d’un orage d’été qui assaillit l’armée romaine durant sa marche du Mellègue sur Thala.]

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