‹ La région du Haut Tell en Tunisie (le Kef, Téboursouk, Mactar, Thala)Chapitre 29 sur 62 · III

III

LA PÉRIODE TURCO-HUSSÉINITE

D’après un document espagnol, Féraud nous indique dans la province de Constantine en 1535 divers chefs Douaouda dont un est à la tête des Ouled-Sbaa des Riah. A l’Est de cette ville sont les Hanencha partagés entre deux cheikhs dont l’un occupe les quinze maisons de Tébessa et dont l’autre, Abdallah ben Souda des Beni-Chennouf, commande les Ouled- Soula aux environs du Kef[280]. Les Beni-Chennouf étaient une branche de la famille Mehelhel[281]. Cités dès 1395 dans Zerkechi, les Hanencha dans le territoire desquels sont les sources de la Mejerda et chez qui en 1436 le Sultan Hafside lève des soldats[282], représentent un groupe haouaride ayant échappé à la main mise des Soléimites et dont le noyau semble avoir été déterminé par les Beni-Ounifen. Nous en avons pour preuve l’identité d’habitat et l’appellation même, dérivée visiblement du nom de cet Hannech[283] qui se couvrit de gloire en 1224 dans une bataille des Haouara contre Ibn Rhania. En outre, les Harar, famille dirigeante des Hanencha, se rattachaient à ce personnage. Hanencha et Beni-Chennouf sont parmi les soutiens des Chabbia qui plus à l’Ouest ont avec eux les Nememcha et les Haracta, tribus chaouïas. La chute des Chabbia au début du XVIIe siècle scelle la fin de l’hégémonie jusque là exercée sur l’intérieur tunisien par les descendants des Soléim. Des Riah (Ouled-Saïd, Ouled-Sbaa, Ouled-Yagoub) retournent dans la Tunisie Centrale.

Nous avons ainsi dans le Haut-Tell vers l’année 1600 (voir carte no 10) les Beni-Chennouf au Kef épaulés par les Ouled-Mimoun au Nord de Téboursouk et par les Ouled-Yahia au Sud de cette localité. Dans la zone des plaines centrales vaguent les Ouled-Saïd. Sur la frontière d’aujourd’hui chevauche la confédération des Hanencha, réduction de celle des Chabbïa et qui fait pendant aux confédérations des Ouled- Mokrane (Medjana) et du Bit-Bou-Okkaz (Aurès et Zab). Englobant la bande où s’opère la transition entre le milieu de la Berbérie et sa façade orientale, elle s’étale à peu près sur toute l’aire de drainage du Mellègue. Elle embrasse dans la Tunisie actuelle les Ouargha, les Charen logés alors plus au midi, les Zeghalma, les Khememsa et Doufane, et en Algérie, les Beni-Khiar et les Haracta[284]. Ces peuplades obéissent à la famille des Harar et les Hanencha fonctionnent comme tribu maghzen. La zmala du cheikh campe souvent au pied du Djebel-Bel-Hannèch, tandis que la Kalaat-Senane sert de refuge et de grenier.

Au midi des Hanencha (voir carte no 10), une partie de Bermajna et les plaines d’El-Afrane, Foussana et Kasserine sont aux mains des Ouled- Yagoub. Au Char et à l’Est du Char règnent les Smiret. Vers Sbiba se remarquent les Sbibate, fraction des Smatha, à qui appartient le massif du Chaquetma. Fréchich et Majeur n’ont pas encore d’existence indépendante et suivent les inspirations des chefs des tribus arabes précitées. Parmi elles, le premier rang revient dans le Sud-Ouest aux Ouled-Yagoub dont la puissance se serait affirmée avec un certain Yagoub et son fils Mohammed Baiou à propos desquels courent diverses légendes. Sur la lèvre septentrionale de la plaine de Foussana, autour du tombeau de leur aïeul, sont en train de naître les Ouled-Sidi-Bou-Rhanem. Sur le massif de Mactar, les Ouled-Ayar récemment formés par la réunion de fractions berbères d’origines différentes sont encore sous la tutelle des Arabes Ouled-Ali qui ont la Hamadat et le Sud du Sers et de Zouarine, tandis que les Ouled-Sbaa détiennent le plateau de Mactar avec les Ouled-Mehelhel. Le long de la chaîne de Zeugitane, et entre elle et les Ouled-Yahia domine la tribu arabe des Hedil[285].

Profitant de ce que l’intérieur est complètement livré à lui-même durant tout le conflit hispano-turc et jusque vers 1650 des fractions tripolitaines se glissent dans le Haut-Tell affermissant encore la prépondérance des gens de cette provenance dans le peuplement de la région. La tribu soléimite des Mahammid[286], branche des Debbab, répandue de Gabès à Tripoli, envoie les Sfina sur l’Oued-Siliana et les Kouka entre Téboursouk et Béja. D’elle s’élance aussi au milieu du XVIIe siècle le marabout Sidi Khalifa El Mahmoudi. Du rameau haouaride des Tarhouna vivant au midi de Tripoli se détachent les Skarna et les Soualem qui se fixent entre le Berbérou et le couloir de Rohia, région où émigre également le marabout tripolitain Sidi Bel Habbès. Entre le Tiouacha et le Semama, les Dbaba arrivés de Derna portent le nom même de la branche soléimite précitée[287].

Cependant, dès 1534, Kheireddine Barberousse, maître de Tunis, avait expédié des soldats dans les villes de l’intérieur comme Kairouan[288] et Constantine[289]. Après leur victoire définitive sur les Espagnols, en 1574, les Turcs organisent la Régence à leur façon. Leur système consiste à s’établir dans quelques grands centres d’où ils étreignent les bédouins dans le cercle d’une diplomatie dissolvante. La création du beylik de Constantine avec ses garnisons de troupes régulières dans cette ville et à Tébessa[290], à l’extrémité des deux principales voies antiques du Haut-Tell, convie les Turcs de Tunisie à des mesures corrélatives. Sur le Koudiat-En-Najarïa de Thala, on a retrouvé ainsi qu’à Lorbeus quelques boulets en pierre et un en fer, attestant peut- être une occupation momentanée. La réparation des remparts byzantins d’Haïdra date-t-elle aussi de cette époque ?[291] L’Oued-Haïdra étant la tête du Sarrath, la conjecture est permise que c’était là le poste tunisien dont le traité de 1628 prescrivit l’abandon[292]. Quoi qu’il en soit, les Turcs de l’Est se persuadèrent vite qu’un vrai danger ne pouvait surgir pour eux de Tébessa dont le rôle était de contenir et d’observer les nomades de la Steppe et de l’Aurès et ils portèrent leurs efforts vers le Nord. A Constantine, base offensive sérieuse, ils opposèrent non pas Lorbeus qui est délaissé, mais le Kef, situé à cheval sur le chemin reliant les capitales des deux beyliks, et qui, grâce à cela, devint au XVIIIe siècle le plus gros bourg et la citadelle du Haut-Tell. Mais il fallut d’abord s’en emparer puis assurer les communications entre cette ville et Tunis. Ce fut l’œuvre d’un demi- siècle.

En 1628, les agissements de Thabet ben Chennouf amènent la défaite du dey Yousef[293]. Mais Mohammed Pacha, devenu bey en 1631, réduisit les Beni-Chennouf. Il ne resta d’eux aucune trace dit El Kairouani[294]. Et l’assertion est presque exacte à la lettre : c’est à peine s’il existe encore quelques Chenenfa au Kef, autour de Téboursouk et à Tunis. Les survivants se réfugièrent avec les Ouled-Soula dans la région de Constantine d’où ils émigrèrent ensuite vers le Sahara[295]. C’est sans doute au même Mohammed Pacha qu’il faut attribuer le remaniement des populations de la région de Téboursouk. Ouled-Mimoun sur les sraouate de Téboursouk (Rihana, El-Arich et autour du Goraa), Ouled-Yahia depuis Aïn-Tounga jusqu’à Bordj-Messaoudi et au Gafour étaient assez puissants soit pour couper Tunis du Kef, soit pour attaquer à revers les colonnes aux prises avec les Algériens. On peut supposer qu’ils figuraient parmi ces tribus arabes dont la défection entraîna l’échec de Yousef-Dey et qu’ensuite ils furent chatiés par Mohammed Pacha qui profita des moindres prétextes pour procéder à des confiscations[296], si bien qu’on n’enregistra plus que quelques familles d’Ouled-Mimoun au Djebel-Bel- Aïch, près du Goraa, et que quelques douars d’Ouled-Yahia à El-Alia. Les Ouled-Yahia se maintinrent comme locataires au Gafour et avec l’aide des Ouled-Aoun ils prirent la place des Hédil à l’Ouest du Bargou, tandis qu’à l’Est ceux-ci étaient chassés par les Zlass.

Le vide causé par la fuite ou l’expulsion des deux tribus précitées et des Beni-Chennouf fut comblé par d’autres peuplades qui entrent à la solde du Gouvernement comme tribus maghzen. Pour les plaines friguiennes, les Ouled-Yagoub désertent peu à peu la région de la Foussana. En 1727, Shaw les trouve sous les murs du Kef[297]. Plus à l’Est sont introduits les Drid et leurs confédérés. Ancienne tribu maghzen des Chabbïa, les Drid s’engagent au service des Turcs de Tunis à l’époque de Mohammed Pacha le Mouradite. Ce dernier régularise les zmalas des tribus soumises, met à leur tête des gens à lui[298] et s’en sert contre les rebelles. Les Turcs sont dès lors les maîtres absolus du Kef et de la ligne Kef-Téboursouk.

Les Harar avaient à peu près réussi à garantir leur indépendance entre les Turcs de Constantine et ceux de Tunis qui se partagent théoriquement leur territoire en 1628 au traité d’Es-Settara qui fixe la frontière au Sarrath et au Mellègue. En 1644, le cheikh Khaled, vaincu par Mohammed Pacha, fait acte de vassalité, mais celle-ci demeure nominale jusqu’au massacre de Bou Aziz, œuvre d’Ali Pacha et de son fils Younès, en 1739[299]. Sous Brahim, successeur de Bou Aziz, cette sorte d’état qui avait duré deux siècles se disloque. Ouargha, Charen, etc., se détachent et tombent sous l’influence des beys de Tunis, tandis que les membres occidentaux s’orientent vers Constantine. Le bey de cette ville, Salah, suscite mille difficultés à Brahim qui expire sur la Kalaat-Senane où il brave son antagoniste.

L’effondrement des Hanencha entre 1739 et 1780 amène des changements qui s’effectuent comme les précédents, du midi vers le septentrion. Ce sont des tribus de la Steppe qui gagnent le Tell où des peuplades du Sud du Haut-Tell qui se meuvent vers la Friguia. Shaw avait en 1727 rencontré les Ouled-Bou-Rhanem, du Nord de la plaine de Foussana jusqu’aux montagnes d’Haïdra[300]. Mais au moment du déchirement de la confédération susvisée, les Fréchich et les Ouled-Rhida, pressés par les Hamama, s’avancent vers le Nord en poussant à leur tour les Ouled-Bou- Rhanem. Ceux-ci se taillent une nouvelle patrie au détriment des Hanencha qu’ils expulsent du Tajmout. Ils bousculent les Zeghalma et s’emparent même, par trahison, de la Kalaat-Senane qui ne leur échappe qu’en se donnant au gouverneur du Kef. Puis, pour résister aux Algériens, les anciens éléments orientaux des Hanencha se joignent aux Ouled-Bou-Rhanem et créent un groupement un peu analogue, mais sans rouage directeur, qui prend le nom d’Ounifa.

En même temps, la lutte acharnée entre les adeptes d’Hassine-Bey et d’Ali-Pacha ou de leurs enfants modifie les emplacements de mainte peuplade. Après la mort d’Hassine-Bey (1740), ses fils émigrent en Algérie, suivis par les Charen, les Beni-Rezg, les Ouled-Yagoub, une partie des Drid. Ces tribus reviennent en 1756 quand la fortune se prononce contre Ali-Pacha, mais les Charen se recasent un peu au Nord de leur ancien domaine. Cette lutte est l’occasion d’un classement des tribus en deux sofs, celui des Hassinia et celui des Bachia, étiquettes couvrant la continuation de vieilles querelles. Sont Hassinïa : les Ounifa, les Beni-Rezg, les Ouled-Aoun, les gens de la Kessera et du Bargou, les Zlass, les Hamama, les Neffet, les Ourghemma et en Algérie les Hanencha et les Nememcha. Sont Bachïa : les Fréchich, les Majeur, les Ouartane, les Ouled-Ayar, les Ousseltia, les Souassi, les Metellit, les Beni-Zid et en Algérie les Ouled-Khiar, les Beni-Barbar, les Haracta.

[Illustration : XVIII — HAOUTA DE SIDI-BOU-ARAARA AU SUD-EST DE THALA. (Cliché Monchicourt.)

Au premier plan, armoise champêtre.]

[Illustration : XIX — L’ESCALIER DE LA KALAAT SENANE. (Cliché Monchicourt)

Planche J]

La constitution de ces deux sofs détermine un état d’équilibre comme on n’en avait pas vu depuis des siècles. Les tribus se neutralisent réciproquement en même temps que le pouvoir central arrive à désigner leurs caïds. Dès lors, chaque peuplade garde à peu près ses positions sous la réserve des changements causés par les ventes de terrain. Comme l’indique notre carte no 11, les Hassinïa comprennent tout le Nord du Haut-Tell, tandis que les Bachïa sont cantonnés dans la bande méridionale. Au septentrion, est le pays soumis aux Turcs (Bled-Et- Trouk), au midi une zone où les bédouins sont plus libres (Bled-El- Arab), c’est-à-dire, pour parler comme au Maroc, d’un côté un Bled- Maghzen, de l’autre, un Bled-Siba[301]. Le Bled-El-Arab se livre à l’occasion à des manifestations intempestives. Mais il n’y a plus de tribu se transférant en bloc. La phase husséinite, surtout à partir de l’échec d’Ismaïl, petit fils d’Ali-Pacha (1762), est une ère de stabilité relative. L’existence de bourgades devient possible.

[Illustration : Carte no 11. — LES DIVISIONS POLITIQUES DU HAUT-TELL AU XVIIIE SIÈCLE]

Au XVIIe siècle, le village de Zouarine est cité lors des dissensions entre les deux beys Ali et Mohammed, fils de Mourad. Plus tard, Mohammed Seghir ben Yousef parle de la Kessera et de trois villages du Bargou qu’il ne nomme pas. Auprès de tombeaux de marabouts se construisent Décherat-Lalla-bent-Saïdane au pied du Djouggar, Décherat-Sidi-Hamada au bas du Serdj, Décherat-Sidi-Bou-Rhanem au-dessus de la plaine de Foussana, premier groupe de maisons des Fréchich et Majeur, depuis l’invasion hilalienne. Dans le troisième tiers du XVIIIe siècle, les Ousseltia expulsés de leur pays élèvent des hameaux en divers coins du Haut-Tell. Les villages de Thala et de Jama (Massouge) datent des règnes d’Ahmed-Bey (1837-1855) ou de M’hammed-Bey (1855-1859). Quelques maisons isolées apparaissent vers cette époque sur le plateau Ouartane. Des caïds osent bâtir au contact de la plaine et de la montagne, tels les bordjs de Brahim-Er-Riahi[302], caïd des Drid, à Aïn-Eja, au bas de Dougga, ou du caïd El Arbi Sehili des Majeur, au pied des montagnes de Thala. Ces personnages disposent de toute une tribu pour défendre leur demeure d’où ils commandent les environs en exigeant des péages des voyageurs un peu à la façon d’un Enguerrand de Coucy ou d’un Thomas de Marle.

Mais les dépenses exagérées de l’Etat et la fiscalité qui en dérive enrayent le mouvement de fixation. La rébellion de 1864, la famine de 1867 aggravent le mal. En 1861, El Arbi Sehili aspirait à créer une bourgade auprès de son bordj et dans cette intention il avait édifié plusieurs maisonnettes et des magasins. Mais les procédés tyranniques du caïd entraînent sa mort et la suppression de son repaire lors de la révolte dirigée par Ali ben Rhadahem, un de ses administrés (1864). La même insurrection arrête dans l’œuf un essai de rénovation d’Haïdra par quelques personnalités des Fréchich[303], tentative que les beys reprirent avant 1881 en mettant là ainsi qu’à El-Oubira un poste de douane. En la même année 1864, des bandes détruisent à Djebba les installations de la mine de plomb argentifère exploitée pour le compte du beylik. La famine de 1867 vide presque Thala, Kalaat-Senane, Zouarine, Ebba et diminue l’effectif de villes comme le Kef ou Téboursouk. Zouarine, auquel Guérin accorde 250 à 300 âmes est abandonné à la suite d’attaques de hordes fréchiches poussées par la faim, et ne renaît qu’à la veille du Protectorat, sur l’initiative du gouverneur du Kef, Si Rechid. A Ebba, la misère oblige la plupart des propriétaires à vendre maisons et jardins à leur cheikh Khader qui les laisse tomber ou envahir par les ronces.

A côté de ces villages la grande majorité de la population vit en zmalas signalées par les voyageurs. Ce sont, par exemple, la zmala du caïd des Zeghalma près du Zrissa, celle des Ouled-Ouezzez au pied Sud du Chambi, celle des Ouled-Ali des Fréchich au bas du Semama, celle des Ouled-Naji dans le Nord de la plaine de Foussana. Les zmalas des Majeur sont rencontrées non loin de Thala à l’Henchir-El-Hammam, et auprès de Sbiba et du Koudiat-Chaïr. En Friguia, Guérin couche à la zmala des Ouled-Aoun dans la plaine de Siliana et dans le Sud du Sers la zmala des Ouled-Ali lui offre l’hospitalité. Le caïd des Drid avait habituellement sa zmala dans la même plaine[304]. Quand il escortait la mahalla, il appelait à lui tous les Drid dispersés dans la Régence et réunissait ainsi jusqu’à 1.500 tentes. En temps ordinaire, vers le deuxième quart du XIXe siècle, sa zmala que n’égalait aucune autre en Tunisie ne vantait pas moins de 300 tentes. Après 1881, Ali Seghir, devenu caïd de tous les Fréchich, eut quelques temps une zmala aussi importante comme si, au moment de fléchir à jamais, cette formation avait voulu un instant briller de tout son éclat. Les zmalas ne gardaient pas leurs emplacements avec une rigueur absolue. A l’époque des chaleurs, on les voyait auprès des sraouate, en hiver elles préféraient la plaine. En général, leur oscillation les ramenait toujours dans les mêmes cantons, mais l’endroit précis variait selon la maturité des moissons, l’état des pâturages, etc.

Observons que toutes les populations du Haut-Tell n’avaient pas de zmalas. Celles-ci étaient de règle dans la partie non friguienne du Haut-Tell, tandis que dans la partie friguienne elles étaient une exception, les Drid étant contraints de vivre en zmala dans le Sers moins par la nature du pays que par leurs obligations de tribu maghzen. Mais les sédentaires des montagnes, Ouled-Ayar, gens de la Kessera, du Bargou, Ouartane, etc., n’ont jamais eu de zmala. Le caïd des Ouled-Ayar est établi en permanence dans le village de Maghraoua. Le caïd des Ouartane habite un hameau non loin de Médeina[305]. Quand les montagnards de la Friguia se mettaient en zmala, c’était dans le but bien déterminé de faire la guerre. Dans le langage des Ouled-Ayar, le verbe zamala a l’acception de prendre les armes et de se révolter.

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