IV
LES KALAATS
Il nous reste maintenant à parler des villages de Kalaats[481], nids d’aigle qui, autrefois, tinrent un des premiers rangs dans notre région. Presque complètement aboli aujourd’hui, ce type de groupement y est encore représenté par des vestiges matériels qui font penser aux centres de l’Aurès et illustrent à merveille l’allure montueuse du Haut-Tell de Tunisie.
Entre Thala et Bermajna, le Kef-Chirdou est couronné par les ruines d’un hameau qui fut peut-être la Kalaat-Ed-Dyk du Moyen-Age. Le Guern-el- Alfaïa, le Djebel-Chirich ont sur leur cîme des débris de constructions. A la Kalaat-Snoubria (Hamadat des Ouled-Aoun) l’ancien village était garanti sur trois flancs par des escarpements rocheux et sur le quatrième par un mur. Sur la Hamadat des Ouled-Ayar, la kalaat anonyme, cotée 1.220m, non loin de l’Aïn-Seddine, est renforcée au midi par un rempart percé d’une porte, unique endroit par où l’on pouvait se hisser au sommet. La Kalaat-Senane qui réunit en elle et dans toute leur ampleur les divers caractères de ces acropoles n’est donc pas quelque chose d’exceptionnel.
Si, quittant la gare de Kalaat-Senane, nous voulons gagner la fameuse table, il nous faut gravir le socle de marnes noirâtres jusqu’à la mine, puis de là contourner par le Nord la gigantesque masse calcaire. Soudain, voici qu’un talus, pareil à une vague de terre écrasée contre la Kalaat, en réduit l’aplomb de moitié. De la pointe du cône herbeux s’élève en lacets un escalier (voir planche J) comparable à celui de Tizigrarine du Djebel-Chechar (Aurès)[482]. Les marches, au nombre d’environ cent cinquante, tantôt sont taillées dans le roc, et tantôt consistent en un monolithe ou en un tronc d’arbre. La montée est assez commode. La descente réclame plus d’attention, mais ce serait d’un faux pittoresque que d’en exagérer les difficultés, car le bétail utilise sans encombre ce chemin qui n’est réellement impraticable que pour les chameaux. Quatre paliers, le cinquième étant le plateau lui-même. Au premier étage on traverse une espèce de corps de garde plafonné de perches. Au second, on a devant soi une solide tour rectangulaire, munie d’un huis en bois plaqué de lames de fer. On pousse l’un des deux battants et l’on entre dans un couloir couvert analogue au précédent, mais plus long, car il mène jusqu’au palier d’en dessus qui s’épanche en une banquette à l’air libre soutenue par un parapet. L’escalier s’en détache pour décrire une courbe sur le toit de la galerie précitée. Puis l’on grimpe encore. Quatrième palier. Une ultime rampe épaulée par un garde-fou barbare et l’on est sur la terrasse supérieure d’une superficie de 90 à 100 hectares. Système de défenses superposées et s’entraidant l’une l’autre et qui devait être des plus efficaces. Sans parler des marches adventices qu’on ôtait en cas d’alerte, la section centrale de l’ouvrage constitue un ensemble qui rappelle maint détail de château du Moyen-Age.
Partout ailleurs, la Kalaat-Senane est à pic sur une hauteur trop considérable pour qu’une escalade soit possible. C’est à peine si une fente verticale béante entre deux des fahouls de l’angle Sud-Est a laissé parfois se faufiler des voleurs de moutons. Pour plus de sûreté, ce passage éventuel était barré par un pan de maçonnerie. D’autres souvenirs de la vieille organisation protectrice sont imprimés dans le roc même. Auprès des fahouls la falaise offre une poche interne où l’on se glisse par un trou rectangulaire. C’est le dar el aris (la maison du fiancé) à laquelle fait face à quelques centaines de mètres le dar el arousa (la maison de la fiancée) excavé dans un gros bloc calcaire écroulé et doté d’une baie vers le dar el aris, tandis que du côté opposé regarde une sorte d’œil de bœuf. On raconte que jadis, avant de se marier, les futurs époux devaient attendre là un jour et une nuit, chacun dans une des deux chambres, sans communiquer autrement que par des signaux. Pour nous, nous y reconnaissons des postes de guet.
Sur leur kalaat scrupuleusement prémunie contre toute agression, les habitants vivaient sans crainte. Aussi le village, d’ailleurs bâti au débouché même de la voie d’accès, ne présente-t-il ni murailles, ni citadelle. Il s’appelait jadis Menâa[483] comme un des centres de l’Aurès, tradition que confirme l’inscription funéraire de Brahim ben Bou Aziz, datée de l’an 1195 de l’hégire (1780-81 de notre ère) et qu’on peut y lire dans une cour devant la qoubba de Sidi Abd El Jaouad. En temps ordinaire, les gens de la kalaat tenaient leurs meules en bas de l’escalier à l’abri du djebeli, dans des cercles de pierre, non loin d’aires dallées servant à dépiquer. Avant 1864, il y avait sur la Kalaat un endroit où l’on enfermait des approvisionnements de céréales renouvelés chaque année par moitié. Quant à la soif, elle n’était pas à redouter, malgré l’absence de sources ou de puits au sommet. Profitant de la sculpture en lapiez de l’assise supérieure, l’homme a élargi et approfondi les fissures naturelles du calcaire. On a ainsi derrière le village quatre vastes citernes à ciel ouvert (majen), à parois rigides, capables d’une tranche d’eau de trois mètres ou davantage. Deux autres réservoirs[484] (fesguia) ont des contours moins rectilignes et sont à la fois plus développés en surface et plus restreints en profondeur. Un d’entre eux a dû jadis être voûté. Une rigole met en communication l’un des majens avec une fesguia située à un niveau inférieur. Des bassins du même genre se retrouvent en grand nombre assez loin de là dans le Djebel-Ousselet sur le territoire des Zlass.
Malgré quelques fragments antiques, cette Menâa n’est pas identifiable avec telle ou telle cité romaine. Après l’occupation française, les Européens du Kef ont gratifié la Kalaat du titre de Table de Jugurtha, voulant voir là le point où le prince numide, pourchassé par Metellus, avait déposé ses femmes et ses trésors. Supposition gratuite, ne répondant aucunement au récit de Salluste[485]. C’est au XIIIe siècle que notre Kalaat entre dans l’histoire avec le nom que lui a valu un certain Senane (forme vulgaire du nom propre Sinane) héros ou bandit dont les exploits ont été oubliés[486]. Place forte des Haouara, puis des Hanencha, Shaw la qualifie d’« endroit qu’on ne saurait réduire que par famine ou surprise »[487]. Au moment même de la chute des Hanencha, la Kalaat défie les beys de Constantine. On raconte que Salah-Bey arrivé avec ses troupes au pied de la Kalaat demanda le tribut ou tout au moins une diffa. On la lui refusa. Même, les gens d’une fraction qui depuis furent dits les Ouled-bou-Kelba poussèrent l’audace jusqu’à jeter au Bey en signe de mépris le corps d’une chienne et le redoutable Salah-Bey dut dévorer cet affront[488].
C’eût été, en effet, pure folie que de tenter un assaut. Une fois seulement, des ennemis réussirent à fouler le sol de la Kalaat, et ce grâce à un stratagème assez commun dans l’Afrique du Nord. Un beau jour, une foule d’Ouled-bou-Rhanem inermes et pleurants et escortant une civière sur laquelle se détachait la forme d’un cadavre se présentent pour enterrer un des leurs auprès de la qoubba de Sidi Abd El Jaouad. Sans défiance, les montagnards les laissent passer. Mais une fois dans le village, les Ouled-Bou-Rhanem renversent la civière d’où s’abat un amas d’armes et réduisant à merci leurs adversaires surpris ils les pillent à qui mieux mieux. Episode resté d’ailleurs exceptionnel. Grâce à leur assiette inexpugnable[489], les habitants se livraient au commerce sans crainte : dans ce pays troublé la Kalaat-Senane était un entrepôt sûr, un terrain neutre où se rencontraient vendeurs et acheteurs. Avec ses quarante boutiques elle demeura jusque vers 1850 le marché le plus achalandé de la région[490].
[Illustration : XXI — LE KEF — LE QUARTIER CHERFINE. (Cliché X...)
Dans le fond, à gauche, le mamelon oriental de la Mousalla surmonté du bastion no IV.
Dans le fond, à droite, s’ouvrant dans les remparts, la porte Cherfine. En deçà de la porte, à gauche, la maison de Sidi Kaddour ; à droite, la zaouia qadria (une qoubba et un minaret).
Sur le devant, à droite, qoubba de Sidi Bou Makhouf.
Planche L]
Cependant, si la protection obtenue était complète, résider sur ce roc élevé et peu accessible n’allait pas sans inconvénients. Sans parler des incommodités journalières pour descendre aux champs ou paître le bétail, on y souffrait d’un djebeli furieux. La famine de 1867 provoqua un exode qui ne fut pas suivi de retour, et après 1881 le rétablissement de la sécurité précipita la décadence. La bourgade qui accueillait au milieu du XIXe siècle 4 à 500 âmes dénombrait encore en 1886 une trentaine de maisons et 218 personnes. Mais vers 1890, ce chiffre tombait à huit familles. En 1910 on y comptait à peine deux feux en train de s’éteindre[491]. La vase envahit les majens et les fesguias dont la menthe sauvage (fleiou) agrémente la périphérie, tandis que sur l’eau dormante flottent inviolées les fleurs candides de la renoncule aquatique.
Tous les gens qui ont évacué la Kalaat ne se sont pas dispersés : sur le flanc Sud de la falaise entre les fahouls et la Settaret-Zid, le hameau tout récent et quasi troglodytique de Bou-Ayech résulte des sept maisons et des parcs à bestiaux que les Ouled-Bou-Kelba ont insérés dans un long abri sous roche (voir planche B). A côté de Bou-Ayech ou de la vieille Menâa, l’agglomération de la mine est bien pâle comme pittoresque, mais une vie intense y circule. C’est elle qui est véritablement aujourd’hui le village de la Kalaat. Changement qui en dit long sur les modifications survenues en Tunisie depuis trente ans.
Quoi qu’il en soit, la Kalaat-Senane se classe comme un des types les plus accomplis de ces montagnes forteresses dont la Djaafa et la Mestaoua sont des échantillons remarquables dans la province de Constantine. Avec Masqueray[492] nous résumerons ainsi les traits de la physionomie de ces nids d’aigle : esplanades tabulaires isolées de tout autre relief, abruptes et inabordables, sauf sur un seul point aisé à boucher ou à défendre, pourvues d’eau, assez vastes pour que toute une tribu puisse s’y tenir au moins momentanément et ornées souvent d’une décherat. Nous ajouterons que ces aires d’oiseaux de proie servaient moins à appuyer une offensive qu’à favoriser une résistance. C’étaient des refuges plutôt que des repaires.
Observons enfin que certains des caractères des kalaats se retrouvent ailleurs. Si les deux tronçons du hameau d’El-Gueriat ne sont couverts par rien dans la direction du Tell, vers la Steppe l’impression est bien différente. De ce côté, le Satour culmine à pic sur 50 à 60m de hauteur et un formidable rempart dissimule le village où l’on aboutit par un sentier extrêmement raide accédant au quartier occidental par une fente étroite et inattendue de la masse calcaire, comme il y en a des exemples dans l’Aurès[493]. A proximité, un escalier creusé dans la chair du Satour zigzague jusqu’à la cîme de celui-ci où dans les moments de trouble devait fonctionner un poste de garde. De même, la Hamadat de la Kessera nous apparaît comme une Kalaat-Senane plus spacieuse, mais dont l’à-pic moindre a nécessité une forteresse. C’est cependant une plateforme sur laquelle on ne peut monter pratiquement que par un nombre de points limités, un vers Mansoura, un vers Bou-Abdellah, un vers le Merqueb et l’Ousafa et un vers Kairouan. Ce dernier accès est occupé par le village dont les maisons se succèdent du pied de la falaise jusque sur le plateau où se carre le ksar byzantin. Ce donjon où sont logées une dizaine de familles est relié aux quartiers inférieurs par des marches taillées dans le roc et appelées Draj-el-Bordj. En 1759, lors de la guerre avec les Ousseltia, les Kasseraouia détruisirent provisoirement ces degrés. Renfermés avec leurs biens dans le château, ils résistèrent avec succès aux attaques des ennemis qu’ils fusillaient par les meurtrières[494] dues aux soldats de Solomon ou de Jean Troglita.
Parmi les centres datant d’avant 1881, les villages des kalaats sont morts. Quant aux villes ou décherats, ce que nous avons dit du Kef ou de Téboursouk peut s’appliquer à la plupart des autres. Après un bref élan, après s’être augmentées, le cas échéant, de bâtiments administratifs, elles restent stationnaires. La Kessera, Zeriba, Jama, etc., ne comptent guère de constructions récentes. Si ces décherats et leurs similaires ne dépérissent pas, du moins elles végètent. Et elles le doivent à leur position dont les désavantages économiques ont éclaté en pleine lumière le jour où le rail a pénétré dans le Haut-Tell.
Leur stagnation est d’autant plus significative que la population a doublé depuis 1881 et que le nombre des maisons s’est fortement accru. Le gain a donc été quasi entièrement au profit des campagnes qui, une fois la sécurité revenue, se sont repeuplées, parées d’habitations fixes, et où, sous l’impulsion de besoins modernes, sont nées des agglomérations nouvelles dont quelques-unes comme Ebba-Ksour sont destinées à éclipser la plupart de leurs devancières.
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[Note 437 : Le djebeli, débouché du Foum-Zelga, a assez récemment renversé un grand portique à Henchir-Sidi-Amara, l’antique Agger.]
[Note 438 : Voir DIRECTION DES RENSEIGNEMENTS ET DES CONTROLES CIVILS : Statistique générale de la Tunisie, 1881-1892, p. 38-42.]
[Note 439 : Cheikhats de Beni-Anine, Cherfine, Decherat, Sidi-Amor, El- Mor, Bahra.]
[Note 440 : Caïdat de Téboursouk au Nord du Djebel Ech-Chehid.]
[Note 441 : Cheikhats de Bou Lediab, Rhorfa Sud et Nord, Lorbeus, Maïza, El-Merja, Touaba, Ebba, Bou-Sléah, Seba-Biar, Ellès, Abida, Oued-Souani, Termda, El-Haodh, Meskhia.]
[Note 442 : Cheikhats des Chabbia et des Ouled-Slema.]
[Note 443 : Cheikhats du Fahs Sud, des Droa, un peu de l’Ourazla et partie Sud du Cheikhat de Bou-Arada Est.]
[Note 444 : Cheikhats des Soualem, Hababsa, Skarna. Ouled-Sidi-El- Mouelha, Ouled-Mehelhel, Sayar, Msahla, Louata. Ces trois derniers sont en partie en Friguia.]
[Note 445 : Cheikhats de Besseriana, Djerda et Sidi-Ahmed-ben-Salah.]
[Note 446 : La comparaison n’est pas possible partout à cause des multiples remaniements subis par les circonscriptions administratives. En outre, tels recensements comme ceux de 1890 ou de 1895 n’ont pas tenu compte des gourbis.]
[Note 447 : Baisse amenée par l’abandon du village de Kalaat-Senane.]
[Note 448 : Dans la conversation, Nébeur au Nord du Kef et Lorbeus au Sud sont plus d’une fois appelés simplement « Ed Decherat » par une comparaison muette avec Le Kef qui est la ville.]
[Note 449 : Dans les quelques décherats de plaine, les habitants s’alimentent à des puits et tout se présente alors sans ordre fixe sur un même plan horizontal.]
[Note 450 : « Porteurs de guerbas, porteurs d’eau. »]
[Note 451 : Au XIe siècle EL BEKRI, au XIVe siècle IBN KHALDOUN, accueillent encore l’expression de Sicca ou « Chikka Benaria ». Mais dans EDRISI (XIIe siècle) se rencontre déjà le terme berbère de « Kef », qui est un vocable géographique (EDRISI, Op. cit., note des trad. p. 291).]
[Note 452 : Mechra el Melki, p. 228-229 et 272. D’après une tradition aujourd’hui oubliée, la source du Kef se serait jadis appelée Aïn-el- Ajoul (la source aux veaux), BERBRUGGER, Op. cit., Revue Africaine, avril 1857, p. 277.]
[Note 453 : Né le 28 mai 1845, J.-B.-B. Roy vint en Tunisie comme membre de la mission télégraphique française, en mai 1867. Arrivé au Kef en novembre 1871, il y fut nommé en 1884 Contrôleur civil et Vice-Consul de France et ne quitta la ville qu’en 1889, date où il fut promu au poste de Secrétaire général du Gouvernement tunisien qu’il occupe encore.]
[Note 454 : EL KAIROUANI, Op. cit., p. 394. Dans la Mechra el Melki il est question de ces trois oudjaqs, p. 83, 297, etc. Un quatrième, le plus important, était celui de Tunis.]
[Note 455 : EL KAIROUANI, Op. cit., p. 414, 417-420.]
[Note 456 : D’après l’inscription encastrée au-dessus de la voûte de la porte d’entrée et dont RENAULT : Install. hydraul. rom. de Sicca Veneria in Enq. sur les Installations hydrauliques romaines, II, p. 98, a publié la traduction. Mohammed-Bey bâtit aussi des forts à Gafsa et à Tozeur, si l’on en croit EL KAIROUANI, Op. cit., p. 432-433 et 437.]
[Note 457 : Op. cit., p. 447.]
[Note 458 : Voyage du sieur Paul LUCAS, Paris, 1712, t. II, p. 360.]
[Note 459 : Mechra el Melki, p. 229-230. La chose fut glorifiée par des inscriptions placées au-dessus des portes Beni-Anine et Haouarets. « Grâce à ce rempart, dit l’inscription, le Kef est devenu un lieu de sécurité pour les habitants et pour les visiteurs ; les Arabes ont cessé de désirer le bien d’autrui..... »]
[Note 460 : Op. cit., p. 354-356.]
[Note 461 : Voir le plan du Kef et les planches K et L. La Mousalla (il y en avait auprès de chaque ville) était un endroit où le peuple allait prier dans les grandes circonstances.]
[Note 462 : Le fortin de l’angle Est est encore classé. C’est ce qu’on appelle le bastion no IV. RENAULT (Op. cit., p. 97-98) avance que les Espagnols se seraient, au XVIe siècle, introduits en ville par Bab- Rhedar (voir plan précité). C’est là une erreur, car d’un côté à cette époque le rempart n’existait pas et, d’autre part, les Espagnols ne se sont jamais engagés dans l’intérieur de la Tunisie. Bab-Rhedar, bien qu’on puisse traduire « Porte de l’Embûche », a tout simplement le sens de « porte dérobée, poterne ». Il y avait une Bab-Rhedar à la Kasba de Tunis, sous les Hafsides (IBN KHALDOUN, t. III, p. 82 ; ZERKECHI, Op. cit., p. 169, et Mechra el Melki, p. 346) et à Touggourt (Revue Africaine, 1879, p. 57).]
[Note 463 : Mechra el Melki, p. 355 et 359. La Balamita existe encore en partie. Ce nom, qui est sans doute turc, n’a pas de sens connu.]
[Note 464 : En 1813, on éleva au Kef des fortifications et un château (PLANTET : Corresp., t. III, p. 511). DE FILIPPINI, Op. cit., pass., indique que le nouveau fort (sans doute d de notre plan) avait pour but de tenir en bride la Kasba dans le cas où la garnison turque de celle-ci prendrait le parti des Turcs d’Alger.]
[Note 465 : DE FILIPPINI, Op. cit., passim.]
[Note 466 : Op. cit., II, p. 274.]
[Note 467 : PELLISSIER, Op. cit., p. 182.]
[Note 468 : Kahia a le sens de « représentant ». Le kahia du Kef était un vice-agha.]
[Note 469 : DAVIS : Carthage and Her Remains, p. 606 et 607.]
[Note 470 : Op. cit., I, p. 228.]
[Note 471 : Op. cit., II, p. 274.]
[Note 472 : Carthage..., loc. cit.]
[Note 473 : En 1784 une épidémie de peste avait fait périr le tiers des habitants du Kef (PLANTET : Corresp., t. III, p. 142).]
[Note 474 : Les portes des Beni-Anine et d’El-Haouarets ont été supprimées en même temps.]
[Note 475 : Cette basilique était dédiée à saint Pierre. GAUCKLER : Archéologie, p. 338. D’après l’Atlas Archéologique, la grande mosquée du Kef est bâtie sur les restes d’une église chrétienne.]
[Note 476 : RENAULT, Op. cit., loc. cit., p. 83. Cet autour indique p. 84 et 90 que Sicca Veneria comprenait au-dessus de la source, et par suite à plus de 700 mètres, une ville haute (temples, palais, acropole) alimentée par les petites sources du Dyr, recueillies dans les vastes citernes (voir plan), et une ville basse, ville agricole mêlée de jardins qui s’abreuvait à la grande source. Dans le Kef contemporain étagé entre 650 et 750 mètres (Fort-National de Kabylie, 716m) la ville haute reste la ville indigène ; la ville basse est constituée par la ville européenne qui est en même temps la ville des affaires.]
[Note 477 : Ce quartier dit aussi de Bab-Béja regarde la montagne, ce qui explique son nom.]
[Note 478 : Voir sur Téboursouk, BALUT : Le pays de Dougga, p. 22-27.]
[Note 479 : Sur cette ville, on consultera avec fruit FÉRAUD : Notes sur Tébessa (Revue Afr., 1874) et lieut. CASTEL : Tébessa, 2 vol., Paris, s. d. (1905).]
[Note 480 : En 1911, Souk-Ahras a 2.700 Français, 650 israélites français, 1.150 étrangers, soit 4.500 Européens ou assimilés, contre 4.350 indigènes, dont presque 500 tunisiens.]
[Note 481 : Kalaat a parfois le sens de « forteresse, citadelle ». Dans la Mechra el Melki, p. 228, 301, 344, 362, ce terme est appliqué à la Kasba du Kef.]
[Note 482 : En voir la description dans MASQUERAY : Le Djebel-Chechar (Rev. Afric., 1878, p. 138).]
[Note 483 : Ce nom vient de la racine mnaa qui a le sens de « défendre ». Il signifie « refuge, asile ».]
[Note 484 : Le nombre des réservoirs de la Kalaat a été rapporté d’une façon erronée. LETOURNEUX (Mission de 1884, p. 83) n’en signale que deux, tandis que PERVINQUIÈRE : Etude géol., p. 305, parle de quarante. En réalité, il y en a une douzaine. Les plus considérables ont en plan l’un 20m sur 4m et l’autre 10m sur 8m. L’Enquête sur les Installations Hydraul. Rom. en Tunisie n’en cite que cinq et avec des dimensions inexactes. Ces citernes n’ont rien de nécessairement romain.]
[Note 485 : SALLUSTE indique Thala comme ultime abri du prince indigène. Si l’on ne croit pas qu’il s’agit de la Thala actuelle, il faudrait tout au moins chercher une localité groupée autour d’une source, puisque le mot « Thala » a précisément cette signification en berbère.]
[Note 486 : Nous pensons avoir démontré ailleurs comment les autres et très diverses significations mises en avant jusqu’ici pour expliquer le nom de la célèbre Kalaat étaient fausses. Voir à ce sujet notre article « Kalaat-Senane. Note sur l’orthographe et le sens de ce dernier mot. (Rev. Tun., 1906, p. 213-216.) » Au pied de la Kalaat, une des sources s’appelle l’Aïn-Senane.]
[Note 487 : Tome I, p. 163. C’est, ajoute-t-il, « le refuge des rebelles et criminels des deux royaumes ».]
[Note 488 : Cette attaque de Salah-Bey sur la Kalaat-Senane doit être celle dont parle FÉRAUD : Les Harar, p. 357. D’après cet auteur, p. 395, Brahim ben Bou Aziz se serait rendu et aurait été emmené à Constantine où il serait mort en 1772. La tradition tunisienne, d’accord avec l’inscription funéraire précitée, montre, au contraire, que Salah- Bey échoua devant la Kalaat-Senane où Brahim mourut libre quelques années après. La Kalaat était considérée par les beys de Constantine comme rentrant dans leur domaine (Mechra el Melki, p. 232) ainsi d’ailleurs que les Hanencha eux-mêmes (Ibid., p. 167).]
[Note 489 : Grâce aussi à la protection du gouverneur du Kef, dont la Kalaat-Senane relevait au XIXe siècle.]
[Note 490 : Au Moyen-Age, après l’invasion hilalienne, la Kalaat des Beni-Hammad devient pour les mêmes raisons un centre de commerce de premier ordre (EL BEKRI, Op. cit., p. 120).]
[Note 491 : En 1910, la Compagnie des Phosphates a acheté pour une trentaine de mille francs l’ensemble des terrains et des maisons de l’ancienne décherat qui formait enclave dans sa concession, même en ce qui concerne le sous-sol. Il faut souhaiter que l’exploitation du phosphate dans ces parages puisse se faire sans toucher au village, ni surtout à son escalier qui constitue une des curiosités de la Tunisie et un but d’excursion pour les touristes.]
[Note 492 : Le Djebel-Chechar (Rev. Afric., 1878, p. 137).]
[Note 493 : Voir DE LARTIGUE : Monographie de l’Aurès, pl. 2.]
[Note 494 : Mechra el Melki, p. 422.]