‹ La région du Haut Tell en Tunisie (le Kef, Téboursouk, Mactar, Thala)Chapitre 9 sur 62 · III

III

LES TYPES DE RÉGIONS NATURELLES

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1o =Le Djebel et la Forêt=

Si nous groupons ses caractères généraux, le djebel nous apparaît essentiellement comme une masse rocheuse, génératrice de sources et refuge préféré des plantes spontanées et des bêtes sauvages. Les espèces cultivées, les animaux domestiques et les hommes ne s’y rencontrent que localement et temporairement. Le djebel est par excellence le domaine de la forêt, de la brousse et de la broussaille, formations que les indigènes confondent sous le vocable de rhaba. La forêt est à peu près localisée en montagne, si bien qu’en quelques cantons le nom de la montagne est un nom de forêt. Rhaba-mta-El-Kessera (forêt de la Kessera), telle est l’appellation de toutes les croupes ou plateaux boisés qui vont de l’Oued-Ousafa à la chaîne d’El-Gueriat. Le mot djebel s’emploie lorsque les habitants veulent exprimer le caractère rocheux ou élevé de la montagne ; quand leur pensée s’arrête plutôt sur les formations végétales ligneuses qui la vêtissent, c’est au terme de rhaba qu’ils ont recours. Les espaces forestiers sont donc peu répandus dans la zone centrale, en majorité occupée par des plaines, tandis qu’ils sont fort développés sur les deux bandes montagneuses du Nord et du Sud.

Pourtant, sur les montagnes élevées, la forêt n’arrive pas d’habitude jusqu’à la cîme. La forêt de la Kessera ne submerge pas la Hamadat du même nom, les pins d’Alep des Ouled-Ayar-Dahara respectent les kalaats, et il en est de même en bien d’autres endroits, par exemple à la Kalaat- Frarha des Majeur (voir planche G), au Serdj, etc. Sur les crêtes flagellées par le vent ou trop dévastées par l’incendie, on ne trouve que des genévriers ou des chênes-verts buissonnants réfugiés dans les anfractuosités des falaises terminales. Dans la zone lisse sous-jacente que gazonne une herbe courte et savoureuse, les arbres ne peuvent guère non plus se maintenir. Ce n’est qu’au-dessous de ces petites alpes en miniature, sur un sol plus tourmenté, moins battu du vent et où la régénération par semis naturel est plus aisée que commence la forêt, d’abord composée de chênes-verts et de pins d’Alep associés, puis de pins d’Alep presque seuls à mesure que les pentes s’abaissent.

Dans toute la partie supérieure de la montagne, y compris la zone des chênes-verts, végètent quelques plantes qui disparaissent dès que le relief fléchit. Ce sont des variétés de colchique, fumeterre, silène, brassica, echium, géranium, valérianelle, scabieuse, chardon, ainsi que certaines plantes alpines comme le seseli nanum, l’onopordon acaule, etc.[98]. Le buplèvre épineux est commun depuis le Bargou jusqu’au Mrhila. La festuca ovina se voit sur tous les massifs principaux, à la Kalaat-Senane comme au Djebel-Tiouacha et au Chaquetma. En Algérie, au- dessus du domaine du chêne-vert, les botanistes ont reconnu une zone haute (1.600m et davantage), caractérisée par le cèdre auquel se joignent le houx, le sapin de Numidie, l’if, etc. Cette zone a été déterminée dans le massif de Blida, dans le Djurdjura, les Babors et aussi dans le Tell méridional, non loin de la Steppe, autour de Teniet- el-Haad et dans l’Aurès[99]. Elle manque absolument en Tunisie où le principal sommet, le Chambi, ne dépasse pas 1.544m. C’est par erreur que Bruce a signalé au Sud et à l’Est d’Haïdra des peuplements de cèdres[100], essence qui, en tout cas, est complètement absente aujourd’hui du Haut-Tell de Tunisie.

Les vallées ne sont pas assez prononcées pour créer des contrastes végétaux entre leurs deux versants[101]. Une différence se révèle souvent, au contraire, entre les pentes opposées d’un massif ou d’une montagne. Les flancs Sud et Sud-Est qui souffrent les assauts du sirocco ou qui regardent vers la Steppe se distinguent plus d’une fois des flancs Nord-Ouest et Nord rafraîchis par les vents septentrionaux et tournés vers la Friguia. Au Serdj, le versant du Marouf est plus dénudé et piqué d’alfa, tandis que celui de la plaine de Sidi-Naoui compte davantage de boisements et de diss. Près de la douane d’El-Oubira, le Djebel-Oust a beaucoup de pins sur ses croupes septentrionales alors qu’il n’en accueille presque pas sur ses pentes méridionales. Au Djebel- Frarha, le versant Nord est occupé par une forêt dont le sous-bois de genêts et de diss rappelle les forêts de la Friguia, tandis que sur le versant Sud, c’est l’alfa qui règne sous le couvert des pins.

2o =Le Sra=

A côté des hautes surfaces rocheuses, incultes et quasi désertes, se campent les hautes surfaces terreuses, cultivées et habitées, en face ou au milieu des djebels se présentent les sraouate. Le Sra, c’est, on s’en souvient, une étendue de terrain tell assez vaste, logée à une altitude plus ou moins considérable. Quelques-uns portent leur nom spécifique, soit seul, soit suivi d’un nom de tribu (Sra-Ouartane, Sra-Ouargha). Celui en amont d’Haïdra est simplement le Sri[102]. Parmi les sraouate s’inscrivent les robas (Roba-Ouled-Yahia, Roba-Siliana), dont le nom exprime une des qualités du Sra, car, roba signifie « région verte, région de pâturages » et dérive de la même racine que le mot rbia (printemps) qui a son équivalent le plus exact dans le vocable « prairial ». Certains sraouate correspondent à des vallées un peu larges comme les oueds Gotnia et Faouar, de la région de Téboursouk, ou bien des djouf (ventre, dépression, petite cuvette) comme la vallée de l’Oued-El-Aoud du massif de Mactar, ou encore à des djoua (endroit profond, fourreau de sabre, vallée) comme les djouas Sidi-Salem et Sidi- Nasser du Sra-Ouartane ou les divers djouas échelonnés au Sud-Est du Char. D’autres sraouate sont au contraire sur des plateaux, comme la Hamadat des Ouled-Ayar ou la Hamadat de la Kessera sur laquelle un petit sra s’est juché juste au centre de l’esplanade calcaire. La hamadat n’est donc pas dans le Tell quelque chose d’aussi hostile à la végétation que dans le Sahara, et elle se réduit dans notre région au sens général du mot français « plateau » ; au Sud de Thala, les Hamad sont une suite de petits plateaux mi-couverts de broussailles et mi- occupés par des terres de sra.

Les sraouate, s’identifiant avec les hautes étendues de tell, offrent les qualités propres à celui-ci, associées à certains caractères de la montagne. En Friguia, ils coexistent avec des tells de plaines (Krib, etc.) dont l’altitude assez faible comporte un climat tout autre. Hors de la Friguia, en revanche, il n’y a plus de tell que grâce à l’élévation du sol, ce qui localise exclusivement ce genre de terrain dans les sraouate et c’est grâce à ces derniers que le Berbérou et les pays des Fréchich et des Majeur du Nord méritent d’être classés dans le Tell.

Observons que la cote nécessaire pour qu’il y ait sra n’est pas la même dans tout le Haut-Tell. Relativement insignifiant vers la Medjerda, le minimum indispensable va en augmentant à mesure qu’on s’avance vers le Sud. Autour de Téboursouk, les sraouate oscillent entre 400 et 600 mètres. Chez les Ouargha, cette altitude offre aussi des sraouate au Nord de l’Henchir-Guergour. A l’extrémité Est du Haut-Tell, le Roba- Ouled-Yahia s’allonge entre 350 et 650 mètres. Mais, plus au midi, pour aboutir à des sraouate, il faut atteindre des courbes de niveau supérieures. La cote la plus forte du Roba-Ouled-Yahia (650m) est celle de la conque du Ksour-Sidi-Abd-El-Melek qui est le plus bas des sraouate du massif de Mactar. Les autres sraouate attenants ont de 800 à 1.000 mètres. Hors de la Friguia, ces altitudes mêmes ne suffisent plus. Le bas Berbérou qui possède une composition géologique et une altitude identiques à celles des environs de Mactar n’est pas à ranger parmi les sraouate, et pour avoir un sra, il faut se hisser à 1.200 mètres sur le Haut-Berbérou. Pareille progression se vérifie plus à l’Ouest. Au Sud du massif Ouargha, le premier sra de la zone frontière n’a pas moins de 800 mètres (Kalaat-Senane et Sri-d’Haïdra). Par delà cette localité, le Tebaga est un sra de 900 mètres d’altitude, et plus au midi, les plaines d’El-Afrane et d’El-Haza (800 à 950m), bien qu’elles aient çà et là des étendues de terrain tell, ne comptent pas parmi les sraouate. Passé le Djebel-Sif, les sraouate sont des exceptions et demandent une altitude de plus de 1.000 mètres, quantum qui va d’ailleurs très vite en augmentant puisque ni le plateau de Bou-Driès (1.075m), ni celui de Bou- Chebka (1.150m) ne sont assez hauts pour mériter la qualification dont il s’agit. Que si l’on entre ensuite dans la Steppe on n’y découvre plus du tout de sraouate. Quelques sommets ayant 1.300 mètres ou davantage sont, il est vrai, à des altitudes convenables, mais manquent d’esplanades ou de vallons de terres arables comme il y en a au Mahmel des Nememcha[103]. Sur les chaînes de Byzacène ou de Fériana, il n’y a guère qu’une ou deux parcelles de tell : l’Henchir-Tella du Chambi (1.352m), quelques champs sur le Semama au plateau de Sidi-Zarrouk (1.275m) et la Tellet-el-Baaza du Mrhila (1.300m), petite alpe cultivée de temps en temps. Ainsi, du Nord au Sud, l’altitude nécessaire pour qu’il y ait sra va triplant, et, par bonds successifs, passe de 400 mètres sur les rives de la Medjerda, à plus de 1.200 mètres sur la lisière de la Steppe.

Plus on s’enfonce dans le Tell en tournant le dos à la Méditerranée Occidentale, plus, en effet, il faut que le relief soit élevé pour déterminer les précipitations indispensables à la constitution du terrain tell et, par conséquent, à celle des sraouate. A moins que l’année ne soit exceptionnellement mauvaise, le sra reçoit toujours assez d’eau pour assurer une récolte, sans quoi il mentirait à son nom. Loin d’avoir à craindre la sécheresse, ses terres argileuses redoutent plutôt la surabondance d’humidité.

Celle-ci alimente des prairies naturelles de trèfle, de minette et d’autres légumineuses. Alors que dans les plaines les herbes jaunissent dès le début des chaleurs, on admire encore en juillet sur les sraouate du Nord (Ouargha, Goraa, etc.) de beaux fourrages verts. Le nom de Dougga est, à cet égard, des plus typiques, puisqu’il n’est autre chose que le mot berbère thugga qui signifie « pâturage ». Un peu partout, le khorchef ou artichaut sauvage, indiscutable emblème des terres amies des céréales, étale ses feuilles découpées et piquantes d’où s’élance une grosse fleur violacée. Tandis qu’ailleurs, dans le Haut- Tell, le maïs ou les cucurbitacées ne prospèrent qu’en terrain irrigué, ces plantes viennent parfaitement bien dans les sraouate sans arrosages. L’abondance de fourrage incite à élever des bêtes à cornes qu’on y emploie d’ailleurs à tirer la charrue, tout comme en France. C’est, qu’en effet, ces terres sont dures à retourner. Un attelage y laboure une surface moindre qu’en plaine. Lors des froids et de la neige, les ovins doivent évacuer ces régions où la plupart d’entre eux périraient faute d’abris et de nourriture.

Terres froides, hautes et fertiles, peu sensibles au sirocco, propices à la fois à l’agriculture et à l’élevage du gros bétail, les sraouate figurent sans conteste parmi les meilleures portions du Haut-Tell. Ce sont aussi les plus saines et les plus agréables à habiter. La température hivernale qui s’y abaisse plus d’une fois au-dessous de zéro retrempe le corps. Les chaleurs de l’été y sont tempérées par le djebeli qui, en hiver, contribue à ôter l’excès d’humidité. Du flanc des rochers jaillissent en toute saison des sources pures et limpides et des eaux pérennes sillonnent par endroit le thalweg des vallées. Le seul inconvénient réside dans la difficulté des communications, car, une fois mouillées, les argiles du sol constituent un plancher gluant. De tout temps, les sraouate ont abrité une population agricole sédentaire vivant en partie sous des gourbis ou dans des maisons, et qui, sur beaucoup de points, a su atteindre à la petite propriété. Mieux soignés que dans les plaines et travaillés d’une manière plus constante, les champs des sraouate sont presque complètement purgés de jujubiers et, à surface égale, ont une valeur supérieure. Avec leurs qualités de toute espèce, les sraouate apparaissent donc comme devant attirer la colonisation française. Les principaux centres du Haut-Tell, Téboursouk, Dougga, Le Kef, Thala, Mactar sont installés sur des sraouate ou à leur contact et correspondent aux villes de plateau de l’Apennin Central, Aquila des Abruzzes, Montcassin, Arpinum, etc.

Comme le montre notre carte hors texte, les sraouate ne forment pas bloc, mais sont, comme les forêts, dispersés sur tout le Haut-Tell, excepté la zone plus basse du centre. C’est aux environs de Téboursouk et de Mactar qu’ils couvrent d’un seul tenant la plus grande superficie. Les sraouate de la région de Téboursouk comptent environ 23.000 hectares, les deux Robas réunis 18.000 hectares, les sraouate de l’Oued- Somaa (de Haïdra à l’Ouest du Kouif) 16.000 hectares, la dépression médiane du massif de Mactar 15.000 hectares, le Massouge 12.000 hectares, le Char, les Hamad et la ligne des Djouas, ensemble 10.000 hectares, El-Oubajer 6.000, le Ferchane 5.000, etc. Chez les Ouargha et les Fréchich, pas mal de sraouate de dimensions médiocres alternent avec des boisements de pins d’Alep. La plupart des sraouate ont des noms propres qui attestent et affirment leur individualité (Ferchane, les Rôbas, etc.).

Forêts et sraouate, malgré leur extension, ne correspondent pas pourtant à la totalité des terrains de relief accidenté. Collines et vallons, au lieu des deux catégories précédentes, accueillent de la petite broussaille et des parcelles cultivables, le tout très entremêlé et échappant par suite à la classification. C’est ce que nous avons marqué en quadrillé vert sur notre carte hors texte. Ces espaces sont utilisés surtout pour le pâturage. Néanmoins, dans quelques endroits, certaines tellas atteignent une extension assez notable, comme dans le Haut-Biadha et comme celles qui, sous le nom successif de Regba, Zbidine et Souar, occupent dans l’éocène moyen une bande au flanc Sud du Djouggar. Moins bons a priori que les sraouate, ces tells de colline ont cependant un rendement meilleur lorsque l’année est très humide et, par là, ils sont la transition naturelle avec la plaine, tant au point de vue cultural qu’au point de vue orographique.

3o =La Plaine=

Le sra est une unité agricole très nette qui donne lieu à une série de phénomènes identiques, si bien qu’il n’y a aucune différence essentielle entre les sraouate de Tunisie et d’Algérie ou, dans la Régence, entre les sraouate des Ouargha et des Majeur. Seule varie la couleur de la terre, noire quand elle provient des marnes sénoniennes, jaune quand elle est due à l’éocène moyen. Dans les plaines, au contraire, que de contrastes, soit d’une plaine à la voisine, soit entre les parties d’une même plaine. Le Krib est remblayé par du tell noir, la Rhorfa par du terrain hamri. Dans la plaine de Siliana, il y a, vers le Massouge, de belles étendues de tell jaune, tandis que vers le Srasif-el-Hajjem le sol est moins bon, etc. Le terrain est tantôt argileux, tantôt argilo- calcaire, tantôt sablonneux. La plaine n’a donc pas une physionomie agricole aussi précise que le sra, mais comme le sra elle a l’avantage d’introduire des terres de labour parmi les djebels incultes. Au point de vue des cultures, c’est surtout cette opposition qui fait l’individualité de la plaine, laquelle est d’ailleurs une unité orographique indéniable.

La plupart des plaines alluviales du Haut-Tell correspondent à des synclinaux ou à des cuvettes tectoniques. La plaine de Siliana, celles de Lorbeus, d’Abida sont des dépressions synclinales. Le Sud du Sers est une portion du synclinal d’Ellès-Massouge, tandis que le Nord s’évase en cuvette entre le dôme du Maïza et le magma de petits dômes du Djebel- bou-Sléah, etc. Lors de périodes de sécheresse, le comblement de ces dépressions s’est effectué au moyen de matériaux arrachés aux reliefs environnants par des oueds incapables de charrier bien loin ces débris. Plus tard, les rivières ayant repris une certaine activité se sont façonné à nouveau un lit dans leurs dépôts antérieurs. Tel paraît avoir été le processus de la formation des plaines actuelles du Haut-Tell. L’approfondissement des sections resserrées ou élargies des cours des fleuves a été simultané et, vraisemblablement, il n’y a jamais eu dans le Haut-Tell de lac Fucin comme dans les Abbruzzes, ou de lac de Joux comme dans le Jura.

Closes de toute part, sauf un ou deux points par où entrent ou s’échappent les rivières, quelques-unes de ces plaines sont de vraies dakhlats[104] comme la Dakhlat de Souk-el-Arba, au Nord ou la Dakhlet- el-Adjej, au Sud, mais aucune d’elles ne porte ce nom qui n’est appliqué dans le Haut-Tell qu’à de petites cuvettes anonymes. D’autres appellations le remplacent. Entre le plateau Ouartane et le massif de Mactar s’intercale le Djouf de Sidi-Ahmed-bel-Khadra. La plaine à l’Ouest de celle du Kef est dite El-Oglet-Charen ou tout simplement El- Ogla, c’est-à-dire « La Dépression », Rhorfa signifie « Creuse »[105]. Telle plaine allongée est plutôt un val qu’une cuvette. En Europe, le val tire son nom tantôt du fleuve qui le parcourt (Val Chiana), tantôt d’une ville (Valteline, du bourg de Tellio). En Tunisie, il n’a d’autre appellation que celle de son cours d’eau (Oued-Bir-ben-Cherifa, Oued- Khalled). Le nom de bled (territoire), fréquent dans la Steppe où il exprime l’unité des plaines enserrées entre des montagnes (Bled-Doghra, Bled-Maknassy), n’est pas usité dans le Haut-Tell non plus que celui de Fahs (plaine)[106]. Le terme général le plus commun est dans notre région celui de Bahira (petite mer) dont le synonyme berbère tajmout[107] désigne dans le Haut-Tell une jatte synclinale près du Gafour et la vaste plaine des Ouled-bou-Rhanem. Après la situation encaissée de ces plaines, c’est, en effet, leur platitude qui frappe le plus l’observateur. Parlant de la plaine du Kef, Puckler Muskau[108] écrit qu’elle est « unie comme un parquet » et qu’elle offre « pour des courses de chevaux, le plus bel emplacement qu’il ait jamais vu, sans même en excepter Newmarket ».

En face des djebels qui leur servent de repoussoir, les plaines possèdent donc une physionomie bien à elles. Aussi s’énorgueillissent- elles de noms propres dont nous avons déjà cité quelques-uns. Certaines plaines sont de dimensions minimes. Le Khalakh ne compte guère qu’un millier d’hectares, El-Afrane 2.700, la Rhorfa et la plaine du Krib ont à peu près 6.500 hectares chacune. La plaine du Kef arrive à une dizaine de mille comme le bassin de Sulmone dans les Abbruzzes. Moins restreint, le Sers a 17.000 hectares. Les plaines de Foussana, Zouarine et Bermajna ont respectivement 22.000, 25.000 et 28.000 hectares. La plaine de Siliana, avec son annexe de Sidi-Naoui, atteint des dimensions analogues. Enfin, l’alignement du Djouf-Rohia mesure environ 30.000 hectares. Nous voilà loin des surfaces considérables occupées par les plaines de la Steppe ou tout simplement par les plaines de la basse et de la moyenne Medjerda dont chacune couvre 75.000 hectares et qui évoquent les 84.000 hectares de la conque de l’ancien lac Fucin dans l’Apennin Central. Comme on le voit, le Haut-Tell, bien qu’il comprenne nombre de plaines, reste avant tout un pays de montagnes et une région fractionnée qui ne renferme pas plus d’immenses plaines que de très vastes sraouate ou d’énormes forêts.

La nature alluviale, l’encaissement et la platitude du sol des plaines déterminent une série de phénomènes qui accentuent davantage l’individualité de ce genre de compartiments. Sur ce terrain de transport on ne rencontre d’autres arbres que ceux très rares plantés de main d’homme. En fait d’arbustes, le jujubier, absent des sraouate et qui est le roi des plaines de la Steppe, montre çà et là ses buissons qui se propagent comme une lèpre. Mais, en général, rien ne rompt la nudité désolée de la plaine. Sur des kilomètres carrés, il n’y a aucun abri verdoyant où se reposer à l’ombre du soleil. Comme dans la Beauce, l’œil embrassant d’un seul regard toute la surface n’a point de repère à l’aide duquel apprécier les distances. Les habitations fixes ne relèvent guère la tonalité. Car, dans ce sol d’alluvions, la pierre à bâtir fait défaut, si bien que pour les constructions on emploie des cubes de tourbe, argile extraite sur place et séchée au soleil.

La situation déprimée de ces alvéoles a aussi ses conséquences : leur climat se distingue de celui des djebels ou sraouate, car il fait beaucoup plus chaud dans ces bas-fonds que sur les hauteurs voisines et il y pleut beaucoup moins. Aussi, les récoltes y sont-elles parfois menacées. Hors de la Friguia, il est des plaines qui sont des façons de Steppe. Par bonheur, les reliefs rendent souvent à la plaine une partie de l’humidité qu’ils ont accaparée ; ils agissent à son égard comme de gigantesques impluvia. En débouchant des montagnes encaissantes les rivières quittent leur gaîne rocheuse ou marneuse pour des terrains perméables où elles perdent leur lit. Leur eau s’infiltre et s’emmagasine dans le sous-sol où elle est atteinte par des puits, si nombreux parfois que certaines plaines comme le Sers et Zouarine jouissent de ressources hydriques supérieures à celles des sraouate voisins. Cependant, dans le bas de l’alvéole, un défilé agit comme un couloir d’appel. Près de celui-ci, la rivière se reconstitue et un émissaire unique draine ce qu’il peut de l’eau arrivée de toute la périphérie. Entre les deux tronçons, le centre de la plaine se trouve sans fossés d’écoulement : l’eau s’y conserve en marécages lorsque le plancher horizontal est argileux comme au tour de l’ancien marché du Sers. Lors des crues des oueds, une notable portion de la plaine est envahie par les eaux épanchées naturellement ou dirigées par l’homme. Les endroits ainsi abreuvés portent le nom de Chrabate, de la racine Charaba, qui signifie « boire ». Ils ne sont pas inférieurs en rendement au meilleur sra. La distinction entre chrabate et non chrabate est donc primordiale.

Dans l’Apennin Central, la population se presse dans les conques où abonde la terre arable sous un climat moins rude et avec des communications plus aisées que dans la montagne ou sur les plateaux. En Tunisie, au contraire, et notamment dans le Haut-Tell, les plaines ont été longtemps désertées, à cause de l’insécurité. Dans ces pays plats, sans abris naturels et où la distance même ne cache pas, le laboureur paisible était à la merci du premier djich de pillards. Aussi, est-ce à mi-côte que se sont groupées les demeures, entre la plaine et la montagne, auprès d’une source, de façon à disposer de terres de labour en plaine et à surveiller l’horizon, loin de la malaria et à proximité de la pierre à bâtir et du bois : Ellès, le Ksour, Sbiba, etc., sont des capitales de plaine construites sur le penchant d’une des montagnes de la bordure. Situation qui tend à se modifier depuis 1881.

Au point où nous en sommes, peut-être n’est-il pas superflu de mesurer la route parcourue. Après avoir dégagé les éléments essentiels de la géographie tunisienne, nous nous sommes efforcé de montrer quelle était l’individualité du Haut-Tell par rapport aux régions voisines, telliennes ou steppiques. Puis, nous avons entrepris l’analyse du Haut- Tell lui-même. Chemin faisant, une première notion générale a été acquise, à savoir la différence entre la Friguia proprement dite et ce qui est en dehors d’elle, notion d’autant plus intéressante qu’elle permet une division territoriale du Haut-Tell en deux moitiés presque égales. Mais, à d’autres égards, se manifeste une parfaite communauté de phénomènes. En Friguia comme en non Friguia, la nature du sol, les lignes directrices du relief et du climat, l’allure de la végétation sont les mêmes. Et déjà se sont imposées à notre attention la multiplicité et la diversité des petits pays, beaucoup plus grandes que dans le reste du Tell et surtout que dans la Steppe. Ces petits pays, il nous a paru possible de les ramener à quatre types principaux : la montagne, la forêt, le sra, la plaine. Cependant, ces unités réelles ne se juxtaposent ou ne s’opposent pas exactement en ce qui concerne tous les phénomènes physiques ou économiques. Par exemple, si à propos des cultures et des végétaux spontanés on peut camper le sra et la plaine en face du djebel et de la forêt, en ce qui se rapporte au climat, il faudra réunir sra, djebel et forêt pour les distinguer de la plaine. Aussi, ne prendrons-nous pas non plus telles quelles ces quatre individualités comme base de notre explication du Haut-Tell. Elles viendront seulement en leur lieu et place dans l’examen des problèmes successifs que nous aurons à résoudre.

En attendant que nous abordions cette nouvelle tâche, le portrait que nous avons esquissé d’elles contribue à mieux nous persuader de l’extrême complexité de la constitution du Haut-Tell et des contrastes brusques qui en dérivent. Sur ses 14.250 kilomètres carrés, 5.250 sont occupés par la forêt (36,8 %), 2.500 par les plaines alluviales (17,5 %), 1.200 par les sraouate (8,4 %). Les 5.300 kilomètres carrés restants (37,1 %) sont le domaine de djebels et de collines plus ou moins vêtus de basse brousse et piqués de champs. Mais loin que la montagne ou la plaine, la forêt ou le sra, les cultures ou les aires incultes aient chacune dans l’ensemble du pays leur périmètre distinct, tout est ici entremêlé. Si le plancher offre en gros une bande déprimée entre deux bandes surélevées, cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de plaine au sein de la zone montagneuse ou de montagne au milieu de la zone plane. Des morceaux de djebel, de sra, de forêt et de plaine voisinent çà et là. Au grand nombre et à la diversité des terrains géologiques et des formes ou unités orographiques répond la variabilité à brève distance des facultés végétales ou agricoles. Chaque compartiment possède sa physionomie propre d’où résulte une parfaite antithèse avec le compartiment voisin. Case sénonienne avec forêt, case d’éocène moyen donnant un sra, case de plaine alluvionnaire où les céréales sont plus aléatoires, voilà, par exemple, la succession qu’on observe de la Kessera à la saline de Lorbeus et il en est ainsi un peu partout.

Ce pullulement d’alvéoles et la netteté de leur opposition a des conséquences capitales. Groupement des populations, fleuves, routes, climat, etc., sont plus ou moins profondément affectés par cette structure originale dont on verra l’effet se préciser au fur et à mesure que s’avancera notre étude. Présentons cependant dès maintenant une considération générale. Lors des années très pluvieuses, la récolte est médiocre sur les sraouate qui sont comme noyés et excellente en plaine et le contraire se vérifie quand l’année est plutôt sèche. Si la distribution des sraouate et des plaines avait lieu en deux bandes successives, alternativement une partie du Haut-Tell serait dans l’abondance et l’autre dans la misère. Heureusement, le fractionnement des unités agricoles permet à chaque tribu d’avoir chez elle à la fois des sraouate et des plaines. De même, la dispersion des forêts est pour les gens du Haut-Tell une circonstance favorable qui leur procure sur place le bois pour leur usage, et l’abri pour leurs troupeaux.

Aussi, malgré leur physionomie très accentuée, et justement à cause de l’uniformité de leurs facultés, les cases ne sont pas indépendantes les unes des autres. Chacune a besoin de ses voisines. Le sra a d’étroites relations avec la forêt, la plaine avec la montagne. On ne saurait vouloir isoler une cuvette du relief qui la cerne. Des liens rattachent donc les petites régions limitrophes, de sorte que la combinaison jamais identique de la proximité, du relief, des capacités culturales et des échanges économiques, façonne des individualités composites, amalgames de montagne, de forêt, de sra ou de plaine, qui vont nous permettre d’entreprendre une description géographique de la contrée. En montrant comment tous ces compartiments s’agencent entre eux, les pages qui vont suivre confirmeront d’ailleurs ce que nous savons déjà de la multiplicité et de la diversité des petits pays. Tout en présentant une vue détaillée du Haut-Tell, ce travail de recomposition éclairera définitivement cette variabilité à brève distance qui est un des caractères les plus originaux de la région et préparera l’étude du climat, de l’hydrologie ou de la végétation, étude durant laquelle plus d’une fois se dressera l’antithèse de la Friguia et de la non Friguia et la différence du djebel, du sra, de la forêt et de la plaine.

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[Note 74 : Voir dans AUBERT : Explication, p. 14, la coupe d’une tranchée dans le trias de l’Oued-Zerga, qui montre bien le mélange.]

[Note 75 : Appelé Sayen sur la carte au 1/100.000e.]

[Note 76 : Il y a un Montorfano entre Come et Erba, un près de Pallanza et un autre près de Bergame. Orfano signifie « orphelin ».]

[Note 77 : Op. cit., p. 179.]

[Note 78 : D’après les Fouad, jadis, un certain Bel Hannech possédait la montagne qui se dresse au Nord de l’Oued-Sekka, dans la plaine de Bermajna, tandis qu’une femme, appelée Sna, avait le massif entre l’Oued-Sarrath et l’Algérie. Epris des charmes de sa voisine, Bel Hannech désirait l’épouser, mais Sna restait sourde à ses prières. Enfin, elle déclara qu’elle accepterait pour mari Bel Hannech, mais à une condition : ce dernier devait rendre inaccessible le mont où il demeurait avant qu’elle-même ait pu faire subir à sa propre montagne une transformation analogue. Bel Hannech se mit à l’ouvrage. Mais, naïvement, il ne travailla que du matin au soir. Plus rusée, Sna besogna jour et nuit, si bien qu’elle eut achevé son œuvre quand son partenaire n’avait encore rempli que la moitié de sa tâche. Et voilà pourquoi la Kalaat-Senane est si raide de tous les côtés (voir planche B), tandis que le Djebel-Bel-Hannech n’est taillé à pic que sur la face méridionale.]

[Note 79 : Dyr (pl. dour) signifie proprement « flanc ».]

[Note 80 : Appelé par les Européens Dyr de Tébessa.]

[Note 81 : Kouif est le diminutif de Kef.]

[Note 82 : On a des kalaats cénomaniennes (Goliat-ben-Ftima, au Nord de Fériana), sénoniennes (Kalaat-Frarha, à l’Ouest de Sbiba), pliocènes (Galaat-El-Andless, dans le Tell Inférieur). Dans le Haut-Tell, les kalaats sont en grande majorité nummulitiques.]

[Note 83 : Les indigènes expliquent que Kessera veut dire « galette » en arabe, ce qui cadrerait avec la surface plane de la Hamadat. En réalité, Kessera dérive de Chisura, nom du village à l’époque antique.]

[Note 84 : Cette forme avait fait croire à PELLISSIER (Op. cit., p. 191) qu’il avait devant lui un ancien cratère.]

[Note 85 : Haodh signifie en arabe « auge, bassin oblong ».]

[Note 86 : La « guessaa » est le grand plat rond à couscous.]

[Note 87 : C’est ce que Pervinquière a appelé synclinal du Kef-Argueb.]

[Note 88 : Safra est le féminin de « asfar » jaune.]

[Note 89 : La légende des Ousletïa (J. Off. Tun., 13 mars 1884).]

[Note 90 : A Téboursouk, les anciens du pays ont gardé le souvenir d’un violent ébranlement vers 1872 : la population appréhendait la fin prochaine du monde. A en croire une légende, la destruction de Téboursouk précèdera, en effet, de quarante ans à peine la catastrophe qui anéantira tous les vivants. Entre 1860 et 1884, les citernes romaines du Kef ont été fendues par une secousse tellurique. (RENAULT : Installations hydrauliques romaines de Sicca Veneria, in Enq. sur les Install. hydr. rom., t. II, p. 94-95.) En mars 1910, dans la même ville, un séisme a abattu de vieilles masures arabes. En 1905, une oscillation a remué le plateau de Kasserine et renversé une borne militaire antique, etc. GUÉRIN, op. cit., II, p. 89, attribue à un séisme la chute du fronton du temple d’Assuras.]

[Note 91 : Voir, par exemple, FISCHER : La Penisola Italiana, Turin, 1902. (Traduction italienne amplifiée de l’édition allemande) et sur l’Atlas Saharien des études diverses de AUGUSTIN BERNARD, BLAYAC, FLAMAND, FICHEUR, RITTER, etc..)]

[Note 92 : PH. THOMAS : Recherches sur quelques roches ophitiques du Sud de la Tunisie. (Bull. Soc. Géol. Fr., 1891), p. 445.

Dans son Essai d’une Descript. Géol. de la Tunisie, postérieur aux travaux de PERVINQUIÈRE, le même auteur dit qu’il conserve des doutes sur l’attribution de ce genre de terrain au trias. Voir p. 194-195.]

[Note 93 : Sur les phénomènes de recouvrement du Djebel-Ouenza (Constantine) et sur l’existence de nappes charriées en Tunisie. (C. R. Acad. Sc., t. CXLIII, 1906), p. 137-139. Voir aussi TERMIER : Notes de tectonique tunisienne et constantinoise. (Bull. Soc. Géol. de France, 1908), p. 102-124, et, en sens contraire, GOURGUECHON : Sur l’interprétation tectonique des contacts anormaux du Djebel-Ouenza (Algérie) et de quelques phénomènes similaires observés en Tunisie. (Ibid.) p. 46-53.]

[Note 94 : Etude Géol. de la Tunisie Centrale, p. 333-335.]

[Note 95 : Op. cit., p. 338.]

[Note 96 : HAUG, op. cit., p. 370.]

[Note 97 : Sur les 14.250 kilomètres carrés du Haut-Tell :

2.850 ont plus de 1.000 mètres.

4.050 ont de 700 à 1.000 mètres.

Soit : 6.900 kilomètres carrés.

4.900 ont de 500 à 700 mètres.

2.350 ont de 200 à 500 mètres.

100 ont au-dessus de 200 mètres.

Soit : 7.350 kilomètres carrés.]

[Note 98 : Dr E. BONNET : Géographie botanique de la Tunisie, loc. cit., p. 23 du tirage à part.]

[Note 99 : TRABUT : Les zones botaniques de l’Algérie. Congrès de l’Afas, 1888, Oran, tirage à part, p. 7.]

[Note 100 : In PLAYFAIR, op. cit., p. 188 et 189. — PUCKLER MUSKAU, op. cit., t. III, p. 201, parle aussi de cèdres rouges dans la forêt des Ouled-Naji. Ces soi-disants cèdres n’étaient vraisemblablement que des genévriers de Phénicie.]

[Note 101 : On n’y distingue donc pas, comme dans les Alpes, au point de vue des cultures et des habitations, le côté du soleil (ados dans le Dauphiné, solivo, a sole dans les préalpes italiennes) et le côté de l’ombre (avers, hubac en France, oviga, inversa vers Come et Lugano). Les indigènes appellent bien l’ados mchemsa et l’avers mdhalla, c’est-à-dire « ensoleillé » et « ombragé », mais sans qu’il en résulte aucune conséquence pratique, car le soleil chauffe quasi également les deux versants. La marroube pourtant tapisse plus spécialement la pente mdhalla. Çà et là, des endroits ombreux abritent diverses plantes (arums, orchidées, etc.). Le caprier (qabbar) accroche aux falaises ses belles fleurs roses. Des cyclamens se rencontrent dans un ravin du Dyr du Kef en contrebas de Sidi-Mansour-el- Gaïas, et aussi à Nemcha, à Dougga, au Goraa. Dans la gorge de l’Oued- Saha près de Téboursouk, en amont d’Aïn-Mzetta (Bargou) on m’a signalé des fougères.]

[Note 102 : On prononce sri et srei, diminutif de sra.]

[Note 103 : Voir VAISSIÈRE : Les Ouled-Rechaïch (Revue Africaine, 1892, p. 223). Dans l’Aurès, se rangent parmi les sraouate, la cuvette d’Arris (1.200m), celle de Moudji (1.300m), le plateau du Msara du Chechar (1.500m), etc.]

[Note 104 : Dakhlat est le féminin de dakhel qui signifie « interne, intérieur, chose qui entre dans une autre, qui y est contenue ».]

[Note 105 : La même racine donne morharfa (cuiller). Comp. dans l’Apennin les termes de bacino et de conca.]

[Note 106 : Ce nom est donné par EL-BEKRI, p. 130, à la Dakhlat de Souk- el-Arba, qu’il appelle Fahs-Boll (la plaine de Bulla Regia). Nous le rencontrons au pied Nord-Ouest du Djouggar, avec le Fahs-er-Riah (la plaine des Riah) dit couramment le Fahs.]

[Note 107 : Employé en ce sens dans l’Aurès par les Chaouia qui parlent le tamazirt (Bulletin de Corresp. Afric., 1885), p. 74, note 1. L’« æquor » des latins représentait aussi, comme Bahira, à la fois la plaine liquide et la plaine solide.]

[Note 108 : Op. cit., t. III, p. 254.]

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