IV
Je flaire un arôme œnanthique.
Un alpaga de prodigalités.
… Je professe le culte des calmes comprimés.
Mes paroles sont œcuméniques —
Précieux parchemin.
… Mécène, Aristocrate de la bourse et du Crâne
Oho ! Aha !
Ciel et terre sont à ton service.
t’inventent un sédatif à tout ce qui t’indispose.
Tes poches sont des aumônières —
la plus luxueuse orgie du monde.
En une vaste bibliothèque — une riche collection
— tu distribues aux parasites des prébendes,
des sinécures.
En ta cave, il y a beaucoup de caveaux !
Aha ! Oho !
… Je ne m’attable pas aux ripailles de ripopées.
… Prolétaire ?
Tes gants cachent du « Hollande »
à la cuve filigranée.
Tu es le don du moule, qui couve les remèdes.
À la naissance du prolétaire, tu avortas de l’arrivisme :
Les taxes, les tailles conservent la digne distance.
Tu as les philosophies —
qui te renseignent sur la marche du monde
et le respect que doit la poussière à tes pieds
dans ce monde.
Quelle rinçure ricinée !
Il faut pour tous les goûts.
Les religions servent à quelque chose
— à la diversité, à la multiplicité.
Et la justice en est succédanée —
Et les sciences, qui roulent des rafales
de nuances à redondance —
et modèlent sans cesse les facettes multiples du monde —
au rythme de l’utilité qui fait de l’emboutissage.
Innombrables sont les choses tabous
aux paveurs des grandes routes.
Les vins doux sont toniques.
Les « fines » des stimulants.
Dans l’échelle des toniques, des stimulants.
le paveur est une chose désirable.
Dans l’ordre suprême de ton monde
les réalités sont aussitôt détrempées
et élevées au degré des apparences.
Ta vie est admirable.
Quelque part en ta garde-robe
moisit le ciel des simples d’esprit.
Tu ris divinement devant la diversité de la nature.
Et lorsque le coolie joue au sofa canné de balafres.
le porcher défripe ses nippes au rituel de dalmatique.
Et les imbéciles qui simulent la complexité,
ignorant qu’ils se mettent au bagne.
… Bourgeois ?
Ai-je donc l’air d’un proconsul
à carrure corpulente ?
Le pauvre est nègre — le bourgeois mulâtre
— Un crapaud engraissé sur les squelettes crevés
sous l’usure, le cumul.
En ses os, il porte des cicatrices —
en sa moelle des stries stridentes
sur son front la marque de la muselière —
Ses lèvres de cheval de trait, des mors,
restent déformées, — malgré les fards.
En franchise, je t’égale.
J’ai retrouvé la vérité. Maintenant, je fainéante.
Poète de guipures de jupons ?
Je délaisse les mutineries matelassées —
les proclamations créoles.
… Je suis affamé de liberté.
Et me saoûle à la paresse.
Déjà je te vois submergé
par l’innombrable des nuances,
bouilli sous les éboulements,
quand les pioches te déblaient.
… Opprobre ? Sinistre regard de dompteur.
… Visions de l’Apocalypse ?
Un timide, voyant la vérité délire,
prend la rage —
Moi, je savoure la paresse.
Étends-toi sur cette grève.
J’entends l’hymne de la paresse…
… Coupages de vins consumés —
Mixtures d’essences infectées —
Odeurs de ragoûts délicieux.
Précieux mélange de vocables à la mode.
Muids de mots d’ordre assaisonnés de nuances…
… Les ailes de ton nez deviennent si violacées…
… Tu vas !… Ah…
Tes vibrisses s’ankylosent
et tu souffres de rhumatisme.
Et… la terre toujours refroidit un peu
… Comme la vérité…
Je salue ta mule papale…