‹ L’Armée de voluptéChapitre 20 sur 24 · volume 2 · 07

volume 2 · 07

Lucine, sœur Sainte-Lucile, avait écrit à sa sœur Lucette :

« Ma mignonne, je suis à Paris, exclusivement pour toi ; je t’attends aux Bleuets aujourd’hui même, le plus tard dans l’après-midi. Je te baise.

Lucine. »

Sitôt après déjeuner, Lucette et Émile partirent pour le couvent des Bleuets, Addy ayant l’ordre de retourner chez sa maîtresse.

Le couvent des Bleuets, derrière un haut mur maître, défiait les curiosités. On y entrait par une monumentale porte massive, au milieu de laquelle était pratiquée une petite porte, pour laisser pénétrer les piétons. C’est par là, qu’après avoir sonné, s’introduisirent Lucette et son amant.

Un vieil homme, à demi-bossu, se tenait dans le préau.

Lucette, sans lui adresser la parole et sans qu’il s’y opposât, se dirigea vers le côté droit, une sonnerie électrique se répercuta au loin. Elle s’engagea dans un long couloir qui côtoyait de hautes fenêtres, donnant sur une immense cour carrée ombragée, et y entraîna son compagnon en disant :

— Nous sommes chez les sœurs cloîtrées des Bleuets.

— Sans plus de difficultés ?

— Essaie seul, on ne te laissera pas passer.

Au bout du couloir, dans un magnifique vestibule marbré, on rencontra une religieuse qui, debout, paraissait attendre.

Ah, la belle et étrange créature !

Sur une robe blanche, se dessinait une croix bleue ; des épaules partait un manteau bleu qui enfermait la robe sur tout l’arrière du corps et une partie du devant, et d’où s’ajustait sur la tête une capuche encadrant et enserrant le visage très joli et très gracieux.

— Sœur sainte Capraisine, dit Lucette la présentant à Émile ; Émile Lodenbach, soldat de volupté, homme à moi, continua-t-elle en présentant son cavalier.

Sœur sainte Capraisine s’inclina et répondit :

Il est sous ton rayonnement, Lucette, il pénétrera ; mais il faut qu’il soit sous l’habit religieux, entrons au parloir.

Un salon luxueux ne rappelant en rien l’austérité voulue par les vœux, avec de merveilleuses tentures sur les portes et les fenêtres, des draperies couvrant les murs, des glaces superbes de distance en distance, des tapis étouffant le bruit des pas, un ensemble de meubles capitonnés très riches, tel était le parloir où l’on introduisit Émile et où il s’assit sur un tabouret, en face des deux femmes, mollement installées sur un canapé à deux places.

— Frère Émile, dit alors sœur sainte

Capraisine, vous êtes parmi les élus, et pour ainsi marcher avec la protection de notre chère Lucette, il faut que vous ayez beaucoup de mérite. Je vous tends donc la main de tout mon cœur et de toute mon âme. Nous aimons et honorons le Seigneur par l’amour ; vous aimez l’amour, il n’est pas nécessaire de vous demander le silence sur notre maison, vous l’observerez.

— Je ne me souviendrai qu’elle existe qu’en m’y trouvant.

— Bien, bien, c’est ainsi.

— Débarrasse-toi donc de ton manteau, intervint Lucette, et reprends tes aises.

Sans hésiter, sœur sainte Capraisine ôta son manteau et sa capuche, et se montra sous sa seule robe blanche avec la croix bleue sur la poitrine, robe dessinant le buste par le corsage se moulant sur le corps : Capraisine offrit cette particularité dans sa personne, qu’elle portait les cheveux, d’un joli blond, coupés à la garçon, avec la raie sur le côté, cheveux frisés imprimant à la physionomie un air mutin très endiablé.

— Voici Capraisine et non plus sœur sainte Capraisine, ajouta Lucette.

Les yeux de la religieuse riaient, la bouche fine et coquette mignardait, Émile soupira et dit :

— Ah, cruelle, si tu prévoyais cette visite, tu as été bien méchante !

— Je ne la prévoyais pas, répondit Lucette en éclatant de rire, mais la vue, dit-on, est souvent plaisir divin ; tu pourras ainsi te consoler et te convaincre que les sœurs des Bleuets sont des âmes bien pensantes.

— Tu as passé par là, dit Capraisine pinçant l’oreille de Lucette, et je comprends l’exclamation de ton pauvre ami. Fi de la vilaine sécheuse de mâles.

— Celui-ci est des plus robustes, et peut-être que ta toilette de dessous…

— Révèle-la lui, fit Capraisine allongeant les jambes.

— Regarde, Émile, dit Lucette.

Lentement elle souleva la robe de Capraisine, exhiba les mollets rebondis sous des bas d’un rouge vif, puis dressa un petit jupon de satin bleu et découvrit les cuisses d’un blanc laiteux, légèrement entr’ouvertes pour laisser apercevoir la fine toison blondinette.

Immobile dans son abandon, Capraisine se prêtait au jeu de Lucette et à la contemplation d’Émile.

— Eh bien, susurra Lucette, n’est-ce point un tableau délicieux, cher Émile, que ces sources de vie, car tout sort de là ! Quoi de plus important que le plaisir goûté sur ces trésors, et pour lequel on crée les palais et les merveilles ! Ah, les savants et les guerriers, les moralistes et les financiers, peuvent déplacer l’intérêt de l’existence, le chercher dans les découvertes de leurs alambics, dans la conquête des terres, dans la catégorisation des masses, dans les triomphes du lucre, tous, tous, oublieront leur but pour adorer, comme toi, ces deux jambes de femme.

Émile, fasciné par le satin des étoffes et des chairs, par le scintillement d’un gros bracelet en or placé au-dessus du genou gauche, venait de s’effondrer entre les cuisses de Capraisine, murmurant :

— Ah, Lucette, Lucette, si tu m’as momentanément ravi les forces, tu ne m’as pas supprimé le désir !

Les minettes plurent, et Capraisine, les yeux à demi-voilés par la langueur, ne les entrava pas.

— Il a salué le temple, dit Lucette, l’union est faite, parle-lui, Capraisine.

La sœur arrêta doucement les caresses d’Émile, le fit se relever, et dit :

— Je vais te conduire chez nos frères, où tu revêtiras la robe monacale et acquerras ainsi le droit de circuler dans nos établissements, à moins que Lucette ne t’ait mené pour te montrer la porte et non la chapelle.

— Je suis ici pour voir ma sœur Lucine, répondit Lucette, je ne comptais pas me présenter au temple. Si Émile veut séjourner parmi les saints et les saintes trois jours et trois nuits, je vous le livre et le reprendrai ensuite.

— Trois jours et trois nuits ! s’écria-t-il, oui, mais repos jusqu’à demain.

— Accordé, répondit Capraisine. Je te confierai au frère intendant qui te pourvoira d’une cellule, où tu auras tout loisir de méditer, prier, lire et dormir.

— Et chez moi ?

— Je préviendrai par télégramme, dit Lucette.

Il avait soif d’une revanche auprès de cette jolie sœur, dont il eût voulu goûter les tendresses ; il acceptait avec joie cette perspective de s’enfermer dans le couvent.

— Des frères et des sœurs, observa-t-il, comment cela peut-il cohabiter ensemble ?

— On ne cohabite pas ensemble, répondit Capraisine, tu vas t’en rendre compte ; dis adieu à Lucette et suis-moi.

Les deux amants s’embrassèrent avec ardeur, après s’être promis de se retrouver dans trois jours, et Émile accompagna Capraisine, qui avait remis son manteau et sa capuche.

Par une galerie souterraine, elle le conduisit dans un vaste vestibule, orné de nombreuses colonnes ; ils gravirent les marches d’un étage, après qu’elle eut sonné à une grosse cloche, et en haut de l’escalier, on se trouva en présence d’un moine à robe noire, avec la croix bleue sur la poitrine.

Le moine et la sœur se saluèrent correctement, et Capraisine dit :

— Un frère pour les Bleuets : il désire le repos jusqu’à demain, je te le recommande, frère Pierre.

— Doit-il avoir liberté ?

— Pleine et entière.

Elle prit la main d’Émile et la baisa.

— Il est notre hôte, dit frère Pierre. Capraisine inclina la tête, et se disposant à se retirer, dit à Émile.

— Frère Pierre est ici ton guide et ton précepteur, écoute-le.

— Au revoir, ma sœur.

Émile entendait se reposer, frère Pierre l’installa dans une cellule, meublée d’un confortable relatif, lui remit un costume de moine pour le cas où il voudrait aller et venir, le pria cependant de ne pas agir sans le prévenir, lui indiqua les heures de repas, et lui apprit qu’à minuit il ferait bien de se rendre à un Benedicite chanté dans la chapelle.

— Bon, dit Émile, j’irai.

Il éprouvait vraiment le besoin de se reposer, avec ses exploits de ces derniers jours, et il usa de sa cellule en conséquence. Il avait bien déjeuné, il se coucha et dormit du sommeil des justes, sans s’apercevoir que frère Pierre lui apportait quelques provisions de bouche, en ne l’ayant pas vu apparaître pour le dîner.

Vers les dix heures et demie, il s’éveilla au bruit d’allées et venues précipitées dans le couloir sur lequel donnait sa cellule.

Étonné, il reconnut que celle-ci était éclairée par une étoile électrique, et il distingua les mets laissés sur la table.

Sans perdre de temps en réflexions, il fit ses ablutions, endossa la tenue monacale et mangea de fort bon appétit. Il ressuscitait.

Une bouffée de vanité orgueilleuse lui traversa l’esprit.

— Lui, vaincu en amour ! Oh, Lucette, quelle erreur !

L’estomac satisfait, il sortit sur le couloir, vide alors, et l’arpenta pour chercher le frère Pierre.

La direction de l’éclairage le guida dans ses pas : des parties de bâtiments étaient laissées dans l’obscurité ; il suivit les parties éclairées et parvint ainsi, après une assez longue pérégrination, dans une chapelle très vaste, divisée en deux dans toute sa longueur par une balustrade dorée. Il vit que les moines se réunissaient sur le côté gauche, et les sœurs des Bleuets sur le côté droit.

Au fur et à mesure qu’on entrait, on pénétrait dans une des rangées de bancs, on s’agenouillait pour murmurer une prière, puis on s’asseyait les bras croisés et on méditait.

Il imita le mouvement général, sans provoquer la moindre surprise chez aucun de ses voisins.

La chapelle était brillamment illuminée, et l’autel resplendissait, non sous la lumière des cierges, mais sous les feux d’une centaine de lampes à puissants réflecteurs.

L’orgue joua en sourdine une mélodie très langoureuse.

Il y avait en ce moment une cinquantaine de frères et près d’une centaine de sœurs. Un chant religieux entonné par l’assistance appuya l’orgue.

D’une grande porte du fond, s’avança un cortège composé de prêtres sous de riches chasubles, puis de femmes, dont deux marchant en tête de leurs compagnes, avec une robe rouge au lieu de la robe blanche, la croix bleue sur la poitrine entourée d’or, le manteau était rejeté sur l’arrière et permettait le port sur la tête d’une mitre enrichie de pierreries : deux femmes de beauté idéale, dont l’une, la sœur de Lucette, Lucine, facilement reconnaissable à sa ressemblance avec ses sœurs, et l’autre, la sœur générale de l’Ordre, sœur sainte Geneviève, ex-marquise de la Quérette.

Le cortège traversa la chapelle, on enleva la barricade séparant les deux côtés ; à l’autel, apparut un prêtre accompagné d’enfants de chœur, le chant mélodique se transforma en marche triomphale, sœur sainte Geneviève et sœur sainte Lucile vinrent occuper chacune un trône dans l’enceinte sacrée, un troisième y demeura vide.

La cérémonie religieuse s’accomplit au milieu de la dévote attention de tous, le Benedicite la termina, et voilà qu’Émile vit les sœurs s’aligner à la suite les unes des autres contre les murailles, autour de la chapelle.

Le premier banc des moines, puis le deuxième, et successivement les autres, furent abandonnés par les frères qui vinrent passer devant les sœurs, s’arrêtant devant chacune, les regardant les yeux dans les yeux.

De temps en temps, un des moines plaçait un pouce sur le front d’une sœur, la sœur prenait rang après lui, et ils sortaient ensemble.

Suivant l’exemple de ses compagnons, Émile passa devant de nombreuses sœurs au visage prometteur et fripon, il comprit la signification du signe, il ne le fit pas, jusqu’au moment où il se trouva en présence de la sœur Capraisine, à côté de laquelle il aperçut le frère Pierre.

Elle lui sourit, et, devinant sa pensée, d’elle-même elle approcha le front de son pouce et lui dit :

— En me touchant de la sorte, tu me retiens pour la nuit, le sais-tu ?

— Je m’en doutais et je te cherchais.

— Le frère Pierre me gardait pour ton désir que j’avais prévu.

Ils sortirent de la chapelle sur un hall immense, où les accouplés se tenaient par la main, tandis que les moines n’ayant fait le signe à aucune sœur se groupaient près de la porte, d’où surgirent bientôt les délaissées.

L’étaient-elles réellement ? Elles n’en paraissaient pas affligées, et se mélangèrent aux moines, formant des groupes compacts de ci, de là.

L’orgue jouait une marche à larges envolées : sœur sainte Geneviève, sœur sainte Lucile survinrent, escortées d’un cortège de prêtre ; et de sœurs ; elles s’arrêtèrent sur le seuil de la chapelle, et sœur sainte Geneviève dit :

— Allez et péchez par la chair, le Créateur le veut.

Elle s’avança de quelques pas en avant, il y eut comme un cercle de moines et de sœurs autour d’elle ; les yeux au ciel, d’un geste royal elle ramassa ses jupes jusqu’à la ceinture, les cuisses apparurent éblouissantes sous des anneaux d’or enrichis de diamants, elle mit l’index au conin et dit :

— Ventre de femme, ventre d’amour, marchez à la curée des chairs, frères et sœurs.

Le prêtre qui officiait, sortit à son tour de la chapelle, tenant à la main un godmichet. Il vint en frapper les cuisses de la sœur sainte Geneviève, et cria :

— L’homme est pour la femme, et la femme pour l’homme ; mais s’il en est qui ne peuvent pas, que le frère appelle à son aide le frère, pour la sœur, que la sœur invite la sœur pour le frère, et qu’ils s’unissent par Balaal dans le jeu du godmichet.

Il dirigea la pointe du godmichet entre les cuisses de sœur sainte Geneviève, elle le lui enleva, le maintint un instant dans son conin, le souleva en l’air, laissa retomber ses jupes, et le posant sur la bouche du prêtre, dit :

— Il a honoré le sanctuaire d’amour, il est de vérité, baise-le, sœur sainte Lucile le sucera ensuite, et il circulera de bouche en bouche de nos sœurs, après que successivement chacune l’aura placé entre ses cuisses.

Émile conservait la main de Capraisine dans la sienne, et assistait avec grande curiosité à cette scène.

— Lucette, lui murmura-t-elle tout bas, m’a priée de te présenter à sa sœur Lucine, générale dans l’Armée de Volupté, je te conduirai tout à l’heure à elle, crois-tu bien sage de te conserver à ma personne ?

— La première qu’on salua, Capraisine, est de plein droit notre initiatrice aux mystères qui l’entourent. Mon choix serait allé à ta beauté en dehors de cette considération.

Mais si l’action de luxure agissait déjà sur tous les cœurs, elle n’enlevait pas la poésie du tableau, tableau d’un effet saisissant par l’ensemble de toutes ces beautés jeunes, aux yeux incandescents, ressortant sur le blanc des robes, le bleu des manteaux, avec un entourage de moines robustes, trahissant leurs désirs par des gestes fouilleurs, le tout se mouvant au milieu de colonnes de marbre, scintillant sous les lumières.

L’amour dans la volupté emplissait l’atmosphère de mille senteurs parfumées, où toutes les fleurs de la création semblaient apporter leur appoint pour s’unir aux effluves sexuelles et produire des attractions invincibles, où l’homme, ne doutant pas de posséder la force inépuisable pour satisfaire tant de déesses diverses de genre et de séduction, considérait le choix comme une formalité de début ; où la femme, ne pensant qu’à l’ivresse sensuelle, ne perdait pas le temps à jalouser sa voisine, et au contraire s’appliquait à l’exalter dans ses charmes.

Les sœurs sainte Geneviève et sainte Lucile, accompagnées d’un état-major de prêtres et de sœurs, se retirèrent par un des côtés du hall, et Émile continua à tout examiner autour de lui.

Tout à coup une sœur, petite de taille, la capuche rejetée sur les épaules, découvrant ainsi une brune au teint mat, aux cheveux massés sur les oreilles, se glissa entre lui et sœur Capraisine, prit celle-ci à bras-le-corps et s’écria :

— Eh quoi, tu m’es infidèle ce soir, est-ce possible !

Capraisine la saisit par le cou, posa les lèvres sur les siennes, laissa voir sa langue courir dans la bouche de la nouvelle venue, à qui elle répondit :

— Mon adorée Michelle, je me dois à un hôte, à un ami de Lucette.

— Où est-il, où est-il, le cruel ?

Elle tourna la tête et aperçut Émile ; elle l’étudia d’un long regard et lui dit :

— Lucette vous confie à Capraisine, mon frère, elle ne vous a donc pas vaincu ?

— Je ne crois pas qu’une femme ait ce pouvoir !

— Oh, oh, intervint Capraisine, lui mettant une main sur la bouche, ne mens pas, si tu n’avais reposé cet après-midi, ce soir Michelle ne se désolerait pas.

— Se désoler, pourquoi ?

— Parce qu’elle est ma femme et que je lui ferai infidélité.

— Ta femme !

Sœur sainte Michelle s’arracha aux bras de Capraisine, s’empara des mains d’Émile et implora :

— Dis, dis, il ne manque pas de femmes, et des femmes très fortes pour faire jouir un homme ; vois, vois, partout les folies commencent, vois, vois, il y a de jolies femmes qui cherchent un amant de feu, vois, on te reluque, tu aurais… le grand jeu du sérail, laisse-moi Capraisine.

— Il le voudrait que je m’y opposerais, dit Capraisine. En cette minute, je brille dans son esprit, et si le corps peut se soustraire à un caprice physique, l’esprit doit s’incliner devant celui qui le sollicite.

— T’aimant, pourquoi t’empêcherait-il de m’aimer, et si je me soumettais à vos transports, pourquoi ne consentiriez-vous pas à cette concession ?

— Deux femmes pour un homme, notre frère sort de goûter à de nombreux assauts d’amour, Lucette m’a recommandé de le diriger autant que possible sagement.

— Oh, la sagesse ici ! s’écria Émile, pas fâché au fond d’assister aux ébats de deux ferventes saphistes. Elle a raison, la petite sœur, vous vous aimerez, je t’aimerai, et il n’y aura presque rien de changé entre vous.

— Je ne serai pas une ingrate, dit simplement Michelle lui baisant la main.

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