Chapitre 4.2.8
Raiſons de Galilée pour montrer que la vîteſſe
du Corps qui tombe ne s’acroit pas
à proportion des eſpaces.
GAlilée aſſûre d’abord que cette derniére opinion enferme une abſurdité, & que pour être véritable il faudroit que le mouvement de la chûte des corps ſe fit en un inſtant. Car poſant, comme il dit, que le mobile parcourre en tombant l’eſpace A B ; s’il eſt vrai qu’êtant diviſé comme en C : la vîteſſe aquiſe au point C ſoit à la vîteſſe aquiſe au point B, comme l’eſpace A C eſt à l’eſpace A B : l’on pourra dire que l’eſpace A B ſera parcouru dans le même tems que l’eſpace A C ; car toutes les fois que les eſpaces ſont entr’eux comme les vîteſſes mobile qui les parcourt, les eſpaces ſont parcourus dans les mêmes tems. Or il ne ſe peut faire, que la toute A B ſoit paſſée dans le même tems que ſa partie A C, ailleurs que dans le mouvement qui ſe fait en un inſtant ; il eſt donc faux de dire que les vîteſſes s’augmentent à proportion des eſpaces parcourus.
Mais ce raiſonnement quoi que vrai, comme on dit, dans la matiére eſt paralogiſtique dans ſa forme. Car cette propoſition, par laquelle il dit que les eſpaces ſont parcourus en même tems lors-qu’ils ſont entr’eux en même proportion que les vîteſſes, eſt claire d’elle-même dans le mouvement égal & uniforme : mais elle peut être abſolument niée dans le mouvement accéléré ; nonobſtant mêmes toutes les raiſons dont Gaſſendi ſe ſert pour la confirmer, leſquelles quoi que véritables & ingénieuſes, n’ôtent pas entiérement l’obſcurité de cette poſition.