Chapitre 2.1.8
Table de la force des jets de même êtenduë.
LA table qui ſuit eſt faite en ajoûtant enſemble les hauteurs & les ſublimitez de la précédente. Son uſage eſt poru la proportion que la force qui a chaſſé le mobile à une certaine diftance ſuivant un certain angle d’êlévation, doit avoir à une force qui pourra chaſſer le même mobile ou ſon égal à la même diſtance ſuivant tout autre dégré d’êlévation ; c’eſt-à-dire que la force du jet parcourant un certain eſpace ſous l’angle de 22 dég. ou de ſon complement à l’angle droit qui eſt de 68 dég., ſera à la force du jet parcourant le même eſpace ſous l’angle de 35 dég. ou de 55 dég. qui eſt ſon complement à un droit, comme le nombre 7197 répondant à 22 dég. eſt à 5321 répondant à 35 dégrez. L’on voit par cette table que de tous les jets d’une même étenduë ; celui où il faut moins de force eſt le jet qui ſe fait ſous l’élévation de 45 dégrez, & qu’il faut que la force augmente à meſure que l’élévation s’éloigne du demi droit vers la perpendiculaire ou vers l’horizontale ; ainſi il faudroit une force infinie pour faire parcourir un eſpace de niveau quel qu’il puiſſe être ſous l’élévation de 90 & de 0
dégrez, c’eſt-à-dire lors-que le jet
Table de la force qu’il faut donner aux Jets de
même étenduë de toutes ſortes d’Elévation.
eſt ou à plomb ou de niveau ; ce qui ſera expliqué dans la quatriéme partie de ce Livre.
Au reſte il eſt bon de ſavoir que c’eſt ſur la table des portées expliquée ci-devant, que j’ai calculé celles qui ſe voient dans la premiére partie de ce Livre, pour être comparées à celle de Diego Unfano, & aux autres. Je crois qu’il eſt inutile de dire que les angles d’élévation doivent être donnez ou meſurez ſur la piéce avec l’Equerre diviſée par dégrez, & non pas par celle de Tartaglia qui eſt diviſée en 12. points.