Chapitre 3.1.2
Deux eſpéces de mouvement.
GAlilée dans ce livre reconnoît d’abord deux eſpéces dans le mouvement, dont l’une eſt celle du mouvement égal & uniforme, & l’autre eſt celle du mouvement inégal qui s’augmente inceſſamment & qu’il appelle mouvement uniformement accéléré, qui eſt un mot dont nous nous ſervirons, quoi qu’il ſoit peu en uſage ; parce qu’il explique aſſez la nature de ce mouvement.
L’uniforme eſt donc celui par lequel un mobile parcourt des eſpaces égaux dans ces tems égaux ; & c’eſt, dit-il, celui qui eſt naturellement propre aux mobiles qui ſe meuvent en rond ſur des centres, comme eſt celui des corps Celeſtes, qui n’eſt perpétuel que par ſon uniformité & par ſon égalité, laquelle conſerve le mobile dans une unité de ſubſiſtance ſans y apporter aucune altération ; au-lieu que le mouvement inégal ne peut jamais être de longue durée, à cauſe des diverſes mutations qu’il apporte ſur la conſiſtance du mobile par l’inégalité de ſes impreſſions.
Je ne m’arrêterai point à raconter de quelle maniére il refute le ſentiment de ceux qui ont crû que dans le mouvement uniformement accéléré, la vîteſſe s’augmentoit à proportion des eſpaces que le mobile parcouroit dans ſa chûte ; & comme il fait voir qu’outre la vîteſſe & l’eſpace, il faut encore néceſſairement faire conſidération du tems & de la durée, pour avoir une connoiſſance exacte de cette eſpéce de mouvement. Je me contenterai d’expliquer les deux penſées qui lui ſont venuës ſur ce ſujet, dont la premiére eſt décrite dans ſes Dialogues du Syſteme du monde, & l’autre qui paroit être ſon véritable ſentiment, eſt expliquée fort au long dans ſes Dialogues de Mecanique.