05
Lorsque le lait maternel ne suffit pas à rassasier le nourrisson, il faut lui donner quelques onces de lait de vache dilué et stérilisé.
Il est important de stériliser et le lait qui complète la substance maternelle, et les biberons destinés à le contenir.
La stérilisation rend au lait presque sa pureté naturelle en détruisant ces germes qui ne cherchent qu’à se reproduire et à se multiplier indéfiniment. D Marfan dit : « Avec les laits purifiés par la chaleur, suivant une bonne méthode, les accidents de l’allaitement artificiel sont très réduits, les augmentations de poids sont beaucoup plus régulières, et le nombre des gastro-entérites diminue ».
1 Procédons d’abord par la stérilisation des biberons :
Il faut laver soigneusement les biberons avec de l’eau chaude savonneuse, au moyen d’une petite brosse destinée à cette fin. Cette brosse aura été préalablement stérilisée par l’ébullition, puis séchée au grand air, pour que ses crins gardent leur fermeté.
Après avoir ainsi nettoyé les biberons, on les remplira d’eau froide, on les placera également, dans un vaisseau d’eau froide, qu’on recouvrira afin de conserver la vapeur à l’intérieur puis on mettra le tout sur le feu. La stérilisation sera effectuée, lorsque l’eau aura bouilli, à gros bouillons, pendant au moins vingt minutes ou que l’eau aura atteint la température de 212° F. Le vaisseau qui contient les biberons immergés dans l’eau, doit rester recouvert jusqu’au moment où on retirera ceux-ci, pour les remplir de lait.
Si l’on se sert d’un entonnoir, pour mettre le lait dans les biberons, il faudra le stériliser également avant de s’en servir par le procédé de l’ébullition.
Quant à la suce ou tétine, il faudra la tourner à l’envers, la laver à l’eau et au savon de castille, la rincer, puis la déposer dans une tasse contenant une solution d’eau bouillie boriquée, qu’on gardera recouverte. Une cuillerée à thé d’acide borique dans une chopine d’eau bouillie fournira cette solution. On fera bien de n’attacher la suce au biberon que lorsque celui-ci sera chauffé et prêt à donner au bébé.
2 Prendre d’abord, les six ou sept biberons qui devront recevoir la nourriture, destinée à l’enfant, pour les prochaines vingt-quatre heures, y mettre le mélange de lait, d’eau de sucre, et d’eau de chaux exigé par l’âge du nourrisson, les fermer hermétiquement, les mettre dans un panier en broche, fait spécialement pour cet usage et qui les tient à distance l’un de l’autre ; déposer ce panier et son contenu dans une casserole d’eau que l’on recouvrira, après quoi on la mettra sur le feu et on ne la retirera que lorsque l’eau aura bouilli pendant trente-cinq minutes. Ou bien, tout simplement, se servir d’un stérilisateur comme on en trouve dans les pharmacies.
Il est bon, en effet, de mettre deux cuillerées à soupe d’eau de chaux dans le lait destiné à l’alimentation du bébé pour la journée, car cet élément favorise la dentition et la formation des os chez le nouveau-né. Mais, si l’on constatait qu’il en résulte de la constipation, il faudrait remplacer temporairement l’eau de chaux, par deux pincés de bicarbonate de soude, mises dans chaque biberon. Ce composé chimique aura, en outre, pour effet de faciliter la digestion.
Il y a un moyen facile et économique de préparer soi-même son eau de chaux : prendre gros comme un jaune d’œuf de chaux vive, la déposer dans un vaisseau contenant au moins un demi-gallon d’eau froide ; la laisser éteindre, enlever la crème qui s’est formée à la surface, puis, jeter l’eau qui reste ; mettre ensuite cette chaux éteinte dans une grande bouteille transparente qu’on remplira d’eau claire, puis on laissera reposer le contenu jusqu’à limpidité de l’eau. Chaque fois qu’on y puisera, il faudra le faire doucement pour n’avoir que de l’eau bien claire, puis on remplira d’eau la bouteille, au fur et à mesure que son contenu diminuera. On doit laisser éteindre la chaux dans un récipient largement ouvert et ne pas la mettre dans un vase à ouverture étroite, car une explosion pourrait se produire.
Étant donné que le lait de la mère s’enrichit de lui-même en quantité et en qualité à mesure que son nourrisson avance en âge, il faudra tenir compte de cette loi de progression dans l’allaitement mixte ; par conséquent, une once de lait dilué devra être ajouté tous les mois au menu du petit.
Celui-ci aura besoin de moins de nourriture en été qu’en hiver, puisque la chaleur de la température remplacera celle qui doit se dégager du carbone alimentaire.
Pour faciliter la digestion de bébé, on n’aura qu’à mettre quelques gouttes de pepsine dans une once d’eau bouillie. Une indigestion mortelle n’est pas chose très rare chez des enfants de cet âge.
Telles sont les grandes lignes de l’alimentation mixte, il nous reste à parler de l’alimentation artificielle.