‹ Le 66 !Chapitre 2 sur 5 · Scène II.

Scène II.

Les mêmes, BERTHOLD.

BERTHOLD.

AIR

(Appercevant Grittly qui l’examine curieusement.)

(Regardant autour de lui.) Un banc… une fontaine !… Ouf ! quelques minutes de halte ici ne seraient pas de trop… avec un coup de brosse avant d’entrer en ville. (Il se débarrasse de sa balle.)

FRANTZ, qui discutait au fond avec Grittly.

Eh ! si… laisse-moi toujours demander… (À Berthold.) Dites-donc, M’sieu !

BERTHOLD.

Hein !… Qu’est-ce ?

FRANTZ.

Tout ce que vous venez de dire, c’est-il vrai que c’est dans votre ormoire ?

BERTHOLD.

Tout ça… et bien d’autres choses encore, mon garçon, (Il s’apprête à ouvrir la boîte.) Voulez-vous voir ?

GRITTLY.

Oh ! c’est inutile, Monsieur…

BERTHOLD.

Pourquoi pas, la petite mère ?… la vue n’en coûte rien…

FRANTZ.

C’est vrai… Et vous dites que vous avez aussi des mouchoirs ?

BERTHOLD.

En cotonnade, en toile de Hollande, en soie… vrais foulard de l’Inde…

FRANTZ.

D’Inde, Grittly, entends-tu ?

BERTHOLD.

Vous en voulez ?

GRITTLY.

Non, Monsieur, merci… Viens Frantz.

FRANTZ.

Laisse donc… (À Berthold.) Et combien que ça coûte un mouchoir en soie… d’Inde, Monsieur ?

BERTHOLD.

Deux thalers.

FRANTZ.

Pristi !

BERTHOLD.

C’est trop cher pour vous ?

GRITTLY, riant.

Oh ! oui, Monsieur… votre servante.

FRANTZ, en contemplation devant la boîte.

Dire qu’il y a là-dedans tant de belles choses, et que si mon numéro était bon…

BERTHOLD.

Un numéro… de quoi ?…

FRANTZ.

De la loterie de Vienne, donc.

BERTHOLD.

De Vienne !… comme ça se trouve : elle est tirée… et si vous y tenez, je peux vous dire votre sort.

FRANTZ.

Bah ! vous pourriez ?…

BERTHOLD.

Oui… j’ai la liste des numéros gagnants.

FRANTZ.

Vrai ?… voyons !

BERTHOLD.

Un instant, c’est trois kreutzers.

FRANTZ.

Donne, Grittly, donne vite.

GRITTLY, donnant l’argent.

Es-tu enfant, va…

TRIO.

FRANTZ, à Berthold.

BERTHOLD.

FRANTZ, allant prendre le bras de Grittly, sur lequel il s’appuie.

GRITTLY.

FRANTZ.

BERTHOLD.

FRANTZ.

GRITTLY.

BERTHOLD.

FRANTZ, s’accrochant au bras de Grittly.

BERTOLD

FRANTZ

BERTHOLD.

FRANTZ

BERTHOLD.

FRANTZ.

BERTHOLD.

FBANTZ.

BERTHOLD.

GRITTLY.

BERTHOLD.

FRANTZ.

BERTHOLD.

FRANTZ, pleurant presque.

(À Grittly.)

BERTHOLD.

FRANTZ.

BERTHOLD.

FRANTZ.

BERTHOLD, achevant.

FRANTZ, faisant un bond.

BERTHOLD.

FRANTZ, à Grittly.

BERTHOLD.

FRANTZ, lui présentant son numéro.

BERTHOLD, l’examinant.

FRANTZ.

GRITTLY.

FRANTZ.

GRITTLY.

BERTHOLD, avec éclat.

(Frantz reste un moment comme anéanti, puis tout d’un coup il se met à danser en manifestant la plus grande joie.)

FRANTZ.

AIR

REPRISE ENSEMBLE.

BERTHOLD ET GRITTLY.

FRANTZ, dansant.

Ohé !… ohé !… j’ai envie de rire… j’ai envie de pleurer… j’ai envie de danser… Embrassez-moi, Grittly… Et vous aussi, colporteur de mon cœur…

GRITTLY.

Seigneur !… est-ce qu’il devient fou !…

FRANTZ, à Berthold.

Donnez-m’en un tout de suite.

BERTHOLD.

Un quoi ?

FRANTZ.

Un… de soie donc… (Criant.) Un mouchoir… et une cravate… envoie aussi… quoi encore !… ah ! des souliers…

GRITTLY, criant.

En soie ?…

FRANTZ.

Toujours… sans clous…

GRITTLY.

Eh bien ! et les cailloux…

FRANTZ.

Les cailloux !… je m’en moque pas mal !… Est-ce que tu t’imagines que je vas continuer ma route à pied ?…

GRITTLY.

Décidément sa tête déménage.

FRANTZ.

Oui, c’est dit, j’achète un cheval… une carriole… (À Berthold.) Je le peux, pas vrai ?

BERTHOLD.

Comment donc !

FRANTZ.

Et nous monterons tous dedans… Toi… moi… le cheval… et lui aussi.

GRITTLY, riant.

Et nos guitares ?

FRANTZ.

Aussi, c’est-à-dire non… Qu’est-ce que nous avons besoin de nous embarrasser de tout ça à présent. (À Berthold en lui présentant une des guitares.) Voulez-vous les acheter ?

BERTHOLD.

Bien obligé… j’en porte déjà assez !

FRANTZ.

Une fois… deux fois, vous n’en voulez pas ?… Alors, bonsoir… (Il lance la guitare dans le ravin ; on l’entend rouler et se briser.)

GRITTLY

Ah !… Frantz… c’est mal !… c’est bien mal !… (Elle regarde, puis descend précipitamment dans le ravin.)

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