Scène III.
FRANTZ, BERTHOLD.
FRANTZ.
Eh ben !… eh ben ! Grittly… Où va-t-elle ?… comme si nous avions besoin maintenant de ces chaudrons là…
BERTHOLD, étalant des mouchoirs qu’il a pris dans sa boîte.
Tenez, jeune homme… ça vous convient-il ?
FRANTZ, en admiration.
Superbe ! magnifique ! (Il en prend un.) D’abord, celui-là pour moi… Oh ! mon rêve ! mon rêve !… (Il se mouche bruyamment.) Ah ! que c’est bon !… ça donnerait envie ne s’enrhumer… (Prenant un autre foulard que Berthold lui présente.) Et puis celui-ci…
BERTHOLD.
Pour la petite ?…
FRANTZ.
Non… pour moi encore… et puis ce n’est pas tout, père cloporte… colporteur…, il me faut des z’hardes…
BERTHOLD.
Pour la petite ?…
FRANTZ
Eh ! non… pour moi… maintenant que je suis calé, je ne peux plus rester dans cette tenue-là… je veux tout ce qu’il y a de plus bon genre.
BERTHOLD.
C’est facile, mon garçon, la ville est à deux pas.
FRANTZ
Oui, mais c’est que…
BERTHOLD.
Eh bien ! est-ce que je ne suis pas là… Entre amis…
FRANTZ.
C’est vrai… entre z’amis… Dès que j’aurai touché mon lot, je vous rendrai ça,
BERTHOLD.
Eh bien, venez…
FRANTZ.
Je vous suis… (Allant au fond et appelant.) Grittly je vas donner un coup de pied jusqu’à la ville… Attends-moi ici… près de la fontaine… dans cinq minutes je serai de retour. (À Berthold.) Allons, père… chose… dépêchons-nous… il me tarde de me voir… et de la voir… me voir. (Criant.) Dans cinq minutes, Grittly. (Il sort par la gauche avec Berthold ; ils reprennent ensemble le refrain de l’air :)