Chapitre 26 Voyage extraordinaire - Comment on encourageait l’immigration.
Nous lisons dans le Canadiende mercredi, le 6 septembre 1820, le rapport suivant, daté à Montréal le 26 août. MM. P. de Rocheblave 1 et A. N. McLeod sont partis du Grand Portage sur le lac Supérieur, le 14 du courant, dans un canot d’écorce, et sont arrivés ici le 24. Si la route d’ici au Grand Portage est, en raison des détours, de 600 lieues, la marche du canot a été de 60 lieues par jour, l’un portant l’autre. Nous ne croyons pas que pareille chose soit jamais arrivée auparavant.
En supposant que la course du canot n’était jamais arrêtée, les voyageurs ont dû faire un peu plus que sept milles à l’heure, pendant dix jours.
Hanlan 2 éprouverait de la difficulté à faire le même trajet en aussi peu de temps.
Que voulez-vous ? Il faut ajouter foi à ce rapport, puisque la presse de Montréal et de Québec l’a publié.
Peut-être nos grands-pères aimaient-ils à se faire servir des canards dans leurs journaux comme les abonnés de nos jours.
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S’il faut en croire le Canadiendu 6 décembre 1820, Sa Grandeur Monseigneur l’Évêque catholique de Québec, a fait écrire une circulaire à MM. les curés des paroisses ; à la suggestion du gouvernement exécutif, pour demander à leurs paroissiens de soutenir charitablement une famille irlandaise par paroisse.
C’était très encourageant pour les immigrés irlandais, mais les « habitants » n’ont pas trouvé la proposition de leur goût. Ils se sont rebiffés et le projet du gouvernement a raté. Le ridicule allait plus loin, les immigrants avaient la préférence sur les Canadiens pour l’ouvrage dans les chantiers du Roi.
(Suit une liste des journaux et revues fondés à Montréal entre 1778 et 1881. Contrairement à ce qu’en dit M. Berthelot, cette liste est forte incomplète et renferme quantité d’erreurs. Nous l’avons retranché parce que les chercheurs peuvent en reconstituer une meilleure au moyen de l’Inventaire Chronologiquede N. E. Dionne, vol. III et IV.)
5 décembre 1881
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De 1820 à 1830, le service entre Montréal et Longueuil se faisait avec des *horse-boats,*c’est-à-dire des bateaux avec des roues à aubes dont le mécanisme était mis en activité par des chevaux qui tournaient autour d’un grand poteau vertical, espèce de cabestan qui communiquait son mouvement à l’arbre de couche. Les chevaux attelés à ce mécanisme étaient au nombre de quatre ou six. Il va sans dire que cette force motrice ne donnait pas au navire une course aussi rapide que la vapeur. Le trajet se faisait alors dans environ trois quarts d’heure. Les premiers horse-boatsont été la propriété d’un monsieur White 1.
Vers la même époque les goélettes et les bateaux étaient remorqués par des bœufs, de Hochelaga jusqu’au port de Montréal.
Il arrivait quelquefois que les bœufs n’avaient pas assez de force pour faire remonter le courant aux bateaux. Ils étaient entraînés à l’eau avec leur attelageet ils s’y noyaient.
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Avant 1820, le moulin banal de Montréal était construit sur le fleuve entre l’extrémité ouest de l’île Sainte-Hélène et la petite île aux Fraises. 2
Ce moulin seigneurial appartenait à M. le baron Grant, propriétaire de l’Ile Sainte-Hélène.
L’île de ce temps-là, nous disent les anciens, était un véritable paradis terrestre.
On y cultivait les vignes, les plantes les plus riches et les plus odorantes, il y avait des vergers produisant les pommes et les poires les plus belles du district. Six jardiniers étaient alors employés par le baron à exécuter les travaux horticoles et agricoles.
Plus tard, le baron Grant échangea cette magnifique propriété contre celles des Récollets, rue Notre-Dame, comprenant les casernes, etc. (et dont le gouvernement s’était emparé lors du décès du dernier Récollet, le R. P. Jean Demers, communément appelé le Frère Louis).
Les autorités militaires construisirent ensuite dans l’île, des casernes, une poudrière, et des dépots de munitions, etc.
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Montréal possédait, autrefois, plusieurs chantiers de construction de navires au pied du courant Sainte-Marie. Les premiers navires construits en cette ville sortaient des chantiers de M. David Munn qui commença ses opérations en 1806 3. Deux ou trois ans plus tard, il forma une société avec M. Robert Hunter. Les navires qu’ils construisaient étaient ordinairement de 200 à 350 tonneaux, l’un d’eux le Earl of Buckinghamshirejaugeait 600 tonneaux.
MM. J. Storrow et Cie et James Dunlop, quelque temps après, construisirent plusieurs navires d’un tonnage de 330 à 350 chacun. MM. James M. Campbell, McKenzie et Bethune et James Millar et Cie eurent aussi des chantiers à Montréal où ils construisaient des bâtiments d’un même tonnage.
En l’année 1820, MM. Shay et Merritt achetèrent les chantiers de la Canada ship building companyde Londres, à Hochelaga.
On construisit, en 1829, dans ce chantier, le British America,un vapeur de 170 pieds de long, 30 pieds de large et 10 pieds de haut, pour MM. John Torrance et Cie, pour naviguer entre Montréal et Québec.
En 1830, la même société construisit le vapeur John Bullpour MM. John Molson et Cie.
Ce bateau qui faisait le service entre Montréal et Québec avait 182 pieds de long, 32 pieds de large et 12 pieds de haut. Dans la même année, on lança le vapeur Saint-George,construit pour John Torrance et Cie, 160 pieds de long, 26 de large et 11 de haut. Le vapeur Canada,construit en 1831, avait 175 pieds de long et 26 pieds de large.
Les autres vapeurs sortis du même chantier dans les années suivantes étaient le *Eagle*(1832) ; le Canada Patriot ; le Britannia(1833) ; le Varennes(1833), pourM. Rasco et Cie., le Montréal(1833), pour M. James Wait, et 10 barques (1833 à 1836) pour le commerce de l’Angleterre.
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Une nouvelle organisation de la police de Montréal fut établie en 1838, en vertu d’une ordonnance de Lord Durham. Ce corps de policiers était composé de 102 constables, quatre hommes de patrouille montés, six sergents et six caporaux sous le commandement de quatre officiers : le capitaine Alexandre Comeau, et le lieutenant Worth pour la division A, et le capitaine William Brown et le lieutenant William Suter pour la division B. Le surintendant était M. P. Leclère. Le service du jour commençait à sept heures du matin et finissait à six heures du soir. Chaque homme était de service toutes les trois heures, en hiver, et toutes les six heures, en été. Le service de nuit commençait à six heures du soir et durait jusqu’à six heures du matin. Les gardiens de la paix étaient relevés toutes les quatre heures, en été, et en hiver, ces changements dépendaient de la température.
Cette police, qui coûtait £6,000 par année, était entretenue aux frais du gouvernement impérial.
La juridiction de la police en 1839, à part la ville, les faubourgs et le havre, s’étendait aux paroisses de Laprairie de la Madeleine, Longueuil, Boucherville, Varennes, Repentigny, Lachenaie, Saint-Vincent de Paul, Saint-Martin et l’île Perrot.
9 décembre 1884
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