Chapitre 8 Sur la grand-route
On se battait partout…
Au nord, à l’est contre les Prussiens et les Autrichiens.
Au sud-ouest contre Espagnols.
Au sud-est contre les Piémontais.
En un clin d’œil, il avait fallu que la Convention organisât des armées pour couvrir ses frontières.
Et l’enthousiasme était tel que, partout, on faisait face à l’ennemi !…
Bien plus, les troupes de la Nation prenaient en certains points l’offensive.
Custine envahissait l’Allemagne.
Montesquiou conquérait la Savoie.
Le général Anselme entreprenait de chasser les Piémontais du comté de Nice.
Son corps d’armée, fort à peine de quelques milliers d’hommes, ayant pour toute cavalerie deux escadrons de dragons, appuyé, il est vrai, par la flotte de l’amiral Truguet, avait franchi le Var, avec Nice pour objectif…
Entreprise téméraire, si l’on veut réfléchir que le roi de Sardaigne avait dans le comté environ huit mille hommes de troupes régulières, dont quatre régiments suisses de deux bataillons et dix à douze mille hommes de milice du pays.
Le tout aux ordres du général Saint-André.
Deux cent quatorze pièces de canon garnissaient Nice, Montalban, les côtes et la rive gauche du Var.
Les Piémontais étaient en outre bien approvisionnés en subsistances et en munitions de guerre de toute espèce.
Le général Anselme, avec les maigres ressources dont il disposait, demanda le succès à l’audace…
Il s’approcha hardiment du Var, faisant faire à ses soldats des marches et des contremarches, donnant partout sur son passage des ordres pour le logement de quarante mille hommes, cherchant à illusionner l’ennemi sur le nombre de ses troupes et à donner à celles qu’il commandait l’allure d’une simple avant-garde.
C’est ainsi qu’il avait traversé sans escorte tout le département, n’ayant rencontré nulle part une résistance sérieuse.
Les troupes sardes se retiraient devant lui, épouvantées par l’annonce de l’armée formidable qu’il devait soi-disant précéder.
Le 20 septembre, les éclaireurs étaient arrivés à quelques portées de fusil de Nice.
Par ses espions, Anselme avait appris que la population, surexcitée par les émigrés, songeait à se défendre…
Il n’approchait donc que lentement, avec les précautions d’usage, son mince corps d’armée couvert par un rideau d’éclaireurs choisis parmi ses cavaliers les plus intelligents.
Le fusil sur la cuisse, le doigt sur la détente, prêt au coup de feu, un dragon s’avançait au petit pas de son cheval, une grande rosse efflanquée, dont les côtes saillaient, telles des cercles de barrique, sous la peau râpée par la gale, et dont les jambes décharnées semblaient ne pouvoir qu’à grand-peine supporter le poids de son cavalier.
Celui-ci offrait, au contraire, un magnifique échantillon de son espèce.
Bien planté sur sa selle, il présentait une poitrine large sous les revers de l’uniforme et avait, dans le port de la tête, quelque chose d’imposant, de majestueux, de théâtral.
Le front, haut, se noyait d’ombre sous la visière en saillie du casque ; le nez, à l’arête proéminente, s’avançait comme un bec d’aigle au-dessus de moustaches formidablement hérissées.
Et cependant, les lèvres, fortes et sanguines, étaient bonnes ; l’œil bleu, à fleur de tête, était plein de douceur.
Pour l’instant, tout en tournant fréquemment la tête pour s’assurer qu’il était à distance suffisante de l’avant-garde, dont les casques jetaient au loin, sur la route poudreuse, un éparpillement de points brillants, notre dragon sifflotait un air de gavotte…
Dans le ciel azuré, le soleil de septembre mettait un rayonnement qui faisait étinceler la mer jusqu’aux confins de l’horizon…
À sa gauche, le cavalier pouvait voir les cimes neigeuses des Alpes dont les glaciers semblaient escalader les nuages.
Un moment, arrêté au sommet d’une pente, il laissa souffler sa monture et promena autour de lui un regard plein d’admiration.
— Parbleu ! murmura-t-il, voilà un décor qui enfonce de cent coudées tout ce que nous avons jamais fait de mieux à la Comédie-Française !
Et, d’un geste circulaire semblant s’enivrer du paysage :
— Ah ! jouer Corneille… Racine… Voltaire, dans un pareil décor… quel rêve !
Il ajouta, changeant de ton :
— Pour le moment, un rêve creux.
Mais tout à coup, brusquement, sa voix se fit sonore ; il déclamait :
Prends un siège, Cinna... prends, et sur toute chose,
Observe aveuglément la loi que je t’impose...
Comme par enchantement, l’expression de sa physionomie s’était transformée.
Dans l’œil bleu, une flamme venait de s’allumer et ses narines larges palpitaient.
Satisfait de la sonorité de son organe, il reprenait :
Prends un siège, Cinna, prends, et...
Un coup de feu l’interrompit.
Une balle siffla.
— Tonnerre de sort ! clama le dragon.
À la tête, il avait ressenti une commotion violente, – si violente que son casque, troué de part en part, roula sur la route.
Au-dessus des vignes, un petit flocon de fumée flottait immobile dans l’air tiède.
Épaulant son mousquet, il fit feu, au jugé.
Un cri retentit, cri de douleur qui fit pâlir le cavalier.
— Crédié !… murmura-t-il ; on dirait un enfant !
Les sourcils froncés, les lèvres crispées d’un pli nerveux, il se dressa sur son cheval, haut sur les étriers, la main en visière, cherchant à se rendre compte.
Il lui sembla, à une quinzaine de mètres de la route, distinguer un frémissement parmi les ceps, comme si quelqu’un se glissait sous les feuilles…
— J’en aurai le cœur net… déclara-t-il…
Et, mettant pied à terre, il grommela, sur un ton de brave homme :
— Peut-être ai-je tué un pauvre diable ?
Il commença par ramasser son casque qu’il examina d’un œil ahuri, et cet examen le fit frissonner…
— Brrr ! fit-il en secouant les épaules… un peu plus…
Il s’en était fallu d’un demi-pouce que la balle, en traversant le casque, ne crevât le crâne en même temps…
Puis il eut un haussement d’épaules, se coiffa et, la bride de son cheval passée dans le bras, il entra dans les vignes.
Tout en marchant, il jetait un coup d’œil du côté de la route ; les casques, plus visibles maintenant, se trouvaient encore à huit cents mètres au moins et n’avançaient que lentement.
Ses regards se portèrent sur le coteau verdoyant qu’escaladaient les vignes dans lesquelles il s’était engagé.
Là-bas, dans le vallon, à une petite lieue, les toits rouges de Nice flambaient sous les feux du soleil couchant, mettant dans l’eau, d’un bleu déjà plus sombre, comme des reflets d’incendie…
— Hum ! murmura le dragon, l’air perplexe…
Mais tout à coup, apparaissant derrière le cap Martin, comme en une magistrale mise en scène, une file de vaisseaux s’avança vers la ville en ordre de bataille…
— Ah ! l’amiral Truguet est au rendez-vous… voilà qui va bien…
Sur sa droite, un nouveau gémissement s’éleva, qui le fit tressaillir et le rappela à son but.
— Tiens !… c’est vrai, fit-il… J’oubliais.
Il abandonna son cheval, trop épuisé et à bout de souffle pour profiter de cette liberté, et continua seul sa recherche.
Brusquement, au milieu des feuilles, se dressa une figure d’enfant, pâle, souillée de poudre et de sang, avec de grands yeux bleus dans lesquels, cependant, il n’y avait pas d’effroi…
— Monsieur le soldat, dit-il en joignant les mains, d’une voix suppliante, ne le tuez pas !…
Car ce n’était pas pour lui-même que le brave petit demandait grâce, mais pour un malheureux étendu là, sous les feuilles, et que, tout d’abord, le dragon n’avait pas aperçu…
L’enfant pouvait avoir huit ans ; des boucles blondes encadraient son petit visage énergique, et ses vêtements en lambeaux dénotaient une apparence de confortable et même d’élégance qui frappa le soldat…
— Français ? interrogea-t-il rudement.
— Oui… fit le gamin avec franchise.
— Émigrés ?
— Oui… mais je vous en conjure, monsieur le soldat, ne l’achevez pas… c’est mon frère…
Le dragon fronça les sourcils.
— Eh ! Sommes-nous donc des cannibales ? grommela-t-il.
Et, sous le coup d’une poignante perplexité, il tordait ses grosses moustaches, tenant ses regards attachés sur le blessé.
Celui-ci était un jeune homme de vingt à vingt-deux ans ; ses cheveux étaient noirs, tressés en queue, sans poudre, et une légère moustache brune ombrait sa lèvre supérieure…
Ses yeux très grands étaient frangés de cils soyeux comme ceux d’une femme…
Ses mains soignées, quoique noires de poudre, dont l’une se crispait encore sur le canon d’un fusil de chasse, auraient suffi à le trahir.
Sans doute le dragon pestait-il contre la mauvaise chance qui lui avait fait si mal accommoder cet infortuné.
— Que diable, aussi, pourquoi me tirer dessus ?
Il reprit son casque à la main, introduisit l’index dans le trou percé par la balle et, avec un hochement de tête :
— Un peu plus… grogna-t-il.
Le gamin comprit et, d’une voix désolée, murmura :
— Vous vous êtes bien vengé…
Le dragon poussa un juron et roula des yeux furieux.
— Vengé !… ne parle pas comme ça… ou, foi de Floridor, je te passe ma latte au travers du corps !
Sans trembler, l’enfant répondit :
— S’il doit mourir, tuez-moi aussi.
— Mourir… mourir… balbutia le soldat qui paraissait en proie à une incompréhensible émotion, est-ce qu’on meurt comme ça !… D’abord, j’ai tiré au jugé… je ne voyais rien…
Il s’interrompit, s’agenouilla, redressa le buste du blessé et l’appuya contre sa cuisse.
Aussitôt, un flot de sang jaillit des lèvres décolorées.
L’enfant jeta un cri de terreur ; le dragon devint tout pâle.
— Diable ! murmura-t-il…
Et, songeant au gamin dont il voyait tout le chagrin :
— Ça, c’est la preuve qu’il n’est pas mort !…
Cependant, il prit la gourde attachée par une ficelle à son ceinturon, la déboucha et fit couler quelques gouttes de son contenu dans la gorge du blessé…
— Tiens ! fit-il, tu vois… le voilà qui revient à lui…
En effet, déjà les pommettes se coloraient un peu, les muscles tressaillaient, les paupières battaient faiblement.
Le petit garçon, lui aussi, s’était agenouillé et avait saisi la main défaillante de son frère.
— André… murmura-t-il… André… c’est moi… Jean… m’entends-tu ?… Réponds-moi…
De grosses larmes roulaient de ses yeux et sa voix tremblait si fort que le dragon était tout ému de cette violente douleur.
— Voyons, voyons… fit-il, il ne faut pas te mettre dans un état pareil… Une balle, ça n’est pas la mort d’un homme…
— Il ouvre les yeux… Ah ! tenez… voyez, monsieur… André !… André !…
L’enfant se penchait sur le blessé.
Le dragon l’écarta.
— Laisse-le ! bougonna-t-il, tu vois bien que tu l’empêches de respirer…
Les lèvres du blessé frémirent ; il balbutia :
— Ah !… c’est toi… mon petit Jean !…
Puis, apercevant la face moustachue du dragon, il ajouta, la voix mauvaise :
— Tu aurais mieux fait de me tuer, brigand !…
— Pourquoi ça ?… Tant qu’il y a de la vie, il y a de la ressource, citoyen.
— … Pour le peloton d’exécution, n’est-ce pas ?…
Le cavalier se redressa, une flamme dans les yeux.
— Ah çà ! pour qui me prenez-vous ? Pour un sauvage !… Qui donc a tiré le premier ? On peut ne pas aimer votre ci-devant roi et être un brave homme tout de même.
Puis, se courbant, il le saisit dans ses bras.
— Arrive, dit-il à l’enfant ; tu vas prendre la bride de mon cheval et me suivre.
Le petit Jean sentit l’espoir lui gonfler le cœur, un espoir inexplicable, né de l’air compatissant du soldat.
Celui-ci gagnait la route, mais en se dirigeant vers un petit bois d’oliviers qui mettait, à une cinquantaine de mètres, son triste feuillage grisâtre dans le ciel bleu.
Il y entra, contournant les troncs d’arbres énormes, traçant comme un profond sillage au milieu des hautes fougères.
En un endroit où celles-ci étaient plus épaisses, il s’arrêta et déposa le corps inerte du blessé, évanoui de nouveau, sur un épais tapis de mousse.
Puis, au petit garçon :
— Écoute-moi bien, gamin… Voici ce que tu vas faire, expliqua-t-il : ce garçon a besoin de soins. Sa blessure n’est pas dangereuse, mais encore faut-il qu’elle soit pansée sans retard, car avec cette damnée chaleur, la gangrène s’y mettrait… et alors…
L’enfant devint tout pâle, et dans ses yeux passa une lueur d’effroi.
Le dragon poursuivait :
— D’un autre côté, il ne faut pas songer à vous faire voir ni à rentrer dans Nice. Votre sort serait vite réglé… Nos soldats vous fusilleraient, ou les jacobins de la ville vous livreraient aux commissaires…
— Alors, que faut-il faire ?…
— Eh bien ! voilà : il y a, comme vivandière, avec nous, une brave femme… Je suis sûr qu’en t’adressant à elle, elle ne demandera pas mieux que de vous sauver tous deux.
— Voudra-t-elle ?
— La citoyenne Pascaline, comme les soldats l’appellent, est la bonté même ; et puis, elle aime les enfants… Enfin, quand tu lui diras que c’est de la part de Floridor…
Les grands yeux de l’enfant trahirent sa surprise.
— Qui ça, Floridor ?… balbutia-t-il.
Le dragon ne put s’empêcher de sourire.
— Floridor, mon garçon, c’est moi. Un drôle de nom, n’est-ce pas ?… Mais ça sonne bien… et puis, ça rime avec Messidor… Thermidor… Enfin, pour en revenir à notre affaire, adresse-toi à la citoyenne Pascaline, et vous serez sauvés, ton frère et toi… d’autant plus que c’est une fine mouche et que, si ça lui plaît, le général et le commissaire du gouvernement n’y verront que du feu…
À mesure qu’il parlait, les traits du jeune garçon se rassérénaient.
— Seulement, demanda-t-il, comme le dragon mettait le pied à l’étrier, comment la reconnaîtrai-je, Mme Pascaline ?…
— Elle marche à la queue de la colonne avec une carriole attelée d’un âne qui s’appelle Gédéon… C’est un renseignement, ça…
Floridor s’était remis en elle.
— Allons, bonne chance, fit-il, et ne tirez plus sur les dragons… car vous en trouveriez de moins bons garçons que moi…
Cela dit, il poussa son cheval, franchit la lisière du bois et se retrouva sur la route.
Tout près, débouchant enfin sur le plateau d’où se découvraient Nice et la mer, les casques des premiers dragons de l’avant-garde se montraient.
Floridor mit l’éperon aux flancs de sa monture et s’éloigna grand train, pour regagner la distance perdue.
Maintenant, il dévalait une pente aboutissant à la vallée dans laquelle Nice est construite, et le panorama de la région s’étalait devant lui merveilleux, éclairé par les derniers feux du soleil incendiant la mer.
Aux environs de la ville, une animation extraordinaire semblait régner…
Des masses d’hommes armés défilaient sur la route d’Italie ; les baïonnettes, les casques, les sabres criblaient d’un scintillement d’acier les champs d’oliviers gris.
Au trot les canons filaient, escaladaient les pentes raides, tandis que, par delà, les canots sillonnaient la mer, entre la jetée et l’escadre.
Les Piémontais évacuaient Nice, sans même chercher à la défendre, épouvantés par l’approche du corps d’armée français et par les sommations de l’amiral Truguet, qui menaçait de bombarder la ville…
Floridor, sa distance reprise, avait remis son cheval au pas et descendait la pente tout en sifflotant.
Il était content de lui, de ce qu’il avait fait ; sa modération lui mettait le cœur en gaieté ; il était persuadé que la vivandière saurait sauver ces deux enfants…
Tournant les choses au mieux, il songeait :
« C’est heureux encore, après tout, que nous ayons échangé ces deux coups de feu… autrement, nous entrions dans Nice comme dans un moulin… »
D’une pression soudaine, il arrêta son cheval, arma son fusil et cria :
— Halte-là !
Au tournant de la route, il venait d’apercevoir une troupe d’hommes qui montait la côte avec rapidité, suant, soufflant sous la chaleur.
Endimanchés, ces gens semblaient grouper toutes les classes sociales du pays.
Il y avait là des artisans d’humble condition, vêtus de leurs habits de fête, de riches négociants, des bourgeois cossus, des gentilshommes.
Tous marchaient confondus, en un vague troupeau, où le satin et le velours coudoyaient la bure, le droguet et la toile…
Tous, par exemple, sur leur visage, portaient marquée une même expression de joie grave et aussi d’appréhension incertaine.
À l’injonction de Floridor, ils s’étaient arrêtés.
D’un coup d’œil, le dragon avait constaté l’apparence évidemment pacifique de ces gens. Néanmoins, il avait fait craquer la batterie de son fusil, tout en criant :
— Qui êtes-vous ?… Que voulez-vous ?
Un individu se détacha du groupe et s’avança vers le soldat.
Celui-là était le plus vieux de tous, avec un visage glabre émergeant du jabot qui s’étalait sur son gilet de satin à fleurs et des cheveux poudrés, coiffés en aile de pigeon, tressés en queue sur le collet montant d’un habit de velours violet.
Respectueusement, arrivé près de l’étrier de Floridor, il se découvrit ; puis, en français passable, mais avec un accent italien prononcé, il débita, sur un ton de harangue :
— Signor soldat, ces signori et moi sommes envoyés par la ville de Nice pour inviter le général commandant les troupes françaises à vouloir bien entrer chez nous…
Floridor, durant que le vieillard parlait, laissait tomber sur lui un regard plein de condescendance ; retroussant sa moustache d’un air important.
— Citoyen, répondit-il, voilà qui est bien, et qui témoigne, de la part des Niçois, d’une heureuse jugeote… car, si vous aviez voulu résister nous aurions tout sabré, tout massacré.
Dignement, l’autre riposta :
— Mais, signor… c’est moins la peur de vos sabres, de vos fusils et de vos canons que notre amour pour la Révolution et la liberté qui nous pousse à faire cette démarche.
Floridor ne put s’empêcher de rire.
— Bien répliqué ! fit-il ; seulement, pour ce qui est de vos braves Piémontais, que je vois là-bas filant comme des lapins, n’essayez pas de me faire croire que l’amour de la Révolution soit pour grand-chose dans leur fuite précipitée.
— Ce sont des lâches.
Cette réponse satisfit Floridor.
— Citoyen, dit-il, je ne vous contredirai pas… Mais je me vois obligé de vous prier de bien vouloir attendre ici que j’aie prévenu de votre arrivée, afin qu’on vous fasse conduire auprès de lui, le général commandant la colonne.
Le vieillard acquiesça d’un signe de tête et retourna vers ses compagnons, tandis que, faisant volte-face, le dragon piquait des deux vers l’avant-garde.
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