‹ Le Club des 400 coupsChapitre 14 sur 24 · 14

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Ce même dimanche, vers les trois heures de l’après-midi, il régnait, à la cabane, une atmosphère de réunion de carabiniers un jour d’armistice. Les uns criaient, les autres riaient, tous parlaient, personne n’écoutait.

Contrairement à ses habitudes, Thermogène était en retard à l’assemblée dominicale de l’A.M.C., et, n’eût été la réflexion aigre-douce de La Mouche, son absence serait peut-être passée inaperçue, tant l’animation était grande.

— Ça ! Un président ! avait-il raillé. Bou Diou ! Faites pas ! S’il est pas venu, c’est qu’il a pas trouvé de sous !

Soudain, comme pour contredire cette boutade, le fracas des boîtes de conserves donna l’alarme.

Le silence se rétablit un instant et la porte s’ouvrit sur Thermogène, la tignasse plus ébouriffée que jamais. Il avait remis son pull-over et son pantalon de tous les jours.

— Bonjour les copains ! fit-il, dès son entrée, en affectant un air joyeux.

— Salut Thermo ! répondit toute la bande d’une seule voix.

— Je suis en retard, parce que…

— Té ! Vingt ronds d’amende ! coupa La Mouche.

Le Président laissa tomber un regard méprisant sur Marigal.

— Pauvre pénible ! Tout à l’heure, tu feras moins le mariole !

— Qu’est-ce que t’as ? S’inquiéta Pâte à Reluire, et constatant que le Chef avait les yeux gonflés. T’as chialé ?

— T’es pas un peu fada ? C’est un moustique qui m’est rentré sous la paupière.

— Dans l’œil droit ! ricana La Mouche. Mais dans l’autre ?

— Vé ! Dans le gauche, ce devait être un collègue jaloux ! reprit le fils du châtelain, pour venir en aide à son camarade.

La vérité était que Thermogène avait reçu une « belle rouste » à la maison.

Effectivement, après avoir quitté Monique, il était arrivé à la ferme de ses parents, alors que ceux-ci entamaient déjà le fromage. Il avait bien essayé de ne pas se montrer, en se glissant par le vieux cellier, mais le père veillait.

— Viens ici ! avait crié ce dernier sans même regarder son fils. D’où viens-tu, à cette heure, bougre de couillon ? T’es bien avancé, maintenant ! Il n’y a plus rien à bouffer ! Assieds-toi, et mange-toi du pain sec, si tu veux.

Le gosse avait vivement enjambé le banc, puis, avec la rapidité et l’adresse d’un manipulateur chinois, il avait noué sa serviette autour de son cou. Hélas ! son père avait levé les yeux, à cet instant précis, et, aussi prompt qu’eut été son geste, il n’était pas parvenu à dissimuler entièrement l’étonnant nœud-papillon vert qui scintillait sur sa poitrine.

— Ô pétan, qu’est-ce que c’est que ce « caramantran » ?

— Rien, papa.

— Amène-toi, un peu, voir !

Le gamin avait obéi avec une lenteur toute administrative, et c’était le cas, car il prévoyait ce qu’on allait lui administrer.

Une vive bourrade, dans le creux de l’estomac, avait fait tomber et sa serviette, et son courage.

— Qu’est-ce que c’est que ça ? avait demandé la grosse voix du père. Dis, la mère ! C’est toi qui as donné son habit de fête au « minot » ?

— Moi ? Je l’ai même pas vu partir, ce matin.

— Mais alors, il se l’est pris tout seul !

— Non, papa.

— Comment, non ?

— C’est-à-dire… que… je croyais que c’était fête aujourd’hui !

— Fête ! Quelle fête ? Ça va être la fête à ton cul, morveux !

Sans plus attendre, il avait fait pirouetter le gosse afin de lui décocher un de ces coups de pied au derrière dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils ne manquaient jamais ni de puissance, ni de précision.

Bien que Thermogène ait eu le temps de s’apercevoir que le paternel n’était pas chaussé ce jour-là de ses lourds sabots de bois, mais de souliers du dimanche, d’un contact plus léger et moins brutal, il s’était mis à hurler comme femme en couches avant de recevoir la correction. Ce n’était pas qu’il craignit la douleur, mais par expérience il savait que la puissance des coups de pieds au cul est en raison inverse des cris poussés par la victime. Malheureusement les cris n’évitent pas les larmes : ils sont, chez les enfants, le complément inévitable des blessures, surtout des blessures d’amour-propre.

C’est pour cette raison que le Président de l’A.M.C., en arrivant à la cabane, avait les yeux tout rouges.

Sensible à la sympathie que lui témoignait Gaétan, il saisit celui-ci par l’épaule.

— Comment ça se fait que t’es pas aux vêpres, Pâte à Reluire ?

— En principe, j’y suis !… Tu comprends ! Papa allait à Montfort-la-Vilaine après déjeuner ; j’en profite. Je voulais pas manquer la réunion d’aujourd’hui !

— Et qu’est-ce qu’a dit ta sœur ?

— Ma sœur ! Elle s’en fout. Elle fréquente.

— Elle fréquente ?

— Oh ! Je sais pas qui !… Mais ça lui prend fort !

Thermogène baissa la tête et poussa machinalement un caillou avec le bout de son soulier.

— Penses-tu ! Ta frangine, elle s’emmerde dans le pays !… Alors elle se distrait comme elle peut, mais pour fréquenter… dans quelques mois… peut-être, mais pas tout de suite.

Comme Pâte à Reluire levait sur lui de grands yeux étonnés, il enchaîna aussitôt pour faire diversion :

— Tout le monde est là ?

— Non ! répondit Pipermint. Marius et Pasodoble sont à l’église, comme d’habitude. Et j’ai pas encore vu Petit-Peu, pas plus que la Marie… C’est pourquoi j’ai mis la Frisette à la sonnette.

— Je sais. Même qu’elle râle bougrement !… Alors, on peut commencer.

Tranquillement, Thermogène alla s’adosser contre la poutre centrale, passa ses deux pouces dans la ceinture de son pantalon, selon sa coutume, et promena sur l’assistance un regard qui, comme toujours en pareille occasion, aurait voulu être autoritaire, mais où brillait maintenant une lueur de malice. Patiemment, il attendit que Puding eut cessé ses reniflements.

— Mes amis, dit-il après avoir toussoté deux ou trois fois pour s’éclaircir la voix, j’ai une bonne nouvelle à vous annoncer. Voilà ! Comme vous le savez…

— Bou Diou ! Pas tant de discours ! intervint Marigal.

— Toi, La Mouche, tais ta gueule ! cria Pipermint. Si tu commences à l’ouvrir, il aura jamais fini ce soir !

Thermogène prit tout son temps pour bien montrer qu’il avait conscience d’être le Chef et qu’il entendait être respecté comme tel, puis il continua :

— Quand je suis arrivé, c’était pas la peine de vous regarder longtemps pour voir qu’il y avait de la joie. Petan, vous vous fendiez la pipe comme la fois où on avait cloué les chiottes pendant que le grand Piquebèche était dedans !

Une explosion de rires montra que le souvenir de cette journée mémorable demeurait tenace dans l’esprit de tous, d’autant que, pour se délivrer, Piquebèche s’était arcbouté, le dos contre la muraille et les deux pieds contre la porte si bien que, celle-ci cédant sous la pression, s’était ouverte brusquement et que le malheureux gosse était tombé, le derrière en plein dans la lunette et dans la chose. Ce soir-là, il s’était gagné un solide surnom, celui de « Balayette ».

— Vous savez comme moi, reprit le Président, que tout le monde a trouvé des sous. Chacun son tour, on va les donner au trésorier, mais, ce que je tiens à vous dire, avant tout, c’est que… avec ce que j’apporte, moi… eh bé, on peut aller à Barcenette…

Un tonnerre d’applaudissements, de bravos, de cris de joie lui coupèrent la parole. L’A.M.C. était en pleine euphorie. Pipermint se tapait de grands coups sur les cuisses. Les filles s’embrassaient. Puding tenait à deux mains son ventre rebondi qui se trémoussait d’allégresse. Bouche d’Égout grimaçait joyeusement de toutes ses dents en éventail. Toutengueule dominait le tumulte de ses exclamations sonores et vertement colorées. Pisse-huile pissait en silence.

Pendant quelques minutes, Thermogène dut subir les assauts répétés de tous les petits copains : tous réclamaient des détails, tous voulaient savoir combien, lui, le président, apportait à la communauté. Ce devait être une somme considérable, puisque d’un seul coup, elle permettait d’atteindre le montant fixé pour aller à la fête ! Les gamines ne se montraient pas les moins âpres à exiger des explications budgétaires, ce qui prouve bien que, chez la femme, l’intérêt fait son apparition avant même les premiers poils.

Malgré son envie de proclamer ses résultats personnels, Thermogène se contenta de répondre de façon évasive, préférant garder pour la fin une révélation qui devait être sensationnelle.

Lorsque les esprits furent un peu calmés, il poursuivit :

— Té ! On va commencer par Marigal… puisqu’il est pressé. La Mouche, viens ici !

Le gosse se leva avec nonchalance, défia d’un œil vaniteux toute la jeune assistance, et passa ses pouces dans la ceinture de sa culotte, histoire de se payer la tête du Président.

— Combien que tu portes ? reprit ce dernier.

— Quatre-vingts balles !

— Mais le père à Pipermint t’a donné cent francs !

— Et la main-d’œuvre, alors ! C’est toi qui l’a dit. « Celui qui coupera la barbe au Vignasse, il aura vingt balles pour lui ».

— D’accord ! Mais vous étiez quatre ! Il y avait la Marie, la Pipette, la Frisette et toi ! ça fait cent sous chacun !

— Rien que cent sous ! Fan de chine !… Demande à la Frisette, son paternel, il prend plus cher et il risque pas les coups de pieds aux fesses, lui.

— Allez ! Donne l’argent à Pâte à Reluire !

La Mouche s’exécuta de mauvaise grâce. Toutefois, ses camarades l’applaudirent pendant qu’il regagnait sa place en boudant.

— Au suivant ! annonça Thermo avec autorité. Pâte à Reluire !

— Présent !

— Combien que tu ramènes ?

— Cent cinq francs.

Les bravos crépitèrent, beaucoup plus nourris que précédemment.

— Minute ! interrompit le fils du châtelain. J’étais pas seul ! Il y avait Bouche d’Égoût avec moi.

Les encouragements et les cris de joie reprirent de plus belle. Bouche d’Égoût, intimidé, roulait sa grosse tête, ne sachant où poser son regard.

Thermogène était parfaitement au courant des moyens employés par tous pour se procurer de l’argent, mais il tenait à ce que chacun soit fêté selon ses propres mérites.

— Approche-toi, Bouche d’Égoût ! fit-il.

Ce dernier, lentement, vint se placer à côté de son compagnon.

— Vous avez droit aux mêmes honneurs, tous les deux !

— On était pas deux ! On était trois ! rectifia le « pas beau ». Pâte à Reluire avait embauché la Blanchette.

— Et pourquoi que tu l’as pas amenée, Gaétan ? demanda Thermogène. Bien qu’elle ne soit pas membre du « clube », on l’aurait acceptée.

— Elle est malade !… Elle a le « torticolique »… Moi, ça m’étonne pas ! À la soirée de Monique, elle est restée, pliée en deux sous la table, pendant trois heures… et puis, je crois aussi qu’elle a un peu mal au ventre, parce qu’elle aime bien les choux à la crème.

— On la mènera à la fête avec nous, d’accord ?

— D’accord ! crièrent tous les enfants.

— Et toi, Bouche d’Égoût ?

— Moi, j’ai été vendre la pâtisserie à Barcenette.

— Ça a marché ?

— Les oranges, oui. Mais avec les « sanviches », j’ai eu du souci, pourquoi le pain il était rassis !… Alors, je l’ai jeté et j’ai essayé de vendre le jambon tout seul ! Seulement les gens, ils en voulaient pas, à cause du beurre… et de la poussière… Il y en avait pas beaucoup, mais un petit peu tout de même.

— Qu’est-ce que t’en as fait ?

— Té ! Je m’en suis foutu plein la panse.

Il eut quand même droit à l’enthousiasme et à l’admiration de l’assemblée, ainsi que Pâte à Reluire. Tous les deux reprirent leur place au milieu des vivats et des félicitations.

— Pisse-huile ! continua le Chef.

— Cinquante-trois francs ! cria celui-ci sans attendre. Puis il ajouta pour bien marquer la différence, cinquante-trois francs que je me suis gagné tout seul !

— Vé ! Avec l’aide d’un poisson rouge… et la réputation du curé ! Enfin, on te félicite quand même. Donne les sous au trésorier.

Tout comme les précédents, il versa le fruit de sa quête à Pâte à Reluire et alla s’asseoir, accompagné par les encouragements de tous.

— Pipermint ! appela Thermogène.

— Je suis là, répondit le fils du cabaretier en s’avançant.

— Combien ?

— Cent trente.

— Bravo !

— Oui, mais j’avais un associé ! Pasodoble. Je lui réserve la moitié des félicitations. Donc, hier après-midi, nous sommes allés sur la route de…

— Ça va ! ça va ! coupa le Président. Tout le monde connaît déjà ton histoire. Même que je t’ai proposé pour surveiller le sens unique dans la grand’rue.

Les gosses accueillirent cette répartie en riant aux éclats.

— En attendant, fit Bouche d’Égoût, si le père Machinou apprend que c’est toi qui lui a défoncé le toit de sa cahute, il va t’en faire un drôle de sens unique. Sans compter que le Maire lui a déjà demandé des explications sur ses travaux fantômes !

— Et comment que tu le sais ?

— C’est le cantonnier lui-même qui l’a dit à ma frangine.

— À la Ginette ? Peuchère, quand il est avec elle, c’est pas des trous de la route qu’il s’occupe !

— Assez ! intervient Thermogène. Passe à la caisse, Pipermint.

Comme pour les autres, les gamins frappèrent dans leurs mains avec générosité.

Le Président gratta alors, furieusement, sa tignasse rouge, prit son air sérieux des grands jours, et annonça, sur un ton qu’il s’efforçait de rendre grave :

— Mes amis ! Je vois qu’il y en a parmi vous qui n’ont rien apporté. Mais je constate avec plaisir que ce sont les plus « minots ». On leur dit rien, parce qu’ils sont pas obligés de le faire. Quand même, si avant la fête, ils peuvent donner quelque chose, on refusera pas, bien au contraire…

— Et toi ! hurla la Mouche. On attend toujours ! Jusqu’à présent tu t’es rien cassé, vay !

— Un moment ! j’y arrive !

Thermogène s’adressa alors au trésorier.

— Pâte à Reluire ! Combien qu’on a en caisse maintenant ?…

— Ça doit faire sept cent cinquante francs !

Les manifestations de joie et d’allégresse reprirent avec une violence accrue.

Lorsque les gosses furent fatigués de crier et que cette agitation bien légitime commença à faiblir, Thermogène éleva de nouveau la voix.

— Maintenant, tenez-vous bien, jeunes ! C’est pas sept cent cinquante-trois francs que l’on a, mais… mille deux cent cinquante-trois, parce que, moi j’apporte cinq cents balles !

Ce fut alors du délire. Un percepteur des contributions refusant le paiement des impôts ou avançant de l’argent aux contribuables n’obtiendrait pas un tel succès.

Sans s’occuper des amendes, les filles et les garçons s’embrassaient entre eux. Pipermint laissait sa main s’égarer sur le corsage de la Nichette, et la Nichette souriait sans rougir. Pipette était aux prises avec Puding et La Mouche. Bouche d’Égoût regardait tout ça d’un œil malin et semblait attendre son tour. Pisse-huile n’en pouvait plus, sans doute exténué par le manque de carburant.

— Montre un peu ces cinq cents balles ! dit tout à coup La Mouche.

On fit alors le cercle autour de Thermogène. Celui-ci, sans se presser, releva le bas de son pantalon et tira de sa chaussette le billet que lui avait donné Monique, le matin même.

— Vise le coffre-fort ! s’écria Puding.

— Fada ! Tu voulais pas que je me les mette dans la poche ! Mes vieux auraient pu me les « choper » ! répondit Thermogène en frémissant à la pensée que sa mère en lui retirant son costume des dimanches avait failli tomber dessus.

— Fais voir ! dit Pipermint.

— Laisse-moi le tenir ! implora Toutengueule.

— C’est la première fois que j’en touche un ! s’enthousiasma Bouche d’Égoût qui avait saisi l’argent au passage et l’agitait devant ses yeux émerveillés.

— File-les à Pâte à Reluire ! ordonna le Président. C’est lui qui a la responsabilité du trésor !… Et maintenant, je propose…

— Moi, je propose, coupa La Mouche, que tu nous racontes qui te l’a donné, ce pèze !

Ces propos eurent le don de ramener le silence.

— C’est… c’est un membre honoraire ! expliqua Thermogène.

— Qué, membre honoraire ! s’exclama La Mouche.

— Té, je sais pas trop ce que ça veut dire, mais la personne qui m’en a fait cadeau, elle a déclaré comme ça qu’elle était « membre honoraire par la force des choses » !

— Et comment qu’il s’appelle ton membre honoraire

— C’est un secret.

— Thermo, faudrait pas nous prendre pour des couillons ! renchérit Marigal. Nous autres, on a bien dit d’où qu’on l’avait, l’argent ! Alors pourquoi, toi, tu ferais pas comme les copains ?

— C’est bon ! répondit le Président, vexé. Je vous promets de vous expliquer, mais plus tard… Pour le moment, je peux pas. Du reste, dans trois jours, on doit encore me filer trois cents francs. Si je me tais pas, on va être marrons !

La Mouche hocha la tête d’un air de doute. Il allait attaquer de nouveau Thermogène, lorsque les boîtes de conserves s’entrechoquèrent.

Toutes les petites frimousses se tendirent vers la porte.

Quand elle s’ouvrit enfin, on vit entrer la Marie, en pleurs !

Aussitôt les gosses devinrent sérieux, comme s’ils subissaient un obscur pressentiment.

D’une voix entrecoupée de sanglots, la gamine raconta alors qu’un grand malheur frappait Petit-Peu, Sa vieille cousine Angèle venait d’être emportée par une attaque. Elle, la Marie, n’avait pas pu voir le gosse que l’on avait confié, momentanément, à des voisins, à la ferme des Chanustes, mais, par contre, elle avait bien écouté les conversations, et, entre autres, elle avait entendu le docteur Bidort qui disait : « Pauvre Pitchounet ! Si jeune et déjà sans famille ! Il va être envoyé à l’Assistance Publique. »

Ces mots « Assistance Publique » n’éveillèrent pas dans l’esprit des gamins une idée bien précise, et puis il faut bien le dire à l’excuse de leur jeunesse, ils étaient trop grisés par l’approche de la grande féerie pour s’attarder très longuement au changement survenu dans l’existence de leur petit camarade.

Seul Thermogène, le plus âgé, eut conscience du drame qui se jouait en ce moment, et c’est le cœur chagrin devant l’insouciance de ses amis qu’il abrégea une réunion qui avait débuté si joyeusement.

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