Scène III.
LES PRÉCÉDENS, ANTOINE.
Antoine, s’eſſuyant le front.
Ouf ! me voilà enfin arrivais.
Le Grand-Vicaire.
Ah ! c’eſt toi, Antoine, tu es bien échauffé ?
Antoine.
Je n’ons fait qu’un ſaut d’ici à la ville & de la ville ici. La jeune Novice a biau faire la mutaine, je lui amenons un Révérend Père qui ſaura la mettre à la raiſon.
Le Marquis.
Eſt-il bien ſévère ?
Antoine.
De nos jours, je n’ons point vu de Moine plus refrogné, les yeux caves, le front ridé, les joues creuſes, & une barbe qu’ça fait peur.
Le Grand-Vicaire.
Et tu l’appelles ?
Antoine.
Le Père Hilarion.
Le Curé, à part.
Malheureux, qui va répandre le trouble dans cette ame timorée, & achever de la précipiter dans l’abyme.
Le Marquis.
Faites prier Madame l’Abbeſſe de deſcendre au parloir, où nous allons nous rendre, M. le Grand-Vicaire & moi.
Antoine.
J’y courons, (à part.) enſuite je reviens vous faire entrer le Père Hilarion par les jardins dans la ſalle du Chapitre où il endoctrinera la Novice.