‹ Le CouventChapitre 32 sur 33 · Scène XIII.

Scène XIII.

LES PRÉCÉDENS, LE CHEVALIER, LE COMMISSAIRE, ANTOINE, PLUSIEURS SOLDATS.

Julie, ſe relevant avec trouble.

Ciel ! c’eſt lui !

Le Chevalier, avec précipitation.

Oui, cruelle, c’eſt moi qui viens t’arracher à des vœux forcés. (au Commiſſaire.) Et vous, Monſieur, organe de la Loi, voyez comme elle eſt reſpectée dans ce lieu ſaint.

Le Commissaire, à l’Abbeſſe.

Madame, que ſignifie cet appareil ? N’avois-je pas ordonné de ſuſpendre la cérémonie ?

L’Abbesse.

De quel droit, Monſieur, venez-vous commander au cœur ? Julie veut reſter parmi nous. Un moment d’égarement n’a pu balancer dans ſon ame ſon devoir & ſon Dieu. Elle demande à prononcer ſes vœux, puis-je me refuſer à une intention ſi louable ? Loin de m’y oppoſer j’ai dû encourager ſon zèle. J’ai fait mon devoir, & Monſieur, qui connoît l’importance de ma place, doit juger ſi j’ai quelques reproches à me faire.

Le Commissaire.

Non, Madame, s’il en eſt ainſi, la Novice doit prononcer ſes vœux en ma préſence, & me déclarer ſes dernières volontés.

L’Abbesse, bas à Julie.

Ma fille, tu perds ton amant, le culte de ton Dieu ſi tu réſiſtes ; du courage, & tu ſauves les Autels. Souviens-toi d’Angélique.

Julie, à part.

En me ſacrifiant, je ne perds que moi ſeule, & je ſauve tout ce que j’aime ; c’en eſt fait, je ſuis déterminée. (elle marche à l’Autel.)

Le Chevalier, allarmé.

Julie, ma chère Julie, que vas tu faire ? (on la retient.)

Julie.

Mon devoir… M’attacher par un lien éternel aux Autels. Je jure…

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