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Chapitre 7 Le mariage

Le lendemain du départ de Germaine pour Montréal, il était arrivé à Monsieur Onésiphore une bien triste aventure.
La détermination de la jeune fille avait donné à réfléchir aux Beaudoin. Malgré la persécution qu’ils lui avaient infligé dans l’espoir de lui voir épouser le riche hôtelier des Cèdres, ils l’aimaient sincèrement. Et ce fut avec un vrai chagrin qu’ils se virent privés de sa présence.

Maintenant, ils en voulaient à Monsieur Marcheterre d’avoir, par son insistance, provoqué cet événement. Aussi, lorsque celui-ci, le lendemain du départ de Germaine, entra chez Mme Beaudoin, il fut reçu très froidement.

Mis au courant de la situation, il se fâcha, contre ses habitudes, et se montra insolent dans ses reproches à l’égard de ses interlocuteurs. Mais ceux-ci, qui lui en voulaient, haussèrent encore le ton, Monsieur Onésiphore s’emporta, et finalement il se fit mettre à la porte.

Il rentra à son hôtel très humble, jurant que de sa vie on ne lui verrait remettre les pieds à Coteau-du-Lac.

Quelques jours plus tard, Germaine recevait de sa famille une lettre où on lui faisait part de ces nouvelles et par laquelle on l’invitait à revenir chez elle, où on promettait de lui laisser désormais toute liberté.

Germaine, peu de temps après, retourna en effet à Coteau-du-Lac. Mais ce fut pour demander à sa mère d’épouser Maurice. Comme on ne pensait plus à Monsieur Marcheterre, que l’on n’avait aucune raison de détester Maurice et que, d’autre part, Germaine paraissait absolument déterminée à se marier en dépit de tout, elle reçut la permission demandée.

Une couple de semaines après, les bans étaient publiés et la semaine d’ensuite le mariage avait lieu, à l’église de Coteau-du-Lac.

Le jour suivant, Maurice amenait sa femme dans le logis qu’il occupait avec sa mère, à Lachine.

Germaine était si aimable et elle se montra d’un autre côté si dévouée et si prévenante pour sa belle-mère, que celle-ci, les premiers temps, ne put se défendre de ressentir pour elle quelque sympathie.

Maurice en fut très heureux. Il sentait s’évanouir ses craintes de voir maltraiter sa femme.

Aussi put-il goûter, sans qu’il s’y mêlât aucune amertume, les joies de la lune de miel.

Il n’était pas riche, et il devait travailler dur tous les jours. Mais il espérait en un avenir meilleur. Et en attendant, il avait son amour.

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