‹ Le CrimeChapitre 13 sur 28 · 13

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La peur est logique chez l’homme. Ceux qui ne la connaissent pas sont des brutes ou des inconscients, car les héros l’ont connue et vaincue.

Seuls les enfants et les animaux pourraient n’être pas inquiets, cependant leur instinct les avertit.

Pour ce qui est des bravaches, ils n’ont jamais froid aux yeux… aux yeux des autres ! et ils ne craignent rien… pour les autres ! Tous vaniteux qui nient le danger et la peur, qui se flattent d’échapper au vieux fonds de terreur mêlé à notre hérédité et venu du fond des âges. Ils prétendent ne pas voir cette nuée sanglante qui s’avance sur la cité et paralysent ceux qui voudraient prévoir et tenter de se garder… Ces « esprits forts » ont toujours été contre l’évidence et pour la négligence. Ils n’ont peur de rien, sauf de la vérité qui les désobligerait.

Cependant une seule chose est certaine pour ceux qui vivent et c’est… la mort, une seule mesure est fixe, et c’est la mort. C’est avec elle que nos actes devraient être confrontés. Parce que nous sommes trop pauvres de cervelle, nous faisons tout pour l’oublier. Le travail, comme le plaisir qui est une sorte de travail, sont au fond nos seuls expédients contre l’inquiétude. Nous feignons de croire et, par stupidité, nous croyons à l’importance de nos gestes.

Et les spectacles et les arts nous sont précieux, non par leur splendeur, comme nous voulons bien le dire, mais parce qu’ils sont un moment d’oubli, de cet oubli que nous cherchons jusque dans l’amour… jusque dans la mort.

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