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Si les législateurs s’occupent parfois des charges de famille dans le décompte des revenus, aucun d’eux ne mentionne les pires charges : celles de l’âge et de la maladie que ne compense aucune douceur.
Il n’est fait devant l’impôt aucune discrimination entre les valides et les malades et les vieillards. On les charge du même faix d’impôts.
Cependant la même somme qui serait un tremplin pour un homme en âge de travailler, peut à peine assurer sa vieillesse décente. Il verra chaque jour s’effriter ses maigres revenus, à moins qu’une catastrophe boursière n’engloutisse ce capital longuement épargné, qui devait être le pain et la dignité de ses vieux jours.
Et que dire des malades ! La somme de leurs souffrances et de leurs renoncements ne peut trouver d’équivalent même dans la pitié ! Seul le manque à gagner est vérifiable et contrôlable, de même que les frais de médecin, de remèdes et d’hospitalisation.
… La maladie les a rendus faibles comme des mineurs. Ils ne sauraient se syndiquer, ni répondre à ceux qui exploitent leur faiblesse et leur résignation. Ce sont des gisants.
Il n’y a pas pour les incurables de formations sanitaires. On dit couramment que la maladie, c’est la ruine.
Celui qui se croit sain aujourd’hui… sera le malade de demain.
Mais l’assistance entre humains n’existe pas ; les charges de maladie ne figurent pas dans les dégrèvements.